Mon mariage hivernal : la cérémonie civile

Samedi 22 décembre, 14h

J’arrive à la mairie sous la pluie. Mon parrain est obligé de se garer sur le parking réservé au personnel, à cause du marché de Noël qui est sur la place. La pluie tombe par seaux, on a rarement vu autant de pluie en si peu de temps, même en Normandie.

Ma mère et ma sœur maintiennent ma robe comme elles le peuvent, pendant que mon parrain protège ma tête. Quand j’arrive dans la mairie, je suis accueillie par pas moins de 2 appareils photos et une caméra, en plus de notre photographe, surpriiiise !

Une pause pour la photo dans les escaliers :

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Crédits photo : Pauline Petit Photographie

Et je suis coincée ! Les jambes qui flageolent, les larmes au bord des yeux, la tête qui tourne, la lèvre qui tremble, le cœur qui bat à toute allure et les mains moites… Ça y est, je reconnais bien là les premiers signes du stress que je pensais ne pas ressentir !

Mon parrain m’attrape le bras, et me tire un peu… Un souvenir me revient, ces promenades à vélo, quand j’étais petite, pendant lesquelles il roulait à côté de moi et me poussait en mettant sa main au milieu de mon dos, quand la montée était trop dure pour moi. Mon parrain…

Pendant ce temps-là, Sir Givré m’attend aux côtés de sa famille et de la mienne, mon bouquet à la main. La musique est lancée une fois, mais je suis coincée dans les escaliers, à pouffer de rire cette fois-ci, parce que mon parrain a dit “oh p*tain la musique”, et qu’il a l’air encore plus stressé que moi. La musique est arrêtée, puis relancée. Je suis au bout de l’allée.

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J’aime beaucoup cette photo, malgré le flou. Elle reflète bien mon état, au moment où je suis arrivée au bout de l’allée. Je ne sais quelle extraordinaire erreur technique ou humaine a pu produire une telle photo, mais, quand je la regarde,  j’ai l’impression de voir à travers mes yeux pleins de larme, et la tête qui tourne.

Mon cœur bat à tout rompre. Mon chéri, mon fiancé, celui que j’aime tant, est tout près du bureau. Et dans un quart de seconde il me verra. Dieu qu’il s’en passe, des choses, en un quart de seconde. Cet homme en costume marron, c’est MON chéri, et dans quelques minutes il sera mon mari.

J’avance tout doucement au son de la musique. Bien sûr, je trébuche sur le bord de ma robe. Heureusement que mon parrain me retient. Il marche trop vite et je lui marmonne de ralentir.

Sir Givré se retourne et le monde fait un demi-tour sur lui même. Il est si beau, mon fiancé, si ému. Il est encore loin, il me faut remonter l’allée. Mais je vois ses yeux s’agrandir et ses lèvres commencer à trembler. Je le devine au bord des larmes. Je crois que mon cœur n’a jamais été aussi gonflé de fierté et d’amour.

Je marche, je dis distraitement bonjour à des visages que je ne vois pas. Il n’y a plus que lui, ses yeux qui brillent de larmes contenues, la bouche que j’aime tant serrée d’émotion. La tête levée et le regard tourné vers moi, mon bouquet à la main. Il n’y a plus que lui.

Comme je suis soulagée de l’entendre dire qu’il me trouve “belle, plus que belle, magnifique, la plus belle”. On dirait qu’il perd ses mots. Je le sens bouleversé. Je suis si émue que je m’entends répondre “merci. Tu es beau. Je t’aime. Tu es beau.”.

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Crédits photo : Pauline Petit Photographie

L’adjoint au maire nous salue et nous invite à nous asseoir. Je pouffe de rire : dans l’émotion, j’ai perdu ma sœur de vue et je n’arrive pas à m’asseoir sans son aide. Monsieur A. commence son discours en parlant de la pluie qui tombe par seaux dehors. Je me tourne vers mon fiancé – plus pour longtemps ! – et je le vois très ému : la tête penchée en avant, les yeux rouges.

Il est si beau, mon chéri, je suis tellement fière d’être à côté de lui, prête à dire oui. Je lui tiens la main parce que je tremble comme une feuille, et je veux lui communiquer mon émotion. Il ne me regarde pas et je devine qu’il essaie de contenir ses larmes, mais je ne peux pas m’empêcher de l’enjoindre mentalement à lever les yeux vers moi.

La lecture des textes de loi se fait dans la bonne humeur, agrémentée de remarques et commentaires qui nous font sourire. Quand vient le moment de dire “oui”, toute mon énergie est concentrée sur une idée : ne pas pleurer maintenant.

Je mets toute ma volonté et mon amour dans ce “oui”, le mot de ma vie. Je veux que Sir Givré sache que je le choisis totalement et inconditionnellement.

Nous signons les papiers dans un brouillard d’émotions, il m’embrasse, la foule applaudit et je suis étourdie d’émotions. Je surveille du coin de l’œil la goutte qui pointe au bout du nez de mon mari-tout-neuf, et j’observe nos témoins qui signent avec application. Le moment est solennel.

Je suis un peu déçue que ça soit terminé, mais l’adjoint au maire me surprend quand il annonce qu’il voudrait dire quelques mots un peu plus personnels. Il parle du travail de Sir Givré à la mairie, de sa valeur, de sa disponibilité. Mon cœur se gonfle de fierté et d’amour de le voir ainsi mis à l’honneur. Tout le monde applaudit, nous ne sommes pas peu fiers.

Quand vient le moment de recevoir le livret de famille, le “livre de notre vie”, comme le dit Monsieur A., je ne retiens plus mes larmes. Nous sommes une famille maintenant. Nous nous levons pour partir, enfin mari et femme, depuis le temps que nous attendions ça… Un tonnerre d’applaudissements nous accompagne, et les flashs des appareils photos crépitent.

Je ris, je suis soulagée. Quelqu’un nous félicite, j’entends des mots gentils de partout. De vrais trésors que je garderai au fond du cœur pour toujours, je le sais. Des “bienvenue dans la famille”, des “félicitations”.

Enfin nous sommes mariés, la pression retombe. Je donne le livret de famille à quelqu’un et nous allons poser devant le grand lustre des escaliers, quelques secondes de calme pour savourer notre nouveau statut. Un portrait qui restera dans la postérité.

Traveler Digital Camera

Et toi, comment vois-tu ton mariage à la mairie ? Est-ce très important pour toi, ou une simple formalité ? Ton chéri te découvrira-t-il en robe de mariée seulement à ce moment-là ? Si tu fais 2 cérémonies, tu portes la même robe ? Raconte !



14 commentaires sur “Mon mariage hivernal : la cérémonie civile”

  • je pourrai m’appeler mademoiselle madeleine !!!!
    ton récit me fait pleurer ! je suis très émotive et j’espère réussir à retenir mes larmes (enfin un peu) le jour J …
    vous êtes très beaux tous les 2 et j’adore la photo floue !

  • Que d’émotion! Vous respirez le bonheur! Vivement la suite!

    Cette photo flou me donne le tournis c’est fou! J’espère que je verrais mieux ce jour là! 🙂

  • J’ai l’impression que tu es une romantique… Comme moi !
    Mon article sur la cérémonie civile parait cette semaine, donc je ne vais pas ici réécrire les détails. Cependant, comme toi, j’ai d’un coup eu les jambes molles et j’avais du mal à monter l’escalier menant à la salle.
    J’étais très émue également!

    En tout cas vous avez de bien belles photos et vous étiez bien beaux vous-mêmes!!

  • Coucou a toi

    Tu t’es mariée dans ma ville !! Oui oui j’ai reconnu la mairie que j’adore !!
    Et voilà que je te mis et bim !
    Félicitation a toi

  • Ouah quel beau récit ! Pendant toute la lecture j’en avais les poils hérissés.
    Pleins de bonheur à vous deux.

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