L’épisode de la robe : une robe d’occasion avant tout – Partie 1

Ah, la robe ! Je ne sais pas combien d’articles sur les recherches de robe il y a sur Mademoiselle Dentelle, mais cet épisode est souvent épique et parfois un peu compliqué.

Pour ma part, je savais parfaitement ce que je ne voulais pas :

  • du neuf
  • de la laine ou tout autre produit animal
  • de la soie (oui, c’est animal, mais je le précise quand même)
  • un bustier
  • du made in China

Et je savais aussi ce que je voulais :

  • de la couleur
  • un laçage
  • pas de dentelle… enfin, pas trop

Enfin, quand je dis « ce que je voulais », ce sont plutôt les critères de Monsieur For It que tu lis ici. Je l’ai longuement embêté en lui montrant mes tableaux Pinterest pour qu’il me donne son opinion. Même si, bien sûr, il me trouvera toujours magnifique dans ma robe (enfin j’espère), j’angoisse quand même que ça ne lui plaise pas. Je te le dirai quand je saurai son opinion. Il va falloir attendre encore pour ça. (Spoiler : ça va, il a bien aimé !)

Tu as remarqué que mes critères ne concernent pas du tout le style de robe, au final : je me trouvais très ouverte à ce sujet, je voulais surtout essayer plein de styles différents, ce que j’ai assez bien réussi, au final.

Le critère le plus important pour moi dans cette liste, c’était la robe d’occasion. Pour tout te dire, sur mon ancien ordinateur, j’avais une liste des magasins de vente de robes de mariée d’occasion. Cette liste date d’il y a quelques années maintenant, ce qui prouve bien qu’une robe d’occasion me tient à cœur depuis longtemps.

Bon, je ne m’en suis pas servi car, malheureusement, certains de ces lieux ont fermé. Ça ne m’a cependant pas posé problème puisque j’adore faire des recherches Internet : j’ai pu écumer le web à la recherche des magasins de robes de mariée d’occasion, et rassure-toi, je te montrerai bientôt le résultat de mes trouvailles.

Mais avant ça, il faut que je t’explique pourquoi le critère de la robe d’occasion était mon critère numéro un…

Les robes de mariée et moi, c’est une histoire d’un peu moins de dix ans, quand je suis tombée dans la marmite des blogs et sites de mariage au moment du mariage d’une copine.

Depuis, je suis de loin, voire de très loin, les nouvelles collections, j’avoue que je les trouve parfois toutes identiques et que je n’ai jamais eu de créateur préféré. En fait, et pour tout dire, je ne reconnaîtrais pas une robe Delphine Manivet (enfin si, en général, ce n’est pas tellement mon style) (« Mais tu n’aimes rien, aussi, Mademoiselle Wait ! » dirait Monsieur For It) d’une Elsa Gary. Tu as vu, je connais quand même deux noms de créatrices ! Mais je m’arrêterai là, je n’ai plus de ressources.

J’ai bien compris que, comme la mode de prêt-à-porter ou de haute couture, les collections de robes de mariée sont éphémères, et, tout comme les vêtements de tous les jours, je ne suis pas pour la consommation à outrance des vêtements.

Voyons donc ensemble le parcours d’une robe de mariée (ou d’un tee-shirt, ça marche aussi).

La production du textile

Tu n’es pas sans savoir que l’industrie de la mode est la plus grande consommatrice de coton. Si tu ne le savais pas, je vais te donner d’autres infos assez flippantes à ce sujet :

  • Il faut 5260L pour produire 1kg de coton (source CNRS).
  • 24% des pesticides mondialement produits (dont certains « hautement dangereux » ou « extrêmement dangereux » selon l’OMS) sont utilisés pour produire les 2 à 3% de terres de coton cultivées.
  • Pour le blanchir, chlore et azurants chimiques (molécule absorbant les UV et réémettant dans le bleu) sont fréquemment utilisés.
  • Pour le teindre, le plomb et le chrome sont requis (source planetoscope.com).

Là, je te donne l’exemple du coton puisque c’est le plus parlant, mais ça marche aussi pour les autres fibres, celles utilisées pour les robes ne sont pas exclues, tu te doutes bien.

Crédits photo (creative commons) : sarangib

Allez, pour compenser, regarde comme c’est joli, le coton, au départ…

La fabrication des vêtements

On passe maintenant à la confection (non non, ce n’est pas encore fini, tu ne peux pas encore mettre ton vêtement).

Pour la plupart des marques et des vêtements, la confection n’est pas des plus propres. Les conditions de travail sont assez désastreuses.

La main d’œuvre au Bangladesh, au Pakistan et au Vietnam coûte soixante-deux fois moins qu’en France (source : Fédération de la Maille et de la Lingerie, février 2013). C’est sûr qu’avec ça, les prix peuvent être bas en arrivant sur le marché européen.

En 2013, au Bangladesh, l’immeuble Rana Plaza s’est effondré, tuant plus de mille cent travailleurs et enfants, présents dans la crèche du rez-de-chaussée. Bon, évidemment, on peut considérer qu’il s’agit d’un cas extrême, mais tu es sans doute au courant que le travail dans les pays les plus pauvres de la planète ne se fait pas dans les meilleures conditions.

On le sait, pour que les vêtements arrivent à bas prix par chez nous et inondent les enseignes de consommation courante et les grandes surfaces, il y a des personnes à l’autre bout de la ligne qui sont payées une misère.

Crédits photo (creative commons) : MBatty

Oui, là, c’est une fabrication artisanale et c’est trop beau

Bien évidemment, je ne veux pas te culpabiliser, je suis très loin d’être parfaite, tu t’en doutes (j’essaye de te le faire croire, mais en fait, même pas), mais je pense que ça ne fait pas de mal de le dire même ici, où nous sommes entourées de paillettes et de licornes.

Ça peut être comme ça, le tissu, aussi :

Crédits photo (creative commons) : mploscar

La commercialisation

Après tout ça, les vêtements transitent principalement d’Asie jusqu’en, pour nous, Europe. Ils passent quelques mois en rayon puis, s’ils ne sont pas vendus, passent par la case soldes, puis déstockage, puis magasins d’usine. À la toute fin, il n’en reste plus beaucoup. Évidemment, plus les gens achètent, et plus la spirale infernale continue et s’amplifie.

Pour ma part, depuis quelque temps (oui, c’est très précis comme notion), j’achète beaucoup moins et surtout, d’occasion. Oui, j’aime Emmaüs et les autres, je t’en ai déjà parlé, et on y trouve souvent des tas de choses (un peu, voire beaucoup trop). J’essaye d’être une consommatrice avertie et consciente de mon impact. Je lis pas mal de blogs orientés développement durable, écologie et minimalisme, notamment celui d’Ophélie ou encore celui de Natasha (que je te conseille comme bien d’autres), où j’ai pu trouver parmi de nombreux articles intéressants ce petit guide, bien pratique pour s’habiller responsable.

Je ne pouvais donc pas consciemment acheter une robe de mariée neuve, alors que dans la vie de tous les jours, j’essaye d’acheter d’occasion.

Voilà pour les explications et la minute information importante (oui, une minute si tu lis très vite, tu es sûre que tu as tout bien lu ?). La prochaine fois, on rentre dans le vif du sujet avec mes premiers essayages, ça va être chouette.

Et toi, tu penses que ta robe se doit d’être TA robe ou tu n’as rien contre les robes d’occasion ? Tu serais prête à faire cette concession, pour avoir une robe moins chère et moins abîmer la planète ? Dis-moi tout…


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

Pssst ! Tu as vu la nouveauté de Petit Mariage entre Amis ? Ce sont les « Petits Tattoos » ! Nous sommes totalement conquises chez Mademoiselle Dentelle : c’est une chouette idée à retenir pour une animation originale le jour J ! Regarde vite par ici !



8 commentaires sur “L’épisode de la robe : une robe d’occasion avant tout – Partie 1”

  • Merci pour cette chronique « éclairante » Mme Wait ! Tu m’as même fait aller sur google pour voir où les robes Pronovias étaient faites (ma robe étant chez mes parents, je ne peux pas regarder l’étiquette). D’après ce que j’ai trouvé, ce serait Espagne, mais comme beaucoup le savent, ca ne veut pas dire grand chose :elle peut être made in china, avec les finitions faites en Espagne ! En tout cas, bien que je comprenne ton point de vue et le respect, il aurait été hors de question pour moi d’acheter une robe d’occasion : je pars du principe que je fais des efforts sur les vêtements que j’achète pendant l’année, mais ma robe, c’est sacré ! Et si on y pense, il se vend beaucoup plus de vêtements que de robes de mariée (à moins de se marier toutes les semaines…) donc à choisir, je préfère faire attention dans ma vie quotidienne plutôt que pour ma robe (même si, tu as raison, l’idéal serait de faire attention pour tout !).
    Mais mis à part le côté « responsable », je n’aimais pas du tout l’idée de mettre une robe qu’une autre personne avait portée avant moi, et sans savoir quel mariage elle avait eu (un petit côté superstitieuse, Melle Claddagh!)

    • Je comprends bien le côté : »que s’est-il passé avec cette robe ? » c’est clair que ça freine un peu. Mais je suis parti du principe qu’il y a plus de chance que les mariages se soient bien déroulés, ou que finalement, la mariée ait été enceinte par surprise, et donc que tout aille bien avec cette robe. mais c’est clair que si je laisse parler mon côté signes du destin et tout ça, je pense que j’aurais pu être plus bloquée.

  • Merci beaucoup pour cette chronique qui fait réfléchir Mme Wait ! Honnêtement, je n’y pense que très peu dans la vie quotidienne, et cet article m’a sensibilisé !
    Par contre, je rejoins Melle Claddagh, impossible pour moi de l’envisager… ! MA robe sera la mienne, unique, et je la garderai toute ma vie, certainement le côté superstitieux aussi 😛 !

    • Oui, c’est clair le côté superstitieux joue aussi. J’avais dans l’idée de la revendre la mienne, mais vu l’état, pour l’instant elle patiente dans ma chambre et ma fille aime beaucoup quand je la mets donc je ne m’en prive pas (non, non, elle n’a toujours pas été nettoyée, mais uniquement parce qu’elle est un peu déchirée (comment on fait pour ne pas marcher dessus franchement, au bout de 4h à la tenir, ça commence à bien faire 🙂 ). Donc bon, au final, pour l’instant je suis bien partie pour la garder aussi.

  • Voilà une démarche qui me parle complètement. N’étant pas particulièrement attachée à la symbolique de la robe de mariée (ce que je raconterai peut-être ici prochainement 😉 ) , je comprends totalement cette envie de refléter les valeurs qui guident ta vie dans cet achat vestimentaire unique, sans tenir compte de la tradition.
    Par ailleurs tu m’as ouvert les yeux sur l’impact environnemental de l’industrie textile. J’essaye déjà de vivre une vie plus minimaliste, notamment dans ma garde-robe, pour en finir avec la surconsommation. Mais tu me fais réaliser également l’importance de privilégier l’occasion et d’examiner la provenance de ce que l’on achète. Merci !

    • Super tout ça, la garde robe minimaliste j’y travaille toujours, et franchement, ce n’est pas facile, surtout la partie ou tu donnes tes vêtements, parce que bon, on ne sait jamais, des fois que, ça peut toujours servir (et encombrer ton placard par la même occasion 🙂

  • Merci pour toutes ces infos, il y a beaucoup de choses dont je n’étais pas consciente ! Ce n’est pas tjs facile de faire attention à la provenance de ses vêtements, j’imagine que c’est encore plus dur pour une robe de mariée !

  • Purée… la soie c’est animal … je ne tombe pas des nues non plus mais je viens de lire un article sur la production et… c’est horrible. Je ne savais pas.
    Hâte de voir ta sélection !

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