Les traditions américaines : ce que je prends, ce que je laisse – Partie 1

Il faut que je commence par te dire que je n’ai absolument jamais imaginé ce à quoi pourrait ressembler mon mariage, de près ou de loin, avant d’avoir été fiancée. De là à imaginer un mariage franco-américain, encore moins !

Inutile de te dire qu’avant ce joli mois de mars 2014 où Monsieur Colorado me demanda en mariage, je n’avais aucune idée des dernières tendances, des blogs, de la weddosphère, et de la mode en matière de mariage (Quoi ?! Il y avait donc des blogs pour ça ?!).

Oui, je sais, je partais de loin, et je découvris toute l’étendue de mon ignorance et de mon inexpérience confinant au vide intersidéral en la matière, mais je décidais de combler mes lacunes (un grand merci à Mademoiselle Dentelle qui y participa activement !). Que je te rassure, j’ai rattrapé mon retard après un nombre incalculable d’heures à m’épuiser les yeux sur mon écran.

Les différences entre un mariage français et américain

Et, dans les profondeurs insondables de cette ignorance du début, j’imaginais que le mariage aux États-Unis ne différait pas du tout d’un mariage français, à peu de choses près.

Je suis pourtant inexcusable, j’ai eu la chance d’assister en septembre 2013 au mariage de la sœur de Monsieur Colorado, à Denver. Mariage américain s’il en est, la cérémonie eut lieu dans un beffroi, et tous les wedding-cakes, flower-girl et autres cortèges d’honneur étaient bien présents.

Pensant qu’il s’agissait d’un mariage absolument différent des mariages américains, et hors norme en ce sens que je n’avais jamais entendu parler de photobooth ou vu de demoiselles d’honneur en cortège (à part dans les films), Monsieur Colorado m’informa que non, même si le mariage était magnifique, il n’était pas “absolument différent”.

C’est alors que je découvris avec stupeur, de retour en France, que lesdits photobooth, les cortèges d’honneur et même les wedding-planner avaient traversé l’Atlantique et étaient monnaie courante en France (oui, je sais, ça ne date pas d’hier, mais moi, je venais de le découvrir…).

Nous avions déjà décidé d’ajouter quelques touches américaines à notre mariage. Je me renseignais donc un peu plus sur les coutumes en vigueur au pays de l’Oncle Sam, et, au-delà des fameux photobooth et autres, je découvris d’autres choses intéressantes et qui ne sont pas toutes parvenues en France. Certaines que je prendrai, certaines que je laisserai.

Il y a ainsi des traditions que je ne suis pas sûre de pouvoir assurer.

Les traditions américaines : ce que je laisse…

Par exemple le fameux “something old, something new, something borrowed, something blue (and a silver sixpence in her shoe)”. En d’autres termes, si la langue de Shakespeare ne t’est pas familière : “quelque chose de neuf, quelque chose de vieux, quelque chose d’emprunté, quelque chose de bleu (et une pièce de six pence dans sa chaussure)”.

Des choses neuves, ça, j’en aurai. Une chose empruntée, pas sûre. Une chose “vieille” ? Oui, peut-être ma deuxième bague de fiançailles (tu sais, la bague de fiançailles qui se transmet de génération en génération dans la famille de Monsieur Colorado !). Une chose bleue : sûrement pas. Non pas que je n’aime pas cette couleur, mais comment porter sur moi du bleu quand tout le mariage sera couleur lilas ? Quant à avoir une pièce de six pence dans ma chaussure… Cette tradition est en fait une superstition, destinée à porter chance à la mariée si elle remplit les conditions énoncées dans le poème (très en vigueur notamment pendant l’ère victorienne). Et comme on n’est plus à l’ère victorienne, et qu’être superstitieux, ça porte malheur, alors non, je ne remplirai pas toutes les conditions, mais je prends le risque !

Une autre vieille habitude américaine à laquelle je me suis empressée de tordre le cou (et tu vas sûrement comprendre pourquoi) : la famille de la mariée finance tout le mariage. Tout, pour tout le monde, de A à Z. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé pour le mariage de la sœur de Monsieur Colorado.

J’ai la chance d’avoir des parents qui souhaitent s’impliquer financièrement dans mon mariage, mais il était bien sûr hors de question qu’ils payent tout. Et Monsieur Colorado n’ayant pas encore de revenus fixes… Ah, la délicate et épineuse question des finances… Heureusement, Monsieur Colorado fit montre d’un grand tact et de beaucoup de délicatesse avec ses parents, qui finalement acceptèrent de participer un peu.

Autre chose aussi : le fameux wedding-cake et son traditionnel barbouillage de visages : peut-être as-tu déjà vu ça, le magnifique wedding-cake que les mariés s’étalent sur le visage au moment de le couper, en riant à gorge déployée.

Alors, d’une part, il n’y aura pas de wedding-cake (dommage, je trouvais ça magnifique), mais Monsieur Colorado est tombé amoureux des pâtisseries françaises. Sa seule exigence pour le mariage (oui, tu as bien lu, sa seule exigence) était d’avoir une pyramide de mini-éclairs au dessert, entre autres. Comment refuser…

Mais surtout, il n’y aura pas d’étalage de gâteaux sur les visages. Parce que, vois-tu, même si le découpage du dessert arrive à un moment avancé de la soirée, et que la majeure partie de la journée se sera déjà écoulée, je refuse de voir mon beau maquillage à 150 euros et tous mes efforts pour rester belle jusqu’à pas d’heure ruinés en une minute…

Les traditions américaines : ce que je prends, ce que je laisse - Partie 1

Crédits photo (creative commons) : Andrew Blight

Une autre jolie tradition est celle de la bridal-shower : cette fête que la mariée n’organise pas elle-même, mais où elle reçoit des cadeaux (en général de la liste de mariage). Cette fête est organisée par ses amies et se passe entre filles. Les américains profitent de cette occasion pour offrir au couple, qui n’est pas censé habiter ensemble avant le mariage (passé puritain oblige), des choses utiles au futur “ménage” (vaisselle, serviettes, couettes, etc.). C’est aussi l’occasion de papoter entre filles et de manger quelques petites douceurs.

Je n’aurais pas de bridal-shower principalement pour deux raisons : bien que cette tradition me paraisse charmante, Mr Colorado et moi habitons déjà ensemble. Donc, niveau vaisselle et couettes, évidemment, on est déjà pourvu (le contraire aurait été surprenant), et je ne vois donc pas très bien ce qu’on pourrait nous offrir à ce niveau-là. Autre chose aussi, cette tradition n’est pas ou peu pratiquée en France. Or, j’habite en France, le mariage se passe en France, mes amies et mes témoins sont françaises. Je pense que certaines d’entre elles ne connaissent même pas la bridal-shower. C’est donc sans regret que je me “contenterai” de mon enterrement de vie de jeune fille qui, je n’en doute pas, sera extraordinaire !

Voilà pour les traditions que nous ne voulons ou ne pouvons pas suivre pour notre mariage. Mais, heureusement, l’Amérique est pleine de ressources et, dans une prochaine chronique, je t’expliquerai à quelles traditions américaines nous souhaitons rester fidèles.

Et toi, as-tu aussi une idée des traditions dont tu ne veux pas ? Et de celles auxquelles tu souhaites rester fidèle ? Es-tu d’accord sur ce point avec ton fiancé ? Raconte-moi tout !


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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26 commentaires sur “Les traditions américaines : ce que je prends, ce que je laisse – Partie 1”

  • ha c’est drôle le something old blue etc. j’y tiens moi, comme quoi… Mariage en Écosse donc c’est la tradition ici. Pour l’instant je suis mal partie, je n’ai que du «new», je sais comment intégrer le «blue» mais je dois encore trouver le vieux et l’emprunté… pour le sixpence je ne sais pas. Ils ne sont plus en circulation donc je vais surement pas m’embêter à aller en trouver sur ebay. Par contre dans les traditions locales qu’on ne garde pas: le joueur de cornemuse et l’heure du repas (oui ici le repas est servi vers 17h!)

  • Je ne connaissais pas du tout le tradition du barbouillage ! Et je suis comme toi, je n’aurais sûrement pas accepté !!! Cela fait un peu foire quand même. Pour les coûts du mariage supportés par la famille de la mariée, je trouve ça très bizarre comme tradition, je pense que tu as bien fait de t’y opposer 😉

  • Le barbouillage comme tradition ! Je ne connaissais pas non plus. J’avais vu ça dans les films et même lors de certains mariages en Guinée mais je voyais ça comme une plaisanterie (pas à mon goût certes) entre mariés.
    Tu as bien raison de prendre ce que tu veux et de laisser le reste aux autres.

  • Comme toi je n’avais pas pensé à son mariage avant, et une fois le blog de Mlle Dentelle découvert, entre autres, j’ai dû faire face à l’ampleur de la tâche ^^
    C’est chouette d’avoir deux cultures à faire coexister au mariage, surtout le côté américain qui est en avance sur notre vieux continent dans ce domaine. J’ai hâte de savoir ce que tu gardes, tu as sûrement dû découvrir plein de choses !
    Je préfère aussi le joli moment où les mariés se font mutuellement goûter le gâteau qu’ils ont découpé à celui où ils se barbouillent ! Heureusement que ton futur ne tenait pas à cette tradition 😉
    Pour les finances, ce n’est jamais facile quand on ne peut pas se payer tout le mariage tout seul. Tu as de la chance que tes futurs beaux-parents ont accepté de ne pas respecter la tradition de chez eux, ça vous simplifie sûrement certaines choses.

    • Oui, sur ce coup-là, mes beaux-parents ont été adorables! Sinon, oui ,j’ai découvert plein de choses (surtout moi qui n’y connaissais rien), et la prochaine chronique va aborder les traditions qu’on a souhaité garder! 🙂

  • Je ne savais pas qu’outre-Atlantique la famille de la mariée supportait seule le coût du mariage (surement un reste du principe de la dot).
    Pour le something old, something new… je crois que ce n’est pas spécifiquement américain, mais plutôt anglo-saxon. Je trouve sympa l’idée des trois premiers : quelque chose de neuf pour rappeler l’entrée dans une nouvelle vie, quelque chose de vieux pour rappeler l’appartenance à sa famille (c’est généralement quelque chose qui vient de la famille de la mariée, moi je portais le bracelet de mon arrière grand-mère qu’on m’a offert pour mes 18 ans) et quelque chose de prêté, pour symboliser l’aide et l’amour que peuvent apporter les proches. Le bleu est censé représenté la pureté et la fidélité. Je trouve ça moins parlant, même si personnellement j’étais sure de porter quelque chose de bleu pour mon mariage : l’aigue-marine de ma bague de fiançailles.
    En tous cas, je suis curieuse de savoir quelles sont les traditions que vous allez garder !

    • Exactement, ça n’est pas exclusivement américain, mais anglo-saxon, et même pas seulement d’ailleurs, puisqu’on a aussi ça un peu en France. J’avais trouvé les symboles magnifiques et très beaux, mais je ne voyais pas l’intérêt en ce qui me concerne de suivre cette tradition (et pourtant il s’agira d’un mariage relativement traditionnel comme quoi… 😉

  • Très chouette article! 🙂

    Mais je ne comprends pas pourquoi tu ne veux pas te barbouiller le visage de gâteau en prenant le risque de sâlir ta belle robe de mariée..??? 😉

    Il y a quand même des traditions qui m’échappent! ;-p

    J’adore aussi le fait que la famille de la fille doit tout financer…
    Sur l’ile de Rhôde en Grèce, c’est encore pire. Non seulement la famille de la fille finance tout le mariage… mais doit également leur payer une maison! Heureusement que c’est une vieille tradition qui n’est plus appliquée…

    Hâte de lire la suite et de voir ce que vous avez gardé!

  • Pour le “something blue”, c’est simple (du moins, c’est comme ça que je ferais, et je rejoins Uhbnji, cette tradition n’existe pas qu’aux Etats Unis, ma maman avait respecté cette règle à son mariage il y a 35 ans, et elle est tout ce qu’il y a de plus bretonne lol), je vais coudre un petit ruban bleu sous ma robe : ni vu, ni connu, et pourtant je respecte la tradition! 😉

    • C’est vrai qu’en France aussi ça se fait un peu (il me semble que ma soeur avait qelque chose de bleu pour son mariage!) En tout cas, bien vu, l’astuce du ruban! 🙂

  • en Anjou d’où je viens -donc bien en France- il y a aussi cette coutume du “quelque chose de neuf, d’ancien, de prêté et de bleu” et j’en ai toujours entendu parler, pour le bleu je vais “tricher” en mettant un petit ruban bleu sur la jarretière 🙂
    oulala oui pour le barbouillage de gâteaux je comprends tout à fait ton refus car à moins d’avoir la maquilleuse sur place c’est gâché ta mise en beauté :/
    Hâte de lire la suite avec les traditions que vous allez garder 😀

  • Le barbouillage, quelle drôle d’idée ! Non seulement tu gâches ton maquillage, mais aussi ce délicieux gâteau en l’étalant au lieu de le manger !
    J’ignorais aussi que la famille de la mariée prenait tout en charge. Ça doit revenir cher quand on a plusieurs filles (pauvre docteur March) !

  • Bonjour Mlle Lilas,
    Je rebondis juste par rapport à ta remarque sur le “something blue”, car notre mariage était dans les tons (beaucoup) blanc et (un peu) violet, et pourtant j’ai suivi la tradition que je trouve mignonne… (l’argument superstitieux n’aurait jamais fonctionné sur moi non plus !).
    Pour le something blue, j’avais tout simplement un petit morceau de ruban bleu dans mon bouquet (fait par Belle-Maman). J’ai aussi joué sur la symbolique du bleu en anglais (being blue) puisque ledit ruban était noué autour de l’alliance de ma maman, décédée il y a deux ans. Elle était donc près de moi toute la journée, sans que personne ne le sache et bien sûr le ruban est resté parfaitement invisible sauf sur une photo de mon bouquet faite par notre formidable photographe. C’était juste pour te dire que ça peut passer inaperçu ! Une autre idée que j’avais vue sur Pinterest était de faire broder la date du mariage en bleu sur l’envers de la robe – mais puisque nous nous marions en deux fois, c’était plus compliqué !
    J’ai aussi l’immense bonheur quotidien de porter l’anneau de fiançailles de l’arrière-grand-mère maternelle de mon chéri -j’adore les vieilles choses et elle est absolument magnifique !-, qui était donc mon “something old”, et ma belle-maman m’a confié pour le jour J les boucles d’oreilles que lui a offert son actuel mari pour leur mariage, en guise de “something borrowed”.
    Respecter l’adage a vraiment été une façon de prendre ma place à part entière dans ma belle-famille et je trouve que c’est une belle façon de faire écho à tout ce que l’on partage au quotidien de nos deux cultures.
    Je voulais faire court mais ce n’est pas trop réussi ! En tout cas j’ai hâte de lire la suite !

  • Bonsoir Mademoiselle British! (mariée avec un Britannique?)
    Merci pour ton commentaire. Je trouve super l’idée d’avoir un petit rappel de bleu dans ton bouquet, et surtout très touchant de l’avoir noué autour de l’alliance de ta maman. Je trouve le symbole très fort et très beau. Effectivement, elle a du être près de toi toute la journée!
    Je trouve ça intéressant de voir comment on peut respecter l’adage et l’adapter. En ce qui me concerne, ma belle-famille et mon fiancé n’accordent aucune sorte d’importance à cette jolie tradition, et c’est peut-être aussi un peu à cause de ça que j’ai pris la décision de ne pas la suivre… Pa contre, tu me ferais presque changer d’avis, j’adore l’idée de la date brodée en bleu à l’intérieur de la robe par exemple! 🙂

    • C’est vrai que je trouvais la tradition mimi dès le départ, et qu’après avoir reçu la jolie bague de l’arrière-grand-mère, ça faisait déjà 2 “things” de bouclées… et rapidement Belle-maman m’a proposé ses boucles, donc il ne restait que le “something blue” à trouver…
      Et oui, mariée à un bel Anglais aux yeux bleus et aux cheveux (et à la barbe, en ce moment…) de feu ! Enfin, le round 1/mairie est terminé, mais le round 2/church reste à faire (et à organiser par la même occasion !).

      • Ah, intéressant, ce mariage franco-anglais! Et tu comptes faire traduire la cérémonie religieuse dans les deux langues? Vous vous mariez en France?

        • Nous nous marions dans une paroisse anglicane en France, donc un certain nombre de “passages obligatoires” seront en anglais, mais nous pourrons faire participer en français nos témoins. L’idée pour l’instant serait de célébrer notre union de manière vraiment intime à l’église : la barrière de la langue ne touchera donc que peu de personnes, et nous espérons que tous les présents pourront participer activement, d’une manière ou d’une autre, à la cérémonie. Ca évite aussi de s’embêter avec des livrets de messe…

  • Le “Something old, something new…” est bien une tradition anglaise qui date du 19e siècle. J’avais rédigé un article à ce sujet sur Yahoo pour Elles : https://fr.pourelles.yahoo.com/quelque-chose-de-bleu—-les-traditions-s-invitent-au-mariage–090850137.html (avec quelques idées pour chaque élément).
    J’ai suivi moi aussi cette jolie tradition (mon témoignage est sur l’article cité). Par forcément par croyance ou par superstition, mais plutôt pour faire un clin d’œil aux femmes qui m’ont prêtés/offerts ces “quelques choses” <3

  • J’avais beaucoup (beaucoup) de bleu à mon mariage, mais j’ai trouvé ma robe dans une petite boutique. Les couturières avaient l’habitude de coudre un petit nœud bleu supplémentaire à l’intérieur de la robe pour porter bonheur… Ni vu, ni connu !

  • Intéressant tout ça, je ne connaissais pas toutes ces traditions américaines, qui ne sont plus d’actualités pour certaines, il faut savoir vivre avec son temps !!! Mais en respecter certaines est un jolie clin d’oeil, j’aime bien l’idée.

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