Ceux qui faisaient des compromis

Je te disais dans ma précédente chronique que j’avais écouté mon cœur pour guider le choix de mes prestataires, le tout avec l’approbation de Monsieur Homard qui, jusqu’ici, t’a peut-être semblé effacé dans la prise de décision.

Et pourtant, tel Batman, il agit dans l’ombre, rajoutant ci et là ses petites touches, tranchant dans le vif quand ça lui déplaît. Et quand il a une opinion arrêtée, autant te dire que je ne capitule pas facilement ! Je te l’ai dit, on est opposés sur pas mal de sujets, et ça peut faire des étincelles. Cependant, les préparatifs de ce mariage ont été aussi mouvementés qu’heureux, et chacun de nous a mis de l’eau dans son vin.

Faire des compromis pour le mariage

Crédits photo (creative commons) : stevepb

Quand il a mis un genou à terre, je n’ai donné qu’une condition incontournable : mon papa devait être en Belgique pour le grand jour, et le choix de date tournerait donc exclusivement autour de ses disponibilités. Le Homard s’entendant comme larron en foire avec son joli papa, je n’ai pas eu à marchander, et c’est une des raisons qui ont fait que nous nous marions en septembre.

Jusque-là, tout va bien, tu me diras. On parle de petits points techniques et de toute façon, il faut bien choisir une date.

C’est alors que les Romains s’empoignèrent

C’est quand est arrivé le moment de faire la liste des invités que les « hostilités » ont démarré.

Bon, j’exagère peut-être un petit peu. Mais ayant assisté à peu de mariages, je me voyais totalement faire ça dans le grand jardin de mes parents avec des guirlandes lumineuses, notre famille et nos amis proches. Et là, j’entends encore des mois après retentir le doux : « Que nenni ma fillotte ! » (bon, en vrai, personne n’a dit ça, je crois, mais c’est vraiment comme ça que ça a sonné). Mon joli mariage intime était voué à disparaître.

Tu me diras que c’est notre mariage, qu’on fait comme il nous plaît. Sauf qu’un rapide calcul nous a amenés au très honorable nombre de quatre-vingt personnes rien que pour la famille. Ben oui, avec huit beaux-frères et belles-sœurs, tous en couple, et la tripotée de cousins Homard, on était dans de beaux draps ! Le tout sans nos témoins et les amis très proches.

On s’est alors dit : « OK, cent/cent vingt, c’est jouable ! » Sauf que mes beaux-parents, eux, vont à environ dix mariages par an, et sont généralement invités à toute la journée. Il faut dire qu’ils ont de nombreux amis et collègues dont les enfants se marient, et il leur semblait tout naturel de rendre l’invitation. Mon Homard étant le premier de sa fratrie à se marier, autant te dire qu’ils avaient une sacrée pile de cartons à rendre…

C’est quand, au détour d’un déjeuner, on nous a gentiment tendu la liste des trente invités au repas qui, eux, n’avaient rien à voir avec la famille qu’on a complètement capitulé sur le côté intime du mariage. Et je ne te parle pas de la liste de l’apéritif ! Bref, bye bye le jardin des parents et bonjour la jolie fermette avec cour intérieur et belle grange aux poutres apparentes.

Je ne sais pas si on gagne au change, mais en effet, on a jeté notre dévolu sur une magnifique ferme prête à accueillir trois fois plus de monde que le jardin familial. Et tant qu’à faire, Homard et moi, on s’est fait plaisir sur la liste des invités, et toute mon équipe de roller derby sera de la partie !

via GIPHY

Fiesta dans mon cœur !

Je donne la main, on prend le bras

Je trouvais qu’on avait fait un beau compromis, qu’in fine, Monsieur Homard et moi, on n’était pas trop perdants. Et ça donnait l’occasion à mes parents d’étoffer aussi leur liste d’invités et de partager leur bonheur avec leurs amis. Sauf que du coup, c’était un peu la porte ouverte à toutes les remarques et envies, et chacun y allait de son commentaire.

Après avoir passé des mois à peaufiner un tableau Pinterest sur la nourriture que j’aimerais pour le mariage et l’avoir présenté à mon Homard, le choix était arrêté. On rêvait d’un buffet de burgers ! La traiteur que nous avions contactée était super enthousiaste, dans le même état d’esprit, et c’était presque classé.

Mais au détour d’une discussion : la douche froide. On ne pouvait pas servir ça à nos invités, ce n’était pas correct pour un mariage, et ça ne fonctionnerait pas, ça ne plairait pas à tout le monde. Sûre de notre choix, avec mon caractère de merde bien trempé, je suis montée au créneau, défendant notre mariage bec et ongles ! Sauf qu’une petite voix derrière moi a fini par dire : “Oui, c’est vrai.” Ma moitié, mon copain Homard, me plantait un couteau dans le dos en direct.

J’étais furieuse, et après maintes et maintes petites disputes discussions constructives, nous sommes arrivés à un point d’entente : un buffet aux saveurs italiennes, une cuisine qu’on aime tous les deux, et qui nous permettrait de ne pas avoir trop de fioritures dans nos assiettes. Ça n’a pas réjoui tout le monde, mais oui, on était sûrs de notre choix. Non, on ne voulait pas de service à table. Oui, on adore les pâtes, oui, plus que le canard et le gratin dauphinois. Mais merci de demander.

Le deal qui a fait pencher la balance ? Monsieur Homard m’a promis de préparer lui-même des burgers lors de notre mariage civil quelques jours avant, et je peux te dire que ses burgers sont divins !

Hamburgers mariage

Crédits photo (creative commons) : mali maeder

Et toutes ces choses pour lesquelles nous n’avons pas cédé

Je t’ai montré la partie émergée de l’iceberg, parce qu’après avoir cédé sur le lieu, la nourriture, les boissons, les invités et la réimpression de faire-part (parce que nos parents avaient oublié des gens sur la liste), j’ai un peu craqué, et j’ai dit stop !

J’ai dit non à tout un tas de choses parce que je ne me retrouvais pas dans ces chichis, ou dans la bienséance de rigueur. Si au début, mon Homard a eu du mal à me suivre et à s’imposer à mes côtés, il a lentement pris conscience que c’était notre mariage, et du coup, on a fait front, et on ne s’est plus laissés démonter !

Je te laisse avec une petite liste des choses auxquelles on a dit non :

  • Non, ce ne sera pas un costume queue de pie, parce que ça ne plaît simplement pas à Monsieur Homard !
  • Non, les sœurs de Monsieur Homard ne pourront pas inviter chacune neuf personnes à la soirée, parce que c’est une fête de famille et non un bal d’étudiants !
  • Non, nous ne prendrons pas une voiture de collection, parce qu’on a la Jeep Willys de 44 et qu’elle nous tient à cœur !
  • Non, nous ne prendrons pas de cours de danse pour l’ouverture de bal, on assume plutôt bien !
  • Non, nous n’avancerons pas la date d’un an, parce que c’est comme ça !
  • Non, nous ne mettrons pas le nom de nos parents sur le faire-part, parce que c’est notre mariage !
  • Non, on ne prendra pas une pièce montée, parce qu’on préfère la glace !
  • Non, on ne changera plus le menu !

Et toi, tu as dû faire face à ce genre de situations ? Est-ce que vous arrivez à dire non, ou toi et Monsieur finissez par capituler ? Avoue !


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

Pssst ! Tu as vu la nouveauté de Petit Mariage entre Amis ? Ce sont les “Petits Tattoos” ! Nous sommes totalement conquises chez Mademoiselle Dentelle : c’est une chouette idée à retenir pour une animation originale le jour J ! Regarde vite par ici !



2 commentaires sur “Ceux qui faisaient des compromis”

  • Ah les joies du mariage! C’est toujours le début le plus compliqué, réussir à faire entendre ses idées et points de vues après ça va un peu mieux! Nous on n’a pas céder sur la date, sur le lieu du mariage, sur le fait de ne pas aller à l’église et sur le nombre d’invités…

  • Les compromis… même la vie tout simplement tourne autour ça en fait ! Vous avez eu raison de ne plus céder à la fin : c’est votre mariage, votre vie, vos décisions, vos choix. De notre côté, on ne nous a rien imposé si ce n’est deux invités au vin d’honneur que ma tante m’a fortement suggéré d’inviter… et ma mère m’a limite engueulée quand je lui ai dit que j’avais cédé ^^

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *