Notre cérémonie religieuse bilingue : la recherche du prêtre

Finies les robes de princesse : après avoir parlé chiffons ici, et encore par ici, je te retrouve aujourd’hui pour te parler d’un tout autre sujet : notre cérémonie religieuse.

Crédits photo (creative commons) : Foto-Rabe

Comme tu le sais, il était évident pour Monsieur Claddagh et moi-même que nous nous marierions à l’église. Or, il se trouve que depuis plusieurs années, je connais l’un des prêtres de la ville où nous habitons en Irlande, et que celui-ci est complètement bilingue anglais-français ! Il a en effet fait sa thèse à la Sorbonne, et a vécu à Paris plusieurs années ensuite ! Lorsque je l’ai rencontré, bien avant de rencontrer Monsieur Claddagh, je m’étais dit dans un (tout) petit coin de ma tête : “Oh tiens, si un jour je me marie avec un Irlandais, ce sera parfait d’avoir un prêtre bilingue pour notre mariage ! ». Prévoyante, Madame Claddagh, comme tu le vois.

Quelques temps après nos fiançailles, je lui ai donc envoyé un petit email pour savoir si nous pouvions le rencontrer pour discuter de notre mariage, et le rendez-vous était fixé.

Oui mais…

Parenthèse culturelle : en Irlande, il est extrêmement courant de se marier à l’étranger. Que ce soit pour le soleil, pour se marier dans une ville coup de cœur ou tout autre raison : ça ne pose aucun problème. La sœur de Monsieur Claddagh s’est d’ailleurs mariée en Croatie, parce qu’ils avaient eu un coup de cœur pour cette destination lors de vacances en amoureux. L’avantage : nos invités irlandais ne râleront pas à l’idée de se déplacer en France, au contraire ! (Ce qui, avouons-le, aurait peut-être été le cas de certains invités français. Mais si tu sais, Tonton Gérard* qui trouve déjà compliqué de faire 100 kilomètres pour ton mariage ?)

*Pardonne-moi si ton tonton s’appelle Gérard, ce n’est pas contre lui, mais rassure-moi, tu as aussi un spécimen de ce genre ?

Lorsque nous avons donc demandé au prêtre s’il accepterait de nous marier en France, nous n’avions pas vraiment pensé à un éventuel refus : après tout, un weekend en France tout frais payé, ce n’est pas désagréable, n’est-ce pas ?

Oui mais le prêtre en question est également « administrator » de la paroisse. Cela signifie en gros qu’il est « au dessus » des autres prêtres, et qu’il lui est donc difficile de s’éloigner, particulièrement au mois d’août, quand plusieurs prêtres sont en vacances.

Parenthèse culturelle nº2 : l’Irlande est un pays très catholique, et très pratiquant. Quand les petites paroisses des villages français se partagent sans souci un prêtre, pour une messe toutes les deux semaines, en Irlande, il y a une messe deux fois par jour, du lundi au samedi, et trois messes le dimanche. Voilà voilà.

Un autre argument du prêtre était le fait que de nombreux paroissiens se mariant à l’étranger lui faisaient la même demande, et qu’il ne pouvait pas dire oui à nous, et non aux autres, ni oui à tout le monde, sous peine de se retrouver au soleil tous les weekends d’avril à octobre ! (Dure vie, n’est-ce pas).

C’est donc fort poliment qu’il a refusé notre demande, mais nous a expliqué qu’il nous aiderait par contre à monter notre dossier, puisque c’est la paroisse de notre ville d’habitation qui doit se charger de l’envoyer à la paroisse dans laquelle nous nous marions. Notre préparation au mariage s’effectuerait aussi en Irlande : elle n’est pas du tout obligatoire en Irlande (bien que conseillée), mais il nous a expliqué que puisqu’elle est nécessaire en France, mieux valait la faire pour pouvoir nous marier dans une paroisse française.

… le monde est petit !

Nous avons donc repris nos recherches : Monsieur Claddagh lui, ne trouvait pas essentiel de trouver un prêtre bilingue : après tout, un mariage est un mariage, on y entend toujours la même chose ! Il suffirait d’avoir un livret bilingue, et le tour est joué. Moi, je trouvais tout de même dommage que la moitié de nos invités ne comprennent pas notre cérémonie, d’autant plus en venant d’Irlande exprès !

En parallèle, j’ai contacté la paroisse de la petite ville dans laquelle nous allions nous marier, d’une part pour confirmer que la date que nous souhaitions était disponible (les mariages n’étant pas si courant dans cette ville, et compte tenu que nous nous y prenions très en avance, je n’étais pas trop inquiète), et d’autre part pour leur demander s’ils seraient d’accord pour qu’un prêtre d’une autre paroisse nous marient dans cette église.

Le prêtre m’a répondu qu’il n’y avait aucun souci, et que la date était réservée pour nous. Le prêtre en question approchant des 90 ans, et ses emails étant quelque peu approximatifs, autant te dire que j’ai longtemps eu peur que la date ne soit pas réservée du tout…

Crédits photo : Photo personnelle

J’en profite pour te montrer de nouveau notre belle église !

Quelques semaines plus tard, ma maman m’apprend qu’elle a peut-être une solution ! Accroche-toi, chère Dentelle : la principale du collège dans lequel travaille ma maman est mariée à un Irlandais. Un des cousins de cet Irlandais est prêtre à Dublin, et a déjà fait plusieurs baptêmes, mariages et cérémonies dans leur famille en France. Ma maman ayant discuté avec sa principale de mon mariage, et de notre difficulté à trouver un prêtre bilingue, celle-ci lui a tout de suite donné les coordonnées du prêtre en question !

Etant une grande phobique du téléphone, j’ai demandé à Monsieur Claddagh de s’en occuper : faut pas pousser mémé dans les orties tout de même, je m’occupe déjà des prestataires français, Monsieur Claddagh peut s’occuper de ce qui ne demande pas de parler français.

Un coup de téléphone plus tard, rendez-vous est pris ! Nous rencontrons le prêtre à Dublin, celui-ci est ravi à l’idée de nous marier en France, nous discutons de notre rencontre, de nos familles, il nous pose quelques questions (mais rien de trop « religieux », j’en avais un peu peur, compte tenu de la place de la religion en Irlande !). Il est donc d’accord que nous nous occuperons de réserver ses billets d’avion. Il a de la famille à voir en France et viendra donc une semaine, il préfère donc se débrouiller pour trouver un logement. Quant à la cérémonie, rien d’urgent, nous en reparlerons. La rendez-vous s’est donc très bien passé, bien qu’à aucun moment le prêtre ne m’ait parlé en français…

Oui mais quand même euh, pour la cérémonie, on fait comment ?

Pas urgent, pas urgent… Oui mais, on peut avoir un guide, peut-être ? De ce que je sais, les paroisses françaises donnent un guide dans lequel se trouvent une sélection de lectures, différentes formules pour les consentements etc, les psaumes, à choisir par les mariés. En Irlande, cela n’existe pas (peut-être que les mariages étant nombreux, les gens sont censés tout connaitre par cœur ? Ou chercher cela eux mêmes dans leur Bible, qu’ils connaissent par cœur également ?). J’ai demandé plusieurs fois au prêtre irlandais de nous envoyer quelques informations, en vain. Le prêtre de la paroisse française, lui, m’a envoyé quelques PDF « en vrac »… Alors comment avons-nous créé notre cérémonie bilingue ? Comment s’est passé le cours de préparation au mariage ? Notre date de mariage était-elle bien réservée ? Et notre prêtre parlait-il bien français ?

La suite… dans un prochain épisode !

Et toi, as-tu choisi de te marier à l’église ? Est-ce que tu te marierais à l’étranger ? Ou bien dans une autre paroisse ? Raconte !

Hey ! Moi, c'est Madame Claddagh (et tu comprendras vite pourquoi), 29 ans, prof de français langue étrangère au pays des moutons. Lui, c'est Monsieur Claddagh, 31 ans, Irlandais pure souche, rencontré il y a presque 4 ans dans la petite ville irlandaise où je vis depuis 7 ans. Nous avons organisé notre mariage à distance pour août 2018, en Charente Maritime ! Au programme : un mariage civil la veille, une cérémonie religieuse bilingue, une belle salle et de vieilles pierres, des bougies, des fleurs et de la dentelle (of course) partout pour un mariage franco-irlandais qui mélange les traditions de chaque côté de la Mer Celtique !

Commentaires

  • Avatar
    Madame Framboise
    Répondre
    22 mars 2019

    Alala Mme Claddagh, je vois que nous avons fait face aux mêmes difficultés : un prêtre qui ne peut / veut pas se déplacer ; une cérémonie bilingue ; une envie que tout le monde comprenne… En tout cas, quel coup de chance ! Hâte de découvrir la construction de votre cérémonie !

  • Mademoiselle Sirène
    Mademoiselle Sirène
    Répondre
    22 mars 2019

    AHAHAHAH Madame Claddagh, j’étais justement en train de réfléchir à ma chronique « église ». Alors certes on a un guide pour préparer la cérémonie, mais il reste assez lacunaire. Heureusement que nous avons cherché et trouvé de l’aide, sinon la cérémonie en serait encore au point mort.

    Mais euh.. je m’inquiète beaucoup pour la suite. J’ai peur que votre prêtre Irlandais ne parle pas français… :/
    Je sens une pointe de stress à la lecture, comme si ces moments avaient été anxiogènes.

    PS. : rassure-toi, j’ai pas de tonton Gérard, mais j’ai bien des spécimens du genre (surtout que dans l’est il fait toujours moche non?!)

      • Mademoiselle Sirène
        Mademoiselle Sirène
        Répondre
        27 mars 2019

        je suis rassurée de savoir que ça c’est bien passé au final. Je dois t’avouer que j’ai parfois peur que le prêtre ne vienne pas le jour J, qu’il oublie.
        On va essayé de lui faire confiance.
        Le guide nous donne les « grandes lignes » et des choix de texte. Mais une cérémonie religieuse ne se limite pas à des lectures qui s’enchainent. Heureusement que ma belle-maman étant présente pour nous aider. Nous avons quasiment fini de préparer notre cérémonie.

          • Mademoiselle Sirène
            Mademoiselle Sirène
            29 mars 2019

            Le plus dur était de choisir certains chants, de savoir ce qui était « obligatoire » ou non (car il y avait des différences entre le livret et belle-maman – pour elle il fallait par exemple nécessaire un chant à Marie qu’on n’avait pas prévu- et on ne savait pas où on devaient mettre certains chants dans l’ordre « traditionnel » ).

            Effectivement, on est tellement habitué à ce que tout soit reconfirmé, avec des contrats signés etc, qu’on devient inquiets dès que les choses ne sont pas formalisées.

            J’attends avec impatience la lecture de la suite, voir comment vous vous en êtes sortis.

  • Avatar
    Madame Saphir
    Répondre
    26 mars 2019

    Ahhh, Mme Claddagh, sacrée aventure, cette recherche ! J’ai beaucoup ri à la lecture de cette phase : « Il suffirait d’avoir un livret bilingue, et le tour est joué ». C’est précisément ce que m’a sorti mon mari ce week-end, lorsque je lui ai présenté le contexte dans lequel vous vous trouviez : « ils ne vont pas faire la cérémonie en deux langues, quand même ? un livret dans les deux langues, ça suffit, non ? » 😀

    Blague à part, être sûre que la paroisse avait bien réservé notre date a été une vraie inquiétude chez moi. Nous avons calé à l’avance tous nos rendez-vous avec le prêtre qui officierait, pour prendre nos billets d’avion A/R. A chaque fois, c’était l’angoisse : a-t-il bien noté notre rendez-vous ? Un lapin sur 3 rendez-vous : le score n’est pas si mal ^^

    Pour ce qui est de la cérémonie à proprement parler, le livret remis nous a vraiment aidé. Je ne sais pas comment il est possible de faire sans (surtout avec un fiancé non francophone) – hâte de voir comment vous vous en êtes sortis !

Poster une réponse à cancel reply