Mon mariage multicolore et enceinte au cœur du vignoble alsacien : les coulisses

Après tant de promesses de retour, me voilà enfin, avec le récit de mon mariage. Au programme, un bébé bien au chaud sous ma robe, des couleurs, des vignes et beaucoup de rires !

Quel mariage pour nous ?

Après la demande en mariage de M. Cannelé (un soir de janvier, au pied de la porte Cailhau), toutes nos réflexions autour du mariage sont devenues plus concrètes. Que voulions-nous comme mariage ?

Crédit photo (creative commons) : M. Strikis

La porte Cailhau, à Bordeaux… Pas mal, pour une demande en mariage, non ?

Nous nous sommes vite mis d’accord sur un mariage religieux. Bien que non pratiquants, nous sommes croyants tous les deux et avons, à notre façon, un réel attachement à la foi catholique. Nous avons eu l’immense chance de rencontrer un prêtre ouvert, peu dogmatique et enthousiasmé par nos idées (et pas du tout dérangé par la présence de l’invité surprise).

Je lisais beaucoup de blogs de mariage à l’époque et j’enviais beaucoup les petits mariages simples, intimistes, à l’extérieur, avec une belle déco et des lampions. Une petite cérémonie à pas plus de 50, un repas avec les amis… un truc simple, fous et doux, à notre image ! Sauf que…

Sauf que j’ai une famille très nombreuse, des cousins en pagaille, une armée d’oncles et tantes, des grands-parents tous bien vivants et… M. Cannelé aussi ! Lui, très peu famille, aimait beaucoup l’idée d’envoyer balader tout le monde. Mais moi, pas du tout. Mes envies d’intimité se heurtaient à mes rêves de mariage entourée par mes proches, en présence de tous ceux qui m’accompagnaient depuis l’enfance. Petit à petit, la nécessité de composer avec les envie des parents et beaux-parents ainsi que mon amour pour les grandes fêtes familiales ont pris le pas, et nous avons invité au repas environ 120 personnes.

Le repas, justement ! Un an avant nous, ma belle-sœur s’était mariée au cœur de la forêt des Landes et elle avait opté pour un immense cocktail dînatoire. J’avais beaucoup aimé… mais certains retours avaient refroidi M. Cannelé et il préférait un repas. Nous avons donc opté pour une formule plus classique : un vin d’honneur après la cérémonie, un repas assis et un bal jusqu’à l’aube. Et finalement, bien nous en a pris, car il m’aurait été difficile de supporter un cocktail dînatoire debout dans mon état.

Où et quand ? (avec un peu de psychodrame maternel dedans)

Il nous fallait donc une église et un lieu pouvant accueillir 120 personnes, tout cela dans la région de Mulhouse. Nous avons effectué de nombreuses visites, dans les salles municipales du Sundgau notamment, et nous nous heurtions toujours à un obstacle : la taille du lieu, les horaires (difficile d’imaginer couper la musique à 1 heure du matin), le style rococo alsacien ou… le veto maternel. Je me souviens de visites où elle ne venait pas, car elle s’était mise en tête qu’elle ne voulait pas que sa fille se marie chez les « ploucs du Sundgau » (pardon). Ça a été des moments difficiles et il nous a fallu une belle grosse dispute pour que je comprenne ce qu’il en était. Elle avait très peur de ce que pourrait dire sa famille et ma belle-famille, toutes les deux assez snobs, si le mariage n’était pas réussi et elle se mettait une pression de dingue à l’idée que cela ne soit pas exceptionnel. J’étais un peu triste que mon mariage serve de faire-valoir à ma mère, mais à l’époque, j’avais tellement d’autres choses à régler que je l’ai rassurée, j’ai promis que ce serait parfait et à partir de ce jour-là, les choses ont été plus apaisées (et ma psy a pu se payer une belle piscine).

Finalement, nous avons trouvé un lieu magnifique, à la bonne taille et à la hauteur de nos attentes à tous.tes : le Domaine du Bollenberg. Ce restaurant niché dans le vignoble alsacien propose pour les mariages une immense tente qui peut accueillir plus de cent personnes. M. Cannelé et moi aimions l’idée d’une tente au milieu des vignes, ma mère trouvait ça classe, mon père aimait l’idée de montrer aux bordelais les vignobles de chez-nous. Le fait que le lieu fasse restaurant et propose de nombreuses chambres d’hôtel était incontestablement une plus-value car ça nous a permis de loger les bordelais et de limiter les soucis de mise en place ou de rangement.

Malheureusement, l’apéritif et le brunch du lendemain proposés par le restaurant étaient hors de notre budget et nous avons dû trouver une solution de repli.

Crédit photo : photographie personnelle

Le Domaine du Bollenberg, et la tente au milieu des vignes.

Cette solution a été trouvée en même temps que l’église. Mes parents n’étant absolument pas pratiquants, nous avons fait appel à leurs amis appartenant à la communauté catholique de Mulhouse pour trouver une belle église, accolée à une belle salle. Après beaucoup d’échanges de mails et de coups de téléphone, nous avons trouvé le lieu parfait, l’officiant parfait… et nous ne l’avons pas regretté ! Pour l’anecdote, c’est une église que j’ai beaucoup fréquentée quand j’étais en terminale, car mes meilleurs amis y étaient scouts. C’était doux, de retrouver ces lieux et j’ai longtemps regretté de ne pas avoir eu le courage d’inviter ces amis, que la vie avait complètement éloignés.

En ce qui concerne la date, nous avons choisi les vacances d’été : pour que tous les bordelais, mariés et invités, puissent tranquillement traverser la France et aussi pour faciliter la vie de ma famille, majoritairement composée d’enseignants et de jeunes gens encore scolarisés. Pour la date exacte, c’est le restaurant qui a décidé, car nous avons pris la dernière date disponible pour l’été 2014 (alors qu’on était au printemps 2013 !).

Donc, nous étions partis pour un grand mariage, à l’organisation classique, en plein été. Comment faire pour ambiancer tout ça et le rendre un peu plus à notre image ?

Le thème et la papeterie

Quand on marie un biologiste fan de Lego à une paléoanthropologue fan de dinosaures (et de Jean-Jacques Goldman, mais ce n’est pas la question), les idées de thèmes sont variées, loufoques et souvent… irréalisables. Adieu, donc, les scènes Lego à chaque table, les dinosaures disséminés sur le buffet, les plantes tropicales en embuscades. Il fallait composer avec notre budget (car oui, les idées originales, c’était NOTRE budget), avec l’art du compromis (moi, je n’aime pas les Lego) et avec la nécessité de faire tout à distance, dans un temps court et déjà occupé par nos soutenances de thèse, ma grossesse, notre déménagement, notre préparation des concours…

Un jour, nous nous sommes posés et nous nous sommes demandés ce que les gens disaient de nous. Et une idée est ressortie : la couleur. Entre les chemises roses ou turquoises de Monsieur et les grandes jupes bohèmes de Madame, nul doute que la couleur était une des grandes lignes de notre couple. Va pour la couleur… et des fleurs, aussi, car c’est un motif que nous aimons beaucoup.

J’ai créé un petit logo avec deux fleurs colorées que nous avons utilisé pour toute la papeterie (faire-part, menu, cadeaux d’invités, livret de messe). Comme nous ne trouvions rien à notre goût et que nous avions peu de moyens, nous avons fait toute la papeterie nous-mêmes. Honnêtement, ça a été long et parfois fastidieux (vive les prises de tête sur Word !), mais nous ne l’avons pas regretté.

Crédit photo : photographie personnelle

Notre faire-part avec notre logo fleuri.

La décoration

Suivant ce thème « multicolore », nous avons imaginé une décoration tout en couleur pour notre salle. Nous avons pris la décision de ne pas utiliser de fleurs coupées mais plutôt des plantes en pot (aujourd’hui plantées chez mes parents et mon beau-père) et du papier. Nous avons ainsi confectionné des centaines de grues en origami, que nous avons suspendues au plafond du chapiteau et disposées sur les tables ainsi que des photophores avec des pots de yaourt récupérés et du papier vitrail. Au-dessus de l’espace « danse » nous avons suspendu des lampions colorés… comme j’en rêvais !

Crédit photo : photographie personnelle

Quelques photos de nos nombreux DIY multicolores.

Une semaine avant le mariage, ma mère a eu l’idée de décorer le mur du fond, derrière la sono, avec un rideau fait de bandes de satin multicolores. J’étais dubitative au début, et finalement, ça rendait très bien (si on ne s’approchait pas trop pour voir nos découpes parfois aléatoires !). Chaque table portait un nom de couleur (ocre, turquoise…) et nous y avons disposé un chemin de table, les photophores et les grues dans ce ton là. C’est un aspect de notre mariage dont je suis très fière, car ça a bien fonctionné, c’était beau et nous en avons eu beaucoup de compliments.

Crédit photo : Lydiane Ganorieau photography

Notre plafond de grues en papier ! Des heures de pliage suspendues au-dessus de nos têtes !

Malgré l’étonnement de nos parents, nous avons installé un candy bar à côté de l’urne et de notre arbre à vœux. Cet arbre était une idée un peu dingue que nous avions vue dans un magasin à l’approche de Noël : les clients étaient invités à écrire leurs vœux de fin d’année sur des petites étiquettes accrochées à l’arbre. D’abord, nous avons pensé fabriquer un arbre, avec des branches disposées dans un grand vase ; j’avais trouvé de magnifiques modèles. Mais nous avons finalement opté pour la simplicité et acheté un très joli arbre qui a bien grandi depuis et occupe une belle place dans notre salon.

Crédit photo : Lydiane Ganorieau photography

Notre table urne – arbre de vœux – candy-bar… un franc succès !

Les cadeaux d’invités étaient de petits pots de sel aromatisé aux épices (piment d’Espelette, poivre, herbes de Provence), étiquetés avec notre logo. Je me souviens avec émotion de nos calculs pour acheter suffisamment de sel, du jour où nous avons tout fabriqué, mélangé, mis en pot et surtout de cette soirée, où, à la chaîne, mes parents, M. Cannelé et moi avons découpé et collé près de 150 étiquettes !

Crédit photo : Lydiane Ganorieau photography

Nos petits pots de sel.

Les tenues

Je te vois, chère lectrice, trépigner d’impatience. Car j’ai soigneusement évité le sujet jusqu’à présent, mais je ne peux terminer cet article « spécial coulisses » sans aborder LA question qui nous taraude toutes et tous : quels habits de lumière pour ce grand jour.

Moi, je le savais. Depuis toujours. Une robe rouge. ROUGE.

J’en rêvais, je l’ai imaginée mille fois, je l’ai dessinée, redessinée… et j’ai même trouvé, par le hasard d’une amitié, une couturière de choc pour la coudre : Anne-Lise. Mais évidemment, il a fallu composer avec l’envahisseur et nous avons dû, toutes les deux, nous creuser les méninges pour créer une robe rouge, adaptée à un mariage dans la chaleur de l’été alsacien (aucune ironie dans cette phrase) et surtout, à un ventre de sept mois de grossesse. De plus, je voulais du rouge, mais aussi des rubans et des fleurs… et il a fallu toute la patience et les qualités esthétiques d’Anne-lise pour calmer mes ardeurs et me créer la plus belle robe de mariée enceinte qui soit.

Crédit photo : photographie personnelle

Les multiples croquis de ma robe idéale. J’en avais des idées !

Sans surprise, c’était une robe taillée sous les seins, avec du rouge et de l’orange, des fleurs en tissu au niveau du corsage (fabriquées par mes petites mains), des bretelles en plumetis (je voulais pouvoir porter un soutien-gorge) et une traîne de rubans en satin. En cours de route, nous avons eu de grands questionnements sur la couleur, car la première toile était blanche avec un peu de rouge et c’était canon, mais mes témoins ont su m’aider à me décider : je rêvais depuis si longtemps d’une robe rouge, il me fallait une robe rouge !

Crédit photo : photographie personnelle

Quelques détails de ma robe… Quel teasing !

J’ai eu beaucoup de retours positifs sur ma robe, surtout sur les fleurs et la jupe colorée, mais le commentaire qui m’a le plus plu est celui de ma cousine qui m’a dit « quand tu es entrée dans l’église, c’était évident que c’était une robe faite pour toi ».

Crédit photo : photographie personnelle

Allez, encore une ! Ma traîne de rubans et de fleurs !

En ce qui concerne les accessoires, tout a été fait dans un soucis de simplicité et de budget. J’ai utilisé de belles sandales rouges confortables qui dormaient dans mes placards, j’ai acheté une jolie paire de boucles d’oreilles en origami à une petite créatrice (dont j’ai malheureusement perdu le nom) et pour mes cheveux, j’ai fabriqué plusieurs fleurs en tissu à glisser dans ma coiffure. Je porte peu de bijoux dans la vie de tous les jours et je n’avais pas envie de déroger à la règle ce jour-là.

M. Cannelé rêvait d’un costume très simple, « en jean et en Converse » disait-il. Sans veste et sans cravate ! J’ai très vite compris que l’habiller ne serait pas facile. Le salut est venu de Mme Raviole, et surtout de son mari ! Sa tenue sobre et colorée, toute en simplicité, a tapé dans l’œil de M. Cannelé qui a immédiatement décidé de faire pareil. Pour coller à ma tenue, il lui fallait un pantalon rouge (ça tombe bien, il adore ça !) que nous avons trouvé dans le premier magasin visité, une enseigne de prêt-à-porter classique où nous étions entrés pour faire les soldes. En voyant ce jean rouge dans la nouvelle collection, je l’ai proposé à M. Cannelé et… banco ! Un beau pantalon rouge, pas très cher, qui ira parfaitement avec des Converse ! La quête du gilet et de la chemise a été plus compliquée. Nous avons écumé les boutiques un peu classes des beaux quartiers bordelais, nous nous sommes heurtés à l’incompréhension des vendeurs qui voulaient absolument nous vendre des costumes trois-pièces avant de finalement, trouver la perle rare !

Crédit photo : Lydiane Ganorieau photography

Les détails de la tenue de M. Cannelé, très intimidé par les photos !

Finalement, je lui ai cousu une boutonnière avec une fleur en tissu semblable à celles de mon corsage, ma belle-sœur lui a cousu un nœud-papillon dans les chutes du tissu de ma robe, il a acheté des Converse grises assorties à son gilet… et il a pu réaliser son rêve !

Et voilà ! Le cadre spatio-temporel est posé, le décor est en place, les invitations ont été lancées et nos héros sont en tenue… Tout est prêt pour notre grand jour !

Jeune chercheuse de 28 ans, je vais épouser M. Cannelé, lui aussi jeune chercheur, en août 2014. Comme nos noms l'indiquent, ce sera un mariage Bordeaux-Alsace, traditionnel mais décoiffant. Comme si on faisait un bon rock sur du Mozart, en fait ! Des couleurs, de la musique, beaucoup d'invités... et pas mal de grosses discussions, voilà le topo !

Commentaires

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    Abby
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    25 mai 2020

    Ah chouette, je suis contente que tu viennes raconter la suite, je me rappelle d’avoir lu tes premières chroniques et d’avoir eu envie de découvrir le reste! J’aime beaucoup cette idée de décoration tout en couleur et vos tenues ont l’air chouette comme tout! Vivement la suite!

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    Madame Tagliatelle
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    25 mai 2020

    Votre thème est super sympa !! Et ta robe a l’air canonnissime 😀

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    Madame Noisette
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    25 mai 2020

    Oh, le domaine du Bollenberg, quel bel endroit – j’ai eu l’occasion d’y assister à un mariage, le cadre et superbe. Ta décoration l’est également avec ces petites grues colorées, ainsi que ta robe : ravissants plumetis et détails fleuris

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    Madame Claddagh
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    26 mai 2020

    Ohlala mais quel suspense : je veux voir ta belle robe rouge !! Sinon j’aime beaucoup l’idée de l’arbre à voeux, surtout que c’est un souvenir durable (bon sauf quand on n’a pas la main verte ahah !)

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    Aurélie
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    26 mai 2020

    Oh plein de chouettes détails ! J’ai hâte de lire la suite ! J’adore le ciel en origami avec ces grues qui flottent, c’est très mignon 🙂 Et je valide à 100% pour l’arbre à voeux, nous avons fait la même chose à notre mariage, mais avec un sapin 🙂 Nous l’avions laissé au chalet de mon grand-père car c’est là que nous pensions le planter au printemps, mais le confinement est passé par là … et quand nous sommes enfin retournés en montagne le we dernier, RIP le sapin qui était malheureusement devenu tout sec 🙁

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    Madame Pomme de Pin
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    26 mai 2020

    Le plafond de grues en origami rend super bien, elles planent au-dessus des invités.
    Quel teasing pour la robe, vite montre nous. Et le style décontracté du marié rend super bien, j’approuve totalement et j’aime les rappels de couleurs de sa tenue avec ta robe.

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    Anais
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    26 mai 2020

    On veut voir la roooooobe
    Elle a l’air canon en effet!

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