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Se marier religieusement, une évidence ?


Publié le 9 octobre 2017 par Madame Teochew

Comme tu l’as déjà deviné avec les chroniques précédentes, Chéri et moi avons décidé de nous marier à l’église.

Je sais que ce type de chronique a été vu et revu et est souvent sujet à débat, mais justement, je veux te raconter notre évolution au travers de la préparation religieuse et pourquoi, aujourd’hui, je ne regrette absolument pas ce choix !

Se marier ou non à l'église

Crédits photo (creative commons) : Max Pixel

Se marier à l’église, une évidence ? Pas si sûr…

Je suis catholique depuis toujours : j’ai été baptisée à 6 mois dans la ville où j’ai passé vingt-six étés – chez mes grands-parents, dans le sud. J’ai ensuite suivi les cours de cathé et « fini » le parcours de la parfaite chrétienne (communion et confirmation).

Pourtant, quand à 15 ans, à mon entrée au lycée, ma mère m’a demandé si je souhaitais continuer le cathé, j’ai sauté sur l’occasion pour ne plus y retourner. Comme probablement une partie de ceux qui s’éloignent de l’Église, la raison était très simple : « Pourquoi je croirais en un Dieu qui m’inflige autant de peines et d’épreuves ?! » J’étais en colère pour de nombreuses raisons à l’époque, et je n’ai plus mis les pieds dans une église autrement que pour la visiter.

Les années ont fini par passer, j’ai grandi et mûri. Puis j’ai dû affronter l’épreuve la plus terrible qu’il m’ait été donné de vivre durant ma courte existence : j’ai perdu mon grand-père. Mon grand-père duquel j’étais extrêmement proche. Le meilleur grand-père qui puisse exister au monde. Le jour où j’ai appris son décès, j’étais effondrée.

Je vivais encore chez mes parents quand c’est arrivé. J’étais inconsolable. Chéri a débarqué chez nous dès que possible pour me soutenir, mais sous le coup de la colère, j’ai eu des mots extrêmement durs et violents envers lui :

  • « À cause de toi, je n’aurai jamais mon grand-père au mariage ! »
  • « Tu ne m’as pas demandé à temps : il ne savait même pas que nous voulions nous marier ! »
  • « Par ta faute, je serai malheureuse pour toujours… »

Je ne saurais pas mieux trouver les mots que cet extrait de Grey’s Anatomy pour te décrire ce que j’ai vécu les premiers jours après sa disparition :

Lorsque l’on meurt ou que l’on souffre d’une horrible perte, nous traversons tous cinq étapes de la peine. On passe par le déni car la perte n’est pas envisageable, on ne peut imaginer que c’est réel. On s’énerve contre tout le monde, contre les survivants, contre nous-mêmes. Puis on trouve un arrangement, on supplie, on implore, on offre tout ce qu’on a, on offre nos propres âmes en échange d’un jour de plus. Quand les négociations échouent, la colère est difficile à contenir, on tombe dans la dépression, le désespoir, jusqu’à ce qu’on accepte finalement que l’on a tout tenté. On abandonne. On abandonne et on accepte.

Je ne réalisais pas ce qu’il venait de se passer, j’étais en colère contre le monde entier. Qu’il continue de sourire, de vivre normalement et d’ignorer que mon monde à moi venait de s’écrouler. Je n’arrivais pas à sortir de cette spirale infernale.

Jusqu’à l’enterrement à l’église.

Le matin même, je me demandais comment j’allais faire pour traverser cette journée, pour supporter jusqu’au bout cette épreuve. La cérémonie a commencé et je n’arrivais plus à me contenir, à respirer. Je n’avais plus d’air, je voulais partir. Puis le prêtre a lu un texte de l’Évangile et a réalisé son homélie. Les textes, ses mots, étaient minutieusement choisis et très justes. Ils parlaient de la joie de l’avoir connu, de la vie qui ne finit pas vraiment.

Je n’ai jamais su expliquer ce qu’il s’était passé ce jour-là, mais j’ai eu la force de me relever. De me relever malgré la peine, malgré la perte.

Après ce drame, j’ai renoué – doucement – avec la religion et j’ai « apprivoisé » Dieu à nouveau. Comme un très bon ami perdu de vue. Et quand le moment est venu d’annoncer nos fiançailles, ma maman m’a demandé si nous comptions nous marier religieusement (Chéri étant athée) et m’a précisé que si je ne le voulais pas, ce n’était pas grave. Elle voulait simplement que ça ait du sens pour moi, pour nous, de nous marier à l’église.

Quand elle m’en a parlé… je ne savais pas trop. Le dernier mariage religieux auquel j’avais assisté remontait à mes 4 ans. J’avais peur que ce soit encore trop tôt, trop frais pour moi.

Quand la paroisse a une solution à tout

Ayant vu sur Internet qu’il fallait s’inscrire « rapidement » à la préparation pour le mariage religieux, j’ai contacté la paroisse de la ville de mes beaux-parents pour avoir des informations, et ils m’ont rapidement donné rendez-vous. Je leur ai expliqué de façon très transparente que je ne savais pas à quoi m’attendre, que je m’étais beaucoup éloignée de l’église à une époque, que je ne savais pas si c’était possible avec Chéri qui était athée, etc.

Nous avons été reçus par un paroissien bénévole adorable, qui a pris le temps de répondre à toutes mes questions, mes attentes et mes angoisses. Puis il nous a proposé de nous inscrire à la préparation (dans notre ville, par contre) et de décider après la rencontre avec notre futur « accompagnateur » si nous souhaitions nous engager devant Dieu… ou non.

La préparation… et ses étapes

La messe des fiancés

Nous avons assisté – avec vingt autres couples – à un « cours magistral » (puis à une messe) sur ce qu’est le mariage catholique.

Si le fond était ultra intéressant et m’a permis de mieux connaître les valeurs qui y sont associées, j’ai moins apprécié la forme. Je me suis crispée quand j’ai entendu certaines idées… dépassées. J’étais fermée ce jour-là et plutôt en colère.

J’ai fini par en parler à une très bonne amie (SPOIL : ma témouine d’église) car elle prend beaucoup plus de recul que moi sur ce type de sujets. Elle m’a finalement convaincue de continuer l’aventure.

Soirée « Bible et mariage »

J’appréhendais beaucoup cette soirée car je ne savais pas à quoi m’attendre : deux heures de lecture de la Bible ? Finalement, j’ai passé un excellent moment dans une soirée pleine de bonne humeur !

Nous étions une trentaine de couples, ce soir-là. C’est un paroissien marié et bénévole qui l’animait. Il nous a proposé de nous mettre en groupe de cinq couples et d’analyser deux textes qu’il avait choisis :

  • une lecture du Cantique des Cantiques (2, 8-14),
  • et les Noces de Cana.

Il fallait analyser ces textes au travers de questions qu’il nous posait, puis « restituer » notre analyse devant l’ensemble des groupes. Et nous avons eu la chance de tomber sur des couples très cool qui analysaient de façon « moderne » les textes. Moi qui avais peur qu’il ne faille surtout pas critiquer certains textes, je me suis détendue ! Et Chéri qui n’a jamais baigné dans la religion catholique s’est pris au jeu et était le plus bavard de notre groupe !

Au final, le paroissien nous a livré son analyse des textes, nous a dit ce qu’il fallait en retenir, et j’ai trouvé ça extraordinaire d’avoir une « seconde lecture ».

Deux soirées « vie de couple »

Au contraire des autres, j’attendais cette soirée avec impatience. Certaines chroniqueuses comme Madame Salade de Fruits en avaient déjà parlé et je savais que nous allions aborder des sujets de tous les jours, mais dans la bienveillance… et je n’ai pas été déçue !

Se marier ou non à l'église

Crédits photo (creative commons) : Max Pixel

Nous étions en plus petit comité : huit couples + un couple de paroissiens bénévoles mariés depuis cinq ans.

Nous avons commencé par chacun se présenter rapidement, puis nous avons dû choisir une image parmi une centaine pour décrire notre vision du couple. Nous avions par contre comme consigne de ne pas regarder ce que notre moitié choisissait.

Ce qui nous a fait sourire avec Chéri, c’est que tous les couples sans exception avaient choisi des images/concepts similaires entre eux. Chéri et moi avions choisi « des mains âgées enlacées » et « un couple âgé se promenant ». Un autre couple avait pris deux images de « chemin sans fin ». Nous avons chacun exprimé rapidement notre sentiment quant à l’image choisie.

Durant la première soirée, nous avons ensuite uniquement abordé les différences de l’autre et les bas qu’un couple peut connaître. Il s’agissait de dire en quoi l’autre était différent de nous… et en quoi nous aimions cette différence. J’ai parlé du fait que Chéri était extrêmement proche de sa famille et que grâce à lui, en sept ans, je m’étais nettement (complètement !!) rapprochée de la mienne.

Il fallait également parler de notre manière de réagir à un sujet de désaccord :

  • certains s’énervent aussi vite qu’ils se calment,
  • certains font l’autruche,
  • certains discutent tout de suite,
  • certains s’effondrent en larmes,
  • etc.

Puis lors de la seconde soirée, nous avons évoqué les quatre piliers du mariage religieux :

  • la liberté,
  • la fidélité,
  • l’indissolubilité,
  • la fécondité.

Avec à chaque fois, des questions que parfois nous nous étions déjà posées… et d’autres qui nous ont amenés à réfléchir.

Je pense notamment à une question qui nous a beaucoup inquiétés : que faire si l’enfant ne vient pas ? J’avoue que nous nous sommes beaucoup interrogés sur cette thématique car nous voulons des enfants – c’est une certitude. Sauf qu’on ne s’était jamais sérieusement posé la question : « Comment réagir si l’on apprend que l’un de nous deux est stérile ? »

Cette soirée nous a permis de discuter très longuement de certains sujets comme celui-là, et nous en sommes ressortis plus amoureux et solides que jamais.

La dernière étape : celle de la décision

La toute dernière étape de notre préparation – la cinquième, donc – consistait à rencontrer notre accompagnateur. Il pouvait s’agir d’un prêtre ou d’un paroissien.

Nous avons rencontré notre accompagnatrice en février et… notre décision était prise. Nous voulions nous marier à l’église. Pas seulement moi. Pas pour la tradition. Pas pour faire plaisir à Tata Ursule. Pour nous. Parce que nous avions tous les deux grandi avec cette préparation. Elle qui avait suivi notre parcours depuis l’inscription a souri. Elle savait qu’il nous fallait juste du temps.

Lors de ce moment d’échange, elle nous a simplement posé des questions sur notre histoire : comment ça avait commencé ? Comment j’avais su que c’était le bon ? Pourquoi nous voulions nous marier ? etc.

Puis nous avons à nouveau évoqué les quatre piliers du mariage et elle nous a demandé si nous savions à quoi nous nous engagions. En effet, la seule différence avec le mariage civil, c’est « l’indissolubilité ». Si on se marie à l’église, c’est pour toute la vie. Je n’ai jamais eu un seul soupçon de doute quant à notre avenir à deux (qu’importe les hauts, les bas !), nous avons donc acquiescé !

Après avoir fourni nos lettres d’intention et mon certificat de baptême, elle nous a annoncé que la préparation était terminée.

La rencontre avec le célébrant

La paroisse, ayant fini son planning d’été, nous a communiqué le nom de notre célébrant et nous a conseillé de le contacter rapidement pour nouer des liens avec lui et construire ensemble notre cérémonie. Nous avons eu la chance de tomber sur un diacre ultra disponible et à l’écoute.

Il avait beaucoup d’humour et était très attaché à ce que la famille de Chéri (non catholique) comprenne la cérémonie religieuse sans que ça soit pénible pour eux. Il a par exemple soumis l’idée de remplacer les chants religieux (personne n’aurait chanté de mon côté de toute manière) par des chansons à texte. Il nous a également demandé si nous souhaitions qu’il explique à nos invités les différents « moments » de la cérémonie.

Nous avons finalement choisi nous-mêmes toutes nos lectures et rédigé toutes nos prières pour avoir la cérémonie la plus à notre image possible.

Et toi ? Le choix d’une cérémonie religieuse (ou non) a été évident ? Comment s’est passée ta préparation ? As-tu appris des choses sur toi-même ? Dis-moi !


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Commentaires

8   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mademoiselle Impatiente

Quel bel article ! Tu me donnerais presque envie de me marier à l’église 😉

Ce qui est super, c’est d’avoir été entouré de personnes ouvertes d’esprit et non moralisatrice 😀

le 09/10/2017 à 11h13 | Répondre

Mademoiselle Québec

Moins de 3 semaines avant mon propre mariage religieux (gniii!) et ton texte me rappelle ma propre préparation au mariage en février dernier. Nous avons eu la chance de trouver une session près de chez nous qui ne comptait que de 1 à 6 couples maximum, et nous avons pu suivre une préparation avec 2 autres couples, ayant comme nous plus de 40 ans. Un d’entre eux avait même des petits-enfants!

J’ai vraiment apprécié ces 2 dimanches car nous pouvions aborder des sujets qui n’auraient probablement pas eu la même signification pour des couples dans la vingtaine (cela dit sans méchanceté aucune évidemment, car en ayant 3 garçons de 19, 16 et 9 ans, mon parcours de vie est différent de celui d’une jeune future mariée qui n’a pas fondé sa famille encore et qui peut-être est à peine plus âgée que mon fils aîné 😉 )

Et double coup de chance, notre couple accompagnateur avait un énorme point en commun avec moi: Richard avait lui aussi obtenu une déclaration de nullité de son premier mariage religieux, dans les années 90. (J’ai obtenu la mienne en août 2015). Oui, c’est possible de faire déclarer nul un mariage contracté à l’église, même si ça demeure très rare et que ça prend de très bonnes raisons!

Mon futur époux et moi sommes croyants et pratiquants, et il avait accepté de passer sa vie avec moi tout en sachant (en 2007) qu’il ne pourrait jamais se marier à l’église avec moi…nous nous étions pacsés en 2010 alors évidemment, maintenant que c’est possible, on ne pourrait pas se contenter d’un simple mariage civil! 🙂

le 09/10/2017 à 12h56 | Répondre

Julie

Je trouve magnifique que vous ayiez fait le parcours de préparation en vous laissant cette porte ouverte, celle de la liberté de choisir ou non l’église. Beaucoup de couples se lancent dans la préparation comme une formalité nécessaire, et dans le mariage religieux comme du type de mariage « normal » dont ils rêvent depuis tout petits, sans trop se poser de question.
Merci pour ton très beau témoignage <3

le 09/10/2017 à 17h17 | Répondre

Madame Croisé

Ta chronique du jour me rappelle des souvenirs. Nous avons eu le même cheminement, de vouloir faire la préparation pour savoir si cela nous correspondait!

le 09/10/2017 à 18h38 | Répondre

Claire

Je suis toute émue en te lisant…

Parcours similaire. J’ai perdu ma grand mère qui avait une place toute particulière bien avant la demande en mariage… Sa force était sa foi et un vrai exemple de vie… Elle m’a réconciliée avec l’église…

La préparation nous a bcp plu également. Même après avoir vécu 2 cérémonies laïques cet été, aucun regret d’avoir choisi l’église! 🙂

le 09/10/2017 à 20h48 | Répondre

Emmanuelle (voir son site)

Très beau témoignage, très vrai. C’est important de choisir la cérémonie qui a vraiment du sens pour nous.
La préparation est aussi importante, le fait de rencontrer le célébrant avant, de réfléchir au symbole puissant de ce qu’est le mariage, ne rend le jour J que plus magique.

le 10/10/2017 à 17h38 | Répondre

Madame Gypsophile

C’est clair que la préparation joue un rôle important dans la suite des évènements. Je ne regrette pas non plus la mienne, j’ai même été agréablement surprise. Merci pour ton article qui laisse entrevoir plein de possibilités, et qui donne sa chance à tout option !

le 11/10/2017 à 22h56 | Répondre

Mademoiselle Wait

Cette préparation a l’air d’avoir été riches de rencontres, d’enseignements et d’amour !
Grâce à ça, ça vous a laissé le temps de réfléchir et de vous imprégner de tout ça.
Quels chansons avez-vous choisi alors pour la messe. C’est une chance d’avoir eu un célébrant ouvert à des textes non religieux.

le 13/10/2017 à 11h14 | Répondre

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