Coudre ma robe de mariée : du fantasme à la réalité

Souviens-toi, je t’ai déjà dit que je redoutais d’aller faire les essayages de ma robe de mariée dans les boutiques spécialisées car j’avais en tête ces images joyeuses de filles accompagnées de leur mères, partageant un moment de complicité unique. Et sans ma maman à mes cotés, j’envisageais ça comme une véritable épreuve…

L’émergence d’une idée folle

Assez rapidement m’est venue une idée. Et si je demandais à ma grand-mère que nous fassions ensemble ma robe ? L’idée de partager ces moments avec elle me plaisait beaucoup et avait une jolie symbolique. Lorsque je lui en ai parlé, celle-ci a tout de suite accepté le challenge ! De plus, réaliser moi-même ma robe représentait une économie non négligeable, car j’ai calculé qu’elle me reviendrait approximativement à 600€.

Tu vas te dire, « Mais elle est folle de se lancer là-dedans ! » Un peu oui…

Surtout qu’on ne peut pas dire que je sois une grande couturière. Disons que je me débrouille, je sais me coudre une robe pas trop compliquée en suivant un patron. Une robe de mariée c’est bien sûr une toute autre affaire mais, heureusement, je voulais une robe assez simple. Pour te faire une idée, les robes qui me faisaient craquer étaient celles de la créatrice Marie Laporte.

J’ai acheté plusieurs patrons et je comptais assembler le haut de l’un avec le bas de l’autre. Tu reconnaîtras à droite la robe de Kate Middleton dont je voulais le devant, un autre patron pour le bas, et pour le dos je voulais un dos nu très plongeant tout en dentelle.

Coudre sa robe de mariée : possible ou pas ?

Crédits photo : Photo personnelle

Première étape, trouver un soutien-gorge

Rêver c’est bien, mais il faut ensuite se confronter à la réalité. Déjà, j’avais imaginé un joli dos nu, ce qui implique de ne pas porter de soutien-gorge. Or, j’ai une poitrine assez généreuse qui ne tient pas tout droit sans soutif, il était donc hors de question de m’en passer. Je voulais régler ce problème de lingerie rapidement car c’était déterminant pour la profondeur du décolleté dans le dos.

Je me suis d’abord intéressée aux coques en silicone, mais elles ne sont apparemment pas recommandées au-delà du bonnet B. Puis j’ai commandé deux guêpières dos nu, mais qui ne m’allaient pas du tout, j’avais l’impression d’être un rôti de porc…

Ensuite, j’ai entendu parler d’un soutien-gorge assez magique, le Back to Glam, un magnifique soutien-gorge pas du tout glamour qui s’attache sur le ventre et permet les décolletés les plus vertigineux. J’ai donc été l’acheter. Sur le coup, lors de l’essayage, je ne me sens pas trop à l’aise, mais la vendeuse me dit qu’il faut savoir ce que l’on veut (en gros il faut souffrir pour être belle). En le réessayant chez moi, je me rends rapidement compte qu’en le portant toute une journée, les bretelles finiront par me sectionner les deux bras. 110€ de jetés à la poubelle…

Puis, désespérée, j’ai parlé du problème à ma cousine qui m’a proposé de me prêter la guêpière qu’elle avait faite faire sur mesure pour son mariage l’an dernier. Et comme nous avons à peu près la même morphologie elle m’allait parfaitement ! Le dos était échancré, sans toutefois permettre un dos nu plongeant, mais c’était mieux que rien ! Je suis donc partie sur l’idée de faire ma robe en fonction de cette guêpière.

Le stress pointe le bout de son nez

Le temps passe, et je commence à me dire qu’il faudrait peut être que je me bouge un peu. Je n’ai toujours pas de modèle précis en tête, je fais pas mal de dessins mais je change souvent d’avis. Je suis un peu perdue… J’aurais pu tout arrêter là, et je n’aurais quasiment rien perdu. Mais non, je me suis obstinée.

Et sans trop savoir encore quoi en faire, j’ai craqué sur de la magnifique dentelle de Calais que j’ai acheté sur Internet. Dans la continuité, je suis partie un week-end à Paris pour acheter le reste du tissu. J’ai ainsi acheté de la mousseline de soie, ainsi que du satin de soie pour faire la doublure. 8 mètres de chaque pour être large. Le tout pour presque 900€. Arg… Je suis rentrée chez moi avec mon sac de tissu, et surtout beaucoup d’angoisses.

Coudre sa robe de mariée : possible ou pas ?

Crédits photo : Photo personnelle

Voici l’échantillon de la dentelle que j’ai choisi

L’angoisse qui monte, qui monte, qui monte !

J’étais déjà pas mal stressée. Mais quand est venu le moment de faire quelque chose de ce tas de tissus, j’ai commencé à me sentir vraiment mal…

J’ai essayé de faire des patrons correspondant à ce que je voulais, j’ai fais de multiples tests sur du coton, et rien n’allait, rien ne me plaisait, je n’y arrivais pas. De part mes capacités de couture, j’ai également dû renoncer à des envies que j’avais pour le haut de la robe, je me sentais incapable de coudre les festons de la dentelle, mettre des baleines, etc. Ma confiance en ce projet diminuait jour après jour.

Et pire, l’envie diminuait également. J’ai commencé à penser à cette maudite robe en permanence. Et certains soirs j’avais des crises de larmes incontrôlables. C’est bête en soi de pleurer pour une robe, il y a tellement de problèmes plus graves dans la vie. Mais tu sais en tant que future mariée (ou jeune mariée) que lors des préparatifs on craque parfois juste parce que la couleur des rubans est fushia au lieu d’être framboise ! Tout ça pour dire que j’avais envie d’abandonner, mais le fait de me retrouver à 5 mois du mariage sans solution me faisait très peur.

Ma grand-mère était également angoissée. Elle voulait tellement bien faire, elle se mettait la pression car elle ne voulait pas que je sois déçue de ma robe de mariée. Et je culpabilisais de lui causer ces tracas, surtout à son âge… En même temps j’avais peur de la vexer ou de lui faire de la peine si je lui disais que je voulais laisser tomber… J’avais l’impression de m’être mise dans un sacré pétrin dont je ne pouvais pas me défaire !

Coudre sa robe de mariée : possible ou pas ?

Crédits photo : Photo personnelle

Coudre sa robe de mariée : possible ou pas ?

Crédits photo : Photo personnelle

Mon papa, mon sauveur !

J’ai fini par parler de mes angoisses à mon père. Et il a fait preuve de beaucoup de compréhension. Il m’a dit que ce n’était pas grave, que j’avais le droit de laisser tomber. Et que je pouvais aller m’acheter une robe qu’il m’offrirait, tant pis pour le tissu déjà acheté. De plus il m’a expliqué que ma grand-mère comprendrait tout à fait et ne m’en voudrait pas, et même que ça la libérerait sans doute d’un poids. Tu ne peux pas savoir à quel point je me suis sentie soulagée d’entendre ça !

J’ai donc pris la décision d’abandonner ce projet. À ce grand sentiment de soulagement s’ajoute tout de même un sentiment d’échec personnel que je vais mettre un peu de temps à digérer.

J’ai bien sûr envisagé de faire faire ma robe par une couturière avec le tissu que j’avais déjà, mais je n’avais plus ni l’envie ni la force de repartir dans des dessins, des patrons, des toiles, etc. Je voulais juste une jolie robe et me débarrasser du problème ! J’ai donc pris rendez-vous dans un magasin de ma ville, mais je t’en dirais plus une prochaine fois !

Et toi, as-tu envisagé de faire ta robe toi-même ? Qu’aurais-tu fais à ma place ? Raconte !


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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19 commentaires sur “Coudre ma robe de mariée : du fantasme à la réalité”

  • Je comprends le sentiment d”échec personnel” que tu peux ressentir, mais je pense que tu as fait ce qu’il “fallait” (s’il y a une chose qu’il faut faire dans ce cas bien sûr 🙂 ). Je trouve ça génial que tu te sois lancée, et ce n’est pas tellement le résultat final qui compte. Ce qui compte c’est de ne pas avoir de regrets, tu as essayé, vu que ce n’était pas pour toi et finalement tu fais autre chose, et alors ? C’est comme ça qu’on apprend aussi. Et puis ce serait trop dommage de se rendre malade pour quelque chose qui doit rester un plaisir !

    Ton article me parle, parce que je fais aussi ma robe moi-même, et dès le début ma maman m’a dit exactement la même chose que ton papa, que même si je me ratais c’était pas grave , qu’elle m’en offrirait une autre et que si j’avais envie d’essayer c’était ça qui comptait, et en effet ça enlève un poids !

    • Coucou Mlle Werther !
      Oui après quelques temps j’ai finalement digéré cet “échec” 🙂
      Félicitations en tout cas pour oser te lancer seule, c’est vrai que c’est une sacrée aventure ! Tu seras tellement fière de toi 🙂

      • Alors c’est une bonne chose 😀
        Et pour moi c’est vrai que j’ai vraiment beaucoup de plaisir à coudre cette robe (j’ai aussi fait attention à choisir un tissu que j’avais l’habitude de travailler et dès le départ j’avais une idée très précise (et heureusement pas trop compliquée) de ce que je voulais, ça aide), la voir avancer c’est un peu magique ! Si ça me causait du stress ou n’importe quoi de négatif je pense que j’aurais arrêté, c’est vraiment pas le but.

  • Tu as bien fait de renoncer plutôt que de te rendre malade avec ça !
    Et le tissu, ce n’est pas périssable, ça pourra resservir pour un autre (ou plusieurs autres) projet, un jour !

    Pour ma part, j’ai fait l’inverse : j’avais en tête l’idée de coudre mais d’abord j’ai essayé pas mal de robes. Comme je voulais tout le temps “le haut de celle-ci, le bas de celle-là, des bretelles, la dentelle plutôt comme ça, et puis du rouge en plus j’aime pas tout blanc”, ben je me suis lancée dans l’achat de tissu puis la couture !
    Je n’avais eu aucun coup de cœur pendant mes essayages, et j’en ai finalement eu un (ouf) pour MA robe, terminée quelques jours avant le mariage^^

    • Terminer ta robe quelques jours avant le mariage, tu as du avoir un bon coup de stress !!! C’est super d’avoir eu la robe avec le moindre détail exactement comme tu le voulait 🙂

  • J’ai aussi eu dans l’idée de coudre ma robe. Mais je m’étais posé certaines limites, car je suis parfaitement consciente de mes capacités.

    J’avais 2 styles qui me plaisaient : l’un fluide et facile à réaliser sur lequel je me serais lancée, et l’autre plus “princesse” avec de l’ampleur, un bustier et donc dépassant mes capacités. J’ai essayé les 2 styles et le second m’allait comme un gant alors que les robes fluides n’étaient pas faites pour moi. J’ai donc acheté ma robe “princesse”, surtout qu’elle rentrait dans mon petit budget.

    Par contre, je n’ai pas ce sentiment d’inachevé comme toi, pour la simple raison que je couds quand même beaucoup pour mon mariage : sachets de dragées, guirlandes… J’ai aussi prévu de coudre ma robe du lendemain (une idée pour toi afin d’utiliser le tissu acheté ? Une robe vraiment simple) et éventuellement la robe de demoiselle d’honneur de ma belle-fille. Et ça occupe déjà pas mal !!

    • Coucou Aurore !
      Tu as bien fait d’aller essayer des modèle en boutique, ça a été un peu mon erreur de ne pas le faire car du coup je ne savais pas ce qui allait m’aller ou pas…
      Je me suis mise aussi à faire de petits travaux de couture sympas pour la mariage, par exemple une petite tenue pour mon chien 😉
      Et pour le tissu que j’avais acheté oui je vais essayer de m’en servir, peut être pour me faire une robe pour le mariage à la mairie la veille (mais très simple comme tu as dit !), et sinon après le mariage je me ferai des petits hauts ou d’autres trucs, je vais devoir m’habiller en blanc pendant 10 ans haha !

  • Comme je suis heureux de lire ton récit ! Non que je sois heureuse de lire que tu as galeré sur les patrons et pleurer sur le tissu ! Mais heureuse parce que….. je me suis sentie moins seule !! Pareil que toi j’ai décidé de faire ma robe de mariée. Je suis allée faire quelques essayages avant quand même car c’est indispensable pour voir ce qui te va ou non. J’y suis allée seule la plus part du temps. Une fois mon modèle choisi, j’ai tenté de reproduire la robe mais chose difficile tu en conviendras (on ne s’appelle pas Marie Laporte ou Elsa Gary pour rien !!). J’ai changé X fois d’avis, je me suis retrouvée avec 15 ébauches de robes à la maison. J’en rêvé la nuit. J’en aurai pleuré tellement ça me tenait à cœur de faire Ma robe car j’adore la couture depuis toute petite. J’étais sur le point d’abandonner lorsqu’un événement inattendu m’a remis la volonté. Mais je comprends ton sentiment de soulagement lorsque tu as prit la décision de t’en acheter une. On a envie que ce soit parfait, que la robe nous mette en valeur pour ce jour unique et qu’Elle soit unique. Alors je te souhaite de belles recherches et de trouver la tienne !

    • Salut Mademoiselle Erable !
      merci beaucoup pour ton commentaire !
      Haha je vois qu’on a vécu à peu près la même chose, à se noyer au milieu des patrons 😉 C’est cool que tu aies trouvé la force et la motivation de continuer. Ta robe sera unique et elle aura une très belle histoire, et je suis sure que tu seras parfaite 🙂
      J’ai fini par trouver une robe en boutique et ça a été un sacré soulagement !

  • En tout cas tu as tenté l’aventure, c’est déjà beaucoup! Ne culpabilise pas. J’ai une formation de couturière modéliste et mon envie a été de me coudre ma robe. Le “problème” c’est que si je me l’étais faite, ça aurait été:
    – avec un très beau tissu que j’avais déjà en stock, une très belle mousseline de soie
    – avec une idée assez arrêtée du modèle , que j’avais rapidement imaginé une fois la décision du mariage prise.
    Un tissu compliqué à travailler, et énormément d’heures de travail en perspective (création du patron, nombreuses coucles de tissu… arrgh) avant même de commencer, j’ai eu l’humilité de comprendre mes limites (et le temps que j’aurais à consacrer aussi!) Du coup j’ai même pas commencé! Alors oui je comprends très bien ton sentiment. Du coup j’ai trouvé mon bonheur sur Etsy, une merveille vintage 🙂

    • Si même une couturière ne l’a pas fait j’ai bien fait d’abandonner 😉 C’est vrai qu’on trouve des merveilles sur Etsy 🙂

  • Tu as été super courageuse de tenter en tout cas, et puis tu trouveras un moyen de te servir de ce tissu d’une autre manière j’en suis sûre, mais cette fois sans pression ! Vivement la suite 😉

    • Merci Madame Peach ! Pour l’instant le tissu m’attends sagement, et après le mariage je me lancerai des projets sympas et sans stress comme tu dis 😉

  • Si j’avais eu de l’expérience en couture, je me serai très probablement posé la question ! Mais comme ce n’est pas le cas…
    J’ai hâte de lire la suite ! Tu nous montreras ce que tu feras du tissus ?

    • C’est vrai que avec l’univers de ton mariage tu aurais pu t’éclater en couture !! Oui je vous montrerai ce que j’en ferai, mais ça ne sera peut être pas pour tout de suite 😉

  • Faire sa robe de mariée… pas toujours simple… Moi c’est mon métier, j’en réalise toute l’année et quand je vois parfois les difficultés techniques que je rencontre, j’imagine pour quelqu’un qui ne coud pas souvent.
    C’est pourquoi j’ai décidé de créer des cours d’accompagnement à la création. Je propose mon aide pour la réalisation du patron, le montage de la robe, les retouches à celles qui veulent réaliser leur robe ou celle de leur fille, petite-fille, filleule ou nièce…
    L’essentiel est d’être sereine…

    • Et bien Nariaela, je ne savais même pas que ce genre de cours existait, et cela m’aurait bien été utile ! Je trouve que c’est une super idée ! Et un bon compromis pour les néophytes en couture comme moi et qui ont besoin d’accompagnement 🙂

  • Quel courage de vouloir faire toi-même ta robe ! Je pense que c’est bien d’en avoir parlé avec ton père qui t’a permis d’y voir plus clair et surtout de ne plus te tracasser autant avec ta robe. Vite qu’on voit tes essayages !

  • C est un super projet mais il faut l’avouer c’est aussi une très très grosse dose de stress.
    Tu as bien fait d’en parler à ton papa

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