Le repas de mariage : mes attentes VS la réalité

Lorsque nous avons réfléchi au type de mariage que l’on voulait, une chose était sûre : nous voulions que notre mariage soit à notre image. C’est-à-dire convivial et moderne, tout en respectant les grandes traditions. Nos familles respectives sont très « vieille France », alors notre mariage moderne devait être ponctué de codes traditionnels auxquels ils pourraient se rattacher. 

Dans moderne, j’englobe le « casser les codes », « faire ce que l’on veut », « faire ce qui nous ressemble ». Un exemple concret est si j’ai envie de me marier en baskets, je le fais et tant pis si ça choque les gens parce que « ça ne fait pas mariage ».  

Donc ça c’était un exemple sur ma tenue, mais j’avais aussi plein d’idées pour dépoussiérer le traditionnel vin d’honneur et repas de mariage, qui n’ont pas vraiment changé depuis 100 ans. Bien sûr, Pinterest m’a soufflé pas mal d’idées (encore lui). Malheureusement, entre ce que je veux et la réalité, il y a parfois un fossé. Du coup, j’ai dû faire mal pas de concessions concernant notre repas de mariage. Mais je te partage quand même mes idées d’origine car, vraiment, si j’avais pu faire tout ce que je voulais, ça aurait été encore plus génial et totalement nous.

Un vin d’honneur décomplexé VS un vin d’honneur traditionnel

Mon souhait d’origine : un vin d’honneur totalement décomplexé, à la bonne franquette avec des grandes planches de charcuteries et de fromages locaux. En plus d’être à notre image, je suis convaincue que ça aurait fait ultra plaisir à nos invités car nos deux familles, comme tout bon français qui se respecte, sont de grands amateurs de charcuteries et de fromages. La famille de M. Rider a même été producteur de fromages de chèvre à une époque, donc les fromages ça les connaît plutôt bien.

La réalité, c’est que notre traiteur ne proposait que des bouchées traditionnelles, des amuse-bouches, des petites verrines tout fait-maison et quelques animations plancha ou découpe de saumon. Mais les grandes planches de charcuteries, ça ne faisait pas partie de leurs « formules pré-conçues ». Il faut savoir que le Domaine que nous avons choisi nous imposait de choisir un traiteur parmi une liste de cinq traiteurs. Des traiteurs qui correspondent au standing du domaine j’imagine. C’est pourquoi les traiteurs de la liste étaient ultra tradi-conservateurs et que c’était très difficile de les faire sortir de leur zone de confort.

Bouchées du vin d'honneur

Crédits photo : Guillaume Tranquard

La réalité : voilà ce que nous avons servi à notre vin d’honneur

Au niveau des boissons du vin d’honneur, je rêvais d’une tireuse à bière, avec la bière artisanale brassée dans notre village médiéval (ça c’est le kiff pour M. Rider). Et je voulais aussi un bar à mojitos et citronnade maison (mon kiff à moi) servis dans des bonbonnières en verre (merci Pinterest pour cette idée délirante mais ultra esthétique). Je bois très peu d’alcool car je n’aime pas le goût mais le mojito est un des seuls cocktails que j’apprécie. Donc bière et mojito ça nous ressemblait totalement.

Vin d'honneur moderne

Crédits photo : Copie d'écran Pinterest

Mes attentes : voilà à quoi ressemblerait mon vin d’honneur idéal

La réalité, c’est que nos familles m’ont découragée de prendre une tireuse à bière car « en novembre, moi je n’ai pas vraiment envie de boire de la bière » m’a t-on dit ! Si nous nous étions mariés en juillet, ça aurait fait carton plein, mais en novembre ça refroidit les gens. Concernant le mojito, mon traiteur m’a tout simplement dit qu’il ne pouvait pas s’en occuper, que ça se prépare au dernier moment (l’eau gazeuse) et qu’il faut de la glace pillée… Bref, trop compliqué pour lui à faire et moi, le jour J, j’aurai d’autres chats à fouetter pendant le vin d’honneur. Alors nous servirons ce qu’on trouve dans tous les mariages : du crémant, du kir, du vin blanc. En conclusion, aucune de mes idées n’ont été retenues pour le vin d’honneur. Moi qui voulait un truc moderne qui nous ressemble, on se retrouve avec le vin d’honneur dans la plus pure tradition française. Au final c’était très bon, nos invités se sont régalés. Mais bon, ça ne nous ressemblait pas à 100% on va dire.

Un truc qui a fait carton plein à notre vin d’honneur, ce sont les kirs royaux à la violette et à la châtaigne que nous avons proposé. Les gens ont adoré et les bouteilles de sirop sont descendues en un rien de temps. Les invités ont adoré l’originalité. Comme quoi, ils ne faut pas grand chose pour faire plaisir.

Les mariés trinquent au vin d'honneur

Crédits photo : Guillaume Tranquard

Kir royal à la châtaigne pour le marié ardéchois et kir royal à la violette pour la mariée

Le sujet épineux du foie gras

Le vin d’honneur est terminé, on passe désormais à table pour l’entrée. Lors d’un mariage, les gens peuvent s’attendre à manger du foie gras. Après tout, c’est un produit noble et festif, ça colle pour un mariage. Sauf pour moi, où ça ne représente que cruauté et dégoût. Je ne mange pas du tout de foie gras, non pas parce que je n’aime pas le goût (d’ailleurs je ne sais même pas quel goût ça a) mais par pure conviction. Je suis contre le foie gras, ça va à l’encontre de mes valeurs. 

Je ne compte plus le nombre de fois où l’on essaye de me faire avaler du foie gras malgré mon NON catégorique. En fait chaque année vers Noël, les gens ré-essayent de me convaincre d’en manger. C’est incompréhensible pour eux, ils ne respectent tout simplement pas mon choix. Je me dis que s’il y a un jour dans ma vie où je peux imposer mes convictions, c’est bien le jour de mon propre mariage. 

C’est un véritable parti pris, mais j’ai décidé qu’il n’y aurait pas de foie gras à mon mariage. Tu peux dire que je fais mon égoïste car il n’y a que moi qui n’en mange pas. Mais sur ce coup, j’ai vraiment voulu être en phase avec mes propres valeurs. Un élément qui me fait un peu déculpabiliser, c’est que Noël sera moins d’un mois après notre mariage. Donc tous les mangeurs de foie gras pourront se gaver (c’est le cas de le dire) autant qu’ils voudront après mon mariage mais pas pendant. À la place, on leur servira un très bon croustillant de thon et sa compotée de tomates, basilic et poivron rouge. Un pur délice qui a fait l’unanimité auprès de nos parents pendant la dégustation.

Entrée de mariage chaude pour un mariage d'hiver

Crédits photo : Guillaume Tranquard

Notre entrée chaude, une tuerie

Un trou normand pour belle-maman

J’ai gagné le match du foie gras, mais les compromis ne sont pas terminés. Notre traiteur propose l’option trou normand dans une de ses formules. Alors moi je trouve que le trou normand c’est un truc hyper vieux des années 1800 (vérification rapide : première apparition en 1553, encore plus vieillot que je ne le pensais). Bref, un truc pas du tout moderne et qui ne nous correspond pas. Attention, ce n’est que mon avis personnel et tu as le droit de penser autrement et d’aimer ça. Chacun fait comme il veut.

Au final, j’ai lâché prise sur le trou normand, vraiment pour faire plaisir à la belle-famille. Ce sont des ardéchois pure souche qui ont l’habitude de terminer chaque repas dominical par de la gnôle faite maison, donc à 85% d’alcool (le petit canard après le repas, tu connais ?). Si on ne sert pas de digestif avec le café, au moins je leur fait plaisir avec le trou normand. Quant à moi, je me contenterai de manger la boule de glace seule, sans alcool.

Le dessert : un naked-cake VS un gâteau traditionnel et sa pièce montée

Pinterest a encore une fois frappé. Je suis tombée un jour sur une épingle d’un naked-cake. Visuellement, c’est super esthétique et ça a l’air super bon (regarde celui de Madame Piment pour baver un peu). En plus, en pâtisserie, j’adore les desserts minimalistes et naturels. En revanche, tout ce qui est pâte à sucre, glaçage, crème au beurre et autres fioritures grasses et sucrées m’écœurent. J’étais donc persuadée qu’un naked-cake répondrait parfaitement à mes goûts. En plus c’est totalement tendance en ce moment… enfin aux Etats-Unis seulement.

Notre traiteur n’avait jamais entendu ce mot avant que je ne le prononce devant lui. Inutile de te préciser qu’en lui montrant la photo, il a fait une moue en me disant que non il ne savait pas faire ça. Du coup, nous servirons une traditionnelle pièce montée de choux (nous les avons goûtés, ils sont très bons) et des gâteaux traditionnels, un au chocolat (une tuerie c’est vrai) et un aux framboises car les framboises tiennent bien jusqu’en novembre contrairement aux fraises. Adieu naked-cake, adieu modernité.

C’est dommage que notre traiteur soit un peu trop vieux-jeu et n’ose pas sortir de sa zone de confort pour tester des choses nouvelles car sa cuisine est absolument divine. Je suis sûre qu’il arriverait à faire ce que je demande. Peut-être qu’il ne veut pas perdre de temps à faire des expériences culinaires ratées. J’ai abandonné toutes mes idées farfelues de modernité, avec une pointe de déception c’est vrai, mais sans trop de regrets, car la dégustation chez le traiteur nous avait totalement convaincus, nous deux et nos parents respectifs. Nous savions au moins que les invités gourmands et épicuriens seraient comblés, même si on aurait aimé y apporter un peu plus notre petite touche personnelle. 

Desserts des mariés

Crédits photo : Guillaume Tranquard

Notre dessert des mariés, on ne peut plus traditionnel

Le brunch : le kiff des mariés, un food-truck

Bon, tu l’as vu, je n’ai pas réussi à obtenir tout ce que je souhaitais pour le vin d’honneur et le repas. À charge de revanche, j’ai tout fait pour avoir un brunch qui nous ressemble. Pour ce poste-là, le domaine ne nous imposait aucune liste de prestataires. 

Nous avons rapidement voulu faire appel à un food-truck qui est le symbole par excellence de la convivialité, du cool et de la jeunesse. Le concept de food-truck en Europe a connu un véritable essor avec notre génération. Génération toujours pressée, qui mange sur le pouce mais qui mange sain et varié avec des produits locaux.

Ma première idée était un food-truck de crêpes. Ainsi, je m’assurais de faire plaisir aux amateurs de sucré avec les crêpes sucrées et aux amateurs de salé avec les galettes de sarrasin et un repas complet salé et sucré pour les grands gourmands. Malheureusement, les food-trucks de crêpes de la région que j’ai contacté m’ont soit répondu que mon événement était trop petit pour eux (« je ne me déplace pas en-dessous de 3000€ ») soit ils ne m’ont jamais répondu malgré cinq relances. Pas sympa.

Du coup, ce sera un peu moins original que prévu, mais nous aurons un food-truck de burgers composés uniquement de produits venant de fermes locales autour de chez nous. Un concept qui correspond totalement à notre manière de consommer et un bon feeling avec la gérante du food-truck, c’est validé pour Les Routardises. J’ai conscience que le burger risque de ne pas faire l’unanimité auprès de tous nos invités, notamment les plus âgés (j’ai un gros doute pour Mamie Thérèse de 85 ans par exemple). Mais un burger maison c’est quand même vachement bon. Nous sommes sûr de faire plaisir à 90% de nos invités et on se fait plaisir aussi.

Foodtruck au lendemain de mariage

Crédits photo : Photo personnelle

Le foodtruck des Routardises dans la cour du domaine

Voilà notre repas de mariage. Ça reste au final très traditionnel du fait que notre traiteur ne nous ai pas permis de sortir de ses « formules » traditionnelles toutes faites. Mes envies de modernité n’ont pas toutes été comblées. En revanche, le goût et la quantité y étaient et nous n’avons eu que de bons retours de la part de nos invités. C’est l’essentiel non !

As-tu réussi à imposer tes choix et tes idées à ton traiteur / ta famille ? As-tu eu un repas de mariage hyper original qui sort des conventions ? Dis-moi tout en commentaires.



8 commentaires sur “Le repas de mariage : mes attentes VS la réalité”

  • A tes yeux ton repas de mariage (VH inclus) est resté très traditionnel, mais le principal reste la qualité des plats servis. Enfin c’est mon avis, et visiblement vos invités se sont tous régalés 🙂

    Ici nous cassons totalement les codes du dîner « traditionnel » et nous espérons plaire malgré tout au plus grand nombre. Verdict dans 4 mois désormais ! ^^

  • Parfois, il faut mieux que le traiteur reste dans sa zone de confort. Mon frère avait réussi à lui faire accepter un truc original pour son repas de mariage: en fromage, une fondue de fromage, plutôt que le fromage classique. Bah, tout était délicieux, sauf la fondue, qui n’était pas terrible.
    Pour notre repas, j ai demandé au traiteur: c est quoi ce qu’ il y a de meilleur a la carte, c est quoi votre spécialité ? Il m a indiqué les plats ayant le plus de retours positifs (il m a dit: cette entrée là, elle a un effet wahouu…), on l a suivi, et c etait top.
    Et pas de foie gras pour nous, même si on aime d habitude ça !
    Vraiment, je crois qu il vaut mieux les laisser dans leur zone de confort…

    • J’aime beaucoup cette façon d’envisager les choses ! Pourquoi « casser les codes » pour « casser les codes » ?… est ce qu’on souhaite un repas qui ravit ou qui surprend ?
      Ce qui me semble très cohérent, c’est de choisir un traiteur pour ce qu’il sait faire, et ce qu’il fait de mieux, plutôt que d’imposer des spécialités qui ne sont pas très bien maîtrisées, comme ça on évite les déceptions aussi.

      Pour la chronique, au niveau des desserts, bien que « tradi » parce qu’il s’agit d’une pièce montée, je trouve justement l’ensemble assez moderne ! Pas surprenant comme un « naked cake » (personnellement, j’en ai jamais vu ailleurs que sur des blogs de mariage…) bien sûr, mais plutôt sympa comme ensemble 😉

      Merci pour cette chronique, c’est super sympa de lire le décalage qui peut exister entre ce qu’on souhaite, ce qu’on projette et ce qu’on arrive finalement à obtenir ! 🙂

      Et pour ce qui est des idées plus « originales » qui n’ont pas été retenues dans le cadre du mariage, elles sont toujours récupérables pour d’autres fêtes (anniversaire, baptême, pendaison de crémaillère, etc…), comme les mega planches de fromages et de charcuteries (pas le plus difficile à mettre en place d’ailleurs), la tireuse à bière, les gâteaux impressionnants…

    • Effectivement je n’avais pas pensé sous cet angle. Tu soulèves un bon point.
      Au moins les plats choisis (à défaut d’autre chose) étaient des plats que notre traiteur maîtrisait parfaitement. Après si nous n’avions pas la liste de traiteur « imposé » par le domaine, nous nous serions adressé à des traiteurs qui maîtrisent effectivement ce que nous demandions. Mais bon une planche de charcuterie c’est pas compliqué à faire quand même!

  • Nous pour l’apéritif nous avons tout préparé nous même (ma mère ma belle soeur ma belle mère et moi) avec apéritif basiques bière Martini Ricard. ..
    Pour le repas nous avons eu en entrée une assiette de charcuterie puis après cochons de lait et truffée. En dessert nous avons pris trois desserts du traiteur (un au chocolat un au fruit et l’autre je me rappelle pas) puis nous avions commandé une pièce montée (ça c’était pour moi un mariage sans pièce montée c’est pas un vrai mariage je suis vieux jeu je crois ) et nous avions aussi un autre gâteau d’anniversaire au chocolat ma fille faisait son anniversaire 2 jours avant on en a profité pour rassemblait tout le monde. En tout 5 desserts aveć fromage avant. Nous avons fait avec nos moyens et pour plaire à tout le monde. Certains n’aimaient pas le fromage du coup le traiteur leur a mis de la truffade sans fromage.
    Après nous étions pas dans un domaine mais une salle des fêtes commune.

    • Je trouve ça vraiment sympa de faire soi-même son vin d’honneur, surtout quand on veut quelque chose de simple et convivial. Mais ça représente beaucoup de boulot et de pression pour la famille et les mariés. Je ne sais pas si je me serais lancée là dedans finalement. Mais laisser la préparation/présentation à mon boucher oui pourquoi pas.
      Au moins vos invités n’ont pas manqué de dessert ni de choix.

  • C’est vraiment dommage de ne pas avoir eu le choix d’un traiteur…. qui laisse le choix! Mais le principal est que ça vous ai quand même convenu!
    Nous c’était completement sur mesure (le critère de préselection des traiteurs était leur capacité d’adaptation). Je suis très difficile sur le plan alimentaire, et en général, aux mariages, je ne mange pas grand chose… alors pour MON mariage, je voulais faire à mon gout! (Et celui de mr, bien sur, mais lui, il aime tout!). Pour le vin d’honneur, on voulais absolument du cointreaupolitain, du blue heaven et bora bora pour le sans alcool. Pas de problème, on les a préparés nous même! Le repas : chevre miel en entrée, plat indien (seule concession : pas de piment! Lol), en guise de trou normand : chambord et glace à la framboise, et wedding cake en dessert, réalisé par une spécialiste! Bref, c’était à notre image, pas du tout traditionnel, et ça a beaucoup plu!! Et nous on était ravis!

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