Mon mariage hivernal : la semaine avant le mariage, épisode 2 – le mardi matin

Madame Givrée au rapport pour te raconter la deuxième journée de cette semaine de folie, cette semaine sans répit… J’ai nommé la semaine du mariage Givré. Prête ? La neige tombe encore dehors ? Tu es confortablement installée avec tes trois pages internet ouvertes, des DIY tout autour de toi et une tasse de thé à la main ? Très bien, le décollage, c’est maintenant.

Mardi 18 décembre.

Endormie à 19h30 la veille avec la nausée et une sacrée migraine, je me réveille à 2h30 du matin. J’ai dormi presque 7 heures, je ne suis plus fatiguée du tout et je meurs de faim (tu te souviens que je n’ai pas mangé la veille?). Sir Givré dort comme un bienheureux à mes côtés et je sais que le sommeil ne reviendra pas. J’ai une douleur dans le bas du dos et entre les omoplates, et un fond de mal de tête qui ne demande qu’à revenir. Au moins, la nausée de la veille m’a quittée.

Je me lève pour prendre un petit déjeuner (oui oui, à 2h30 du matin, quoi de plus normal ? Je connais un certain Sir Givré qui s’est fait un cassoulet une fois, à cette heure-là. Perso je préfère le café-tartines), et retourne un peu au lit… À 4h, je ne dors toujours pas.

Et pire : j’ai vraiment très mal au dos. Je prends ça avec philosophie, quelle future mariée n’a pas fait d’insomnies à quelques jours de son mariage ? (C’est d’ailleurs ce que me dira mot pour mot une collègue le lendemain, mais ça, je ne le sais pas encore.)

Pour éviter un retour de la migraine, je décide de me lever. Et, tant qu’à faire, je fais la vaisselle, je range la maison, j’envoie un mail à ma copine d’Angleterre, et je me mets à faire des scones pour les élèves d’une de mes classes. J’organise un goûter de Noël cet après-midi, et je n’ai pas eu le temps de préparer quoi que ce soit. Je devais le faire le lundi, mais migraine oblige, je n’ai rien préparé.

Le matin, à 9h, j’ai rendez-vous chez l’esthéticienne. J’ai hâte d’y être : ça fait plus d’un mois que je n’ai pas touché à mes sourcils, pour qu’on puisse le redessiner de façon précise et qu’ils soient jolis pour le jour J. Je n’en peux plus de ces deux lignes qui ressemblent à des buissons. (Quoi, tu ris ? Tu verras à l’approche du jour J, toi non plus tu n’oseras plus rien faire à ton corps, de peur de ressembler à un cornichon à peine sorti du bocal le jour de ton mariage !)

J’arrive à 8h55 devant la boutique et une jeune fille attend devant le rideau de fer. Elle me regarde et me dit « salut, t’es l’autre stagiaire ? ». Je suis interloquée : vêtue de mon manteau épais kaki, d’un vieux jean et d’un pull, certes moche, mais bien chaud, pas maquillée, à peine coiffée… Je ne ressemble pas à une stagiaire en esthétique.

La boutique ouvre un peu en retard et j’essaie de ne pas montrer mon stress : je dois être au travail  à 11h, j’ai 50 minutes de route, je dois encore trouver des nappes, et j’ai promis à Sir Givré de faire un saut par la maison après mon rendez-vous (tu te souviens qu’il est en congés ?). Chaque minute compte ce matin.

Un vieux monsieur entre dans le magasin : 70-80 ans bien tapés, les cheveux blancs, l’air un peu bourru du macho qui a travaillé toute sa vie… Il détonne un peu dans cet environnement exclusivement féminin, où les bouteilles de parfum côtoient les palettes de maquillage. Le tout dans un décor rouge pailleté, période de fêtes oblige. Il sort de sa poche un flacon de parfum Chanel n°5 et demande à la dame qui s’avance vers lui : « La même chose, s’il vous plaît. Dans un paquet cadeau, c’est pour ma femme. ».

J’imagine sa femme : le même âge que lui, peut-être un peu plus jeune. Ils sont sûrement mariés depuis 50 ans, ont des enfants adultes et 14 petits-enfants. Ils sont fiers de leur vie réussie, certainement une vie de labeur. À en témoigner par le manteau vert délavé et le béret usé du monsieur, le Chanel n°5 est le petit luxe de l’année, l’exception dans une vie de frugalité, le petit plaisir de Noël.

vieux couple amoureux

Je suis sûrement trop émotive en ce moment, il me touche, ce vieux monsieur bourru qui regarde tout du coin de l’œil, qui a l’air de se demander ce qu’il fait là, qui refuse d’avancer plus loin que la caisse située à côté de la porte. Il sort en boitant légèrement. Et je m’imagine dans 50 ans, aux côtés de celui que j’aime. Je nous imagine toujours attentifs au bonheur l’un de l’autre. Une boule monte dans ma gorge, on n’est que mardi, il faut que je me reprenne.

Rendez-vous, saut à la maison, embouteillages, tracteurs sur la route, la matinée passe. J’arrive au collège deux minutes avant la sonnerie.

Ce matin, le hasard a voulu que ce soit jour de brevet blanc : me voilà donc de surveillance. J’essaie de me concentrer sur les élèves qui ont, eux, beaucoup de mal à rester penchés sur leur rédaction. Mais mon esprit vagabonde…

Je dois encore envoyer un mail à la photographe pour lui faire la liste des photos qu’on aimerait, et il faut que je trouve des nappes avant ce soir. Je dois appeler la boutique DuBorddeMer pour leur demander à quelle heure ils ferment. Je dois regarder sur Internet combien de temps il faut pour aller de VilleduBoulot à VilleduBordeMer.

Non, je ne suis pas stressée, j’ai juste besoin de m’organiser. Pendant l’heure de surveillance, je rédige dans mon carnet bleu la liste à envoyer à la photographe. Ça sera déjà ça de fait.

get organized without losing it

Crédits photo : Janet S. Fox

À midi, je mange chez SuperCollègue et son mari : ils vont me prêter leur matelas pneumatique pour ce weekend (en cas de besoin). J’ai pris la voiture aujourd’hui, tant qu’à faire, je vais récupérer le matelas. Une bonne chose de faite ! Au menu : des frites et du lapin.

Nous avons eu un fou rire en salle des profs tout à l’heure : « tu aimes le lapin ? », m’a demandé SuperCollègue… « Oui, mais seulement quand je ne sais pas que c’est du lapin. », lui ai-je répondu. Ça doit être nerveux mais tout le monde a rit. Je crois que tout le monde stresse plus que moi.

Quoique ce matin, en enlevant mon petit papier sur mon bloc compte à rebours (je ne te l’ai pas raconté, mais SuperCollègue m’a fabriqué un compte à rebours avec un petit bloc-notes. Elle l’a collé sur mon casier au boulot, et tous les jours, j’enlève une page du compte à rebours.), j’ai eu une poussée d’adrénaline. Dieu que le temps passe vite !

Pendant le repas, nous plaisantons beaucoup sur mon incapacité à trouver mon chemin dans un endroit que je ne connais pas, même avec un plan. SuperCollègue et son mari essaient de m’expliquer comment aller jusqu’à un magasin où, pensent-ils, je trouverai des nappes pour mes tables. Mais j’ai peur de me perdre. Ils ont beau me faire un plan bien détaillé, je suis dubitative.

Quand je pars de chez eux, j’ai toujours aussi peur de me perdre. Le mari de SuperCollègue est au téléphone, et moi j’oublie le matelas. Maligne ! Je ne m’en rends même pas compte, ni à ce moment là, ni dans l’après-midi

Et toi ? Tu rêves devant les vieux couples solides comme le roc ? Tu t’es laissé pousser les sourcils/les poils/autre pour que l’esthéticienne s’en occupe parfaitement, et tu ne supportais plus de te voir dans un miroir en attendant ? Tu as un « compte à rebours » jusqu’à ton mariage ? Raconte-moi !


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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10 commentaires sur “Mon mariage hivernal : la semaine avant le mariage, épisode 2 – le mardi matin”

  • Trop mignon le compte à rebours fait par ta collègue! Stressant, mais trop mignon!
    Ca me fait drôle de penser que tu partages tout ça avec tes collègues. Moi, quand j’étais prof, je n’ai été que TZR, et quand on est de passage, ça n’a rien à voir.
    Bon, un poil stressant quand même tout ça! Je sens venir le blocage de dos!

    • Oui j’ai trouvé ça vraiment chou, le compte à rebours. Et très drôle aussi: il fallait voir le petit bloc notes collé au gros scotch orange sur mon casier!!
      Et je confirme, j’ai été contractuelle & vacataire pendant quelques années avant de passer le concours, ça n’a rien à voir. Quand tu es en poste fixe, tu partages tellement plus avec les collègues… Et après, tu hésites à demander une mutation.
      Un poil stressant effectivement. La suite au prochain épisode! (j’ai tant de choses à dire que je dois raconter le mardi en deux épisodes!!)

    • I know you can relate!!
      Toute mariée ou future mariée peut se sentir concernée par ce que j’ai écrit. C’est un fait, c’est comme ça!

  • Moi j’aimerais bcp un compte à rebours mais le mariage est encore loiiiin, il prendrait trop de place pour le moment…
    Vivement la suite du mardi ^^

    • Tu te maries quand?
      C’est vrai que le compte à rebours c’est top. On en riait avec ma collègue je pensais qu’elle ne le ferait pas, j’ai été surprise mais ça m’a fait rire! C’était très drôle, parce qu’il était à la vue de tous et donc j’avais des commentaires sans arrêt…

  • Moi, j’adore le portrait du vieux monsieur bourru perdu au milieu des flacons de parfums 🙂
    Pour en revenir aux sourcils, je me souviens que le matin de mon mariage civil, juste avant de me maquiller, l’esthéticienne me dit : « Bon, on va épiler tout ça ! »
    Heu… Comment ça « épiler » ? Et pourquoi « tout ça » ?! J’ai donc testé ma toute 1ère épilation des sourcils à la cire, . Morte de trouille de me retrouver avec… plus rien, en fait. Eh bien non : c’était par-fait ! Comme quoi… 🙂

    • Hahaha moi aussi j’ai eu peur de me retrouver sans rien. Heureusement que l’esthéticienne m’a bien cernée, j’ai pu lui confier mes sourcils en toute confiance!

  • Rrohhhh j’adore la suite !!!! alors pareil, quand je vois des personnes âgées amoureuses comme au premier jour je me dis que j’aimerais vraiment être comme eux à leur âge.

    Sinon pour les sourcils : idem !!! lol. Je suis pas une super pro de l’épilation, du coup elle a du me redessiner aussi les sourcils et j’ai donc du laisser pousser pendant quelques semaines. J’avais limite honte de sortir comme ça ^^.

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