La construction de ma cérémonie laïque – Partie 2 : la trame

La dernière fois, je te laissais sur le travail que j’ai fait en préparation de ma cérémonie laïque. Cette fois-ci, je rentre dans le détail !

Et donc, voilà ce que ça donne !

Nous sommes partis sur une trame chronologique.

Introduction

Nous sommes revenus rapidement sur le but et le choix de faire une cérémonie laïque.

Remerciements des mariés

M. Chat a écrit en russe, moi en français, et nous avons dit globalement les mêmes choses, mais chacun avec ses mots. Nous avons globalement remercié nos proches d’être venus, de loin ou de moins loin, avec leurs familles, bref d’avoir fait l’effort d’être là car c’était important pour nous. Et nous avons adressé une pensée à ceux qui n’étaient pas là (comme ma grand-mère, en pleine croisière sur la Méditerranée !) et à ceux qui ne sont plus là.

Engagement des témoins

Ça, c’est un passage que j’aime beaucoup ! Nos officiants ont demandé à nos témoins s’ils acceptaient de s’engager à nous conseiller et à nous soutenir lorsque nous en aurions besoin. J’ai trouvé ce moment très touchant !

Interventions de nos proches

Nous avons choisi une trame chronologique pour cette partie-là :

  1. nos enfances respectives et notre rencontre (j’avais 16 ans, on peut encore parler d’enfance pour ce moment-là !),
  2. notre vie de couple,
  3. notre mariage, notre future famille et l’avenir.

En d’autres mots : passé, présent, futur. C’est simple, mais efficace ! Pour chacune de ces rubriques, nous avons essayé de demander à au moins un Russe et un Français d’intervenir, histoire de faire participer tout le monde.

Ring warming

Les alliances ont été portées par nos neveux et nièces entre les rangs, puis jusqu’à notre officiant.

Boîte à alliances pour Ring Warming

Crédits photo : Samonov Brothers

Nos alliances dans leur petite boîte ring-warming-proof

Échange de promesses (pas exactement des vœux), puis des alliances

J’ai choisi très tôt de ne pas faire d’échange de vœux « standard ».

En effet, je trouve ce moment trop intime pour le faire devant toute l’assemblée. C’est un moment que je voulais partager uniquement avec mon futur mari, juste pour nos oreilles à nous. C’est ce qu’avait fait Mme Peps. Nous avons donc fait le vrai échange de vœux, où nous nous sommes vraiment déclaré notre amour et engagés l’un envers l’autre, lors de notre séance photo un peu plus tôt pendant la journée.

Mais je voulais quand même marquer le coup, et ne pas juste récupérer nos alliances et hop ! On se les passe au doigt et basta ! Du coup, j’ai trouvé un texte sur Internet, que j’ai remixé un peu à ma sauce, où je m’engage auprès de mon futur mari, que je te donne ci-dessous:

« Je m’engage à considérer notre lien comme le plus sacré de mon existence.
Je m’engage à t’aimer, à te chérir, tout au long de notre vie.
Je m’engage à te soutenir, à t’épauler, à te supporter dans tout ce que tu entreprendras.
Je m’engage à être toujours disponible pour t’écouter.
Je m’engage à t’être fidèle, et à t’être loyale.
Je m’engage à éviter les malentendus et à toujours chercher à mieux communiquer.
Je m’engage à ne jamais rien dire qui puisse t’humilier ou t’offenser.
Je m’engage à ne pas être avare de compliments et à éviter tout reproche stérile.
Je m’engage à accepter et à ne pas entraver tes positions lorsqu’elles contrarient les miennes.
Je m’engage à ne pas t’en vouloir de tes sautes d’humeur, sachant que le beau temps revient toujours après la pluie, et que je ne suis pas forcément beaucoup mieux lotie.
Je m’engage à te faire confiance si tu proposes une solution que je n’avais pas envisagée.
Et comme je ne suis pas parfaite, je m’engage à être assez humble pour savoir te demander pardon. »

M. Chat a lui écrit un petit texte dans le même goût. Nous avons alterné : j’ai lu, puis j’ai passé son alliance, il a lu, puis il a passé mon alliance.

Rapatriement de la bague de fiançailles

Nous avons repris, en gros, le texte de Mme Vanille, que je te donnais dans ma précédente chronique. Mes proches étaient un peu sceptiques sur cette partie de la cérémonie, même mon officiant n’était pas sûr de bien la saisir. Pourtant, moi, je l’ai adorée ! Je trouve le message et la symbolique vraiment forts.

Conclusion et ouverture du vin d’honneur

Nous avons profité de la conclusion pour dire aux invités d’aller profiter du photobooth et de ne pas oublier de signer le livre d’or.

Construire une cérémonie bilingue

C’est moi qui ai écrit toute la cérémonie, y compris les parties dites par l’officiant. Il les a retouchées un peu à sa sauce, bien sûr, mais c’est globalement moi qui ai décidé de l’ordre des interventions et des intervenants, et des messages à faire passer, notamment dans la conclusion.

Mon officiant adoré a un seul défaut, c’est qu’il ne parle pas russe. Il a donc fallu trouver une solution pour traduire toute la trame de la cérémonie, et je souhaitais que ce soit fait en live, pour éviter à nos proches russes de passer la totalité de la cérémonie le nez dans leurs livrets, à lire au lieu de vivre les choses avec nous…

Ça a été un point complexe pour moi, je me suis un peu arraché les cheveux pendant un moment pour trouver une personne qui pourrait le faire. J’ai bien des copines russes de la fac, mais ça fait trop longtemps déjà que nous ne nous sommes pas vues (sans compter celle qui est ukrainienne et engagée en politique… ça aurait été compliqué !). J’ai également deux collègues russes, mais qui sont depuis trop peu de temps dans l’entreprise pour que je leur demande quelque chose d’aussi intime. Passer par un professionnel, alors ? Ce n’était absolument pas prévu dans le budget…

Et puis finalement, la solution s’est trouvée toute seule. Mes parents sont très amis avec un couple russe : Madame était traductrice lors de l’échange culturel en 2005 où nous nous sommes rencontrés M. Chat et moi, auquel sa fille participait aussi. Mes parents les ont donc invités au mariage.

À un moment donné, Maman m’annonce qu’ils viendront avec leur fille de 23 ans, et me demande si ça ne me gêne pas qu’elle soit ajoutée aux invités. Bingo ! C’est à elle qu’on demandera de faire l’intervention en russe ! Et puis, ça a vachement de sens, puisque Anastasia est en fac de français, et qu’elle était avec nous, il y a douze ans, au commencement de notre histoire (bon, elle n’était pas vieille, à l’époque, mais n’empêche !).

Elle a gentiment dit oui, même si elle est timide et qu’elle n’a pas l’habitude d’intervenir en public. Elle a accepté de faire cet effort pour nous, et franchement, c’était m’enlever une écharde grosse comme une poutre du pied ! Nous avons fait traduire la totalité du texte écrit pour M. Héden, notre officiant, donc elle n’a finalement eu qu’à lire le texte : il n’était pas question de traduction live, qui est un vrai métier.

Pour les interventions, j’ai laissé carte blanche à nos proches : soit un discours, soit un texte lu, en fournissant une petite liste de quatre ou cinq textes pour inspiration. Avec quand même deux contraintes : nous fournir en avance les textes choisis (oui, même les discours, qu’il fallait donc faire l’effort d’écrire !), et surtout respecter une certaine deadline. Ça peut clairement être contraignant, mais c’était nécessaire car il a fallu faire traduire la totalité des textes, afin que tout le monde puisse comprendre et suivre la cérémonie ! Il était inenvisageable de ne pas inclure clairement l’une ou l’autre des langues dans la cérémonie.

Pour l’enfance, nous avons demandé à mon frère-témoin, M. Punk, puis à ma témoin, Mme Héden, d’intervenir. Mme Héden me connaît depuis seulement quatre ans de moins que mon frère, du coup elle avait toute sa place dans cette rubrique-là ! Même si en réalité, elle aurait pu intervenir dans chacune des trois…

Pour le côté russe, ce sont de très bons amis de la famille-Chat, qui l’ont connu enfant, qui nous ont fait un petit discours. Tout petit bémol pour cette intervention-là : ils n’ont pas eu le temps d’anticiper leur discours, et M. Chat a dû faire la traduction en live, ce qui a franchement nui à l’émotion du moment…

Pour le présent, nous avons demandé aux deux témoins de M. Chat, M. Gwada et Le Fiancé, d’intervenir. Ils connaissent mon mari depuis sept ans, nous ont toujours connus ensemble, en couple, et nous côtoient beaucoup au quotidien.

Pas d’intervention russe dans cette rubrique… Nous pensions demander au frère-Chat, mais il a été tellement occupé par sa famille (qui s’est agrandie quelques mois avant le mariage) et par son travail que nous avons finalement décidé de ne pas l’embêter (bon, et puis soit dit en passant, il avait refusé d’être le témoin de son frère, alors à la limite, ça ne m’a pas chagrinée tant que ça de ne pas l’impliquer…).

Et pour le mariage et la vie de famille, nous avons demandé à des couples déjà mariés d’intervenir : ma sœur et mon deuxième frère pour la partie français, qui ont chacun lu un texte. Et pour le côté russe, nous avons demandé à des amis de la famille-Chat, qui sont pour nous un couple modèle, d’intervenir.

La traduction du tout a été une sérieuse usine à gaz. Comme nous souhaitions avoir la surprise des textes, nos proches ont été vraiment d’une très, très grande aide sur ce point, et mes parents ont géré la logistique de la traduction. Mon papa prend des cours de russe, il a donc demandé à sa prof de se charger d’une partie des traductions. L’autre partie a été gérée par la fameuse amie de mes parents, bilingue. Ça a pris énormément de temps et d’aller-retour, d’autant que nous avons eu quelques retards sur la deadline, mais surtout à cause de moi, en vérité.

Nous nous sommes occupés de tout ça dans les dernières semaines avant le mariage, et j’avais déjà la tête qui débordait du mariage. J’ai eu du mal à gérer l’accélération de ces derniers temps, et au final, la plupart des aller-retour étaient de ma faute. J’ai écrit, réécrit, rajouté des éléments au corps de la cérémonie, et il y a eu aussi quelques incompréhensions avec ma maman, puisque je lui ai fourni des éléments qui n’étaient pas terminés (pas de conclusion, par exemple), et je n’avais pas vraiment compris (en tout cas, pas percuté, peut-être : mon cerveau était en pleine brume au bout d’un moment) que ma maman l’avait déjà envoyé en traduction…

Bref, ça a été un boulot monstre pour mes parents de gérer tout ça, et je leur suis vraiment reconnaissante de l’avoir fait ! Si nous avions dû nous en occuper, ça nous aurait gâché toute la surprise et ça aurait été dommage.

Un conseil si tu es dans la même situation que moi, avec un mariage bilingue : anticipe cette partie-là !!

Concevoir les livrets de cérémonie

Et enfin, dernière chose à faire : mettre en forme les livrets de cérémonie. Il a fallu en faire trois versions : une très complète pour les officiants, une autre pour les témoins et les intervenants, et une pour les invités.

Dans cette dernière version, nous avons choisi d’écrire dans une langue ce qui a été dit dans l’autre. Par exemple, le discours de mon frère a été dit en français, donc écrit en russe, et le texte d’engagement de M. Chat au moment de l’échange des alliances a été dit en russe, donc écrit en français. Seuls nos remerciements n’ont pas été traduits, vu qu’ils ont été dits dans chacune des langues.

J’ai demandé à ma maman de s’en occuper, pour qu’encore une fois, la surprise reste entière. J’aurais pu le faire moi-même, et je crois franchement que je me serais beaucoup moins pris la tête dessus que ma maman (qui, apparemment, s’est un peu arraché les cheveux). Et j’aurais choisi d’autres polices de caractère et d’autres couleurs dans le texte des livrets aussi, car ma maman a été un peu… artistique sur ce point-là !

Mes parents les ont ensuite fait imprimer et se sont également chargés de les faire distribuer le jour J, et heureusement, car moi, je n’y pensais déjà plus DU TOUT.

Voici ce à quoi ça ressemblait :

Le livret de notre cérémonie laïque

Crédits photo : Fichier personnel

Et en conditions réelles :

La trame de notre cérémonie laïque

Crédits photo : Samonov Brothers

Et toi ? Comment as-tu construit ta cérémonie ? As-tu demandé l’aide de tes proches ? Y as-tu aussi perdu beaucoup de cheveux ? Raconte-moi !


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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6 commentaires sur “La construction de ma cérémonie laïque – Partie 2 : la trame”

  • Wahou!! Beaucoup de boulot et beaucoup de questionnements du coup… Car pour ma part, ce devra aussi être bilingue espagnol. On pensait faire intervenir le compagnon de ma soeur pour tout ce qui est traduction du début, des rituels, de la conclusion… Mais, comme toi, nous ne voulons rien savoir du contenu (d’ailleurs, on fait aussi de façon chronologique 😉 ) du coup je m’étais dit qu’on ne traduirait pas les interventions, tant pis (sachant qu’il y aurait des interventions dans les 2 langues). Mais là, j’avoue, tu m’as mis le doute!
    En tout cas, félicitations pour le boulot. A toi et à tes proches pour s’être impliqués comme ça! Au moins personne n’a été mis de côté pour non compréhension. Bravo, vraiment.

    • Merci Julytoud 🙂 et vive les mariages bilingues ! Bon, tu as déjà l’avantage d’avoir une langue latine, c’est déjà surement plus abordable que le russe, même pour les gens qui parlent pas vraiment espagnol, non? En tout cas, si tu décides finalement de faire traduire, ne le fait pas à la dernière minute ! 😉

  • Un sacré casse tête dis moi mais la traduction dans les 2 langues c’est vraiment sympa pour que tout le monde puisse suivre. C’est chouette que vos proches se soient investis dans votre cérémonie laïque. Je trouve ça bien que les textes aient été traduits par quelqu’un d’autre afin de vous garder des surprises.

    • Oui, j’ai eu beaucoup de chance que mes parents acceptent de s’en occuper et surtout aient des solutions de leur coté ! C’était vraiment émouvant de découvrir les discours le jour J, ça aurait été dommage de passer à coté sous pretexte de bilinguisme…

  • Ha garder la surprise mais que tout le monde puisse suivre la cérémonie, c’est mon grand casse tête !
    Mariage franco-danois, nous communiquons en anglais et parmi nos invités il y aura des personnes qui ne parlent que français, ou que danois ou que anglais…
    J’avais laissé tomber l’idee de traduction des discours mais ton exemple montre que c’est faisable ! Compliqué, mais faisable !
    J’aime beaucoup lire tes rubriques Mme Kiska, j’aime beaucoup ta manière de gérer le bilinguisme de votre mariage !

    • oohh Merci Carine 🙂 ton message me touche beaucoup ! Après, dans ton cas c’est carrément trilingue, bonjour l’usine à gaz… Dans ton cas, l’anglais est quand meme une valeur relativement sûre, plus que le russe ou que le danois en tout cas 😉 peut être que pour les quelques personnes qui ne parlent pas l’anglais, vous pouvez faire un petit recap traduit dans leur langue, et malheureusement, tant pis pour le gros de la traduction? En tout cas bon courage pour l’organisation sur ce point là!

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