Un blog mariage avec des conseils et des témoignages sur l'organisation et les préparatifs du jour J

Mon mariage franco-chinois coloré : le déroulé de la cérémonie


Publié le 12 janvier 2018 par Madame Teochew

Nous sommes maintenant tous installés dans l’église, la cérémonie peut commencer.

La liturgie de la parole

Je serre fort la main de Chéri, comme pour lui dire que cette main, je ne la lâcherai jamais.

Notre cérémonie à l'église // Photo : Pam est là - photographe

Crédits photo : Pam est là - photographe

Ma belle-sœur monte près du pupitre pour lire le premier texte, celui de Charles Péguy, et notre diacre précise à l’assemblée pourquoi ce texte me tenait tant à cœur. Parce que nous venons de « souches étrangères » l’un et l’autre. Parce que je ne veux pas me laisser gagner par l’habitude. Parce que je veux être mariée chaque jour que Dieu fait.

D’entendre ce texte – pourtant pour la centième fois – j’en ai des frissons. Je ne regrette en rien cette petite entorse.

C’est ensuite mon beau-frère qui vient lire la première lecture et, d’émotion, il trébuche sur les mots… et je suis touchée. Touchée qu’il soit transporté par ses émotions dans une cérémonie qu’il ne connaît pas, par des textes dont il ignorait encore l’existence jusqu’aux quelques semaines avant le mariage.

C’est ensuite au tour de ma témouine, en habit traditionnel vietnamien, qui vient lire le psaume. Elle le lit magnifiquement bien et sourit en revenant s’asseoir. Je sais qu’elle est heureuse, vraiment heureuse pour nous.

Notre diacre lit le texte d’évangile que nous avons choisi, « Voici que le semeur est sorti pour semer », et nous fait son homélie. Puis il s’adresse à moi en particulier, et souhaite me lire un poème. Il le lit et je retiens mes larmes. Ce poème me touche en plein cœur car il reflète la relation que j’ai eue avec l’Église, les moments de douleur, de doutes et de colère envers elle.

Ce poème, c’est celui d’Ademar de Barros :

Une nuit, j’ai eu un songe.
J’ai rêvé que je marchais le long d’une plage, en compagnie du Seigneur.
Dans le ciel apparaissaient, les unes après les autres, toutes les scènes de ma vie.

J’ai regardé en arrière et j’ai vu qu’à chaque période de ma vie,
il y avait deux paires de traces sur le sable :
L’une était la mienne, l’autre était celle du Seigneur.

Ainsi nous continuions à marcher,
jusqu’à ce que tous les jours de ma vie aient défilé devant moi.
Alors je me suis arrêté et j’ai regardé en arrière.
J’ai remarqué qu’en certains endroits,
il n’y avait qu’une seule paire d’empreintes,
et cela correspondait exactement avec les jours les plus difficiles de ma vie,
les jours de plus grande angoisse,
de plus grande peur et aussi de plus grande douleur.

Je l’ai donc interrogé :
« Seigneur… tu m’as dit que tu étais avec moi tous les jours de ma vie
et j’ai accepté de vivre avec Toi.
Mais j’ai remarqué que dans les pires moments de ma vie,
il n’y avait qu’une seule trace de pas.
Je ne peux pas comprendre que tu m’aies laissé seul aux moments où j’avais le plus besoin de Toi. »

Et le Seigneur répondit :
« Mon fils, tu m’es tellement précieux ! Je t’aime !
Je ne t’aurais jamais abandonné, pas même une seule minute !
Les jours où tu n’as vu qu’une seule trace de pas sur le sable,
ces jours d’épreuves et de souffrances, eh bien : c’était moi qui te portais. »

Notre cérémonie à l'église // Photo : Pam est là - photographe

Crédits photo : Pam est là - photographe

Le sacrement du mariage

Il est maintenant temps de passer au premier dialogue – celui où nous affirmons que nous nous marions sans contraintes, que nous élèverons nos enfants dans la foi du Christ et que nous nous aimerons pour toute la vie.

Et c’est précisément durant ce dialogue que nous avons fait rire l’assemblée. Le diacre devait nous poser trois questions auxquelles il fallait répondre dans l’ordre :

  • « Oui. »
  • « Oui, pour toute notre vie. »
  • « Oui. »

Sauf que Chéri avait oublié de « réviser » et que mon côté « bonne élève » a repris malgré moi le dessus ! Lorsque c’est à mon tour de répondre, je réponds en insistant sur le « TOUTE NOTRE VIE ». Tout le monde rigole et le diacre, amusé de la situation, fait recommencer Chéri pour lui demander s’il m’aime… ou s’il m’aime pour toute sa vie. Il m’aime pour toute sa vie et tout le monde est rassuré ! Ouf !

Nous échangeons maintenant nos consentements et les alliances… et comme un gag habituel, je n’arrive pas à mettre l’alliance de Chéri : son doigt est trop gonflé. Après plusieurs essais, j’arrive enfin à passer l’alliance.

Notre cérémonie à l'église // Photo : Pam est là - photographe

Crédits photo : Pam est là - photographe

C’est maintenant le moment de la bénédiction nuptiale entourés de nos témoins : le frère et la sœur de Chéri, une de mes meilleures amies et ma sœur.

Notre cérémonie à l'église // Photo : Pam est là - photographe

Crédits photo : Pam est là - photographe

Le temps de la prière

À la place des chansons religieuses, le diacre nous avait autorisés à mettre des chansons. J’avais choisi « Stand by me » de Ben E. King car c’est la chanson préférée de mon père et que les paroles sont absolument parfaites pour ce jour si spécial.

Tout le monde se recueille pendant toute la durée de la chanson… et moi j’angoisse. J’angoisse car la prière des époux et la prière universelle arrivent juste après.

J’angoisse car dans ces deux prières, j’ai voulu dédier une partie à mon grand-père parti trois ans plus tôt. J’angoisse car je sens déjà ma gorge se nouer et les larmes me monter. Je souffle discrètement à Chéri que je ne peux pas. Je ne peux pas lire le paragraphe en question. Il faut qu’on échange nos paragraphes, je ne peux pas, je ne m’en sens pas capable.

Notre cérémonie à l'église // Photo : Pam est là - photographe

Crédits photo : Pam est là - photographe

Chéri me serre à nouveau la main et me dépose un bisou tout doux sur la joue : « Aucun souci. »

Nous lisons la prière des époux, puis mon papa et mon « petit » cousin lisent la prière universelle. Je suis heureuse de les voir tous les deux sur scène, beaux et élégants dans leur costume. Je souffle un grand coup après le passage sur les proches trop tôt disparus et je me répète que « ça va aller, ça va aller » et qu’ils nous regardent certainement de là-haut.

Puis, c’est le moment de signer les registres sur la chanson « Here comes the Sun » des Beatles.

Et toi ? L’officiant a-t-il personnalisé ta cérémonie ? As-tu été particulièrement émue par un des textes que tu avais préparés ? Dis-moi…


Tu es une future mariée ? Rejoins-nous sur le groupe Facebook « Le salon de Mademoiselle Dentelle » ! Tu pourras y papoter mariage, glaner conseils et inspirations, partager des bons plans, etc. Viens vite !

Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madeleine

Oh la la, j ai des frissons à te lire. Cela avait l air magnifique !

le 12/01/2018 à 08h07 | Répondre

Mademoiselle Impatiente

J’ai les larmes aux yeux de te lire… Moi qui ne suis absolument pas religieuse, je pense que j’aurais adoré assister à votre mariage ! Les textes choisis sont magnifiques 🙂

Et ces photos…… Mais qu’elles sont belles !!! Je suis ultra fan, et si je n’avais pas déjà ma photographe je pense que j’aurais pu me laisser tenter par la tienne 😉

le 12/01/2018 à 08h30 | Répondre

Madame Néfertiti

Je rejoins totalement Mademoiselle Impatiente, j’aurais aussi aimé être à votre mariage moi le non croyante tellement la cérémonie était belle et personnalisée.

le 12/01/2018 à 09h19 | Répondre

Nala

C’est magnifique… Et on ressent tellement toute l’émotion du moment dans tes mots 🙂
Les clichés reflètent aussi parfaitement la solennité de la cérémonie, j’adore ! Ta photographe a su nous transporter dans ton mariage…

Vivement la suite !!! ^^

le 12/01/2018 à 11h07 | Répondre

Madame Piglou

Ton récit est tellement touchant, on a l’impression d’y être! Ça devait être vraiment fort en émotions. Je suis jalouse quand je lis vos récits de cérémonie avec des chansons non religieuses, notre officiant s’est opposé à tous nos choix de chansons non religieuses, ça a été un peu compliqué de personnaliser notre cérémonie.

le 12/01/2018 à 11h51 | Répondre

caro

c’est dommage qu’il vous ait pas aidé à trouver de belles musiques liturgiques: il y en a tellement, des très modernes et avec une belle qualité musicale aussi! La musique liturgique a vraiment du sens, c’est de la prière chantée. La musique profane, même si elle jolie, ça reste du fond, de l’ambiance, ça ne fait pas entrer dans la prière.

le 12/01/2018 à 18h07 | Répondre

Madame Biche

Waouh cette émotion qui se ressent à chacun de tes mots ! Merci pour cette très belle chronique et pour ce très beau partage ! Tes chroniques de récit de cérémonie sont un bonheur pour le coeur et l’esprit <3

le 13/01/2018 à 16h42 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?