Bouclons la boucle : ma chronique de candidature à Mademoiselle Dentelle

Comme d’autres avant moi, j’ai décidé que les longs adieux étaient trop larmoyants et qu’à la place, ma dernière chronique serait principalement ma première : la chronique d’exemple que j’ai envoyé lors de ma candidature pour devenir « chroniqueuse Dentelle ».

Les préparatifs de mariage du couple « pragmatico-rationnel », ça ressemble à quoi ?

Pour avoir un couple « pragmatico-rationnel » prêt à se marier, il faut une Mademoiselle Rationnelle un brin compliquée et un Monsieur Pragmatique qui aime les choses simples. Non, il n’y a pas erreur, c’est bien la recette. « Pragmatique et simple », ça semble logique, « rationnel et compliqué » un peu moins, et pourtant, c’est simple (ou presque) : avant de prendre une décision, j’ai besoin de considérer toutes les options, y compris les plus farfelues, et d’analyser le problème sous tous les angles, tandis que mon chéri préfère se poser uniquement les questions les plus pertinentes et ignorer celles susceptibles de conduire à des prises de tête sans fin.

Quand j’ai à cœur de choisir la solution qui semble optimale, même si ce n’est pas la plus facile à mettre en oeuvre, alors qu’il tient à opter pour des alternatives moins complexes et qui ont fait leurs preuves, on s’arrange comment ? Tout simplement en discutant et en faisant des compromis. Parce qu’au final, les solutions les plus complexes ne sont pas souvent les plus raisonnables, et les plus courantes ne sont pas forcément les plus efficaces. Et c’est donc ainsi que nous appréhendons nos préparatifs de mariage… À commencer par notre décision de nous marier.

Se marier, mais pour quoi faire ?

Quand nous nous sommes rencontrés, j’étais plutôt opposée à l’idée du mariage alors que, pour Monsieur Pragmatique, le fait de se marier un jour était une évidence qui ne nécessitait même pas de question.

De mon côté, j’avais bien envie de rêver à trouver « l’homme de ma vie », mon prince charmant, mais j’étais bien consciente de ne pas vivre dans un conte de fées et je résumais mes options amoureuses aux situations suivantes :

  • amour au premier regard, événement tout-à-fait déraisonnable qui serait dû à une défaite de mon esprit d’analyse sur mes hormones, histoire vouée à se flétrir le temps passant au fur-et-à-mesure que l’être aimé perdrait de son attractivité et que commenceraient à surgir de potentiels problèmes d’incompatibilité de personnalités, données qui auraient été indisponibles au moment du coup de foudre.
  • histoire plus solide, construite au fil du temps, basée sur nombreux souvenirs heureux, une attirance intellectuelle et physique, des goûts communs et d’autres complémentaires, l’envie de se construire ensemble quitte à faire des compromis, mais rien ne pouvait garantir que l’un ou l’autre ne se lasse un jour des efforts et compromis nécessaires pour entretenir la flamme et empêcher que ne s’installe l’ennui.
  • contrat implicite (ou explicite, tant qu’à faire) de couple basé sur des personnalités compatibles, des valeurs similaires et surtout une vision d’avenir commune qui prime sur l’attirance, mais rien ne pouvait me garantir que n’allait pas soudain surgir l’envie de vivre quelque chose de plus spontané, de son côté ou du mien, qui éroderait notre attachement l’un à l’autre et notre désir de continuer ensemble.

Crédit photo (creative commons) : Pixabay CC0

Bref, devant l’absence de garantie de durabilité et de stabilité, je n’envisageais pas de me marier. Faire une grosse fête avec l’amoureux que j’aurai choisir comme partenaire de vie (au moins pour un moment) et père de mes enfants, oui, mais signer un contrat là-dessus, non merci. Du côté de Monsieur Pragmatique, le point de vue était, me semble-t-il, plutôt qu’à un moment de sa vie, il tomberait amoureux d’une personne avec laquelle il aurait envie de créer un foyer et de poursuivre le reste de sa vie, cheminant à ses côtés dans la même direction, qu’il épouserait cette personne, qu’ils fonderaient leur famille avant son trentième anniversaire, qu’ils achèteraient une maison, qu’ils vieilliraient ensemble, etc. Tout simplement, sans avoir besoin de s’interroger sur le pourquoi du comment ni imaginer de scénario catastrophe des années à l’avance.

Et si c’était en fait une évidence ?

Aujourd’hui me voici à écrire sur Mademoiselle Dentelle, et tu t’imagines donc bien qu’il a réussi à me convaincre, ou plutôt me persuader, que le jeu en valait la chandelle. Il a d’ailleurs réussi à tel point que six ans après nos débuts, c’est moi qui ai recommencé à parler sérieusement de se marier alors qu’il ne voyait plus la nécessité de faire les choses « dans l’ordre » (mariage, bébé, logement), puisque notre couple n’avait pas besoin d’un mariage pour être légitimé : nous parlons en effet déjà ouvertement depuis plusieurs années de nos plans d’avenir et aux yeux de nos familles, et probablement de nos amis, nous sommes implicitement fiancés depuis longtemps.

Nous nous étions initialement dit que nous attendrions quelques mois après la fin de nos études pour « passer à la prochaine étape », que dès que nous aurions acquis une stabilité professionnelle et que nous serions devenus financièrement indépendants, nous créerions notre famille. L’année envisagée pour notre mariage était 2018, l’année présumée de mon diplôme de master (en février), de la fin de sa formation complémentaire (en septembre) et l’année de ses trente ans (en novembre). Logistiquement parlant, nous pourrions envisager les préparatifs de mariage pendant la fin de mes études et enchaîner sur notre projet bébé ensuite dès que possible selon mes opportunités post-diplôme (bienvenue chez les pragmatico-rationnels !).

Crédit : photo personnelle

2018 approchant, j’ai tout naturellement commencé à me pencher sur la question de l’organisation de notre mariage de temps à autre, et je suis tombée sur le site de « Mademoiselle Dentelle » assez rapidement au cours de mes errances curieuses, sans imaginer une seconde que nos envies de mariage avaient été inversées. Puis en 2016 ont eu lieu plusieurs mariages de personnes dont nous sommes proches je me suis mise à m’intéresser d’un peu plus près à la weddosphère… jusqu’à me mettre à suivre les chroniques de futures mariées presque quotidiennement et à réfléchir activement à la forme que j’aimerais donner à notre mariage (note le « je », c’est un point sur lequel, comme Mademoiselle Kiska, j’ai évolué). Peu à peu, ce blog est devenu ma référence mariage ultime, grâce à la diversité des cultures et points de vues, la variété des thèmes, du plus superficiel au plus sérieux, la profondeur des récits , l’authenticité des témoignage… et avant même d’être fiancée, je réfléchissais déjà au pseudo que je prendrais si je devenais un jour chroniqueuse Dentelle !

Mariage ou bébé ?

Lorsque j’ai appris que ma candidature en master n’était pas retenue, que j’ai laissé tombé l’idée de reprendre mes études et que nous commencions à nous dire qu’il n’était peut-être pas nécessaire d’attendre jusqu’en 2018 pour devenir parents, j’ai remis le sujet du mariage sur le tapis. Tout d’abord, je ne me voyais bien commencer à essayer de devenir maman bientôt, comme en 2017, mais pas là-maintenant-tout-de-suite, donc cela nous laissait exactement le temps nécessaire pour organiser un mariage entre deux. Ensuite, le mariage nous donnait l’occasion d’organiser de façon plus consciencieuse notre épargne « avenir » commune dès le début. Et pour finir, j’avais déjà listé les arguments pour et contre le fait d’avoir des enfants avant de commencer les préparatifs de mariage… et la logistique semblait plus aisée dans le cas d’un mariage sans enfants (encore une question de logistique pour choisir notre date de mariage !). Argument majeur en défaveur du mariage aussi tôt : si on voulait le faire comme on le visualisait, ça allait nous coûter un bras, voire deux en prenant en compte la hausse d’impôt associée (oui, nous avons tous les deux un salaire confortable, qui vont tout simplement s’ajouter à partir du moment où nous ne constituerons plus qu’un seul foyer fiscal et cela nous fera changer de taux d’imposition…). Monsieur Pragmatique s’est rangé à mon avis que le mariage avant les enfants, ça reste plus pratique, et après confrontation entre nos envies et nos comptes en banque, nous nous sommes dit « go ». Et voilà le début d’une belle aventure pleine de compromis mais qui nous ressemble.

Crédit photo : Emma Godfrey

Regarder vers l’avenir à deux, c’est toujours plus sympa

L’aventure « Chroniqueuse Dentelle »

Quel projet de te détailler nos préparatifs et le déroulé de notre bel événement avec précision et sincérité ! Mais quelle responsabilité également !

J’avoue aujourd’hui être fière d’être parvenue au bout de mon récit, de t’avoir dit et montré tout ce que je voulais te dire et montrer. Et en même temps, je suis fatiguée du rythme terriblement soutenu des publications des dernières semaines de vie du blog, de mon incapacité à condenser mon mariage ou à ne pas t’en raconter toutes les facettes, et de la vie à côté qui ne s’arrête pas pour autant. Et je suis soulagée d’en arriver au bout.

Crédit photo (creative commons) : Pexels

Derrière chaque chronique, il y a entre deux et cinq heures d’écriture et d’illustration (zoom sur le détail d’une photo avec éventuelle correction des couleurs, redimensionnement des fichiers trop gros pour le blog, recherche d’illustrations sur des banques libres…), et je n’ai pas correctement mesuré la taille de cet investissement quand je me suis lancée dans l’aventure. En revanche, j’ai adoré me replonger dans nos souvenirs de mariage, revoir les photos et vidéos, relire les discours de nos proches et mes emails aux prestataires, tout cela pour te rapporter des informations exactes…

Et en même temps, être devenue une chroniqueuse Dentelle, c’est aussi avoir découvert l’envers du décor, avoir rencontré (virtuellement pour ma part) les femmes derrière les autres articles, partagé leurs joies, leurs doutes et leurs peines, reçu et donné des conseils liés au mariage mais pas seulement. Une communauté merveilleuse dont je suis ravie d’avoir pu faire partie. Toutes les bonnes choses ont une fin, et pour moi, il est temps de tourner la page.

Et maintenant ? Et bien maintenant, il est temps pour moi de te dire au revoir, de te remercier d’avoir suivi toutes nos aventures, et de te souhaiter des journées pleines de lumière et de bonheur !



3 commentaires sur “Bouclons la boucle : ma chronique de candidature à Mademoiselle Dentelle”

  • Merci Madame Rationnelle pour avoir partagé avec nous tous ces préparatifs et ton mariage si agréable à découvrir. J’ai beaucoup apprécié te lire.
    Merci également pour avoir précisé qu’en effet écrire une chronique est une activité asse chronophage notamment avec tous les « à cotés » que tu évoques !
    Belle continuation à toi !

  • Chère Madame Rationnelle, merci pour tes chroniques soigneusement rédigées et très détaillées. J’ai vraiment aimé te lire et suivre toutes tes aventures. Et puis, j’ai une affection toute particulière pour la Suisse puisque j’y ai une amie très chère alors je ne pouvais qu’accrocher avec ton récit ! Je te souhaite une vie pleine de bonheur et de satisfaction et te dis à bientôt, qui sait, car… Le monde est petit !

  • Merci Madame Rationnelle d’avoir partagé toutes ces chroniques et ton joli mariage. Tu m’as fait rire et réfléchir avec cette première/dernière chronique, tu portes en effet très bien ton nom de scène !! J’ai bien aimé ton paragraphe très rationnel sur « se marier mais pour quoi faire ? » Et contente que tu aies changé d’avis et que tu aies pu trouver ton M. Pragmatique, vous avez l’air de vous compléter à merveilles, je vous souhaite que la passion continue, que l’ennui n’entre pas dans vos quotidiens, que vous ayez toujours cette envie d’entretenir la flamme, que votre désir de continuer ensemble ne s’érodera pas ! Bref plein de bonheur et d’amour, surtout avec votre petit bout qui a fait son entrée dans votre vie ! <3

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