Mon mariage hivernal : la semaine avant le mariage – épisode 5, tout s’accélère !

La dernière fois que tu m’as lue, je nageais en pleine détente. Nous voilà au moment crucial des derniers jours, des derniers préparatifs, tout s’accélère. Tu es prête ? Je t’emmène dans mon journal de bord de la dernière semaine.

Jeudi 20 décembre

C’est le jeudi de notre samedi ! Je me suis réveillée encore une fois en plein milieu de la nuit, 2h30 ou 3h du matin, incapable de me rendormir, à repasser dans ma tête le film des évènements des prochains jours tels que je les imagine, et à essayer de penser à tout. J’ai tant de listes dans la tête que j’ai peur d’oublier des détails. Les parents de Sir Givré doivent arriver dans la journée et la maison est vraiment très sale. Heureusement, l’homme est en congés et a promis de faire le ménage pendant la journée, avant l’arrivée de ses parents.

mariée assise par terre

Crédits photo : Melissa Kelsey Photography

Pendant la matinée, je profite du calme relatif pour faire une dernière check-liste, et prendre des nouvelles de Sir Givré : est-il réveillé ? Fait-il le ménage ? Est-ce qu’il a rédigé ses vœux ? J’apprends qu’il fait le ménage, que ses parents arrivent dans l’après-midi, et qu’il sèche sur les vœux. Je commence à être inquiète, il est grand temps que nous les rédigions, le mariage est dans deux jours.

Je fais rire mes collègues à la récré parce que je rappelle Sir Givré pour lui dire de ne pas oublier de ranger les vêtements, et de sortir la lessive. Ils trouvent que j’exagère, à deux jours de mariage, de demander ça à mon fiancé. Une remarque me pique au vif : “moi, je suis lui, tu me fais ça à 2 jours du mariage, c’est sûr que je dis non le jour J”. (Ça mériterait même un petit billet sur le partage des tâches, tiens.)

Toute la journée, je reçois des attentions et des marques d’affection. Des collègues me demandent comment je vais, si je ne suis pas trop stressée. Pendant le repas de Noël à la cantine, beaucoup de collègues me taquinent gentiment ou me demandent où on en est dans l’organisation.

J’ai l’impression d’être un agenda sur pattes, Sir Givré à la maison et moi qui orchestre tout à distance. Il est temps que ça se termine, je fatigue un peu.

Une collègue me demande à quelle heure est la cérémonie religieuse, et je lui dis que ça dépend du temps qu’il fera. Elle est surprise et je lui parle de J., le pasteur, du fait qu’il vient exprès de notre région d’origine pour notre mariage, et du fait que les horaires sont plutôt flexibles du fait de la particularité de notre cérémonie. Nous plaisantons gentiment sur mon organisation “à la Mademoiselle Givrée” : toujours un peu décalée. Et dire que je pensais être beaucoup mieux organisée, depuis quelques années !

L’après-midi est très chargé en émotions : une élève ronchonne dans son coin “de toute façon, les mariages c’est nul”. Un autre élève, d’habitude très agité, me promet qu’il sera gentil aujourd’hui “comme cadeau pour votre mariage m’dame”.

Je fais un goûter avec les sixièmes et je pleure presque : une élève m’a fabriqué un cadeau, un joli cadre avec un dessin, un ruban “vive les mariés” dans un coin (“c’est ma mère qui me l’a donné madame, c’est ce qui lui reste de son mariage”). Une autre m’a écrit une très gentille carte (“madame, je vous souhaite beaucoup de bonheur et vous présente mes félicitations. Je vous souhaite santé, bonheur et prospérité, c’est la formule consacrée. R.”). Impressionnant pour une enfant de 11 ans, n’est-ce pas ?

J’ai une boule dans la gorge qui ne me quitte pas. On invite quelques professeurs à notre goûter, et la fatigue me fait dire cette phrase mémorable après un verre de Coca : “ça fait du bien, un peu de cocaïne !” (je voulais parler de caféine, bien sûr).

Mariée Coca

Crédits photo : Brosnan Photographic

Pendant ma dernière heure de la journée, je rédige mes vœux. Un long paragraphe que je lirai devant tout le monde samedi, si Sir Givré approuve. Je me dis qu’on pourra reprendre mon texte pour rédiger les vœux de Sir Givré, ce soir. J’envoie par email mon premier jet à l’homme, mais il est en plein ménage et j’apprendrai le soir même qu’il n’a pas ouvert ses mails.

Je rentre à la maison en voiture, avec le CD de Pierre Lachat en boucle. C’était ma dernière journée de travail pour l’année 2012 et Dieu que je suis chanceuse. J’ai reçu beaucoup d’attention et d’affection et j’en suis contente, moi qui me sens si souvent « pas à ma place ». Les chansons pour la cérémonie tournent en boucle dans la voiture et j’essaie tant bien que mal de retenir les paroles. Les rimes sont riches et c’est difficile de retenir tous les mots dans le bon ordre. Ça l’est encore plus quand on a peu d’heures de sommeil au compteur.

Quand j’arrive à la maison, la lumière est allumée et je devine que les parents de Sir Givré sont arrivés. Je suis accueillie par des rires et une odeur de café. Comme ça fait plaisir de voir sa maison ainsi animée ! Je suis contente de les voir parce que je sais que nous pouvons compter sur eux, je me sens rassurée : nous ne sommes plus seuls dans la barque, tout va bien se passer maintenant.

De plus, leur arrivée lance le grand compte à rebours, celui à peine entamé mardi, quand je suis allée chercher ma robe : ça y est, on y est, tout se précipite. Bientôt, je serai à la mairie aux côtés de celui à qui je dirai “oui”. Je suis fourbue de fatigue, mais si heureuse. Je me sens si bien en ce jeudi de fête…

Mais la journée n’est pas finie, il faut aller au supermarché acheter les dernières boissons : du crémant pour l’apéritif et du champagne pour le dessert. Sir Givré et moi avons préféré attendre ses parents pour acheter ça, parce que nous n’y connaissons absolument rien. Nous avions peur de nous tromper, d’acheter quelque chose qui ne serait pas bon. Sir Givré était particulièrement stressé par la question : qualité, quantité, marque, origine, beaucoup de critères se bousculaient et le choix était difficile.

Il nous faut en plus faire quelques courses pour manger ce soir, vendredi, et pour faire quiches et pizzas pour le samedi. À peine un café avalé, nous faisons une liste de courses et nous partons. La liste de course est toute une histoire : qui achète quoi, qui paie quoi ? Qu’est-ce qu’on achète ? Qu’est ce qu’on fait à manger demain ? Tout semble poser problème.

J’entreprends de faire une liste de courses pour ce soir et demain, pendant que ma future belle-mère cherche des recettes de quiches sur Internet. Mais finalement elle fait une liste pour tout. Je suis perdue, ma liste ne sert donc à rien ? Je sens la maman de Sir Givré stressée et décide de la laisser diriger les opérations. Il me semble que la laisser prendre les choses en main l’aide à canaliser son énergie. J’adopte donc le rôle de suiveuse et nous décidons de faire les courses en gros et de diviser la facture par deux plus tard.

mariés supermarché

Crédits photo : Raymond Phang Photography

Le choix des alcools est finalement plus difficile que prévu : les parents de Sir Givré sont un peu pris au dépourvu devant le rayon et ne savent pas quoi acheter. Le crémant, particulièrement, pose problème : quelle marque est mieux que les autres ? Certains sont produits par des coopératives, ce qui n’est pas un gage de qualité, que choisir ? Du brut ? Du doux ?

Je m’impatiente un peu. Je suis fatiguée, j’ai envie de rentrer chez moi, et le stress que je ressens chez Sir Givré et sa mère est contagieux, je me sens tendue. Je ne dois pas céder à la contamination, il reste une longue journée avant le mariage. Si je craque sous le stress, comment feront les autres ? C’est moi qui ai quasiment tout organisé.

Je propose de prendre une bouteille de champagne et une bouteille de crémant, de goûter ce soir et de revenir le lendemain pour acheter ce dont on a besoin. Cette solution semble convenir à tout le monde, nous repartons donc avec une bouteille de chaque.

Je sens la tension redescendre quand on sort enfin du supermarché, cinq minutes avant la fermeture. En sortant, je me souviens que je dois absolument me laver et me sécher les cheveux avant demain matin : il faut qu’ils soient un peu sales et pas électriques du tout pour que la coiffure de samedi tienne. La journée n’est pas finie…

Le repas vite avalé, nous goûtons le champagne : il est bon et nous décidons d’aller en racheter le lendemain. Le crémant, cependant, est décevant : les parents de Sir Givré trouvent qu’il n’a pas de goût. Moi, je trouve juste qu’il me brûle la gorge, je ne suis pas d’une grande aide. Je suis un peu inquiète à l’idée qu’il faille, le lendemain, trouver un autre crémant, mais je fais confiance aux parents de Sir Givré.

La vaisselle faite, les cheveux enrubannés dans une serviette, je m’active dans la maison. Il faut trouver des draps propres pour le lit, un drap pour le canapé, des oreillers pour l’homme et moi qui dormirons sur le canapé ce soir. Le lit fait, les parents de Sir Givré dans la chambre et nous dans le salon, je me sèche les cheveux. Puis Sir Givré et moi nous installons sur le canapé, par-dessus le tas d’oreillers et de couettes enchevêtrés, le PC portable sur mes genoux, les jambes à moitié de l’air, pour rédiger nos vœux. Un peu plus de 24h avant le mariage, ça urge !

Sir Givré, sous l’effet combiné du stress et de la fatigue, trouve que ce que j’ai rédigé pendant l’après-midi est très bien, et nous décidons d’adapter mes vœux pour rédiger son texte à lui. Je lui propose de me dicter le texte, et je le tape à l’ordinateur pour gagner du temps. Cela nous prend une trentaine de minutes, puis il est enfin temps d’aller dormir…

Je suis contente de pouvoir enfin aller me coucher, mais le sommeil tarde à venir… Il reste une journée, la plus grosse, la plus fatigante, avant le mariage. Et je me refais sans cesse le film de cette dernière journée d’organisation.

Et toi, qu’as-tu prévu de faire le jeudi avant ton mariage ? Seras-tu en congés, ou seras-tu au travail ? Es-tu le chef d’orchestre de toute l’organisation ? Ça te ferais peur t’écire tes vœux au dernier moment ? Raconte-moi !



4 commentaires sur “Mon mariage hivernal : la semaine avant le mariage – épisode 5, tout s’accélère !”

  • Mon dieu, mon dieu !!!
    C’est aussi ce style de journées qui nous attend dans quelques temps, plus que 4 semaines !!
    Des tas de listes dans ma tête comme toi, que je tente de coucher le plus vite possible sur le papier pour laisser à mon cerveau un peu de répit.
    Des tas de courses à faire avec mon chéri en dernière minute, mais nous avons la liste prête.
    Des tas de détails à régler encore, la musique pour l’ouverture du bal, rappeler au DJ de créer une lumière TRES tamisée à ce moment clé car on a absolument rien répété et on va simplement se laisser porter par un slow, donc ne pas trop être dans la lumière pour cacher le fait que je lui marche sur les pieds serait le mieux… , sur quels plats allons nous servir les mousses de fruits de Metro (là je sèche)… et la liste est encore longue.
    Mais il parait que l’on accompli des miracles dans les derniers jours 🙂
    Vivement la suite de ton récit.

  • Je confirme, on accomplit des miracles les derniers jours!!

    Et sinon, pour la danse, pense au fait qu’un de vous deux sera peut être passablement éméché… Ici, les deux gorgées de champagne que j’ai concédées à ma non-consommation d’alcool ont été suffisantes pour me donner la tête qui tourne!!

    Allez hauts les coeurs dans 4 semaines c’est ton tour :).

  • Nous les derniers jours étaient cool, on était juste assez occupés pour ne pas s’ennuyer. 🙂 Les vins avaient tous été acheté par mon père (qui est bien loin d’être œnologue, mais qui s’y connaît bien mieux que M. Lutin (je ne parle même pas de moi, je n’aime pas l’alcool 😆 ) en amont, nous on a acheté les softs (et bon, à ce niveau, pas de “cette cuvée de limonade sera-t-elle à la hauteur ?” 😛 ).
    Quant à nos vœux, malgré que M. Lutin ait fort traîné, ils ont été prêts avant la veille, heureusement. 🙂 Il faut dire qu’à partir du mardi, on n’avait plus nos ordis… Donc tout ce qui nécessitait Indesign – à savoir : n’importe quel document contenant du texte, pour mon chérigraphiste – devait être terminé AVANT.

  • Je crois que j’aurais eu la même émotion face aux témoignages des eleves 🙂

    En tous cas, une journée bien stressante on dirait !!

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