La quête du parfait officiant de cérémonie laïque

Jusqu’à maintenant, le choix de nos prestataires de mariage s’est fait assez facilement et à l’unanimité. Nous enchaînons les rendez-vous et confirmons nos prestataires sans trop réfléchir car tout nous apparaît comme une évidence : le domaine, le photographe, le traiteur…

Sauf que, parmi tous les prestataires de mariage, je n’avais pas anticipé que trouver un officiant de cérémonie serait aussi compliqué.

Le temps des compromis

J’ai toujours cru que je me marierais à l’église. C’était évident pour moi et important pour mes parents. Même si à l’âge adulte j’ai arrêté de côtoyer l’église, je partage toujours les valeurs fondamentales du mariage et enfant j’ai suivi le parcours religieux complet (baptême, catéchisme, communion, aumônerie).

Qui choisir pour officier notre cérémonie laïque ?

Crédits photo (creative commons) : Blake Newman

Le mariage que je me suis toujours imaginé

En revanche, Monsieur Rider et sa famille sont athées, et j’ai déjà entendu des membres de sa famille dire qu’ils ne rentreront jamais dans une église. Ça plante déjà un peu le décor pour notre célébration de mariage. Nous savons dores et déjà qu’elle sera faite de compromis.

Je ne veux pas mettre ma belle-famille, ni mon futur mari mal à l’aise à notre mariage. Il est vrai que les cérémonies de mariage à l’église sont plutôt longues et les discours archaïques. La féministe que je suis ne se reconnait pas forcément dans les textes de la Bible. Mais c’est très important pour moi que l’on fasse une « vraie » cérémonie où l’on s’engage l’un envers l’autre devant tous nos proches. Pour moi, le mariage n’est pas juste une signature mais bien un engagement pour la vie. La cérémonie laïque semble le parfait compromis avec en plus l’avantage d’avoir une cérémonie complètement personnalisée, à notre image, sans jamais avoir à parler du Seigneur ou de la Vierge Marie.

Le problème, c’est que nous ne voyons personne dans notre famille ou nos proches qui pourrait jouer le rôle d’officiant de cérémonie. Il n’y a pas d’orateur né dans la liste des invités et nous ne souhaitons pas faire subir ce genre de pression à nos proches. Nous décidons donc de faire appel à un professionnel qui en a fait son métier, même si cela représente un certain (même un très gros) budget.

Premier round : des professionnels pas très sérieux

Nous contactons deux officiantes de notre région. Je contacte toujours les prestataires par deux, histoire d’avoir une base de comparaison sur les tarifs et pour avoir le choix. Les deux sont disponibles à notre date de mariage et sont d’accord pour nous officier. Après les présentations de base, nous commençons les premiers échanges sur la méthodologie (par téléphone, email et Skype). On apprend à se connaître et à comprendre ce qu’est une cérémonie laïque avant de signer un contrat en bonne et due forme.

Mais au fil des échanges, la première officiante ne nous donne plus aucune nouvelle. Elle ne se pointe même pas au rendez-vous Skype programmé et n’a plus jamais donné signe de vie depuis ce jour. À 9 mois du mariage, cette officiante me crée déjà des angoisses pas possibles. Et si elle ne se pointait pas le jour du mariage ? Elle n’est pas fiable du tout, next !

Comble de malchance, à peine une semaine après cette déconvenue avec la première officiante, voilà que la deuxième officiante n’est tout d’un coup plus disponible à notre date. Elle a une fête d’anniversaire (smiley perplexe) et de ce fait annule le rendez-vous que nous avions fixé trois jours plus tard. Nous allions faire 100 km de route pour ce rendez-vous en face à face, ça montre à quel point nous étions motivés. Mais le sort s’acharne sur nous. Décidément, la quête de trouver un officiant de cérémonie se transforme en véritable parcours du combattant.

Qui choisir pour officier notre cérémonie laïque ?

Crédits photo : Photo personnelle

Moi dans la course d’obstacles du Mud Day. Je n’imaginais pas devoir subir les mêmes efforts pour trouver mes prestataires de mariage... en novembre (période creuse).

Deuxième round : retour à la case départ

Donc nous avions deux prestataires potentiels et, du jour au lendemain, nous nous retrouvons avec zéro prestataire. Rebelote dans les recherches d’officiants en Rhône-Alpes. Je scanne tous les annuaires de mariage. Nous en contactons deux nouveaux.

Nous rencontrons donc une troisième officiante, plutôt jeune, dans la trentaine, très dynamique. Elle a créé son activité en 2018 seulement mais elle a déjà deux beaux mariages à nous montrer pour lesquels elle a officié. Elle nous présente sa méthode de travail, ses petits plus. Je sors du rendez-vous un peu rassurée. Avec les deux échecs précédents, j’ai un peu perdu confiance envers les officiants, qui ne me semblent pas fiables du tout. Cette jeune fille semble sérieuse et compétente. Nous n’étions pas gênés de discuter et rigoler avec elle autour d’un café. Mais nous n’étions pas non plus complètement à l’aise (souviens-toi, nous sommes un couple d’introvertis et elle est plutôt très expansive).

Nous rencontrons en parallèle un autre couple d’officiants. La sécurité avant tout, toujours jouer les prestataires par deux. Leur méthode de travail semble bien rodée, ils ont l’air très expérimentés (beaucoup de mariages à leur actif). Par contre j’ai l’impression qu’ils laissent moins de place à la surprise. Ils ont leur idée de ce que devrait être une cérémonie laïque « traditionnelle » et ça semble compliqué d’y insérer ses propres idées. Je pourrais leur faire confiance pour notre mariage car ils sont deux (si l’un tombe malade, il reste le deuxième) et ils ont beaucoup d’expériences mais encore une fois le feeling n’y est pas forcément.

L’incertitude

À l’issue des deux rendez-vous, nous sommes incapables de faire un choix.

J’aurais voulu avoir un coup de cœur pour l’un des deux prestataires, que ce soit une évidence. Comme ça avait été le cas pour le photographe (un coup de cœur pour son style artistique) ou pour le domaine (c’était ce lieu et pas un autre). Mais pour l’officiant, nous avons un sentiment neutre chez les deux. Et si l’on devait absolument faire un choix entre les deux prestataires (genre sous la menace), eh bien nous ne tombons pas d’accord avec M. Rider. Que fait-on ? Ça m’embêterait vraiment de choisir un prestataire par dépit, surtout vu le montant de la prestation. Un SMIC entier pour 45 minutes de prestation, c’est un gros investissement. Bien plus cher qu’un mariage à l’Eglise. D’où la grosse hésitation d’investir une telle somme pour quelqu’un « par dépit ».

Qui choisir pour officier notre cérémonie laïque ?

Crédits photo (creative commons) : Arek Socha

Quelle porte, quel prestataire choisir ? Doit-on en choisir un par dépit ou au hasard ?

Devons-nous rencontrer encore d’autres officiants jusqu’au coup de cœur unanime ? Sachant que dans la région Rhône-Alpes, il n’y en a pas des centaines non plus. Nous avons déjà bien ratissé les professionnels de la région. Et en même temps, comment peut-on avoir un coup de cœur lorsque l’on fait appel à un étranger pour raconter notre histoire d’amour ? C’est tout le paradoxe du truc. Tu l’as compris, je suis désemparée de ne pas trouver l’officiant idéal, l’officiant parfait pour nous.

Une lueur d’espoir

Et puis un soir, mon frère m’appelle. Il a pensé à un ami d’enfance à moi, B., que je connais depuis le collège. Ce dernier n’a jamais fait de cérémonie laïque mais il serait d’accord pour nous officier. Il souhaite vraiment que ce soit une construction à trois : le couple de mariés et l’officiant ensemble.

Lorsque mon frère me parle de lui, ça me saute aux yeux. Il a un petit côté artiste qui fait que je le vois très bien faire ça. Il est à l’aise à l’oral et il a une prestance naturelle. Je n’avais pas du tout pensé à lui pour notre cérémonie mais maintenant que l’on m’a mis l’idée dans la tête, ça me parait logique que ce doit être lui. M. Rider adore l’idée également. Il a rencontré B. quelques fois à des soirées et il se sentirait bien plus à l’aise avec lui qu’avec un parfait étranger. C’était peut-être ça qui nous bloquait. On parlait de manque de feeling mais peut-être que le vrai problème était de laisser un étranger entrer dans notre intimité pour parler de notre histoire d’amour à notre mariage.

Nous décidons donc de rencontrer B. autour d’un thé pour discuter de notre projet, pour voir comment chacun voit la chose et pour décider si oui ou non on se lance dans l’aventure entre amateurs.

Alors qui allons-nous choisir pour notre mariage, un professionnel du secteur ou un ami sans expérience ?


Pssst ! Tu as besoin d’aide pour créer ta cérémonie laïque ? Pas de panique, Mademoiselle Dentelle est là pour toi ! Découvre le guide « Cérémonies laïques : Guide pratique pour une cérémonie qui vous ressemble » pour glaner toutes nos bonnes idées. Si tu fais appel à un proche pour officier celle-ci, je t’invite à faire un tour du côté de notre coaching de l’officiant afin de lui donner toutes les clés pour préparer et célébrer votre union ! ❤ 



9 commentaires sur “La quête du parfait officiant de cérémonie laïque”

  • Ah comme je m’y vois! Nous sommes en plein dans les mêmes questionnements! Faire officier un proche, oui mais qui? Et comment faire pour que ça ne soit pas une contrainte! Bref j’ai hâte de savoir comment ça s’est passé 😘

    • J’étais vraiment réticente au début de demander à un proche de le faire car j’ai des exigences et c’est beaucoup de pression pour la personne, de l’implication personnelle aussi. Un peu peur de briser une amitié si jamais en cours de préparation on ne s’entendait plus. Bref, hormis le budget, je voyais beaucoup d’inconvénients à faire officier un proche. Mais comme tu peux le voir avec mon expérience, c’est pas vraiment plus simple avec des pro. Autant de galères.

  • Effectivement ce choix n’est pas simple… Une phrase m’a fait bondir donc je me permets de réagir : « Il est vrai que les cérémonies de mariage à l’église sont plutôt longues et les discours archaïques. » Aïe aïe aïe ! Je me suis mariée à l’église et il est vrai que notre célébration était plutôt longue, parce qu’on avait choisi plein de textes et de chants qui nous plaisaient… mais si c’est « seulement » une bénédiction en une demi-heure c’est fait – tout dépend des choix des mariés ! Quant à l’archaïsme des discours… vraiment il faut aller chercher un peu plus loin que les clichés, j’ai des tas de proches qui se sont mariés à l’église et je n’ai jamais entendu de discours archaïques. Au contraire il est question de liberté, d’engagement, d’amour et de fécondité (pas seulement les bébés, tout ce qui sort de grand et de beau d’un mariage !), personnellement je trouve ça plutôt d’actualité !
    J’espère en tous cas que vous avez trouvé un officiant à la hauteur de vos souhaits et que cette cérémonie vous comblera !

    • Une bénédiction dure tout de même 45min ce qui est déjà beaucoup trop long pour la belle-famille (je l’ai vécu avec M.Rider).
      Etant moi-même croyante, c’est d’ailleurs justement le thème de la fécondité auquel je n’adhère pas forcément (ce qui est purement personnel). Donc ce que je voulais dire c’est que si même moi croyante et pratiquante n’adhère pas à 100% à l’intégralité des discours de l’Eglise, ça parait complètement inconcevable à la belle-famille d’y assister pendant 45 minutes entières sur des discours auxquels ils n’adhèrent pas du tout. C’est pas l’ambiance que je souhaite à mon mariage. Donc pour le bien du plus grand nombre, ce sera cérémonie laïque. Mais sache que si ça n’avait tenu qu’à moi, ça aurait été l’Eglise malgré quelques petits points sur lesquels je diverge en tant que femme de mon époque.

  • J’aime beaucoup ton cheminement quant à votre choix d’une cérémonie d’engagement plutôt que religieuse ☺ Les préparatifs d’un mariage sont régulièrement ponctués de concessions… ton article en est la plus belle preuve !
    Allez-vous, malgré la réticence de ta belle-famille concernant la religion, intégrer des passages de la Bible ou des textes sacrés lors de votre cérémonie ?

    • Il n’y aura pas de lecture de textes de la Bible mais il va nous faire une bénédiction d’envoi à la fin de la cérémonie. B. est une personne très spirituelle, il a même songé à entrer dans les ordres il y a quelques années. Le sacrement n’aura aucune valeur officielle auprès de l’Eglise mais il va nous bénir parce que ça lui tient à coeur et nous aussi.

  • Le fameux choix de la cérémonie quand les croyances ne sont pas partagées au sein du couple…
    Nous avons fait le cheminement inverse : une cérémonie à l’église, mais avec seulement une bénédiction (pour éviter le trop long) et des textes choisis avec soins pour que leur portée soit la plus universelle possible.

    Je trouve votre démarche très bonne aussi à tous les deux. Mais je me demande bien qui vous avez choisi au final 🤔
    Pour ma part, j’aurais choisi quelqu’un de notre entourage, prêt à tenir ce rôle (je sais même qui j’aurai pu prendre … une amie qui a lu à l’église… bref, c’est une autre histoire). Mais l’avantage d’un prestataire, c’est qu’il a l’habitude, et sait comment te guider (à moins que tu aies utilisé le guide de MD ?).

    • Dans ces situations là (croyances non partagées), il y a forcément un membre du couple qui fait une concession. Une démarche qui a été longuement réfléchie.
      Je ne demande jamais rien à personne et je trouve qu’on est jamais mieux servi que par soi-même alors c’est très difficile pour moi de demander à un proche de tenir ce rôle si difficile et si important. Je trouve que c’est une pression énorme. Perso, je refuserais de tenir ce rôle. Absolument pas par manque d’amour envers les mariés mais par perfectionnisme et par peur de décevoir les mariés le plus beau jour de leur vie. On verra bien du coup pour nous comment ça se déroule. Vais-je réussir à lâcher prise et me laisser porter?

      • Mhhh j’ai hâte de savoir ce que vous avez choisi finalement.

        Personnellement, je pense que je serais touchée, et ravie, qu’on me demande d’officier. Mais je ne sais pas si je m’en sentirais à la hauteur… Je n’ai pas de réponse toute faite.

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