Séjour à Paris : quand un deuil survient – Partie 2

Je t’avais donc laissée la dernière fois avec les annonces aux membres les plus proches de ma famille.

Nous allons donc pouvoir nous concentrer enfin sur la raison première de notre venue à Paris : le baptême de mon neveu (du côté de Monsieur Caféine). Je te rassure tout de suite, le deuil dont je parle dans le titre n’a rien à voir avec ce jour-là, qui s’est déroulé parfaitement (et sans mort).

La veille du baptême

Je reprends exactement au moment où j’ai terminé la première partie de mon récit : au samedi. Mes grands-parents partent et nous retrouvons ma belle-mère et ma belle-sœur pour un dîner décontracté. Nous en profitons pour leur annoncer le mariage. Je te retranscris le dialogue (ce n’est pas mot pour mot, mais l’esprit est là) :

M. Caféine : « Au fait, on voulait vous dire : on va se marier. »
Sa mère : « Bah oui, on sait. Vous êtes fiancés depuis longtemps. »
M. Caféine : « Non mais je voulais dire qu’on avait fixé une date et tout ! »
Sa mère : « Ah ! C’est bien. »

Elle recommence à manger. On s’échange un coup d’œil.

M. Caféine : « Euh… tu ne demandes rien ? Ni quand ce sera ? Ni où ? »
Sa mère, en avalant précipitamment sa bouchée : « Si, si, bien sûr ! Alors ? Ce sera quand et où ? »
M. Caféine : « Ce sera en mai 2015, à Nice. Dans ta ville, quoi ! »
Sa mère : « Ah ! C’est bien ça. »

Elle recommence à manger. On se lance dans quelques explications de ce qu’on a déjà fait. On montre des photos de la salle. Ma belle-sœur est intéressée et discute un peu, mais le tour de la question est vite fait et, rapidement, on change de sujet. Ambiance…

Le jour du baptême

Le dimanche, nous nous rendons au baptême du tout petit (il n’a même pas 1 mois !). La messe est longue, près de 2 heures. Les enfants un peu plus grands commencent à avoir faim alors que le bébé reste religieusement calme. Enfin, nous nous dirigeons vers le restaurant où nous passons un très bon moment.

Nous avons de la chance, il fait beau. Après le repas, toute la famille décide d’aller faire une promenade dans un parc à quelques pas. En chemin, nous marchons avec mon beau-père et lui annonçons notre mariage. Il est ravi de la nouvelle ! Doublement ravi lorsqu’il apprend que nous allons le célébrer à Nice où il vit aussi. Il nous pose plein de questions et est impressionné par tout ce que nous avons déjà organisé. Il devient triplement ravi lorsqu’il comprend que notre mariage implique que nous allons nous rendre à Nice régulièrement dans l’année à venir et que nous allons pouvoir nous voir à ces occasions.

Un peu plus tard, nous allons parler à mon beau-frère et à sa femme tout en nous relayant pour pousser la poussette. Ils sont très contents. Monsieur Caféine part en avant avec son frère pour discuter des détails (et de jeux vidéos, je ne suis pas si naïve…) pendant que je reste avec ma belle-sœur à discuter robes et bébé. Ça fait un peu cliché, non ? Pourtant, c’était très sympa.

Normalement, à ce moment-là de notre voyage à Paris, nous avons fait le plus gros. Le mercredi, nous avons prévu d’aller au Parc Astérix avec Témoin Aviateur (parrain de ma fille), Témoin Karaté et sa chérie. Le jeudi (qui est le jeudi de l’ascension, donc férié), nous devons voir Miss Manga pour lui demander de devenir notre Témouine.

Un imprévu malheureux va bouleverser le bon déroulement de ses journées…

Le mercredi

On se lève, tout va bien. Il pleut un peu, mais ce n’est pas grave. Si le temps reste comme ça, ça ira et on sera sûr de ne pas être débordés par la foule dans le parc. Alors que nous nous préparons, je reçois un coup de fil. C’est ma mère… et ce n’est pas normal qu’elle m’appelle à cette heure-là (elle n’était pas à la maison car elle vit chez son chéri. La distribution des appartements est un peu complexe, mais c’est sans importance). Je décroche.

Elle a une petite voix et me dit qu’il est arrivé quelque chose et de m’asseoir. Immédiatement, je pense à mes grands-parents que j’ai vu 4 jours plus tôt. Et là… la nouvelle tombe : mon cousin est mort la veille. Il vivait dans deux pièces aménagé dans l’arrière cour de ses parents et c’est sa mère qui, dans l’après-midi du mardi, l’a trouvé étendu mort. Il avait 36 ans, célibataire, sans enfant.

Je ne me sens pas bien. Sur le coup, Monsieur Caféine ne comprend pas pourquoi je suis au téléphone au lieu de me préparer alors que nous sommes en retard. Mais, à ma tête, il voit que quelque chose ne tourne pas rond. Nous prenons un peu de temps pour discuter et décidons de partir pour le Parc Astérix. De toute façon, je préfère sortir et voir des amis.

La journée en elle-même se passe vraiment très bien. Je n’ai aucune honte à dire que je me suis bien amusée. J’ai eu quelques coups de mou car j’ai eu ma mère, ainsi que mes grands-parents, au téléphone à plusieurs reprises. Malgré tout ça, je l’assume : j’ai passé une bonne journée.

photo parc Asterix

Crédits photo : Photo personnelle

Voilà Témoin Karaté donnant la main à ma fille.

Si tu dois faire un parc d’attraction avec un enfant, je te conseille vivement de t’y rendre avec des amis de bonne volonté. Comme ça, on tourne pour la garder. Par exemple, j’ai pu faire Osiriz à 3 reprises !

Le soir arrivé, tout est redescendu. Après un dernier coup de téléphone à ma mère, j’appelle Miss Manga pour m’excuser et annuler pour le lendemain. Nous allons voir mon oncle et ma tante, à 1 heure de route de Paris. Bien sûr, elle comprend. Dans la foulée, elle accepte d’être Témouine pour la cérémonie laïque. J’aurais préféré lui dire en face, mais là, ce n’était pas possible.

Un deuil au moment de l’annonce du mariage

Le jeudi n’a pas été une journée facile, tu t’en doutes. Ma cousine était dévastée. Mon grand cousin reportait toute son attention sur sa fille, perturbée par tout ce monde et l’absence de son oncle. Je ne parle même pas de l’état des parents, je ne saurais pas comment décrire ce qu’ils doivent ressentir.

Nous nous installons dans le jardin et discutons en surveillant les enfants qui jouent au ballon. De cette journée, je retiendrais une phrase que ma cousine m’a dit juste quand je partais : « Je suis contente que tu sois venue ! ». C’est aussi ce que j’ai ressenti. Bien sûr, j’aurais préféré que nous nous voyions dans d’autres circonstances mais là, tout de suite, j’étais contente de ne pas être à l’autre bout de la France.

Bien sûr, nous n’avons pas parlé de mariage ce jour-là (dois-je vraiment le préciser ?). Le jour de l’enterrement, le sujet sera abordé à plusieurs reprises, mais pas par moi.

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Crédits photo : Photo personnelle

Comme c’est triste (et que je l’avais promis dans un des commentaires) :
voilà la photo d’un de mes chats pour égayer un peu tout ça !

La mort de mon cousin est survenue 1 an avant mon mariage. Je ne peux donc pas dire que ça a influencé sa préparation. Par contre, au jour J, nous serons à quelques jours du premier anniversaire de sa mort. Alors, avant d’envoyer les save-the-date, j’ai appelé mon oncle et ma tante pour les prévenir de vive voix. Ils étaient déjà au courant de la nouvelle via mes grands-parents, mais ma démarche les a touchée.

Voilà ! Je suis un peu retournée par ce que je viens d’écrire. Du coup, je ne sais plus trop comment conclure cette chronique. Peut-être simplement en ayant une pensée pour toutes les personnes qui, comme cette lectrice, ont perdu un être cher à quelques jours de leur union et pour tous ceux qui, plus largement, sont confrontés à un deuil.

Et toi, as-tu malheureusement perdu un membre de ta famille au moment de l’annonce du mariage ou juste avant la cérémonie ? Raconte-moi…


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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11 commentaires sur “Séjour à Paris : quand un deuil survient – Partie 2”

  • Les filles (et les garçons), je viens de m’apercevoir d’une petite coquille dans ma chronique : je parle de Miss Manga comme étant une de mes témoins de cérémonie laïque alors qu’elle n’est pas mentionnée dans ma chronique sur mes témoins (https://www.mademoiselle-dentelle.fr//notre-bande-de-temoins-et-un-premier-diy/)
    En réalité, après avoir accepté, elle s’est désistée. J’avais bien pensé à mettre à jour la présentation des témoins, mais j’avais oublié cette chronique (qui était déjà écrite). Voilà 🙂

  • Un deuil pendant la préparation du mariage, c’est toujours dur… Je comprends tout à fait que tu aies voulu quand même passer la journée telle qu’elle était prévue (au décès d’un membre de ma famille, je n’ai pas pris non plus le train tout de suite pour rentrer). Bon courage à toi et à ta famille, vous penserez à lui le jour du mariage, ce ne sera pas facile…

      • Je ne disais pas ça en pensant à aller les voir au lieu d’aller au Parc Astérix. Dans ce que moi j’ai vécu, je n’ai pas non plus annulé tous mes rdv (ou autres) extérieurs en me cloîtrant chez moi (j’ai, par exemple, continué à aller en cours encore 1,5 jour, ou suis allée à un repas prévu). C’était plutôt pour dire qu’on peut prendre du plaisir, on ne doit être triste 100% du temps à l’annonce u décès de quelqu’un.

        • Je me doute, oui. Et heureusement qu’on peut encore s’amuser après le décès de quelqu’un, surtout quand la personne en question était un fétard 🙂

  • Nous avons perdu un très bon ami le lendemain de l’annonce de notre mariage… Nous l’avons enterré le jour de notre premier rendez-vous avec le prêtre. Nous réparations au Canada le lendemain. Nous aussi nous étions content d’être présent, content de lui dire au revoir. Depuis nous pensons lui rendre un hommage durant notre cérémonie religieuse. Il nous manquera…

    • Ca a dû être très difficle aussi. L’enterrement de mon cousin n’a pu se faire que plus d’une semaine après son décès.
      J’étais déjà rentrée en Corse, mais j’ai tenu à y assister quand même, et ça m’a beaucoup aidé à me sentir mieux.

  • Mon père a perdu une de ses tantes quelques semaines avant le mariage … Notre prêtre étant proche de la famille l’a appris et, juste avant de commencer la célébration, il m’a demandé son nom et l’a cité au moment de l’évocation des défunts. J’ai eu juste le temps de tourner la tête vers mon père pour voir sa surprise et son émotion … Une de mes cousines a perdu son père 6 mois avant son mariage et a tenu à remonter l’église seule. Un moment d’émotion très fort !

  • Mon père est décédé le jour du mariage d’une de mes proches amies… Je pense toujours à ce jour où je lui ai répondu que bien sûr je serais présente, sans me douter que ce jour-là, je dirais adieu à l’une des personnes les importantes de ma vie après avoir passée la semaine à le veiller… Depuis, je « tend le dos » à chaque événement heureux prévu. ..

  • Ginie, ça a effectivement dû être très émouvant pour ta cousine et toute la famille autours.
    Christelle, c’est vraiment difficile quand des moments de joies et de tristesses sont associées.

    Ici, je ne sais pas encore comment nous évoquerons les défunts, mais nous essayerons de le faire.

  • Pas facile effectivement, comme situation. Mais je retiens de ces moments-là qu’ils permettent à la famille de se rencontrer, de se retrouver, et de passer du temps ensemble, car même si on est attristés, on se doit de continuer à vivre des moments heureux, et je me dis que c’est comme ça que le défunt aurait voulu nous voir (enfin en ce qui me concerne … je sais qu’Elle n’aurait pas aimé nous voir nous morfondre sans arrêt …).
    Nous cherchons aussi comment évoquer ces personnes chères disparues trop tôt, sans tomber dans le mélodrame non plus …

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