7 ans de réflexion

« Le mariage, ce n’est pas tant le jour J, que ce que l’on en fait. »
moi.

Bon, cet adage doit bien exister quelque part sous une autre forme, mais c’est en gros ce que j’ai envie de te raconter ici, 6 ans après mon jour J à moi.

Tu ne me connais sans doute pas, des mois et des mois de procrastination ayant sans cesse remis à plus tard la suite de mes chroniques dessinées, croquant une robe de mariée par-ci, une autre par-là, sans jamais terminer tous les articles en cours…

Mais ce n’est pas grave, car Mademoiselle Dentelle m’a tellement apportée, je voulais être là pour terminer.

Aujourd’hui, je ne vais pas te raconter comment j’ai organisé mon mariage en 2 mois, comment j’ai fait et chiné toute ma déco toute seule, comment mon traiteur m’a planté 15 jours avant la date ou comment la pluie s’est invitée à ma cérémonie laïque dans le jardin de mes beaux-parents. Ça aurait pourtant été super drôle, crois-moi.

Non, aujourd’hui j’ai envie de te dire que mon mariage a commencé à J+2.

Il m’a apporté son lot de galères plus grosses qu’une baleine et d’enchantements indécents aussi (comme la naissance de mon fils il y a deux ans. Exemple pris complètement au hasard, je t’assure).

Il y a un truc que je n’ose que rarement avouer : je n’aime pas trop repenser au jour de mon mariage. Tu sais quoi ? Monsieur Triforce et moi avons passé un jour EXCEPTIONNEL, plein d’émotions, avec un gros coup de blues derrière. Nous avons été soutenus et aimés par une poignée d’amis et ça restera gravés à tout jamais.

Mais.

  • Je n’ai pas rouvert la housse de ma robe de mariée depuis 6 ans.
  • Ça fait 6 ans qu’une partie de ma belle-famille ne nous parle plus car nous n’avons pas souhaité inviter leurs 100 cousins (et ce n’est pas une figure de style. Ils sont 100.)
  • Je ne revois plus 80% de mes amis présents à mon mariage, alors qu’ils étaient triés sur le volet.
  • Je n’ai aucune photo de moi dans ma robe de mariée ni de ma déco parce que ma photographe m’a lâchée.

Il y a assez de chroniques sur Mademoiselle Dentelle pour que tu saches pourquoi ça peut mal se passer. C’est pourquoi ce que je retiens de mon mariage n’est pas le jour de mon mariage. C’est le temps passé avec mon mari.

Nous avons fêté il y a quelques jours à peine nos 6 ans (le 10 mai), constatant avec étonnement que nous n’avions pas vu le temps passer. Malgré les galères, nous nous sommes soutenus, nous avons enchaîné les projets, nous avons fait un petit garçon maxi chouchou, nous avons beaucoup beaucoup mangé, nous avons hurlé l’un sur l’autre, nous nous sommes aimés.

Ce dont je veux te parler aujourd’hui, c’est de ce que le mariage m’a apporté.

J’ai résolu mes conflits intérieurs

Avant mon mariage, j’avais un gros, GROS problème avec l’image de la famille. C’est bien simple : dès que nous avons décidé de nous marier, je suis tombée dans un état dépressif inexpliqué. Ça m’a permis d’amorcer un travail sur moi qui a débloqué de nombreuses choses qui méritaient de l’être, me rendant plus libre pour les années qui ont suivi.

J’ai compris :

  • que la famille n’était pas un emprisonnement
  • que contrairement à mes parents, je n’étais pas obligée de tout sacrifier si un jour j’avais des enfants
  • que c’était à moi de créer la famille qui me ressemblait, que je souhaitais voir exister
  • qu’à partir du moment où je souhaitais ne jamais être comme ma mère, alors je ne le serai jamais

Ça m’a LIBÉRÉE. Et spoiler :

  • j’ai créé une famille à notre image
  • je n’ai cessé de me battre pour mes libertés tout en élevant mon fils (je ne me suis pas enfermée dans mon rôle de mère (que j’adore), parce que c’est ce que je souhaitais)
  • j’ai construit une version équilibrée de notre couple qui fonctionne toujours
  • lorsque je sacrifie quelque chose pour ma famille, on fait en sorte de rectifier le tir pour que tout le monde y trouve son compte dans un meilleur équilibre
  • et… je ne suis pas devenue comme ma mère (bon, parfois je radote comme elle).

Et je suis toujours heureuse d’être mariée.

J’ai découvert mes qualités

J’ai découvert que j’étais courageuse. Bon, je l’ai toujours plus ou moins su, mais maintenant j’en suis sûre.

Le mariage, c’est aussi traverser les difficultés ensemble. C’est l’autre qui t’aide à traverser les tiennes et toi qui aide l’autre à traverser les siennes. Et, clairement, je ne suis pas sûre qu’une seule année nous ait épargnés. Nous avons été terrifiés, malheureux, stressés, angoissés, désemparés, seuls, bafoués, maltraités, méprisés, mais nous sommes toujours là.

Et nous sommes toujours là parce qu’il y a ce truc dingue qui est remonté à la surface : je suis courageuse. Je me plains beaucoup pour les bobos, mais en vrai quand les choses sont très graves, je garde le sourire. J’avance, j’enfonce les murs, je fous des claques à la vie.

Chacun a imposé à l’autre ses douleurs, ses errements, ses remises en questions, ses projets hallucinants, ses pertes d’équilibre, sa folie, ses désirs insensés, sa soif de liberté, au mépris de l’autre parfois.

Et je suis toujours heureuse d’être mariée.

Un projet de vie à trois

Mon mariage, c’est aussi le point de départ vers la naissance de mon fils, mon soleil. Tu sais, je ne voulais pas avoir d’enfant, avant. Mais lorsque j’ai rencontré Monsieur Triforce, j’ai su que c’était avec lui que je voulais me marier, et avoir des enfants, créer une famille.

Nous avons créé cette famille à trois, avec ses particularités, sa bougeotte incessante, son absence de permis de conduire, l’éveil à tant de nouvelles choses.

Mon mariage, c’est le premier pas vers cette vie-là, ce besoin de tracer ma voie en dehors des sentiers battus, en dehors des cases qui s’imposent parfois.

Une tendresse qui dure dans le temps, c’est un bon illimité pour les câlins, les baisers, les chahutages, les soirées à se consoler, une épaule sur laquelle se reposer, une oreille attentive, toujours.

Parfois, je me dis que mon jour J avait déjà plein de choses de notre vie : de l’amour, un petit endroit sans prétention, du savoir-faire et de l’huile de coude, de la créativité, de la bonne bouffe et quelques proches, pas beaucoup, à la vie à la mort.

Je suis doublement heureuse d’être mariée.

Du matos !!!

Bah oui. C’est que j’ai fait ma déco toute seule, moi. J’ai chiné des mois, peint, assemblé, cousu (non, je déconne, c’est ma mère qui a cousu les centres de table). Et maintenant j’ai plein de jolies choses chez moi !

  • plein d’assiettes : je les ai toutes chinées, pour le plat et le dessert, pour qu’elles soient jolies et dépareillées. J’en ai gardé une partie, et elle me rappellent mon mariage tous les jours quand je les utilise
  • des chandeliers : j’en avais disposé sur chaque tablée, avec des chandelles, chinés aussi. Ils embellissent adorablement notre appartement encore aujourd’hui
  • des centres de table : fait maison dans des tissus simples (toile de Jouy, dentelle, coton, vichy), ils me servent encore !
  • des lampions : certains à accrocher dans la chambre du petit, d’autres sont restés à la campagne et y décorent notre chambre depuis 6 ans
  • des cafetières et des vases : ils contenaient quelques fleurs sur les tables, et j’en ai gardé quelques-uns pour me servir de vases.

Mine de rien, ce sont des objets du quotidien qui font partie de notre vie depuis le jour de notre mariage et que j’aime voir tous les jours. Ce sont les dignes remplaçants 21e siècle des habituelles cocotte-minute, soupière et argenterie offertes traditionnellement !

L’amour, l’amour, l’amour, quoi !

Blague à part, il faut tout de même que je dise un truc. Ce que mon mariage m’a apporté, c’est Mademoiselle Dentelle. Et les chroniqueuses que j’ai appris à connaître. Elles m’ont elles aussi soutenue, aidée, conseillée, encouragée, félicitée. Sans elles, je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui. Je les aime et les admire pour ce qu’elles sont et ce qu’elles entreprennent dans leur vie.

Mademoiselle Dentelle, ça n’a pas été un an de préparation de mariage et un jour J. C’est 7 ans de ma vie. Je vous aime, les filles. Merci.

Peut-être qu’un jour, je finirai par raconter comment j’ai organisé mon mariage en 2 mois, comment j’ai fait et chiné toute ma déco toute seule, comment mon traiteur m’a planté 15 jours avant la date ou comment la pluie s’est invitée à ma cérémonie laïque dans le jardin de mes beaux-parents. Quand je pense à mes chroniques non terminées, j’ai un pincement au cœur.

Si tu as envie de tenter la chance, tu peux me retrouver sur Instagram, ce sera un plaisir de t’y retrouver. Je continue à dessiner, et à parler de celui que j’aime. Finalement, en 7 ans, rien n’a vraiment changé…



5 commentaires sur “7 ans de réflexion”

  • Merci pour cette très belle chronique (et j’adore ton auto-citation du début !). Je te rejoins tout à fait que l’important, au delà du « wedding », c’est le « marriage » 🙂 Alors belle continuation à vous, des dessins, et de l’amour 🙂

  • Très belle chronique avec de si belles conclusions sur ce que le mariage t’a apporté ! et j’aime beaucoup ton illustration, je vais de ce pas te suivre sur insta, trop envie d’en voir encore d’autres ! et peut être savoir un jour tout ce que tu ne nous as pas encore raconté sur ton mariage (en tout cas tu avais l’air sublime) 😉 Une belle continuation à tous les 3 !

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