Le sucre, mon mariage et moi

Aujourd’hui, je m’aventure sur un terrain glissant, celui de l’alimentation, et en particulier d’un aliment décrié, dont on a bien du mal à se détacher : le sucre !

Tour à tour adoré et détesté, que ferait-on sans lui ? Il est un carburant, une récompense, parfois un réconfort. Il semble en dire long sur notre histoire personnelle et notre quotidien. Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es ? Pas si sûr…

As-tu remarqué toi aussi que la préparation d’un mariage était un terreau fertile à tout changement d’ordre personnel ? Nouveau job, déménagement, ou encore remise en cause des (mauvaises) habitudes alimentaires prises avec le temps, il faut croire que ce “cap” nous pousse, consciemment ou non, à repenser nos habitudes de vie. Ce qui importe, après tout, c’est de se sentir bien dans ses escarpins (ou dans ses baskets !) pour le D-day (et les suivants !), pas vrai ?

Pour moi, c’est passé par la réduction – si ce n’est l’arrêt quasi total – du sucre simple (par opposition au sucre complexe, que l’on trouve dans les féculents, par exemple).

Loin de moi l’idée de te livrer un cours de nutrition – chacun son métier – et encore moins de te faire l’apologie du régime pré-mariage (je suis un très mauvais exemple en la matière…), je prends juste mon courage à deux mains pour partager avec toi mes réflexions sur un sujet qui, je le sais, ne fait jamais l’unanimité.

Allez, je te raconte ? C’est parti !

*Mode zéro culpabilité on*

La prise de conscience

Juin 2017 – réception des photos de notre séance engagement : « Oh, qu’elles sont belles ! » suivi par « Oh… mais j’ai grossi ?! ». Après sept mois en mission professionnelle à Lille, je réalise que la gastronomie ch’tie – bien que délicieuse ! – a été fatale à mon organisme (les futures mariées ch’ties qui passent par ici pourront difficilement me contredire !). N’ayons pas peur des mots : à cet instant précis, je ne me trouve pas du tout à mon avantage…

Et c’est l’électrochoc. Il va falloir faire quelque chose car, comme beaucoup de mariés, j’ai à cœur de me trouver jolie sur les photos de mariage, d’autant plus que ce sont des clichés qui nous suivront une bonne partie de notre vie. Futile ? Oui, et j’assume totalement. Si tu n’as pas le droit d’être un peu futile l’année de tes préparatifs, alors quand ?!

L’été passe, mon projet lillois se termine. Un jour de septembre, alors que je feuillette un magazine féminin plein de corps photoshopés, je tombe sur le témoignage de Danièle Gerkens, une journaliste qui a banni tout sucre ajouté de son alimentation pendant un an, et qui raconte son expérience. Je dévore son livre, « Zéro Sucre, mon année sans sucre », un essai loin de tomber dans le travers moralisateur.

Mais… je ne suis pas concernée, moi ! Je ne me gave pas de gâteaux, je ne bois pas de soda, je ne picore des bonbons que chez les autres. Et pourtant… lorsque je zappe le dessert, je réalise qu’il me manque toujours quelque chose en fin de repas. Tu sais, cette petite touche sucrée incontournable.

Les biscuits-avec-du-chocolat-au-milieu en guise de goûter, les petits gâteaux marbrés dans le cartable, les verres de grenadine en colonie de vacances… Dès notre plus jeune âge, nous sommes conditionnés à aimer cette pointe de réconfort (merci à nos parents indignes soucieux que l’on partage un rituel social avec nos petits camarades !).

Au fil des pages, je découvre le mécanisme qui se produit lorsque l’on ingère des produits contenant des sucres simples. Voici un schéma simplifié pour l’illustrer :

Crédits photo (creative commons) : Réalisation personnelle

En gros, le sucre rend addict… Il agit comme une drogue. Oui, le mot n’est pas trop fort. Alors si tu t’aventures à coupler le sucre et le gras, c’est le combo assuré pour stocker… Le (bon) gras tout seul ? Ça passe crème (remarque le jeu de mot culinaire !).

[Non, non, ne t’enfuis pas ! On parle wedding ensuite, promis.]

Et le pire, c’est que ce petit malin se loge dans plein de produits insoupçonnés : les soupes prêtes à l’emploi, les jus de fruit, les plats préparés, le vinaigre balsamique, les sauces tomate, etc. Les industriels en mettent un peu par-ci, un peu par-là, pour « donner du goût ». Appétissant, n’est-ce pas ?

Crédits photo (creative commons) : congerdesign

Tu as sans doute vu l’émission de Michel Cymes et Adriana Karembeu sur « Les Pouvoirs extraordinaires du corps humain » diffusée au printemps dernier : elle lève le voile sur ce sujet d’actualité.

Arrêter les sucres simples, c’était tenter de retrouver une belle peau, perdre quelques petits kilos et regagner de l’énergie, dont j’aurai bien besoin lors de cette année de préparatifs ! Alors, pourquoi ne pas essayer ?!

Le “sevrage”… ou comment j’ai supprimé 90% des sucres simples

Tu as dû le comprendre, j’adore les défis ! Disons que le mariage a été un élément motivationnel parmi d’autres pour tenter de réduire ma consommation de sucres simples – y compris ceux cachés (eh oui, le sucre entraîne le sucre, toussa, toussa…).

Je l’avoue, j’ai toujours été un bec salé, à me damner pour une tartine de fromage plutôt que pour un entremet au chocolat. Je partais donc avec un sacré avantage… mais c’était loin d’être gagné !

Munis de l’appli Yuka – qui te permet de passer au crible les étiquettes de tes produits favoris -, nous avons passé deux heures avec M. Golf à traquer ceux que nous avions l’habitude d’acheter dans notre hypermarché. Deux heures d’investissement à faire la chasse au glucose, saccharose and co. Adieu les pâtes brisées prêtes à l’emploi, les sauces pesto, les crèmes dessert au chocolat.

Le sucre résiduel dans le vin est présent en quantité tellement infime qu’il est à privilégier, en comparaison avec les cocktails. Chéri, bonne nouvelle, on ne sacrifie pas le pinard, OUF !

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Et dès les premiers repas, je peux t’assurer que l’on ressent le manque. Les odeurs de crêpe dans la rue, les chouquettes du vendredi au boulot… les tentations sont partout !! *Ne pas craquer, ne pas craquer, ne pas craaaaaqu… *

« Oh, une glace ! »

Alors oui, j’ai fait quelques craquages (« J’chuis en vachances, fluchte ! »). Immanquablement, c’était retour à la case départ…

M. Golf a été d’un grand soutien mental (si toi aussi, tu veux te lancer, choisis un bon allié !). J’y suis allée pas à pas, en commençant par garder le précieux carré de chocolat au lait en fin de repas, avant de passer au chocolat noir, puis de pouvoir m’en dispenser complètement.

Au quotidien, l’idée n’est pas de tomber dans l’orthorexie, dernier né des mots en “-xie”, ou l’obsession du “manger sain”. Nous nous autorisons une pâtisserie de temps en temps, sans culpabiliser.

Les effets… impressionnants !

Crois-le ou non : en un mois, j’ai retrouvé un super tonus ! Mes collègues masculins, qui n’y font jaaaaaaamais attention en temps normal, ont trouvé que j’avais très bonne mine. Et ils ont vu juste : ma peau est plus lumineuse et sans boutons (hors « période de fille », faut rester réaliste, hein…).

En deux mois, j’avais perdu un bon centimètre de tour de ventre. J’en étais venue à ne plus être attirée du tout par les desserts. J’étais même capable de percevoir le sucre ajouté dans la sauce tomate… #truestory

En revanche, « l’enfer, c’est les autres »… À cet instant, je me suis vraiment rendu compte du rôle social que jouait l’alimentation, et encore plus les douceurs sucrées… Que tu te lances l’été (« Ah non, pas de glace pour moi ! ») ou l’hiver (« Une bûche sans chocolat, cette année, c’est possible ? »), prépare-toi à passer pour la rabat-joie de service !

Tu le vois venir, le rapport avec le mariage ? Non ? J’y viens.

Ce que ça change pour notre mariage

Dans les cultures occidentales et orientales, qui dit moments de festivités, dit desserts. Si tu y prêtes attention, tous les moments qui rythment notre année (Noël, Pâques, Ramadan…) et ceux qui visent à célébrer des événements heureux (les anniversaires… les mariages !) se terminent par une douceur sucrée.

Arf.

Simple défi personnel devenu habitude bien ancrée dans notre vie de couple, fallait-il tout planter le jour de notre mariage ? Avoir une pièce montée car « ça fait mariage » ? Installer un candy bar car « c’est hyper trendy » ?

Non. Non, ce n’était pas NOUS. Et s’il y a bien une chose que l’on s’était promis avec M. Golf au début de nos préparatifs, c’était de concevoir une journée de mariage qui NOUS ressemble.

Il n’empêche, on se voyait mal déroger au sacro-saint dessert de mariage. Les rituels ont la vie dure… La plupart de nos invités, eux, ne sont pas « sevrés » du sucre, et ils seront là pour passer un bon moment, sans frustration.

Frustration : le mot est lâché. Si ça devait passer par quelques douceurs en fin de repas, pour contenter tous les palais, alors soit.

Lorsque le traiteur nous a proposé un buffet de mignardises, j’étais ravie. Du choix pour contenter les goûts de tous, des formats mini pour multiplier les saveurs, c’était l’alternative parfaite à la pièce montée de choux et au wedding cake, qui n’auraient de toute évidence pas siège à notre table de mariage. Au fond de moi, j’espère toujours que ce sera “assez” pour nos invités friands de gourmandises…

Et puis, mine de rien, caprice de bride, je ne voulais pas pour autant renoncer à vivre mon moment de gloire derrière le « gâteau » : feux de Bengale, musique à fond, bisous dans le cou, moment de gêne.

En grande fan de fromage, l’idée n’a pas mis des siècles à émerger. M. Golf aimait aussi l’originalité de la pièce montée de fromages (miam miam), à condition que ce soit moi qui hérite de la première part debout devant tout le monde (il déteste le fromage, souviens-toi). Effet de surprise garanti auprès de nos invités ? Croisons les doigts !

Ce que ça ne change pas pour notre mariage

S’il y a bien une chose qui sera « comme à la maison », c’est le goûter que nous souhaitons mettre à disposition de nos invités après la cérémonie (nous tenions à leur éviter d’attendre l’heure du cocktail au bar PMU du coin… ouais, ça sent le vécu) :

  • Des eaux aromatisées (eau + morceaux de fruit) et des thés glacés sans sucre, plutôt que des jus de fruit et autres citronnades
  • Des cakes citron et chocolat noir à indice glycémique bas, grâce au sucre de coco
  • Des fruits en libre service

J’ai hâte de découvrir si ces petites entorses au protocole vont surprendre nos invités ou, au contraire, ne leur faire ni chaud ni froid. Pari réussi ? Nous verrons ça dans quelques semaines !

Et toi, serais-tu surprise d’être invitée à un mariage sans gourmandises sucrées ? As-tu déjà entendu parler du « zéro sucre » ? Serais-tu prête à te lancer ? Dis-moi tout !


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

Pssst ! Tu as vu la nouveauté de Petit Mariage entre Amis ? Ce sont les “Petits Tattoos” ! Nous sommes totalement conquises chez Mademoiselle Dentelle : c’est une chouette idée à retenir pour une animation originale le jour J ! Regarde vite par ici !



11 commentaires sur “Le sucre, mon mariage et moi”

  • Intéressante comme démarche ! Je pense que vous avez réussi à trouver de bonnes alternatives, pour contenter vos invités et respecter votre nouveau régime alimentaire 🙂 Je suis particulièrement curieuse des eaux aromatisées !!

    Ici aussi, je ne bois pas de sodas, ne mange pas de gâteau industriel, etc… mais j’aime quand même beaucoup le sucre en général ! Donc s’il fallait le supprimer quasi totalement de mon alimentation, il faudrait que je traque les aliments au supermarché, comme toi ^^

  • J’ai adoré ton article Mlle Saphir, très très intéressant 😉

    Comme toi je possède davantage un “bec salé” comme on dit, mais je dis rarement non à un bon dessert pour autant – écrire le contraire serait mentir…
    Nous présenterons également une pièce montée de fromages (miam-miam-miam) à nos invités le jour J, sans pour cela faire l’impasse sur la pyramide de macarons (mon pêché mignon, j’avoue) et la farandole de gâteaux (celui de Chéri) 🙂

    Je m’impose un régime alimentaire assez strict maintenant que je suis enceinte (bonjour la peur de ne pas avoir pu perdre tous mes kilos de grossesse pour mon joli jour !), mais je ne me frustre pas non plus totalement – la grossesse impose assez de restrictions alimentaires sans que j’ai besoin d’en ajouter de nouvelles…

    • Merci beaucoup Nala !
      Que de pièces montées en perspective ! Coup double : de quoi contenter les becs salés et les becs sucrés 😉
      Tu as raison de préciser qu’un tel changement alimentaire n’est pas à conseiller lors du grossesse – sauf à le vouloir vraiment et à consulter un medecin au préalable.

  • Pour avoir en quelques sortes testé ce « régime » contrainte et forcée pendant ma seconde grossesse pour cause de diabète gestationnel, je peux dire que:
    – Effectivement c’est très efficace pour perdre du poids tout en restant parfaitement sain puisque le sucre simple n’est absolument pas nécessaire à notre alimentation : j’ai pris 7kg pendant ma grossesse et j’en ai reperdu 11 (faites le calcul…) et mon bébé avait un poids tout à fait satisfaisant (3,320kg) et allait parfaitement bien.
    – Effectivement, le poids social est extrêmement important. Les gourmandises apportées par les collègues, les repas conviviaux qu’on n’imagine pas se terminer sans un bon dessert, les madeleines que Mamie te présente avec insistance quelle que soit l’heure de la journée à laquelle tu vas lui rendre visite, les goûters d’anniversaire des enfants… Plein de moments sont rythmer par le sucre et tant qu’on n’a pas été obligé de refuser, on a peine à imaginer combien c’est important aux yeux des gens.
    Comme je n’avais pas choisi ce régime, je ne l’ai pas maintenu après mon accouchement (et j’ai donc repris du poids…), mais ça m’a permis de me rendre compte qu’effectivement le sucre est PARTOUT, mais aussi qu’on peut remplacer certains trucs par d’autres sans frustrations (j’ai dit certains…). Exemple : il m’arrive régulièrement de manger pour le plaisir en fin de repas un petit dessert que je me faisais quand j’étais enceinte : du fromage blanc non sucré dans lequel j’écrase une banane.
    Alors pour ma part, je n’envisage pas de supprimer le sucre simple de mon alimentation tout comme je n’envisage pas d’en supprimer la viande bien que du point de vue du bien-être animal ça me pose problème, mais, dans les deux cas, j’essaie de limiter ma consommation intelligemment. C’est toujours mieux que rien!
    Quant à la pièce montée de formages… je plussois! (et j’y songerai le moment venu…)

    • Oups… je viens de voir ton commentaire. Merci pour ton partage d’expérience, Etoile 🙂
      La suppression du sucre simple est loin d’être simple au quotidien, tant pour ceux qui y sont constraints (diabète, problème de santé…) que pour ceux qui s’y colle pour leur santé. Limiter sa consommation, c’est déjà un grand pas, bravo !

      • Et tu as vraiment raison de souligner que le sucre simple n’est PAS indispensable à notre organisme. Combien de fois ai-je entendu, de la part de ceux à qui j’expliquais mon défi : “faut manger de tout, y compris un peu de sucre, sinon l’organisme en manque”. Et non ! C’est l’un des rares “apport” dont l’organisme peut se passer sans risquer de carence ! Si l’on revient des siècles en arrière, nos ancêtres se nourissaient bien de baies et fruits 😉

  • J’ai moi aussi dû arrêter le sucre pour des raisons de santé. Honnêtement si ça n’avait pas été le cas je n’aurais jamais tenu à mon avis. Après j’ai trouvé les premiers mois hyper durs mais par la suite on se déshabitue vraiment (tout nous semble trop sucré, promis!) et puis on trouve des alternatives ( froghourt-fruits frais, chocolat noir à 85%, thés parfumés..). En public moi ça ne me cause pas trop de problème vu que ça m’est prescrit médicalement mais je peux imaginer que les gens prennent ça très mal.. un peu comme ne pas boire d’alcool finalement : ça fait “rabas-joie” et/ou les gens se sentent culpabilisés comme si tu leur gâchais leur plaisir.. Autant un mariage sans sucre du tout me parait impossible (trop de déception chez les convives, comme un mariage sans alcool) , mais la solution que vous allez mettre en place semble parfaite 🙂

    • Je partage totalement ! Ta comparaison avec ceux qui ne boivent pas d’alcool est tout à fait juste. C’est hyper intéressant d’avoir vos retours, preuve que ça marche et que des alternatives sont possibles 😉

  • Nous sommes partis 15 jours en Corée du Sud avec mon mari, et nous avons mangé au restaurant à tous les repas.
    Au retour nous avions perdu respectivement 2 et 3 kilos.
    La nourriture coréenne, outre le fait qu’elle comporte beaucoup de légumes, exclue les sucres rapides. Il n’y a pas de carte des desserts.
    Même si c’est parfois très frustrant, effectivement réduire les sucres rapides c’est bon pour le poids et la santé !

    • Génial ça, Viviane ! LA bonne surprise au retour des vacances 😀 Nous avons vécu ça aussi en rentrant du Japon.
      Il est vrai que la gastronomie des pays d’Asie de l’Est est l’exemple parfait – merci de l’avoir partager !
      C’est aussi pour ça que je n’aime pas parler de “régime sans sucre”, mais plutôt d’arrêt du sucre simple. Il n’est pas nécessaire d’être contraint à l’arrêt du sucre (ex: diabète) pour se lancer 🙂

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