Les joies d’avoir un fiancé non-européen

Alors, soyons claires : des joies d’épouser un étranger, il y en a plein. L’échange de deux cultures différentes, les différences de tradition pour le mariage (et ça je t’en parlerai bientôt), le petit accent very charming, oui il y en a beaucoup. Et heureusement.

Parce que, voilà, c’est assez compliqué pour un fiancé de rester en France quand il n’est pas français, et à plus forte raison quand il n’est pas non plus européen. Les choses se corsent.

« L’amour ne connait pas de frontière », dit-on. Oui, sauf que mon pays, il en connait des frontières, lui, et des armadas de lois qui vont avec (et c’est un peu normal, quand même, mais bien compliqué).

Retour sur notre situation

Je te rappelle que j’ai rencontré Monsieur Colorado en janvier 2013 et qu’il avait alors un visa long-séjour jusqu’en juin. C’est à ce moment-là que notre relation à distance commença, jusqu’en octobre. Oui, je sais, ça n’est pas très long en soi, mais trop long pour nous en tout cas.

Ensuite, après avoir obtenu un classique visa touristique de trois mois, Monsieur Colorado revint en France en octobre, et on décida de se pacser,  pour plusieurs raisons, et pensant aussi que ça serait la fin de nos déboires administratifs puisque ça lui donnait le droit à une carte de séjour !

C’était sans compter les vicissitudes de l’administration… Malgré le Pacs, c’était tout un parcours du combattant. Il faut savoir qu’il y a autant de visas différents que de situations différentes et qu’il n’y a pas beaucoup d’interlocuteurs patients et dévoués pour expliquer toutes ces subtilités de l’administration…

C’est là que nous avons fait connaissance avec le service étranger de la Sous-Préfecture. Ah, faire une queue interminable à sept heures du matin pour être sûrs d’obtenir un ticket à neuf heures, et puis encore l’attente, et puis les gens qui veulent passer devant, et puis ceux qui crient parce que non, ils n’ont pas attendu cinq heures pour s’entendre dire qu’il manque une photo d’identité à leur dossier de renouvellement de titre de séjour…

Et puis enfin, vient notre tour. Et la petite dame du pré-accueil qui nous dit le plus naturellement du monde : « Ah mais non ma p’tite dame, on vous a mal renseigné, c’est en Préfecture, que ça se fait, ça, pas en Sous-Préfecture, enfin ! ». Ah bah oui, enfin, c’est vrai, quoi, on aurait pu le savoir, quand même…

Et là, il faut prendre son mal en patience. Et pendant que Monsieur Colorado faisait preuve d’une patience digne d’un jedi, moi, j’avais plutôt tendance à en avoir sérieusement marre…

Les joies d'avoir un fiancé non-européen

Crédits photo : Brett Jordan

Retour donc à la Préfecture. À sept heures du matin pour être sûrs d’obtenir un ticket à neuf heures… enfin bref, la même qu’à la Sous-Préfecture, mais avec un peu plus d’attente.

Et enfin, c’est à nous, à 14 heures (oui tu calcules bien, ça fait 7 heures d’attente)…

Est-ce que cette fois il pourra prétendre à une carte de séjour ? Son visa touristique va expirer bientôt, on stresse un peu là… « Ah mais c’est que non, Madame, il faut un an de Pacs pour ça, et tous les justificatifs de vie commune depuis mais, pour le moment, c’est retour au pays, tant pis ! ».

Ouch, la claque. De l’art de rester digne en face de la dame de la Préfecture alors qu’à l’intérieur on a envie d’étrangler tout le monde dans un rayon de deux kilomètres… Et bien oui, Monsieur Colorado est reparti chez lui dans ses belles montagnes rocheuses pour éviter d’être en situation irrégulière… et pour revenir un mois après avec, à nouveau, un visa long séjour tout beau tout neuf qui lui permettrait d’attendre cette inaccessible carte de séjour !

Et enfin ça y est, au bout d’un an de Pacs, tout prêt avec notre dossier béton, on retourne à la Sous-Préfecture la bouche en cœur et plein d’espoir (et d’appréhension s’il manque la moindre pièce au dossier…). Maintenant on connait, sept heures tapantes (et cette fois, oui, c’est bien en Sous-Préfecture), ticket à neuf heures, attente.

Encore la petite dame du pré-accueil qui nous dit : « Ah mais si vous vous mariez en avril prochain, ça n’est pas utile de demander une carte de séjour maintenant, il l’aura de droit après votre mariage en avril en tant que conjoint de français, là vous n’avez qu’a faire prolonger son visa pour le moment, jusqu’à votre mariage, c’est plus simple ».

Et bien voilà, tout ça pour ça. « Simple » n’est pas le mot que j’aurais utilisé. Mais bon c’est au moins une bonne nouvelle, merci Madame du pré-accueil, et comment faire maintenant pour prolonger le visa, tant qu’on est là ?

« Venez assez tôt un matin vers 7 heures pour être sûrs d’avoir un ticket à 9 heures et on vous fera faire un dossier et, de là, on prendra un rendez-vous… ».

Tout ceci étant bien entendu un résumé très simplifié (si, si, je t’assure) de ce qui s’est en fait passé sur une durée d’un an et demi… Et qui est encore en cours. Mais bon, au moins, Monsieur Colorado est autorisé à rester en France, et ça, c’est déjà une bonne chose.

Il est quand même important de te dire que l’obtention d’une carte de séjour n’a jamais été une raison pour nous de nous marier. Je veux dire, beaucoup de gens convolent pour s’économiser bien des tracas, et je peux tout à fait le comprendre (surtout dans une situation comme celle-ci). Mais, étant pacsés et donc, Monsieur Colorado pouvant de toute façon prétendre à une carte de séjour, le mariage s’est imposé à nous pour des raisons plus sentimentales qu’administratives.

La demande en mariage

Et c’est ainsi qu’un beau jour de mars 2014 délicieusement ensoleillé par les premiers rayons de soleil de printemps, Monsieur Colorado m’emmena au pied de la Tour Eiffel avec une bouteille de champagne des plus chères. Après un joli petit laïus en anglais, il sortit un petit écrin et me demanda donc de l’épouser, et en français (ok, avec une faute, mais dans ces moments-là, c’est très mignon et puis c’est de la faute à Google Translation !) ! Des gens autour de nous ont applaudi et nous ont félicités. Et Monsieur Colorado avait laissé la vidéo de son téléphone tourner, de sorte que tout a été filmé…

Tu te doutes bien que dans cet écrin se trouvait une magnifique bague de fiançailles, en l’occurrence en or blanc et avec une améthyste (couleur lilas, évidemment).

Mais, ce n’était pas tout. Ce que j’ignorais alors, c’est que quelques mois plus tard, en vacances dans le magnifique Colorado, à l’occasion de mon anniversaire, j’allais recevoir une deuxième bague de fiançailles. Celle-ci appartenait à l’arrière grand-mère de mon fiancé, qui se transmet de génération en génération. J’ai été très touchée, j’ai une belle-famille assez extraordinaire en fait. D’autant que je te laisse juger de la beauté de la bague :

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Crédits photo : Photo personnelle

Alors, oui, nous avons bravé les turpitudes de l’administration française, nous avons usé les bancs de la Préfecture, nous avons payé le prix (dans tous les sens du terme, financièrement et mentalement), nos nerfs ont été mis à rude épreuve, mais, voilà, ça en valait largement toutes les peines du monde et, si c’était à refaire, je le referais sans hésiter (enfin pas trop souvent, quand même…).

Et toi, as-tu un fiancé étranger ? A-t-il rencontré des problèmes d’ordre administratif ? Ou est-ce toi qui en as rencontré dans un autre pays ? As-tu connu une relation à distance ? Dis-moi tout !


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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15 commentaires sur “Les joies d’avoir un fiancé non-européen”

  • Magnifique cette histoire de bague qui se transmet de génération en génération! Pour les soucis administratifs c’est moins sympa… hâte de lire la suite !

  • Wahou quel parcours du combattant !!! Ce n’est jamais simple les administrations … En tous cas vous avez tenu bon Chapeau ! ET cette bague a vraiment un jolie histoire

  • Mon mari est egalement non europeen (moitie thailandais, moitie neo-zelandais) mais nous avons eu la chance qu’il possede un ‘ancestry visa’ illimite pour l’Angleterre ce qui nous a permis d’habiter ensemble sur Londres avant de nous marier en France 🙂 Ta patience a ete recompensee en tout cas, je vous souhaite tout plein de bonheur!

  • On s’est pacses pour raisons administratives aussi. Mais whow qu’elles turpitudes dans les méandres de l’administration, moi qui déteste les papiers j’aurais pété un plomb.
    Et j’adore la bague de famille (bien que n’aimant pas l’or jaune) je la trouve splendide et ce qui y est associé encore plus <3

  • Je ne savais pas que se marier avec un étranger était synonyme du parcours du combattant chez l’administration Française. Mais je pense qu’avec cette magnifique bague et bientôt le mariage tout ce casse-tête administrative sera derrière vous. Félicitation et vive les mariés !

  • Ah ah les merdiers des administrations! Rassurez-vous (ou pas) c’est pareil dans tous les pays, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu la bonne idée de rendre ça très compliqué et surtout très long (dixit la fille qui vient de passer 4h au département des voitures aux US pour faire tamponner en 30sec un papier -et payer 500$ accessoirement).

    Wow la bague est juste wow! J’ai hate de lire la suite!
    A+
    Karine

  • Merci à toutes pour vos commentaires! 🙂 Et oui c’était un parcours du combattant (et c’est pas fini, on va s’amuser avec le dossier de mariage et les traductions des documents!…) mais ça en vaut le coup!! 🙂

  • Aaah! Une compatriote de galère! Moi aussi j’ai trouvé mon amoureux de l’autre côté de l’océan. Et je trouve que les mariages mixtes, c’est juste le TOP! (Je t’accorde que au niveau administratif, c’est plus compliqué). Je me suis mariée l’été dernier en 3 fois (mariages civil et religieux en France et une dernière réception aux Usa). N’hésite pas à me contacter si tu as besoin d’aide dans tes démarches! En tous les cas, je te souhaite un happy ending!

  • Bonjour et Félicitations pour cette belle histoire! Je vis actuellement quelque chose de similaire (mon ami est américain). Si ce n’est pas trop indiscret, est-ce possible de savoir comment votre compagnon a pu obtenir un visa long séjour (sur quelle base)? Je m’inquiète beaucoup et ai l’impression de ne pas voir le bout du tunnel… Merci.

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