Mon mariage classique revisité : l’avalanche de couacs

Nous sommes donc à un mois du mariage. Un seul ! Le moment où tu peux vraiment commencer à parler en jour sans passer pour une folle (oui oui). Je ne travaille plus, on est plutôt bien niveau organisation et avancement, tout roule sur des roulettes, ou presque. Parce que, ce que je peux t’assurer, c’est qu’à un mois du mariage, dans ma tête, ce n’est pas l’excitation qui l’emporte mais l’angoisse, et je vais t’expliquer pourquoi.

Au moment où je suis rentrée dans l’équipe de Mademoiselle Dentelle, Il a fallu que je choisisse un nom de scène. J’ai pas mal hésité entre celui que je porte et Mademoiselle « J’ai la poisse ». Crois-moi, j’aurais pu prétendre sans stress à ce titre tellement je fais partie de cette catégorie au quotidien. Heureusement, ma mère m’a toujours dit de ne jamais oublier qu’il y a toujours pire dans la vie et ça, ça permet vraiment de relativiser.

Si M. Patate à Raclette jouit naturellement de beaucoup de chance, moi c’est plutôt l’inverse. À une courte période de chance succède très souvent une longue période de malchance. Par exemple, je suis le genre de fille qui, sans aucune raison, se fait mordre par un dauphin. Voilà, tu as une idée du niveau de poisse que je peux atteindre.

Début octobre, M. Patate à Raclette et moi avons eu la chance de tomber sur une opportunité comme il ne s’en présente que très rarement dans une vie. À la suite de ça, j’avais fait part de mon inquiétude à mon homme. « Mais non voyons, tu te fais des idées » m’a t-il dit ! Ah, si seulement tu avais eu raison mon Chéri…

Avalanche de couacs pendant les préparatifs du mariage

Crédits photo (creative commons) : Unsplash

De Charybde en Scylla

Notre vague de poisse a commencé avec la location de notre voiture de mariés. Pour des raisons pratiques et économiques, nous avions choisi de prendre une voiture chez un concessionnaire. Notre dévolu s’était jeté sur une belle berline moderne, repérée plusieurs mois à l’avance. Seulement, au moment de faire la réservation, ladite voiture n’était plus disponible dans le parc auto du concessionnaire. En remplacement, on nous propose d’abord un cabriolet qui aurait pu faire l’affaire… mais ma robe et la saison ne conviennent pas ! Nous nous rabattons donc, bon gré mal gré, sur un SUV blanc une fois la pilule plus ou moins passée pour moi.

Trois jours plus tard, alors que nous pensons avoir vécu la plus grosse déconvenue possible de notre coté, j’apprends via Facebook que notre église sera fermée pendant 3 mois pour travaux. Nous étions bien au courant du projet de construction à l’intérieur, mais pas du fait que les travaux avaient pris du retard, et qu’au lieu de couvrir la période de septembre à novembre, ils couvraient maintenant la période de notre mariage. J’ai éclaté en sanglot quand je l’ai découvert, d’abord très contrariée de ne pas avoir été prévenue en amont, puis parce qu’alors je pensais que j’allais devoir me marier dans une église que je ne connaissais pas alors que j’étais très attachée à celle-là.

M. Patate à Raclette a réagi avec plus de calme que moi et il a envoyé un message d’incompréhension à l’église. Il a été recontacté très rapidement et on l’a rassuré en disant que l’église restait en fait ouverte pour les événements privés prévus (mariage, enterrement, baptême) tant qu’il y a moins de 200 personnes, et qu’il y aurait juste une palissade et sûrement des échafaudages dans l’arrière de l’église. Ça va ! JUSTE ça. Il m’a fallu quand même un bon moment pour encaisser le coup, et c’est exactement à cet instant précis que j’ai atteint le point de non-retour dont je te parlais la dernière fois.

Comme si avec ça je n’étais pas assez abattue, quelques jours à peine après, la demande d’autorisation envoyée à la Préfecture pour notre lâcher de lanternes nous est revenue négative, alors que la propriétaire du château nous avait dit que ça ne posait aucun problème vu la saison tant qu’il n’y avait pas trop de vent. À ce stade, j’avais déjà perdu toutes mes forces dans la bataille et j’étais résignée. Heureusement, Monsieur mon futur mari lui refusait de laisser tomber la dernière petite chose à laquelle je tenais vraiment après toutes les concessions faites. Il a décidé d’outrepasser la Préfecture et il s’est adressé au maire du village directement, avec un argumentaire en béton pour prouver qu’il n’y avait aucun risque, ce qui nous a voulu un accord cette fois-ci.

La semaine suivante, nous avions rendez-vous avec notre photographe pour faire un point à 4 semaines du mariage. Nous lui racontons nos mésaventures, et il nous dit que normalement il ne devrait plus nous arriver grand chose. Lorsque nous le quittons, nous allons manger dans un restaurant où je prends un innocent plat de pâtes au saumon qui ne fait mention d’aucun allergène (tu la sens venir l’ironie avec ce qu’a dit notre photographe ?). Le lendemain, je me suis réveillée avec une réaction sur tout le coté droit du corps. Je suis très allergique aux fruits de mer, et j’ai commis la grosse erreur de ne pas faire ma double vérification des allergènes au moment de la commande du plat en posant la question au serveur. Heureusement, j’ai mis à peu près 15 jours à m’en remettre, même si j’ai gardé quelques stigmates jusqu’à une semaine après le mariage environ, mais pas visible de tout le monde.

C’est également à peu près à cette période que l’une de mes demoiselles d’honneur s’est rendue compte qu’en fait sa robe n’était pas rattrapable, et que je me suis retrouvée à devoir trouver en deux semaines une nouvelle robe dans les bonnes couleurs et la bonne taille, et que Mlle Paillette, témoin de M. Patate à Raclette, s’est bloquée le dos, nous faisant une grosse frayeur pour sa présence le jour J.

À ça, s’est ajouté un problème avec notre assureur qui, pour une obscure raison, ne voulait plus couvrir notre mariage, soit disant qu’un château, c’était trop risqué pour eux, alors qu’on avait eu aucun sinistre et leur approbation six mois plus tôt. Il nous restait une semaine pour trouver un nouvel assureur, sous peine de rendre notre contrat caduque et donc de se retrouver sans lieu de réception.

Quand tu crois que t’as fait le tour

Nous avons eu une petite semaine d’accalmie ensuite, et à 10 jours du mariage, rebelote :

  • À J-10 : ma coiffeuse qui devait me coiffer au château le matin m’a complètement plantée parce qu’elle ne voulait plus se déplacer.
  • À J-9 : j’ai presque perdu mes chaussures de mariage. On a dû retourner tout notre appart pour réussir à remettre la main dessus.
  • À J-7 : le château nous informe que finalement le mode de chauffage choisi pour la salle du cocktail ne leur convient pas et qu’il faut absolument trouver autre chose.
  • À J-6 : la wedding-team coté garçon se réveille et se rend compte que trouver une chemise couleur crème en automne ce n’est pas si simple que ça.
  • À J-4 : notre DJ nous envoie un mail pour nous informer qu’il s’est bloqué le dos mais, restant professionnel, qu’il a prévu d’être quand même là, sans pour autant être celui qui mixerait pendant la soirée dansante.
  • À J-4 (toujours) : l’agence de location de voiture nous appelle pour nous prévenir que le SUV blanc a été vandalisé et qu’on ne pourra pas l’avoir. Nous sommes obligés de nous rabattre sur un SUV noir, un peu dos au mur, bref, tout ce que je ne voulais surtout pas à la base.
  • À J-3 : nous apprenons par pur hasard encore grâce à un mail pour prendre des nouvelles que notre couple accompagnateur de la préparation au mariage religieux n’a jamais reçu notre faire-part. Comme ils venaient d’avoir un bébé, nous ne nous étions pas vraiment inquiétés de ne pas avoir eu de retour et savions que nous pourrions quand même compter sur leur présence pour la cérémonie religieuse. Je te laisse imaginer notre malaise quand ils nous ont dit ne pas avoir reçu notre invitation.

Relativiser

La liste que je viens de te faire n’est malheureusement pas exhaustive. J’aurais pu aussi te parler du problème que nous avons eu avec la livraison de certaines boissons, de la rupture de stock imprévu sur LA couleur du sable de décoration (pourtant commandée bien en amont pour ne pas prendre de risque), de mon changement de demoiselle d’honneur à J-15, ou du badge d’autoroute qui décide de ne plus fonctionner à la sortie du péage la veille du mariage.

Tu dois te dire que je chipote et, dans un sens, tu as raison. Tous ces petits couacs réunis ne rivalisent pas avec la perte d’un proche à quelques jours du mariage comme l’a malheureusement vécu Mme O’Hara, ou la survenue d’un grave accident qui impactera tout le reste d’une vie.

Mais là, à un mois de mon mariage, quand tout ça m’est tombé dessus en même temps, sans me donner de répit, j’ai fini par craquer. Moralement, j’étais anéantie. J’étais envahie par l’angoisse et je n’avais plus qu’une hâte, qu’on y arrive enfin à ce fameux jour pour que tout ça cesse. Je n’en dormais presque plus et le matin quand je me réveillais, ma première pensée était toujours « qu’est-ce qui va encore nous tomber dessus ? ». Quand on me demandait si je n’étais pas trop stressée, je répondais que je n’avais pas le temps de stresser, et c’était vrai. Nous avons passé notre temps à chercher des solutions, et j’ai vécu tout ça la peur au ventre. À chaque coup de fil ou mail d’un prestataire, je sursautais, et je ne te raconte même pas mon état quand M. Patate à Raclette prenait la voiture (oui, l’accident de voiture était ma plus grosse crainte).

Dans ces moments-là, ton réconfort, tu vas le chercher auprès de ton futur époux évidement. Il vit la même chose que toi et c’est le mieux placé pour comprendre pleinement ton désarroi. Nous nous sommes serrés les coudes, nous nous sommes encouragés mutuellement, nous nous sommes aussi accordés le droit de craquer et de pleurer quand il le fallait. Je pense que ça n’a fait que rendre plus beau encore notre jour J.

Mais, le réconfort se trouve surtout auprès de tes proches qui auront une oreille bienveillante pour t’écouter et essayeront tant bien que mal de te remonter le moral. Mon réconfort, je l’ai trouvé auprès de notre wedding-team et de ma famille Dentelle. Madame Plumetis m’avait dit à l’époque qu’avec le temps, j’arriverais à sourire en repensant à tout ça, que ce n’était pas le plus important. J’ai violemment réagi car c’était tout sauf ce que j’avais besoin d’entendre. Je voyais tout ce que j’avais mis des mois à préparer minutieusement partir en fumée, étant obligée de réorganiser en quelque sorte tout en quelques semaines. Mais en fait, elle n’avait pas totalement tort. Comme je te le racontais dans ma dernière chronique, j’ai toujours cette pointe d’amertume en y repensant, mais oui, j’arrive à sourire, surtout en me disant que malgré tout, nous nous en sommes sortis. Et je préfère 1000 fois avoir eu à endurer tout ça avant, plutôt qu’avoir eu des déconvenues et déceptions après le mariage avec nos prestataires.

Alors oui, je sais que c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire, mais essaye de relativiser quand tu penses que tu es au fond du trou et que tu n’arriveras jamais à te sortir de tous ces imprévus de dernières minutes. À tout problème, il y a une solution. Si tu veux pleurer, hurler, crier, fait-le. Tu es humaine, ton mariage est très important à tes yeux et c’est normal que tu craques si tout ne se passe pas comme tu l’avais souhaité.

Et toi, as-tu eu de gros couacs dans les préparatifs de ton mariage ? Comment as-tu réagi ? As-tu retrouvé un plan B facilement ? Raconte-moi !


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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10 commentaires sur “Mon mariage classique revisité : l’avalanche de couacs”

  • Ouh la la effectivement !
    C’est vrai qu il existe toujours des couacs dans le mois qui précède le mariage. Nous on avait anticipé en intégrant une semaine entière juste avant le mariage sans trop rien de prévu pour « gestion des imprévus ».
    Heureusement qu on avait prévu cela!
    Je trouve que vous vous en êtes bien sortis au final!

    • Oui, finalement à chaque fois on a réussi a trouvé une solution donc « tout est bien qui finit bien », et maintenant, ça nous booste parfois dans nos phase « pas de bol ». On y repense et on se dit que si on a pu y arriver pour le mariage, on y arrivera encore.

  • Je comprends que tu aies été anéantie moralement, car même si ce ne sont que des petits détails, le tout mis bout à bout donne un niveau de stress insupportable à ce stade des préparatifs! Mais vous vous en êtes sortis comme des chefs 🙂

    • Merci Mlle Viking.
      Je pense que oui, on s’en est assez bien tiré à l’arrivée. Malheureusement plus que le scouacs, ce qui m’a géné c’est le coté éreinté à l’arrivée le jour j.

  • Oh la la Cette serie de Coacs est cauchemardesque ! Rien de dramatique mais effectivement pour le moral c’est dur.
    On est à J-26 et nous avons appris hier que notre coordinatrice du jour J s’était cassé la cheville et quelle ne pourrait pas assurer la presta le Jour J … Heureusement elle nous a trouvé qq’un de super pour la remplacer mais là on se demande : « le prochaine coac ca sera quoi ? »

    • Zuli tu dois etre tout proche de ton Jour j, alors j’espere de tout coeur que vous n’avez pas eu d’autres contre-temps depuis ton commentaire <3!

  • Olalala … Moi qui suis une totale angoissée, je crois que à ta place je me serais enfouie sous ma couette pour ne plus en bouger …

    • ahaha, ah un moment c’est aussi ce que j’ai voulu faire, dormir sans me réveiller jusqu’au 3 décembre ;). Mais ça aurait pas été sympa pour mon chéri :p.

  • Et bien quel courage ! Effectivement ça fait beaucoup de choses à gérer en peu de temps…

    Je suis heureuse d’apprendre qu’à présent tu arrives à relativiser tout cela.

    • Oui, je relativise, mais aussi parce que derrière on a eu d’autre couac non lié au mariage. Dans un sens, je m’y suis habitué, et le bon côté, c’est que maintenant, devant chaque imprévu, j’arrive a trouver plus ou moins vite un plan B et à ne pas paniquer :).

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