La demande en mariage

Voici venu le moment tant attendu (ou pas, hein. Mais quand même un peu ? Non ?) : LE récit de LA demande en mariage. Alors file te faire une tasse de thé, installe-toi bien confortablement, et c’est parti pour la chronique toute romantique du jour !

Comme je te l’avais dit lors de ma présentation, Monsieur Claddagh a sorti le grand jeu pour nos deux ans de rencontre.

Est-ce que je m’y attendais ?

Oui et non. Nous avions déjà parlé mariage, mais plutôt en mode “quand on se mariera, on pourra faire ci et ça”, tout naturellement, donc.

Il faut savoir aussi que le mariage est très important en Irlande, et que très peu de couples vivent ensemble sans être mariés (je te rassure hein, on n’est plus dans les années 50, on peut vivre ensemble avant d’être mariés, tout de même, mais un couple finit par se marier, en général à l’église, et très majoritairement avant d’avoir des enfants). Du coup, la question du “Est-ce que tu comptes te marier un jour ?” ne s’est jamais vraiment posée entre nous : pour lui comme pour moi, la réponse était oui.

Par contre, nous n’avions jamais parlé de date, ou de notre mariage de manière concrète. Je me souviens seulement que Monsieur Claddagh m’avait demandé, assez tôt dans notre relation, à partir de combien d’années ensemble je pensais qu’un couple “devrait” se marier. Si mes souvenirs sont bons, j’avais dû dire : “Au moins trois ans.”

Et un beau jour…

Pour notre premier anniversaire de rencontre, nous avions loué un magnifique gîte dans les Wicklows, en Irlande. Et nous avions décidé de partir en weekend à cette date-là, ou pas loin, chaque année.

Pour nos deux ans, Monsieur Claddagh m’a donc annoncé qu’il organisait un weekend surprise. Je connaissais les dates, mais pas la destination : je savais seulement qu’on prendrait l’avion, et qu’il allait faire chaud.

J’ai soumis l’hypothèse du Portugal, complètement au hasard, et en bon Irlandais qui se respecte, Monsieur Claddagh m’a répondu que non, en plein milieu du mois d’août, au Portugal, il ferait beaucoup trop chaud. Bon. Soit. De toute façon, je n’avais pas vraiment envie de deviner, j’aime bien les surprises, moi.

Sauf pour faire ma valise. Ça a donné quelque chose du style : “Mais quand tu dis chaud, c’est chaud comment ? Chaud 25° ? Chaud 30° ? Non parce que je n’amène pas les mêmes vêtements pour les deux, moi…” Réponse : “Chaud, c’est chaud.” Ouais bon, forcément, la gente masculine a nettement moins de choix quand on en vient aux vêtements d’été, hein. Faut pas lui en vouloir.

Nos valises faites, nous nous sommes rendus à l’aéroport. Monsieur Claddagh m’empêchait de voir la destination sur ma carte d’embarquement, soigneusement pliée par ses soins, et s’est assis entre trois portes d’embarquement. Je ne me souviens plus vraiment des choix, si ce n’est qu’il y avait une ville en Angleterre : n’étant pas une grande fan de l’Angleterre (sauf de la famille royale, gniiiii), et doutant de la chaleur qu’il y ferait au mois d’août, c’était éliminé. Il y avait aussi Faro, et je ne sais plus quelle autre destination. C’était donc bien le Portugal !!

Nous sommes arrivés sous un soleil de plomb (qui m’a amenée à râler et à dire à Monsieur Claddagh qu’il aurait pu préciser “très chaud”, et pas seulement “chaud” pour m’aider à faire ma valise #jamaiscontente). Nous avons découvert notre joli petit hôtel, nous nous sommes installés, et nous avons profité de la piscine, et du SOLEIL. Oui bon, on vit en Irlande, je te le rappelle. Les clichés ont beau ne pas être vraiment exacts (non, il ne pleut pas tout le temps en Irlande), il ne fait pas non plus 35° au mois d’août, je te l’accorde.

La date de nos deux ans, c’était le lendemain, et j’ai donc demandé à mon amoureux ce qu’il avait prévu : “Rien de spécial, on pourra tester le resto de l’hôtel, on verra.” Toi, tu ne connais pas Monsieur Claddagh. Mais moi, j’ai trouvé ça un peu louche, cette histoire. Monsieur Claddagh, il n’est pas du genre à laisser les choses au hasard (plutôt du genre à éplucher TripAdvisor avant même de partir en vacances pour faire la liste des restos à tester), alors ne rien avoir prévu pour nos deux ans… huuum… ça me semblait fort étrange.

Le lendemain, toujours pas l’ombre d’une organisation quelconque. Nous passons une super journée dans une petite ville typique, piscine, cocktails : la belle vie, quoi. Et puis Monsieur Claddagh me propose d’aller voir un coucher de soleil sur une plage, pas très loin.

“Mais alors, je me change ? On va au resto après ? Ou on repasse à l’hôtel ?
– Comme tu veux.”

(Tu noteras que j’ai eu de gros moments de doute vestimentaire durant ce weekend. Mais bon, j’avais prévu une jolie robe et des talons, moi, alors sur la plage, ça ne me paraissait pas le plus pratique, tu en conviendras. On est une fille ou on ne l’est pas.)

Nous voilà en route, ma jolie robe, mes sandales plates, Monsieur Claddagh et moi. Je jette un œil dans la voiture mine de rien : étrange, pas de bouteille de champagne à l’horizon. Ça aurait bien été le genre de Monsieur Claddagh d’en apporter une pour trinquer sur la plage…

La plage est super jolie, et complètement déserte : il est un peu tôt pour le coucher de soleil, alors on prend quelques photos, on discute, et Monsieur Claddagh me demande, l’air inquiet, si mon portable capte. Ben euh… non, mais pourquoi j’aurais besoin de mon portable ? #maisquestcequisepasse

Ma demande en mariage très romantique en bord de mer

Crédits photo : Photo personnelle

En attendant que le soleil ne descende, Monsieur Claddagh me propose de marcher le long de la mer. Allons-y gaiement, je ne suis pas contrariante : en plus, c’est tellement beau, et nous sommes tout seuls, ou presque !

Nous marchons les pieds dans l’eau, et je commence à me dire qu’il y a vraiment un truc louche dans tout ça, tout en me disant : “Mais non Mademoiselle Claddagh, ne va pas t’imaginer ce qui n’arrivera pas, tu serais déçue !” (Si toi aussi, tu as vécu cette contradiction entre toi-même et… toi-même, lève la main !) Jusqu’à ce que je voie une bouteille échouée contre un rocher, presque dans l’eau. Une bouteille à la mer. Et un message à l’intérieur…

C’est alors que…

J’aurais pu m’arrêter là, parce qu’à la télé, c’est là qu’ils lanceraient la pub, mais je ne suis pas si cruelle. En plus, tu n’as peut-être pas encore fini ton thé/ta pause cigarette/ta pause déjeuner/ton interclasse (raye la mention inutile).

Monsieur Claddagh me propose d’ouvrir la bouteille, et j’y trouve une lettre scellée. Le sceau résiste (prouve qu’il existe. Pardon. Ne me remercie pas), et s’ouvre enfin. Sauf qu’il y a tellement de vent que la lettre commence à se déchirer, et que Monsieur Claddagh doit la tenir contre lui pour que je puisse la lire ! Il me demande de le prévenir lorsque j’aurai fini (et je crois que ça lui a semblé une éternité !).

Je lis alors la plus belle déclaration d’amour qu’il aurait pu me faire, et en français en plus. Quand j’arrive à la fin de la lettre, Monsieur Claddagh met un genou à terre pour prononcer, en français aussi : “Veux-tu m’épouser ?” Oui oui, ouiiiiiiii !!!!!

Ma demande en mariage très romantique en bord de mer

Crédits photo : Photo personnelle

En coulisses…

Quelques minutes plus tard, Monsieur Claddagh s’avance vers un couple, que je n’avais absolument pas remarqué (en mode “Nous sommes seuls sur terre, on va se marieeeeeeer !!”), et commence à remercier… l’une des réceptionnistes de notre hôtel !

Eh oui, si toi aussi tu te demandes comment cette bouteille s’est retrouvée échouée sur cette jolie plage, sache que Monsieur Claddagh avait tout prévu (comme d’habitude). Il avait demandé au personnel de l’hôtel si quelqu’un serait d’accord pour venir déposer cette bouteille juste avant que nous n’arrivions sur la plage. Il a eu bien du mal : tout le monde refusait ! Pas très cool, les Portugais, dis donc ! Finalement, l’une des réceptionnistes a accepté.

Ensuite, cette personne devait envoyer un message à Monsieur Claddagh pour lui dire exactement où se trouvait la bouteille, et pour prévenir que tout était en place ! D’où le souci de réseau : Monsieur Claddagh ne recevait aucun message !!

Cerise sur le sundae, il avait aussi demandé à la demoiselle de rester à proximité pour prendre des photos de la demande, en mode paparazzi, et nous avons donc tout plein de photos (sur lesquelles nous voyons d’ailleurs un autre couple, qui serait, semble-t-il, passé près de nous à ce moment : ni l’un ni l’autre ne l’avons remarqué, dans notre bulle !).

Quant à la lettre, écrite tout en français, j’ai vite demandé à Monsieur Claddagh comment il avait bien pu l’écrire : il ne parle pas français, il l’apprend, mais pas assez pour écrire une telle lettre ! Et c’est là que Madame Gezillig (re)rentre en scène ! C’est elle à qui mon amoureux a pensé pour traduire sa lettre de l’anglais au français, tout en gardant bien le secret, bien évidemment !

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Madame Gezillig, notre bonne fée !

Et après ?

Nous avons fait quelques photos de plus sur la plage, avec le coucher de soleil, nous avons marché, dessiné des cœurs dans le sable, et puis soudain… “Mais Monsieur Claddagh, où sont nos chaussures ???” Eh oui : pris dans l’action, nous avions posé nos chaussures que nous tenions à la main là où nous avions découvert la bouteille… et nous étions repartis sans ! Monsieur Claddagh a donc couru pour les retrouver, presque emportées par la marée montante ! Ça restera la petite anecdote rigolote de la demande en mariage !

Nous sommes ensuite rentrés à l’hôtel : Monsieur Claddagh avait mis une bouteille de champagne au frigo, et nous avons ensuite mangé au restaurant de l’hôtel (pour la peine !), où tous les serveurs que nous croisions nous félicitaient ! Forcément, tout le monde était au courant !

Nous avons d’ailleurs eu encore des félicitations le lendemain, pour nous faire rester sur notre nuage encore un peu plus longtemps (mais en vrai, j’y suis restée pendant plusieurs jours, sur ce nuage… Je crois bien n’être jamais complètement redescendue. C’est grave, Docteur ?).

Ma demande en mariage très romantique en bord de mer

Crédits photo : Photo personnelle

LA fameuse bouteille, et Bob, qui fait partie de tous nos voyages !

Tu te demandes peut-être : “Mais alors, la bague ?? On n’a pas vu la bague ?” Alors non, je n’ai pas eu de bague ce jour-là, pour une excellente raison. Mais je suis certaine que ta pause est terminée, et je ne voudrais pas que tu te fasses houspiller ! La bague, ce sera pour une prochaine fois, promis !

Alors, il n’est pas parfait, mon amoureux tout droit sorti d’une comédie romantique ?

Et toi, tu as eu une demande presque inattendue ? Comment ça s’est passé ? Raconte !


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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18 commentaires sur “La demande en mariage”

  • Oooooh, c’est vraiment trop mignon cette demande !! Quel sacré organisateur ce M. Claddagh ! Voilà un joli moment dont vous vous souviendrez longtemps !!
    Et bravo pour le teasing 😉

  • Wahou … je suis bouche bée de l’imagination ,l’organisation et l’obstination de ton cheri !
    et big up à Mme Gezellig !
    hâte de voir la suite !

    • Il a du bien se prendre la tête… et mis à part les aller retours à la réception de l’hôtel (dont je ne me suis absolument pas méfié ahah!), je ne me suis rendue compte de rien !!

  • Mais quelle jolie demande ! Tout en romantisme et en surprises, je suis fan… archi-fan <3

    Ton homme a assuré Mlle Claddagh… et chapeau à Mme Gezillig pour le coup de main en cachette 😉

    Vivement la suite et la découverte de ta bague !!!

    • Il ne trouvait personne qui voulait bien l’aider, donc il a fini par proposer une jolie petite somme d’argent… (qu’il aurait donnée pour remercier de toutes façons, mais c’est vrai qu’il était un peu surpris que personne ne veuille déposer la bouteille sur la plage !! Pas très cools/romantiques ces Portugais !)

  • C’est très romantique, mamma mia ! On sent bien le stress du futur fiancé qui a tout prévu et prie de toute son âme pour que tout se passe bien malgré la non-réception téléphonique… 😀
    L’anecdote de vos chaussures m’a bien fait rire, vous en avez des histoires à raconter sur cette demande en mariage dis-moi !

  • Tu m’as fait trop rire avec tes questions existentielles sur les vêtements ! Cette demande est toute romantique et parfaite, c’est trop mignon. Et le fait d’avoir des photos prises en direct, c’est vraiment encore mieux.

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