2 ans après : quelques nouvelles du Caramel et de la raclette

Tu ne me connais peut-être pas, je ne suis plus une toute jeune mariée je dois l’avouer. L’hiver 2016 me semble déjà si loin, et la période des préparatifs de notre mariage aussi. Je repense à tout cela avec nostalgie, mais pas de tristesse pour autant.

Voici un an déjà que j’ai fini de te raconter mon mariage, et un peu plus de 2 ans aujourd’hui que je suis mariée avec M. Patate à Raclette. Je suis ravie de venir de donner de mes nouvelles après ces quelques mois écoulés.

Que s’est-il passé en 2 ans ? Et bien un tas de choses, mais surtout 3 gros changements !

Bilan deux ans après le mariage

Crédits photo : Photo personnelle

Un nouveau toit

Déjà, nous sommes devenus propriétaires. Ça a été long, très long, trop long d’avoir ces clés, 8 mois au lieu de 3. Vois-tu, à l’issu de notre mariage et notre voyage de noces, nous avons entamé la procédure classique de demande de prêt immobilier, et c’est à cette occasion que nous avons découvert que je souffrais d’une maladie chronique. Evidemment, ça a rajouté des étapes à la procédure, et en plus nous sommes tombés sur une incompétente comme gestionnaire à la banque.

Mais finalement, nous avons réussi à avoir les précieuses clés de notre « Home sweet home ». Nous l’avons aménagé comme nous voulions, y avons mis un peu de notre mariage un peu partout, notamment ma couleur prune tant adorée dans notre chambre. Cet appartement ressemble à notre histoire, un beau désordre organisé rempli d’amour et d’affection où il suffit d’ouvrir les bras pour recevoir un câlin sans rien demander.

Un nouveau rythme

Le second gros changement, c’est que simultanément à l’obtention de notre prêt, j’ai dû apprendre à vivre avec le diabète. Cela a impliqué un changement de mode de vie radical. J’ai dû être encore plus disciplinée qu’avant. J’ai appris à vérifier constamment ma glycémie, à faire la chasse aux sucres cachés, à reconnaître mes faux-amis, à aimer des aliments que je détestais.

J’ai aussi commencé un nouveau boulot, dans une branche tout à fait différente de celle pour laquelle j’ai fait de longues études. C’était un choix risqué, mais c’est le poste dans lequel je me suis le plus épanouie jusqu’ici. Je ne me lève pas le matin la boule au ventre, j’ai des collègues absolument géniaux, et un chef tout aussi génialissime. De ce côté-là, je n’ai pas à me plaindre, je ne pensais pas en répondant à cette offre d’emploi que je me sentirais autant à ma place et surtout, autant estimée à ma juste valeur. Je me sens bien à mon poste, et c’est vraiment un sentiment incroyable.

Une nouvelle vie

Mais le plus gros changement depuis mon mariage, c’est l’arrivée de notre petite fille dans notre vie. J’étais revenue annoncer sa naissance ici, comme je l’avais promis lors de ma dernière chronique. Maintenant que je suis maman, je peux confirmer ce que je disais dans mon avant-dernière chronique ici : mon mariage est le plus beau jour de ma vie, et le jour de la naissance de ma fille ne l’a définitivement pas remplacé. Ce n’est d’ailleurs absolument pas un jour que j’ai envie de chérir.

Dans mon carnet rose, j’ai rapidement abordé le fait qu’elle était née prématurément (d’ailleurs, mea culpa énorme ! Je n’étais pas repassée et je n’avais pas vu vos gentils mots, merci pour elle). Sa naissance a chamboulé ma vie, pour le meilleur, mais aussi le pire. Je ne souhaite pas faire pleurer dans les chaumières car j’ai la chance d’avoir toujours ma fille, qui grandit bien et en parfaite santé (plus ou moins pour l’instant). Mais tout n’a pas été rose pour autant et si tu le veux bien, je vais développer un peu plus ce point (si cela ne t’intéresse pas, tu peux aussi passer le paragraphe qui suit et aller directement en dessous de la photo 😉 ).

Je suis tombée enceinte à un moment où je ne m’y attendais pas du tout, même si nous avions officiellement un projet de grossesse. Je n’étais pas vraiment prête, ni mentalement, ni physiquement. À vrai dire, je ne pensais pas tomber enceinte du premier coup. J’ai donc été prise de court et physiologiquement, mon organisme n’était pas en état optimal pour supporter cette grossesse. J’ai été hyper suivie pendant toute ma grossesse, avec des échographies de surveillance toutes les 3 semaines au 2e trimestre, et toutes les 2 semaines dès 5,5 mois. Mon 7e mois de grossesse a été le mois le plus angoissant de ma vie, j’ai été hospitalisé à 32 SA, et ça s’est terminé en catastrophe par une césarienne en urgence 5 jours après suite à un arrêt cardiaque in utéro de ma fille. Honnêtement, après sa naissance en catastrophe, sa détresse respiratoire à la naissance, et le profil in utéro des jours précédents, on nous avait annoncé 6 à 7 semaines minimum d’hospitalisation, mais elle a bluffé tout le monde et est sortie au bout de 3 semaines d’hospitalisation seulement. Elle a progressé tellement vite qu’on n’en croyait pas nous même nos yeux. Aujourd’hui, on ne peut pas deviner à vu d’œil que cette enfant est née en avance si ce n’est son petit gabarit, elle va bien « et c’est tout ce qui importe, le reste c’est passé, on oublie ». Vraiment ?

Le seul problème, c’est que moi je n’ai pas oublié. J’ai été en dépression pendant toute ma grossesse à cause du stress permanent, et une fois ma fille rentrée à la maison, j’ai enchaîné sur une dépression post partum. Je suis toujours rongée par la peur. Si on dit qu’aucune mère ne dort plus sereinement, chez moi la crainte de perdre ma fille est décuplée au point d’en être devenue pathologique.

Outre la blessure psychologique, physiquement, je n’ai pas non plus été épargnée. 8 mois après, au moment où je t’écris, mon organisme n’a toujours pas récupéré. Je galère littéralement à retrouver des seuils normaux, mes veines font toujours la grève, et j’ai des prises de sang tous les 3 mois pour faire le point avec la « triade » comme je l’appelle (psychologue – diabétologue – gynécologue). Nous aurions aimé avoir des enfants très rapprochés, mais malheureusement, il me faut un accord de la triade pour entamer une nouvelle grossesse. Et pour l’instant tu te doutes que la réponse est négative.

Bilan deux ans après le mariage

Crédits photo : Photo personnelle

En quête d’une nouvelle harmonie

Clairement, j’aime de tout mon cœur ma fille, et la famille que nous créons avec son père est tout ce dont j’ai toujours rêvé. J’ai un boulot qui me plait, l’appartement dont on rêvait, la famille que je voulais, mais aujourd’hui, je ne suis pas heureuse. Et mon couple commence à souffrir de ces mois de dépression. Le mois de mai 2018 nous a rapproché plus que jamais. Nous avons gardé la tête haute et insufflé toute notre force à notre fille. Nous n’avons jamais été aussi proches qu’à ce moment là je crois. Mais une fois la pression retombée, une fois la dépression installée, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir des doutes, de remettre en cause tous mes choix, même celui de me marier ici. J’ai ruminé et au plus mal, j’ai même pensé que ça avait été la pire erreur de ma vie.

L’arrivée d’un bébé dans un couple chamboule beaucoup de choses, et nous n’échappons pas à la règle. Je pensais que les premiers mois difficiles passés, tout redeviendrait comme avant, mais tout ces mois ont également laissé une cicatrice sur notre couple. Aujourd’hui, nous apprenons à nous redécouvrir, à nous créer des moments privilégiés et de qualité. Nous voulons retomber amoureux l’un de l’autre, donner un nouveau souffle à notre couple.

Et pour cela, nous allons revenir à la base, ce que nous aimons le plus, VOYAGER. Cette année, nous avons prévu déjà de partir dans 3 pays différents, avec notre fille, pour qu’elle découvre avec nous ce qui nous fait vibrer et en parti aimer la vie. Rien que le fait de penser à ces voyages me console un peu. 2019 sera l’année de mes 30 ans, et j’espère, un nouveau départ pour moi avec beaucoup plus de positivité. J’espère y oublier mon année 2018 et aimer encore plus mon homme et notre toute nouvelle famille qui se construit.

Bilan deux ans après le mariage

Crédits photo : Vincent Besson photographies



5 commentaires sur “2 ans après : quelques nouvelles du Caramel et de la raclette”

  • Ca n’a pas dû être évident mais merci de partager ici tes doutes, de montrer qu’il ne faut pas baisser les bras. J’espère sincèrement que ces voyages vont vous faire du bien à tous les 3 !!

  • Merci de ton temoignage.
    Maman d’enfants prématurés, j’avais du mal à avouer que leur naissance n’avait pas été le plus beau jour de ma vie. 4 ans après, je l’assume depuis peu et je suis d’autant plus attachés à mes souvenirs de mariage.
    Pour cette peur irrationnelle de la perdre, je te rejoins aussi. Je m’interroge souvent si ce sentiment est lié au fait d’être mère simplement ou à la prématurité et ses épreuves. A mon sens, les 2, la prématurité accentuant sûrement ce sentiment.
    Bon courage pour ton cheminement et belle année 2019.

  • Je commente rarement mais ton témoignage me touche réellement. Non on oublie pas! Mon fils a 18 mois et ça me revient encore par flash ou je pleure encore quand on m’en parle mais pour moi c’est NORMAL! Ce sont les personnes qui n’ont pas vécu ce genre d’événements qui peuvent dire « ça va maintenant c’est fini ».

    Je te souhaite réellement de redevenir heureuse c’est long et ça se fait petit à petit. Pour ton couple j’ai cru aussi à un moment qu’on allait divorcer. Il faut dire que je passais mes journées à me dire qu’on avait fait une grave erreur et qu’on aurait mieux fait de ne pas avoir d’enfant. Pareil ça finit par diminuer mais voir un psychologue est selon moi indispensable dans ce cas pour justement ne pas parler de ses angoisses à ton conjoint en permanence!

    Pour finir, bons voyages!!

  • Bonjour,
    Je me suis mariée quelques mois avant toi et j’avais pris beaucoup de plaisir à te lire. Je ne te connais pas mais cela m’a rendu triste que tu es vécu toutes ces choses que je ne souhaite à personne.
    Après une grossesse stressante et compliquée, j’ai également eu une petite fille préma (32+6sa) quelques mois avant toi. Ma pépétte va avoir 15 mois elle va très bien malgré son mini gabarit.

    J’ai toujours cru que le jour de la naissance de mon enfant serait le plus beau jour de ma vie et en fait c’était le pire (j’ai cru la perdre, puis j’ai cru partir moi aussi). J’ai mis du temps à l’accepter, mais j’ai compris que vu les circonstances c’était normal.

    Après 7 semaines d’hospitalisation nous sommes rentrés à la maison et avont enchaîné sur une RGO. Nous sommes donc passés en mode survie pendant bien 7 mois supplémentaires.

    Heureusement pour nous quand les choses se sont calmées notre couple était toujours intact et même plus fort d’avoir traversé cette tempête. Mais nous avons énormément pris sur nous, puisé dans les réserves. Nous sommes toujours resté bienveillants l’un envers l’autre malgré les difficultés et même si parfois nous ne nous comprenions pas.

    Puis la vie suit son cours, différement avec un enfant mais on retrouve une certaine normalité. On prend plaisir à lui faire découvrir le monde, on refait des choses qu’on aime.
    On n’oubliera jamais clairement cela fait partir de notre histoire et de celle du bébé, mais petit à petit la douleur s’atténue et on se laisse porter par la vie.

    Je vous souhaite de vous retrouver et de profiter de votre vie de famille tous les 3! Car même si la route a été longue c’est une aventure qui en vaut la peine!

  • Bonjour,
    Ton article me fait de la peine, tu as vécu des moments vraiment difficiles, qu’on ne peut même pas imaginer … De notre côté, la grossesse a également été difficile, car découverte d’une anomalie au niveau du crâne du bébé. Nous avons finalement eu beaucoup de chance, car tout s’est bien fini, mais je comprends la difficulté d’aller mieux. Non, on n’oublie pas, c’est une blessure qui ne se referme pas si facilement, même si c’est ce que tout le monde voudrait.
    Je vous souhaite beaucoup de courage, à toi et à ta famille, pour guérir de ces moments difficiles, et pour vous retrouver. Et dans quelques années, j’espère que ces moments-là seront moins difficiles à évoquer.

Commente ici !