Le cas de la schizophrénie de la robe

Si tu te souviens bien, j’ai trouvé ma robe assez très tôt dans mes préparatifs.

Je l’ai trouvée, très précisément, le 26 mars 2016. C’est la date à laquelle je l’ai vue pour la première fois, et à laquelle j’en suis tombée amoureuse. Je ne l’ai commandée que quelques jours plus tard, le 2 avril 2016. Je n’avais même pas pu la réessayer, car le modèle qu’ils avaient dans la boutique parisienne était deux tailles trop petit pour moi.

Et je me suis mariée le 29 avril 2017.

Ouaip. J’ai trouvé ma robe un an et un mois avant mon mariage.

Et je ne l’ai pas revue avant mon premier essayage pour retouches, qui a eu lieu… le 10 mars 2017.

Onze mois et quinze jours.

Trois cent quarante-neuf longues journées.

Et entre-temps, les copines Dentelle se sont mariées ou sont allées faire des essayages, et ont posté des photos de leur robe dans leurs chroniques. Et moi, je les regardais toutes en détail.

Et puis, je suis (toujours…) abonnée à plusieurs newsletters de blogs de mariage, et donc je recevais dans ma boîte mail des liens soit vers d’autres récits de mariage, soit vers des articles sur les robes, soit vers les nouvelles collections, soit encore vers des articles Pinterest. Je voyais donc des robes de mariée toutes les semaines, si ce n’est tous les jours.

Beaucoup parmi les copines ont choisi des robes fluides. Les nouvelles collections, et surtout les créatrices françaises, proposent énormément de robes fluides. TOUS les shootings d’inspiration que j’ai pu croiser sur Pinterest et sur d’autres blogs mettent en scène des robes fluides.

Mes doutes sur la robe que j'ai choisie

Crédits photo (creative commons) : StockSnap

Soyons honnête, la mode est clairement aux robes fluides. On en voit juste PARTOUT. Et ce n’est pas du tout ce que j’ai choisi, puisque la mienne, c’est une sirène.

Et puis, coup de grâce : ma cousine se marie au mois d’août. Dans une robe fluide.

Et donc moi, je suis là, avec mes souvenirs très vagues de ma robe en vrai, et encore moins de souvenirs des sensations que j’ai eues dans ma robe.

Heureusement, mais sincèrement, HEUREUSEMENT que j’ai des photos de mes essayages ! Je les regarde régulièrement, d’ailleurs, ainsi que les photos de mes autres essayages. Et quand j’y pense à tête reposée, je me rends bien compte que cette robe me va vraiment bien, qu’elle me met en valeur, et que j’adore toutes ses caractéristiques : le dos nu, le tissu, la forme sirène, le col bateau, la petite traîne juste ce qu’il faut… Et surtout le tissu, hein, soyons honnête, je crois que c’est ce qui m’a le plus fait craquer.

Mes doutes sur ma robe de mariée

Crédits photo : Photo personnelle

Gros plan sur le tissu de ma robe que j’aime d’amour

Mais les robes fluides… qu’est-ce qu’elles tombent bien ! Sur les mannequins des grandes enseignes et des créatrices, mais aussi (surtout !) sur les copines Dentelle ! Ces matières légères, douces, aériennes. Et puis la dentelle, surtout certaines, mazette, ça fait rêver quand même ! Et ces dos tout en transparence de dentelle, je suis méga fan.

Sauf que attends. Je n’aime pas la dentelle, moi. Vus de près, les modèles en dentelle que j’ai essayés ne me plaisaient pas. Et puis les motifs floraux, je n’aime pas. Et puis la mienne a ce tombé… à tomber, justement, grâce à son tissu lourd.

Et puis, je vais t’avouer une chose : dès le début de mes essayages, avant, même, je savais que je voulais une robe au tissu lourd, parce que je m’imaginais déjà couper ma robe après le mariage, la raccourcir pour pouvoir la re-porter, et me faire coudre une veste avec les chutes et la traîne (vu le volume de tissu, peut-être même une jupe en plus ?). Bref, je savais déjà que je voulais “recycler” ma robe, qu’elle n’aurait pas vocation à rester intacte dans un placard ad vitam eternam. Et pour que ce soit possible, je pensais (et je pense toujours) qu’un tissu épais s’y prêterait mieux.

Et puis ma cousine. Dans sa robe fluide. Tellement canon ! Ma cousine était canon hein, mais sa robe… à se rouler par terre ! Surtout sachant que c’est ma tante, sa maman, qui l’avait faite elle-même, sur les indications de la mariée ! J’ose à peine imaginer le travail et le stress que ça a dû représenter, en vérité, et je pense que ma relation avec ma maman n’aurait pas pu survivre à un truc pareil si ça nous était passé par la tête… Mais revenons à nos moutons.

Ma cousine rayonne dans sa robe méga canon, son mariage est drôlement beau, et moi, je retombe dans mes doutes encore plus fort. Une robe fluide, quand même, ça a de la classe. Et puis c’est moderne, et ça a l’air confortable, facile à vivre ! Alors qu’une sirène, ça n’a pas exactement cette réputation-là, surtout avec une traîne, fut-elle petite !

Et puis… Et puis… Et puis…

Tu la vois, n’est-ce pas ? Cette espèce d’état de schizophrénie de la robe dans lequel je suis tombée. Cette espèce d’indécision, où mon cœur vibre pour des modèles sur papier ou sur les autres, alors que ma tête sait pertinemment qu’en vrai ou sur moi, ce n’est pas du tout ça ! Et qu’au fond de moi, je sais que ce n’est pas pour moi, que ce n’est pas ce que j’aime ! Et finalement, ma robe, c’est celle que j’aime le plus, objectivement et subjectivement !

C’était vraiment très bizarre à vivre, et assez fatigant, je dois dire.

Ce qui m’a sauvée… ce n’est même pas mon premier essayage pour retouches. Et heureusement, parce qu’il était encore loin au moment du mariage de ma cousine, ça m’aurait laissé de longs mois pour me flageller comme ça !

Non, ce qui m’a permis de sortir de ce drôle d’état, c’est le regard des autres, de ces personnes bienveillantes à qui j’ai montré ma robe. Ma témoin, bien sûr et surtout (spéciale kasdédi : Mme Héden, je t’aime !!). Mes collègues de bureau aussi. Et certaines copines Dentelle, avec qui j’échange par mail ou que j’ai rencontrées sur les Boutiques Éphémères.

Ce sont tous ces avis bienveillants, ces gentilles paroles et ces chouettes compliments, ces “ooh” et ces “aah” qui m’ont tellement réchauffé le cœur ! Ça m’a permis de regarder mes photos d’essayages avec un autre œil, et ça m’a fait un bien fou.

J’étais excitée comme une puce au moment d’aller réessayer ma robe, et un peu inquiète par rapport à la taille, ce qui est assez normal. Mais par contre, je n’ai pas eu de doutes sur le fait que c’était bien la bonne, que j’avais fait le bon choix.

J’ai donc un conseil à te donner, que tu pourras prendre avec toi dans ta besace : si jamais tu doutes de ta robe, ou que tu vis cette espèce de moment de flottement, cette schizophrénie de la robe comme je l’ai vécu entre la signature et les essayages suivants, parles-en autour de toi. Ne le garde pas au fond de ton cœur, rien que pour toi, où il se nourrit de lui-même et t’empoisonne sans même que tu ne t’en rendes compte. Parles-en plutôt à des personnes que tu sais bienveillantes et enthousiastes par rapport à ton mariage, et je te souhaite sincèrement que ça ait le même effet sur toi que ça a eu sur moi.

Et tu sais quoi ? Si tu n’en as pas une sous la main, de personne bienveillante et/ou enthousiaste, alors ma boîte mail t’est ouverte : j’aurai grand plaisir à voir des photos de robes de mariée !!

Et toi ? As-tu vécu quelque chose de similaire ? Comment as-tu vécu l’attente entre la signature et la rencontre suivante ? As-tu douté de ta robe également ? Viens te confier…


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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22 commentaires sur “Le cas de la schizophrénie de la robe”

  • je pense qu’on ait beaucoup à avoir connu cette période de doutes. Choisir une seule robe alors qu’elles sont toutes belles et cette attente interminable avant de la réessayer et de se rappeler pourquoi c’était elle!

    • ça me rassure d’une certaine manière de pas être la seule à avoir vécu ça 🙂 mais je me suis vraiment sentie divisée en 2, completement tiraillée… Je suis bien contente que ce soit derrière moi !

  • Coucou !
    Obligée de réagir à ton article, c’est exactement ce qui s’est passé il y a.. deux semaines pour ma part.
    Je pars aux essayages en essayant de ne pas avoir d’idée trop précise sur ma robe, omis un détail que je pensait ne pas pouvoir négliger, un gros volume en bas en tulle.
    J’arrive au magasin et la vendeuse me dit clairement que la robe que je m’imagine n’ira pas à ma morphologie. Dur dur de s’enlever sa de sa tête. Elle m’en fait essayer plusieurs et la dernière bim coup de coeur générale, je sens que c’est celle-là. Je la réserve etc.
    quelques heures après, gros coup de doute, ahah. J’ai peur de regretter de ne pas avoir LA robe de princesse en tulle que je me suis tant imaginée. J’en ai pleuré (eh oui). Mais après avoir attendu quelques jours, re-regardé les photos, et re-re-re-re demandé l’avis des filles qui m’avaient accompagnées, le doute s’est envolé petit à petit.
    Effectivement vaut mieux en parler avec vos témoins, soeurs mamans, que de le garder pour soi 🙂

    • On se met tellement de pression sur cette histoire de robe, qu’il en devient terriblement difficile de faire un choix et de l’assumer. En tout cas, dans ton cas aussi heureusement que tu avais des photos pour te garder la robe en mémoire ! J’espère sincèrement que cette période de doute est terminée pour toi et qu’elle ne reviendra pas !

  • Je ne t’aurais pas vue dans une robe fluide, c’est beau oui, mais ce n’est pas toi ! Aucun doute, TA robe étais faite pour TOI 🙂 Elle te sublimait et tu la sublimais !! Un accord parfait… Elle est intemporelle et elle a fait l’unanimité. Excellent choix !!! Je t’aime Mme Kiska et merci pour tout (dont ce rôle que j’ai tant aimé avoir) <3

  • Merci pour le partage, j’ai justement vécu le même type de schysophrénie (bon pendant 6 mois hein, pas 1 ans et 1 mois!). Et pourtant j’ai justement une de ces robes fluides dont tu parle. Mais mon problème à moi était la dentelle. Je n’aime pas la dentelle sur moi (pas fan des motifs floraux comme toi, et je trouve que ça fait trop sophistiqué sur moi de toute manière) ni les dos nus (l’idée de ne pas avoir vrai soutien-gorge me bloque) mais je trouve ça trooop beau sur les autres.. Et évidemment toutes les robes fluides que je voyais passer étaient décorées de dentelles et dos nus. Donc j’en ai baavé et hésité pendant des mois!.. courage à celles dans le même cas!

    • C’est difficile hein, ce matraquage d’images qu’on reçoit tout le temps ! Quant la mode est au fluide avec dos nu en dentelle, ben nous autres.. voilà quoi ! C’est pour ça aussi que c’est si important d’avoir des photos des essayages, ça m’aurait vraiment rendu chèvre sinon !

  • Bonjour,
    Je ne souhaite pas commenter sur le sujet abordé par ma chroniqueuse mais sur la forme du billet. La schizophrénie n’est pas un “drôle d’état” comme indiqué dans l’article ni un état d’indécision mais une maladie psychique lourde. Cette maladie touchent beaucoup de gens qui sont en souffrance presque perpétuelle. Merci d’arrêter d’utiliser cette maladie comme un adjectif quelconque pour définir à tort un état psychologique de léger doute. C’est vraiment sous estimer la dureté de ces troubles.

    • Bonjour,
      Avec tout le respect que j’ai pour les patients schizophrènes et leur entourage (je suis moi même une proche d’une personne victime d’addiction … on entend toutes sortes de choses … ), je ne comprends pas ce commentaire puisqu’il n’y a rien dans l’article qui soit malveillant ou tourne en ridicule les personnes concernées ….
      Doit-on arrêter de dire “C’est un truc de malade”, “J’ai passé une soirée de folie”, “Je meurs de faim”, “Ce dessert est une tuerie” par respect pour les patients/malades psychiques/victimes de la famine/victime du terrorisme ???
      Il suffit peut être de se souvenir qu’un certain nombre de termes s’emploient au sens propre mais également au sens figuré.

      • +1
        Gabrielle, je trouve ton commentaire parfait…
        Pardon Marie mais je trouve que le politiquement correct à l’excès devient de plus en présent sur les blogs et c’est parfois un peu agaçant…

    • Marie, je te remercie de ton commentaire.
      Je n’ai, à aucun moment, voulu froisser des proches ou des malades, ni sous-estimer la maladie en elle-même. J’ai utilisé ce terme comme une image, une figure de style si tu veux, pour illustrer le sentiment que j’avais à ce moment là.

      • Madame Kiska,
        Je sais très bien que ce terme n’a pas été utilisé pour tourner en dérision/ par malveillance etc. Ce qui me gêne le plus c’est qu’on utilise le nom d’une maladie pour décrire un état qui n’est pas un état schizophrénique. La schizophrénie n’est pas un tiraillement entre des propos contradictoires c’est autre chose. Pour moi c’est un abus de langage ( qui entre dans les mœurs certainement à cause de méconnaissance de la maladie) plutôt qu’un sens figuré utilisé du terme.

        • D’accord avec Marie sur le fait que les mots ont un sens. Tante d’un autiste, je peux vous assurer qu’on entend régulièrement que tel ou tel homme politique est autiste. Ici, il n’y a pas schizophrénie à propos du choix de la robe mais ambivalence !

  • C’est si difficile de choisir sa robe parmi tout ce qui existe, aussi… Pour moi au contraire, la mode des robes fluides a été une aubaine, parce que quand on a commencé à parler mariage, je ne connaissais ni les blogs ni même pinterest et donc encore moins cet engouement pour les robes comme ça… Et je n’avais toujours vu que des robes au tissu lourd, ou sirènes, ou princesses, et aucune d’elle ne me faisait envie du tout ! Depuis, mon regard a bien évolué d’ailleurs et je sais apprécier tous les types de robes, et j’aime cette diversité qui existe dans nos choix à toutes 🙂
    En revanche, je suis bien d’accord avec toi que sur Internet, on voit à 99% des robes fluides, des robes fluides et encore des robes fluides… Alors que sincèrement, dans la vraie vie, très nombreuses sont celles qui craquent pour une robe princesse/A-line/sirène ! Pas très représentatif de la réalité je pense 🙂

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi par rapport au manque de diversité dans ce qui est montré sur les autres sites de mariage ou si Pinterest. Je trouve sincèrement que Mademoiselle Dentelle fait figure d’exception : on a des froufrous chez Mme Presque Relax, de la princesse chez Mme Vanille ou Mme Gypsophile, du médiéval chez Mme Aran, voire carrément de la décadence de tissu chez Mme Solènne ! Je crois surtout que j’ai fait une fixette sur les robes fluides à un moment, tout simplement…

  • Ah la robe, elle m’a fait douter pendant des mois avant le mariage…
    Pourtant comme prévu, elle était parfaite pour moi! Et en y réfléchissant bien quand je voyais d’autres robes après avoir choisi la mienne, celles que je trouvais magnifiques étaient celles qui ressemblaient à ma robe! Encore aujourd’hui quand je regarde les nouvelles robes, ma préférence va toujours à des robes extrêmement semblables à la mienne!

    Mais devant le choix gigantesque qui existe, dur, dur de n’en choisir qu’une… choisir c’est renoncer!
    (Le tissu de ta robe a l’air en effet superbe!)

    • C’est vrai que le choix est terriblement vaste, et après coup, je regrette un peu de ne pas être aller faire des essayages chez certaines marques ou certaines créatrice (qui font, je te le donne en mille… des robes fluides!). Ce qui m’a perturbé, c’est que j’étais attirée sur papier par des détails qui, en vrai, ne me plaisaient pas du tout !

  • J’ai un peu la même inquiétude que toi. Ma robe est choisie depuis des lustres aussi mais pour l’instant, pas de coup de cœur pour une autre. il faut dire que je peux voir la robe tous les jours puisqu’elle est déjà chez moi 🙂
    Au moins, la robe sirène change de toutes les robes fluides justement !!!

  • Tout pareil !! heureusement que j’avais les photos aussi pour me rassurer car effectivement à force de voir et revoir des photos de femmes longilignes avec des robes toutes plus fluides, dos nus, princesse, etc. tu doutes forcément… jusqu’à te revoir et ressentir que non tu as fait le bon choix !!! et je ne peux qu’aimer le tissu, c’était le même pour ma robe au Liban 😉

  • Ah Mademoiselle Kiska, on est d’accord, c’est horrible cette attente. Je me marie le 22 septembre et j’ai trouvé ma robe en octobre 2017. 1er essayage prévu le 12 août, 10 mois d’attente. Je ne suis pas trop shopping j’ai essayé 3 robes seulement avant celle que j’ai choisi. Ce qui est difficile c’est que j’ai pris une robe longue (un peu trop petite en essayage) avec pour but final de la faire raccourcir aux genoux du coup sur les photos, c’est juste une robe épinglée et tout le poids de la jupe.

    Je suis en plein doute depuis des mois : est-ce que je ne l’ai pas choisi trop vite ? est-ce qu’elle m’ira vraiment ou les personnes qui étaient avec moi se sont juste dit “good enough” ? est-ce que le rendu final sera vraiment celui espéré ? est-ce qu’ils vont couper trop long ou trop court (et là catastrophe) ? est-ce que le corsage ira mieux une fois à ma taille ? Je ne me souviens plus de la douceur du tissu…

    Il y a plein de détails que j’aime beaucoup et que j’ai en photo alors je me raccroche à ça. Mais quelle impatience de faire enfin cet essayage pour me rappeler mes sensations, de sentir une robe allégée alors qu’en essayage elle était si lourde avec sa grosse jupe et j’espère qui sera aussi joli que dans mon imagination.

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