Quand on choisit son prêtre

Mon titre te choque peut-être dans sa formulation. Je compte donc sur ta bienveillance lors de ta lecture de cette chronique. Mes mots seront sans doute un peu maladroits par moments, mais je souhaite vraiment partager avec toi cette étape de notre préparation, et j’espère arriver à te faire comprendre notre cheminement vers le choix de nous marier religieusement.

À quoi croyons-nous ?

Pour Monsieur Cerf et moi, la question « cérémonie religieuse ou non » est fortement liée à celle de l’officiant. Il nous est impensable qu’un prêtre qui ne nous comprenne pas nous marie.

Notre éducation catholique (nous avons tous les deux fait le parcours complet d’éducation de la foi : de la première communion à la profession de foi) fait du mariage religieux une évidence pour nous. Mais depuis l’adolescence, nous nous sommes un peu éloignés de la religion et nous avons surtout évolué dans notre foi.

Nous ne voulons donc pas être « hypocrites » et irrespectueux en nous engageant devant Dieu sans « croire » en les paroles du prêtre qui officierait. Il faut que nous adhérions pleinement à sa façon de prêcher et que nous ayons donc une conception commune de la spiritualité : une vision moderne et actuelle de la religion.

Tu l’as compris, nous sommes croyants, mais à présent non pratiquants. Notre croyance est toujours présente, mais elle s’est ouverte à une foi plus contemporaine : une confiance en la force de la Vie avec un grand V. Il est donc important pour nous que notre prêtre comprenne, reflète, voire même partage cette vision de la religion, ou plutôt de la spiritualité, terme que je préfère et qui est plus proche de nos croyances.

Crédits photo (creative commons) : Pixabay

Où allons-nous nous marier ?

Je souhaiterais vraiment que nous nous marions dans le village de mon enfance, dans l’église où j’ai fait tout mon parcours d’éducation de la foi, de mon premier pardon à ma profession de foi, en passant par les cours de catéchisme à l’école.

Les curés de ma jeunesse ont depuis quitté la paroisse… et malheureusement, même si je connais mal le « nouveau » curé, n’ayant assisté qu’à une seule messe, je sais déjà que ce n’est pas avec lui que nous souhaitons nous engager envers Dieu. Sa vision est très conservatrice et bien trop éloignée de celle beaucoup plus moderne que nous partageons, Monsieur Cerf et moi.

Cependant, il me tient vraiment à cœur de me marier dans cette petite église, qui est à mes yeux la plus belle du monde. Nous pensons donc à demander au curé s’il accepte qu’un autre prêtre officie. Plusieurs amis déjà mariés ont fait la même chose sans aucun souci et nous ont encouragés à faire de même, alors je t’avoue que nous partons un peu trop confiants, même si une petite voix au fond de mon esprit me répète que ce ne sera peut-être pas aussi simple…

Nous sommes d’autant plus enthousiastes que des proches nous ont parlé d’un jeune prêtre africain d’une paroisse voisine, qui leur a redonné envie d’aller à l’église et dont les messes sont modernes, joyeuses, dynamiques et empreintes d’ouverture d’esprit et de tolérance. Nous avons déjà assisté à une messe d’un prêtre africain lors d’un mariage et ça reste pour nous une des plus belles messes à laquelle nous avons participé : c’est ce genre de célébration dont nous voulons et qui nous correspond.

Nous prenons alors rapidement contact avec lui : aucun souci de son côté, il nous mariera avec grand bonheur, il nous faut seulement l’accord du curé de la paroisse. Reste donc à rencontrer ce dernier.

Nous le rencontrons, lui parlons de notre projet de mariage religieux et lui posons cette question si importante : accepte-t-il de laisser un autre prêtre officier à cette célébration ? Comme la petite voix au fond de mon esprit s’y attendait, la réponse est non. C’est lui qui officie, mais l’autre prêtre peut faire la bénédiction s’il le souhaite… Et puis, en dehors de toute considération religieuse, le contact ne passe pas : nous ne sommes ni à l’aise ni en confiance avec lui (quelques remarques m’ont même blessée au cours de nos échanges…).

Nous sortons de cet entretien déçus et perdus : que devons-nous faire ? Nous marier en l’église de mon enfance avec un prêtre « conservateur » ou nous marier dans une autre église avec un prêtre « moderne » ?

Qu’est-ce qu’on fait, alors ?

La réponse devient vite très claire dans notre esprit. Comme je te l’ai exposé au tout début de ma chronique, l’officiant est plus important. Hors de question de manquer de respect à la religion, au prêtre et à Dieu en faisant « semblant ».

Pour arrêter définitivement notre choix, nous décidons d’aller assister à une messe du prêtre africain de la paroisse voisine. Ce que, je suis entièrement d’accord avec toi, nous aurions dû faire depuis bien longtemps : ça aurait été beaucoup plus « logique » dans notre démarche, mais parfois, les futurs mariés ne réfléchissent pas aussi bien qu’ils ne le devraient – c’est le syndrome du neurone unique, qui touche aussi les femmes enceintes à ce qu’il paraît…

Nous nous rendons donc à la messe du dimanche de Pâques, accompagnés par ma mère. Au bout de quelques minutes à peine, Monsieur Cerf et moi nous regardons et, sans rien dire, en un seul regard, nous nous comprenons : c’est une messe pleine de joie et d’entrain, comme celle que nous souhaitons pour notre mariage.

Pour ma part, je suis envahie par une vague d’émotion incroyable. Je n’avais jamais ressenti ça. Des larmes de bonheur perlent au bord de mes yeux pendant la majeure partie de la messe : je suis tellement heureuse d’être présente, là, avec mon futur mari, ma mère et tous les croyants rassemblés dans cette petite chapelle. Le prêtre exprime exactement tout ce que nous pensons. Toutes ses paroles sont tellement justes et bienveillantes. Cette messe est en parfait accord avec nos croyances.

En sortant de l’église, nous sommes tous les trois encore « sous le choc » et immédiatement, nous sommes d’accord : c’est ici, avec ce prêtre, que nous nous marierons ! Tant pis pour la jolie petite église de mon village : l’essentiel, ce n’est pas les murs, mais bien ce qu’il se passe à l’intérieur.

Niveau trajet, ce n’est pas pratique du tout. Nous serons obligés de faire une demi-heure de route à l’aller, puis au retour, de passer un col de montagne et de croiser les doigts pour qu’il ne neige pas trop (mais un peu quand même, je veux de la neige à mon mariage !)… Mais tant pis, ce n’est pas grand-chose à nos yeux si la messe de notre mariage est telle que nous la rêvons.

Nous profitons de l’occasion pour aller nous présenter au prêtre, qui est très heureux d’enfin nous rencontrer en chair et en os après nos échanges téléphoniques. Un rendez-vous est fixé la semaine qui suit, afin de faire plus ample connaissance et qu’il nous explique comment se passera la préparation au mariage.

Crédits photo (creative commons) : bogitw

Comment se déroulera notre préparation au mariage religieux ?

La préparation qu’il nous propose est assez « simple », puisque nous ne nous rencontrerons qu’à trois reprises :

  • La première fois, aujourd’hui, pour la partie « administrative » du dossier de mariage, apprendre à se connaître et parler de notre foi.
  • La deuxième fois, au cours de l’été, pour parler des quatre piliers du mariage chrétien lors d’une balade en forêt (oui, oui, tu as bien lu !!).
  • La troisième fois, quelques semaines avant le mariage, pour préparer la cérémonie à proprement parler.

Dès le début, nous nous sentons parfaitement à l’aise et en confiance. Moi qui n’ose pas trop m’ouvrir aux « inconnus », j’arrive à lui parler avec sincérité et à me confier sur ma foi, ma vision de la religion et de la vie de façon plus globale, sans aucune peur de jugement. C’est comme si nous parlions avec un ami de longue date, à qui nous ne cachons rien.

Lorsque nous le quittons, nous ressentons tous les deux une quiétude, une détente de l’esprit incroyable : nous sommes bien et nous sommes convaincus d’avoir fait le bon choix en décidant de nous unir devant Dieu.

Voilà, tu sais maintenant tout du chemin que nous avons parcouru vers le mariage religieux. J’espère être parvenue à t’expliquer notre choix et te remercie pour ta lecture attentive et bienveillante. Pour terminer, je te retranscris quelques mots de notre prêtre : ceux-ci m’ont marquée lors de notre première rencontre et résument parfaitement notre vision de la foi…

« Est-ce que vous croyez en Dieu ? Est-ce que vous ressentez sa présence ? Je ne vous demande pas si vous pratiquez ! Parce qu’on peut croire et ne pas pratiquer. Tout comme certains pratiquent et vont tous les dimanches à la messe, mais n’ont jamais ressenti la présence de Dieu. Vous m’avez dit que vous aimiez la nature et vous promener en montagne pour vous ressourcer. Eh bien, vous trouvez Dieu dans ce calme qu’offre la nature. Dieu est pour chacun à un endroit différent, là où on se sent bien. »

Et toi ? As-tu choisi de te marier religieusement ? Ce choix a-t-il été une évidence ou le résultat d’une mûre réflexion ? Raconte-nous !


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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6 commentaires sur “Quand on choisit son prêtre”

  • Je trouve ton article très touchant et je pense que vous avez fait le bon choix de ce prêtre ouvert et qui correspond totalement à vos croyances.Votre cérémonie religieuse devait être superbe avec un homme comme celui ci!

  • Merci pour cette article, nous avons également été rencontré le prêtre de notre village (des croyants.. non pratiquant…) sans aussi être allé à la messe.. et nous avons rencontré un prêtre formidable, sans jugement, qui essaie vraiment de comprendre nos motivations et pourquoi c’est important pour nous de nous marier à l’église. C était vraiment formidable, je me réjouie de retourner à notre 2ème rendez-vous pour parler des piliers du mariage et encore plus de notre future cérémonie que je sais déjà personnalisée.

  • Eh bien, quel bel article Mme Biche. J’ai apprécié de te lire, moi qui ne suis ni croyante ni pratiquante 🙂
    Je suis heureuse que vous ayez pu célébrer votre mariage religieux aux côtés d’un prêtre bienveillant et ouvert d’esprit. Hâte de découvrir les photos de cette cérémonie désormais !

  • Avant de me marier, ce que j’aimais le plus au monde, c’était les chroniques d’essayage de robe. Depuis le mariage, c’est les chroniques qui traitent de cérémonie religieuse.
    C’est grâce au mariage que j’ai renoué avec ma foi et je trouve ta chronique joliment décrite pour parler de ces moments de douceur.
    J’ai même été très émue en lisant les mots de ton prêtre.Il a raison, il a complétement raison <3

  • Quelle belle chronique encore une fois Madame Biche !! Je suis heureuse que vous ayez pu avoir un prêtre autant ouvert d’esprit ! Je pense que l’église a besoin de telles personnes pour permettre aux personnes de renouer avec leur foi ! Les mots de ton prêtre sont magnifiques !

    Du coup, j’ai plus que hâte de lire le récit de ta cérémonie, moi qui ne suis ni croyante ni pratiquante !

  • Je suis heureuse de lire un tel article et que vous ayez eu ce raisonnement. De mon côté par amour pour Poupou j’ai accepté de me marier à l’église et nous nous sommes orientés vers la paroisse de ses parents mais j’ai quelques fois regretté ce choix ça a été parfois compliqué… En tout cas hâte de lire le récit de votre cérémonie!

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