Mon Mariage ou plutôt : quand le covid s’invite, deux reports et vous êtes la pro des plan bis, ter…

Avec un titre comme celui lui là on peut se dire c’est la merde ! Je vous rassure on s’est dit exactement ça. Comment raconter son mariage, quand pour moi ce mariage ce n’est pas mon mariage. En effet, légalement mon chèr et tendre et moi sommes mariés depuis octobre cette année. Mais voilà ce n’était pas du tout ce qui était prévu au départ.

Date initiale prévu fin mai 2020… Bon, vous vous en doutez en mai 2020, on n’était pas prêt de faire venir qui que ce soit à notre mariage. Et puis parce qu’un confinement c’est déjà pas top, faites-le avec votre futur mari à 1000 km de distance alors que vous vivez ensemble depuis 4 ans (oui mon chéri, c’était le bon moment pour prendre un boulot à l’autre bout de l’Europe…). En avril, au vu de la situation, la décision est prise, on reporte. J’en garde un souvenir triste, moi seule dans notre appartement, cela fait déjà un mois que tu ne vois personne, ton chéri au téléphone essaie de te réconforter, mais pas facile. Quand on reporte le plus dur c’est de réussir à garder les mêmes prestataires (ceux a qui vous avez déjà versé des acomptes notamment), et il faut qu’ils soient tous disponibles le même jour. Alors quand ? Les premières dates disponibles de la salle sont à l’automne (pour tous ceux qui organisent un mariage, d’après moi, aujourd’hui, le plus dur c’est le lieu !). Donc on se fixe sur les dates de la salle et on propose aux autres prestataires. Une chance, ils sont tous disponible à la même date. Bon octobre ce n’est pas demain, on se dit que le gouvernement dans 5 mois aura compris comment ça marche et on pourra faire notre mariage tranquille. Allez, on part pour fin octobre.

Je vous épargne l’actualité, mais en septembre lorsque l’on se remet à l’organisation du mariage (oui quasi tout est près, mais on ne sait pas qui pourra venir) on se dit « ça va passer » ! Début octobre, les première restrictions tombes, cela concerne en partie le lieu où nous nous marions, mais rien de sûr car les date des arrêtés se terminent une semaine avant la date prévue. On relance les invitées, qui d’ailleurs nous annoncent les uns après les autres qu’ils ne pourront venir… On se dit pour se remonter le moral « ça nous coutera moins cher, un tiers ne veulent pas venir ». Nous vivons tous cela à distance, car j’ai réussi à rejoindre M. à l’autre bout de l’Europe. Je ne sais pas si c’est la distance, ou juste car notre mariage est vraiment important pour nous, mais nous voulons y croire ! Et croire que nous pourrons célébrer ce moment entouré de tous nos proches malgré la Covid.

En parlants d’eux, ils sont à la fois votre force et vos pires ennemies. Entre encouragement des personnes qui savent à quel point notre mariage est important pour nous, et les gens qui nous disent d’être « raisonnable » nous avons toutes sortes de réactions. Je n’aimais pas ce mot « raisonnable » avant, mais maintenant ma famille a compris que « être raisonnable, en n’organisant pas son mariage » n’existe pas pour moi. Quand tu tiens à quelque chose, tu le fait correctement jusqu’au bout. Tu ne laisses pas tomber quand ça devient compliqué. Certaines personnes ont gentiment voulu nous préparer au fait que la situation se dégradait, mais personnellement à ce moment-là je n’avais pas besoin de l’avis des autres pour voir que la situation était moche. 3 semaines avant le mariage, on organise un plan B.

En effet, vivant maintenant à l’étranger, il est nécessaire de « régulariser » notre situation pour que je sois protégée. Un mariage aura lieu, mais cela dépendra des restrictions. Rappel, plan A : Mariage « classique », mairie puis église. Vin d’honneur et repas à table, suivi d’une soirée dansante dans une salle de mariage privée, le tout entouré d’une centaine d’invités.

Plan B : Mariage en petit comité à la mairie suivi d’un repas simple au restaurant.

Environ 2 semaines avant le mariage les restrictions tombent, 30 personnes maximum pour les rassemblements privés. Pas le choix, on oublie le « plan A » (surtout quand la salle nous dit la prochaine date disponible est en novembre 2021). Et on se dit « en route plan B, gardons le moral ». Pour être honnête quand on prend cette décision c’est avec le cœur lourd, ce plan bis ne correspond pas à ma définition du mariage, mais alors pas du tout. Mais pas le choix, cela fait déjà 5 mois que je fais les allers retour entre la France et notre nouveau chez nous afin de conserver mes droits. Quand vous rêver d’un mariage de princesse entouré de vos proches et qu’on vous dit : « alors 30 moins 2 ça fait 28 invités, bon qui veux venir ? » vous êtes en mode « je ne suis pas là ». Bon, vous vous en doutez, on n’a pas laissé nos invités se battre. Règle que l’on s’est donnée: Parents, grand parents, frère et sœur, témoins, parrains et marraine. On a de la chance, ça fait 30 (bon je triche j’ai invité deux amis en mode « plus un » de mes témoins célibataires, (chéri tu n’as qu’à avoir des témoins célibataires).

Les invités c’est bon, faut trouver un restaurant maintenant… On fait le tour de la famille et des amis sur place et on trouve un restaurant avec des salles privées, d’ailleurs très content d’avoir de l’activité. Menu choisis et du coup le côté technique est ok. Mais nous devons également changer l’heure de la mairie, car initialement nous devions commencer par la mairie à 13h, mais que faire de nos invités de 13h à 18h ? Le maire est ok, il n’a pas d’autres mariages en ce moment vu le contexte. On décide de prendre la photographe pour 2h histoire d’avoir deux trois photos. Voilà une semaine avant, le côté technique et organisation sont prêts. Entre temps, une partie de ma famille ne souhaite pas faire le déplacement (parrain et marraine…) Je ne vous dis pas la déception. Tu les as choisis parmi 100 personnes… Bon pas grave je propose à des amis de venir et M. aussi du coup (et eux sont trop contents de pouvoir venir !).

Dans tout ça, on garde la même tenue ?

Pour moi, pas question de mettre ma belle robe, si on l’abime je suis bonne pour en acheter une autre ou y laisser une fortune au pressing. Mais voilà le cœur n’y est plus de mon côté. Après avoir tout réorganisé, trouvé un hôtel pour les invites, vérifié les trajets des personnes, organisé notre propre trajet (nous habitons dans une petite ville et les avions en ce moment ce n’est pas la joie)… je voyais ce mariage, presque comme une obligation. M. ne comprend pas : « Tu veux toujours te marier ? Oui, mais pas comme ça, mais on n’a pas trop le choix, maintenant c’est organisé on y va ! ». Pour tout vous dire, j’étais en mode organise mais ne pense pas à tes sentiments sinon tu vas craquer. Heureusement une de mes témoins vois que ce mariage ne correspond pas à mes envies, et que je fait du mieux que je peux pour garder le moral. Elle me soutient, mais surtout me change les idées. Me rappelle que ma vie ne se résume pas à ce mariage « nécessaire » tout en évitant le : « mais tu l’auras ton mariage, dans un an, ou deux ? ». Oui parce que si vous avez lu ma chronique …….. Vous comprenez que moi et la patience on n’est pas amis ! Du coup 1 semaine avant on décide que M. met le costume prévu, les mamans ont choisis une nouvelle robe plus simple, idem pour les témoins, ma sœur … Mais pour moi c’est trop dur de faire la démarche de trouver une nouvelle robe, alors je pense mettre une robe achetée un mois plus tôt (robe prévue pour le brunch du lendemain, blanche heureusement), en même temps que la robe prévue pour ma sœur. Mais voilà cette robe je l’ai acheté sur internet, je ne l’ai jamais essayé, ni même vue, car c’est ma sœur en France qui l’a récupéré. Heureusement ma sœur fait les même mensurations que moi, elle me rassure et me dit « elle est très jolie, elle t’ira très bien! Et puis j’ai d’autres robes blanches, j’apporterais tout pour le mariage ! » M. me soutiens et me dit « je m’en fou, je me marie avec toi même en pyjama, mais je te préfère quand même dans une belle robe ».

L’annonce qui fâche

Nous sommes donc 5 jours avant le mariage. Après 3 annulations de vols, nous avons réussi à mettre les pieds en France. Tout est prévu, ma mère m’a même convaincu de prendre RDV chez le coiffeur, et un témoin de M. (grâce à sa maman) nous a trouvé une maquilleuse pour toutes les filles de ma famille. Pour nous détendre, nous avons prévu une visite dans un parc d’attraction 3 jours avant le mariage, accompagné de ma témoin et du frère de M.. Jusque-là tout va bien, on commence à se détendre avec M., je me dis « tout vas bien se passer ». J-3, journée défouloir dans notre parc d’attraction ! Un bien fou pour nous deux qui en avions vraiment besoin après tout le stress de l’organisation et du report du plan A. J-2, journée repos en famille, les parents de M. chez qui nous logeons ont pris les quelques jours autorisés par la loi pour le mariage de leur fils. Mais voilà 2 jours avant votre mariage c’est un jeudi ! Et les jeudi soir depuis Avril c’est le RDV hebdomadaire du M. Covid du gouvernement ! (avant je détestais les lundis, maintenant c’est les jeudis) Et pas de chance !

Après l’interdiction de rassemblement à plus de 30, les tables de 6 au restaurant, le port du masque partout…, tombe le couvre-feu ! Et bien sur début de ce couvre-feu… Le jour de notre mariage ! Donc tu te maries à 18h à la mairie et tu manges en 1h avec tes 30 invités répartis en table de 6 et à 20H30 tout le monde court comme Cendrillon pour rentrer chez soi ? La nouvelle nous est apprise par le frère de M. qui regarde son téléphone en plein jeu de société. Pour moi c’est trop, je quitte le salon et direction la chambre pour craquer. M. s’informe de la restriction et me rejoint. On est tous les deux en mode « on déteste cette planète ! » 20 minutes après l’annonce le restaurant m’appelle pour savoir si on veut avancer le repas à 17H ? À ce moment-là je suis encore en état de choc, je lui dis on vous rappelle. Ma mère essaie de m’appeler pour savoir notre décision (ils doivent prendre la route le lendemain matin). Je ne réponds pas, je sais ce qu’elle attend et je n’ai pas de réponse. M et moi réfléchissons, pas le choix il faut avancer si on veut maintenir, oui mais 17h ce n’est pas top top. Alors un éclair de génie nous arrive, on fait ça le midi. Je sais, ce n’est pas une grande révolution, mais à ce moment-là on arrivait plus trop à réfléchir. 2 reports dans les 6 derniers mois qui nous ont déjà déçus, les hauts les bas de l’organisation reviennent en mémoire et le besoin des papiers est là.

La mission «  mariage avancé de 6h » est en route !

On appelle tout le monde, une partie prévoie déjà d’être sur place le vendredi soir, donc c’est bon, mais 3 personnes doivent changer leurs billets de trains. Beau papa, (à qui on va remettre une médaille bientôt) appelle le maire du village (avantage d’être dans un village), il dit ok, je vous confirme demain avec mon équipe. Le restaurant est super content et nous dit pas de soucis on est avec vous, la salle vous est réservé de 12h à 20h ! La photographe est disponible ! Bon le coiffeur on abandonne 2 jours avant c’est mort ! Surtout qu’il est 20H30 tout est fermé ! Entre temps, ma témoin détend belle maman qui est dans le même état que moi ! (merci témoin) Belle maman remise de ces émotions, me dit : «  tu es la mariée, je te laisse ma place chez le coiffeur qui est à 9h, moi ça ira ! » On se dit aussi « appelons la pro prévue pour le gros mariage peut être qu’elle est disponible ? » Je fais un sms, et non elle n’est pas disponible, mais une de ces collègues oui ! Voilà en environ 2h tout le monde est prévenu. Yoyo affectif bonjour, oui on va se marier !

Jour J : réveille tranquille à 8h, arrivée de la coiffeuse-maquilleuse 8h30, arrivée d’une amie récupéré par beau papa à la gare à 9h30, arrivée de ma témoin avec ma robe (jamais mise, jamais vue) 10h, arrivée de la photographe 10h30, mairie prévu à 11h30 ! Les préparatifs sont passés super vite. Quand les robes arrivent, j’essaye celle de prévu ! Et miracle elle me va, mais elle est toute fripée du voyage ! Là je chope beau papa (qui mérite vraiment sa médaille) et lui demande s’il peut la repasser ? Belle maman est avec la maquilleuse et moi bien trop stressée pour toucher à un objet aussi dangereux. Beau papa me sourit et dit « oui pas de soucis » ! (je l’engage pour l’année prochaine, il a été tellement calme à côté du reste des personnes présentes !) 10h45, je mets la robe et me voilà toute belle, on rigole même avec mes amies !, l’ambiance se décontracte tout va bien ! On met nos masques (oui le covid est toujours là !) et direction la mairie à 2 minutes à pied ! Le soleil est au rendez-vous ! Qu’espérez de plus ?

Les invités sont arrivés, sauf l’ensemble de ma famille… bon ok la mairie a déménagé il y a 3 mois, mais Google ne le sait pas ! Tout c’est bien passé, les chaises étaient bien à un mètre chacune, tout le monde avait un masque, chacun son stylo… M. dit oui, moi aussi (on l’a attendu ce moment !), un peu émue, mais au fond de moi je sais que ce mariage ce n’est qu’un papier que l’on aurait tout aussi bien pu signer il y a 1 an ! Pas de bisous, et oui on a un masque… cérémonie terminée tout le monde se rejoint dehors. Petit village dit pas de restriction de rassemblement en extérieur à ce moment-là, et pas de masque obligatoire ! Alors une petite séance photo à l’arrache (moi qui aime tout organiser je me disais bon yolo !). Route vers le restaurant, tout était ok ! Les fameuses tables de 6, mais pas le plan de table. Oui quand vous changez tout à la dernière minute, que vous avez jamais mis les pieds dans le restaurant de votre mariage, et que vous ne savez même pas quelle robe vous allez mettre, le plan de table ne semble pas la priorité… Bon en 2-2 avec M. on positionne les personnes et le repas ce passe nickel ! 19h les gens disent en rigolant « allez couvre-feu tout le monde au lit » ! Et nous direction un bel hôtel pour notre nuit de noce qui commencera à 21h au lieu de 5/6h du mat dans notre plan A !

 

Conclusion : Je suis une pro de la dernière minute !

Mais si le prochain mariage tout pouvait globalement se passer comme prévu ça me ferais du bien. Ce mariage était sympa, on a pu voir nos proches et ils ont été très touchés d’être là. Mais j’attends, malgré tout, le gros mariage de princesse, car pour moi la symbolique du mariage c’est avant tout l’église et le fait de rassembler tous nos proches, et non pas 28 privilégiés. La Covid s’est malgré tout invitée à notre mariage, une des invités était cas contact et à annuler le vendredi, et 2 jours après nous apprenons que le frère du marié est cas contact également, et que 2 participants sont malades… Sur les deux malades, une travaille à l’hôpital… et le deuxième a échangé son verre avec elle… On sait d’où ça vient ! Comme quoi les gestes barrières ça marche, car personne d’autre ne l’a eu ! Même les 4 autres présents à la même table ! Maintenant, nous attendons d’avoir une date définitive pour l’année prochaine car la salle a quelques annulations. Mais après 2 reports, nous avons dit : « pas de mariage avant Juillet ».  Car un troisième report nous achèverait avec M., surtout que nous avons pour projet d’agrandir la famille, et j’aimerais pouvoir boire à mon mariage ! Alors la prochaine sera la bonne, ou ne seras pas de mon côté. Je sais que pas mal de couples ont annulé purement et simplement, d’autres sont dans l’attente comme nous, je vous dis courage !

 

Il y a un an, je pensais pouvoir vous raconter mon mariage, assez classique, thème « entre mer et neige » se déroulant fin mai, seulement fin mai 2020… ça n’a pas été possible (Covid et tout et tout). Alors nous voilà partis pour deux reports, un mariage civil organisé en 10 minutes (oui je suis un peu du sud) et en 2021, si tout vas bien, enfin le « gros » mariage. Petits plus, le mariage se déroulera en France, quand nous habitons au fin fond de l’Autriche depuis mai.

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