Aborder les préparatifs de son mariage seule

Comme je te l’ai dit déjà, nous organisons un mariage en petit comité et cela me convient très bien. D’ailleurs, je tiens à remercier toutes mes copines Dentelle et les nombreuses lectrices qui m’ont laissé un petit mot sous ma chronique expliquant mon choix : j’en suis très touchée et j’ai été heureuse de lire des témoignages de mariage en petit comité pleins d’émotions.

Aujourd’hui, je vais te parler justement des préparatifs de cette grande journée quand on n’a pas grand monde autour de soi pour nous aider dans les moments de doutes et de surmenages. Mine de rien, quand on peut compter sur des personnes proches (et fiables) c’est toujours un avantage. On a beau dire que cette journée est la nôtre mais c’est aussi un grand moment pour tous ceux qui nous sont chers et qui nous aiment (normalement !). J’ai tout de suite mis en place un rétroplanning en prenant en compte mes limites et en faisant au plus simple et au mieux. À presque 4 mois du jour J, je peux dire que mon anticipation bien qu’elle soit incomprise parfois m’a énormément aidé à ne pas stresser et à avancer tranquillement seule dans l’organisation. J’ai pu aisément ajouter ou enlever des choses ou faire appel à une wedding-planner pour la mise en place de la décoration. Il faut faire avec ce qu’on l’on a et en fonction de son budget sans forcément se priver si on veut un petit quelque chose (c’est la capricieuse en moi qui parle !). Alors si tu te retrouves seule face à ce tourbillon de tâches, je partage avec toi mon expérience dérisoire quand on est en petit comité (et qu’on assume pleinement ) :

Reconnaître ses limites

Oui, c’est la première étape : savoir ce que l’on veut/peut faire et ce très vite. Comme on ne sait pas vraiment quelle sera la part d’implication de son entourage il vaut mieux faire un tri avant.

Pour ma part, j’ai su que je pouvais gérer la décoration, le brunch du dimanche, les cadeaux d’invités, toutes les tenues (dress code). Monsieur Petit Puy pouvait gérer la papeterie, le photographe, la musique, les menus. Et nous nous sommes investis là-dedans avec grand plaisir. Chacun a pris son rôle sérieusement en s’impliquant même quand on était fatigué et à bout : on a pris un engagement et on s’y tient.

Par contre le reste… On était en roue libre. On ne s’est pas pris la tête du tout : on a fait avec les moyens du bord et en fonction de nos disponibilités. Je savais que si je n’avais pas de fleurs ce n’était pas dramatique et que si on oubliait les alliances ce ne serait pas très grave (d’ailleurs on vient tout juste de les commander, il était temps !).

C’est dur de se dire qu’il y a des choses que l’on ne pourra pas gérer parce que c’est notre mariage et que c’est important, j’ai eu aussi un petit moment de déprime que je t’ai raconté ici en toute honnêteté. Mais plus vite, tu sauras ce qui te pose problème mieux tu pourras anticiper et déléguer autour de toi ou à des professionnels.

Echange d'alliances

Crédits photo (creative commons) : kgorz

Accepter que son mariage ne puisse pas tout changer

Si comme moi, l’ambiance au sein de ta famille ce n’est pas la grande joie et au niveau amical c’est le calme plat : respire. Je sais que ce n’est pas simple d’annoncer un mariage dans une atmosphère peu réceptive surtout qu’après la demande on est sur un petit nuage. Mais malheureusement, tu vas peut-être te heurter à des proches très indifférents. Et en plus ils n’auront pas le tact pour te dire en douceur que cela ne les intéresse pas du tout. Oui, pour certains la vie continue et quand tu as sélectionné soigneusement chaque invité et que tu en as pas beaucoup : difficile de garder son calme.

L’attitude que j’ai adopté c’est de ne rien attendre en retour. Rien. Lorsque j’annonçais mon mariage pour ceux qui n’étaient pas invités c’était « à titre informatif » sans demande particulière. J’ai donc tout de suite banni ceux qui ne partageaient pas mon bonheur et j’ai fait avec ceux que je ne pouvais pas encadrer mais qu’il fallait compter parmi nous. Mais même principe : ignorance totale, je ne parlais absolument pas de mon grand jour, je n’imposais rien comme dress code couleur, je demandais rien du tout : si ils voulaient venir en pyjama c’est leur problème moi je serai habillée.

J’ai pensé pendant un quart de seconde que ce bel événement allait adoucir les cœurs et que les conflits seront mis de côté pour mon mariage. Nada. J’ai eu un moment de flottements parce que je ne comprenais pas pourquoi certaines personnes n’étaient tout simplement pas heureuses pour nous. Malheureusement, nous ne pouvons prédire et encore moins changer les sentiments des uns et des autres. Mais cela nous appartient de donner une place ou non à cette négativité et j’ai décidé depuis très longtemps de m’en éloigner.

Savourer ce que l’on a

De par mon histoire, je ne pensais pas me marier un jour. Ce n’était pas un rêve de petite fille et encore moins de femme. J’ai accueilli cette demande comme un cadeau, un miracle, un moment suspendu dans le temps et j’ai su recevoir cela pleinement. Je prépare ce jour avec réalisme et légèreté en sachant très bien que des imprévus peuvent survenir et que je n’aurai pas forcément la main dessus.

Parfois, c’est plus fort que nous : on réfléchit un peu à ce que l’on n’aura pas et surtout avec toutes les inspirations que l’on trouve autour de nous, cela ne nous aident pas à relativiser. Mais comme le dit de nombreuses chroniqueuses ici, ce mariage c’est le tien et quoiqu’il arrive il ne ressemblera à aucun autre.

Alors, certes j’aurai voulu avoir un enterrement de vie de jeunes filles déjanté avec des copines aussi folles que moi comme Mademoiselle Idées, de belles demoiselles d’honneur ou encore un papa tout ému d’accompagner sa fille à l’autel. Mais ce ne sera pas le cas. Oui, je ne vais pas te mentir : j’en ai rêvé secrètement et je me suis rendue à l’évidence très rapidement pour ne pas laisser la peine envahir mon cœur inutilement. Je ne voulais pas m’épuiser à ressasser tous les détails qui n’étaient pas réalisables et j’ai voulu me concentrer sur le potentiel que j’avais et l’exploiter au maximum.

Alors, j’aurai certainement une belle décoration DIY, un brunch aux couleurs de la Réunion grâce à mère et une belle-famille très impliquée dans ma culture.

Je ne suis pas triste pour autant parce que j’ai un principe dans la vie c’est que je ne peux pas ressentir un manque pour quelque chose que je n’ai jamais eu. Je savais dès le départ sur qui je pouvais compter et ceux qui malgré mes efforts ne participeront pas à cette journée. Et se détacher de cette attente m’a permis de réellement voir ce dont j’avais envie et de ne pas en vouloir aux absents.

Mon mariage sera ce qu’il est avec ses failles mais aussi ses forces, avec ses moments de silences, ses couacs mais aussi avec cet amour inconditionnel que nous aurons ce jour-là. Ce qui va compter pour moi et j’espère que pour toi aussi c’est toute l’affection, la tendresse que tu vas ressentir à travers les personnes qui auront fait le déplacement pour toi. Toutes les petits attentions secrètes, les surprises longuement préparées et l’investissement profond chasseront toute cette solitude que tu aurais pu avoir tout au long de tes préparatifs. J’en suis persuadée.

Et toi, comment se passe tes préparatifs ? Es-tu très entourée ou également un peu seul face à tout cela ? Comment le vis-tu ? Dis-moi tout ! 

Quand le Piton de la Fournaise rencontre le Puy-de-Dôme cela donne un mariage intimiste pour l'automne 2016 (30 personnes mariés inclus) avec comme couleur le bleu marine et le fuchsia . Nous avons souhaité allier nos deux origines en faisant un repas dans un hôtel-restaurant le samedi soir dans la tradition auvergnate et un brunch le dimanche dans la pure tradition créole. En mettant en place des ateliers (cuisine, décoration et papotage) tout au long des préparatifs en famille dans une ambiance conviviale afin de réunir nos deux coutumes, partager nos idées dans la bonne humeur. Enfin, nous misons sur la simplicité, la sobriété, le fait-maison et notre tendre complicité pour faire passer un bon moment à nos proches venant de deux horizons différents.

Commentaires

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    Petitefleur
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    29 juin 2016

    Ah Mademoiselle Afro comme je te comprends ! Moi aussi j’ai dû faire le deuil très rapidement de mon entourage familial très indifferent et que mon mariage fait rager… Je n’aurais pas ma mere car on est fâchées depuis longtemps et ça c’est mon choix et je n’aurais sans doute pas mon père qui n’osera pas braver l’autorité de sa femme qui ne peut pas nous encadrer pour venir au mariage de sa fille… Je n’aurais pas ma soeur non plus qui elle aura la flemme tellement elle est casanière et qui me sortira un nouveau prétexte de son chapeau. Bref sur un mariage de 100 personnes ma famille va se limiter à à peine 10 personnes. Et ben tant pis !! Hors de question de me mettre la rate au court bouillon pour des grincheux qui ne m’aiment pas assez pour être heureux pour moi/nous ! Un travail de psychothérapie m’a permis de faire le deuil de tout ceci et de prendre uniquement le positif pour recevoir du positif en retour. La vie est trop courte pour ce concentrer sur ce qu’on a pas quand on a de la chance d’être aimée au point de se voir demander en mariage. Se marier c’est s’affirmer, c’est faire des choix, c’est se positionner vraiment en tant qu’adulte qui crée SA propre cellule familiale et c’est ça l’important ! Bon courage à toi, même si on fait le deuil il reste parfois des coups de cafards qui font partie du processus et font avancer également !

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    Mademoiselle Frisette
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    29 juin 2016

    Pas toujours simple lorsque l’entourage nous fait redescendre de notre petit nuage…
    C’est vrai que parfois on peut se sentir seule face à la montagne de choses à faire. Dès le départ, je me suis dit que je ferais tout moi-même, alors toutes les personnes qui ont proposé leur aide sur telle ou telle chose, je l’ai pris comme un cadeau. Ma belle-mère est super impliquée dans nos DIY, elle fera elle-même le coussin des alliances, elle nous a aidé pour personnaliser notre livre d’or, et elle fera plein de cakes pour le brunch. ça fait du bien de se sentir épaulée, un peu comme toi pour la préparation du lendemain

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    Mademoiselle Idées
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    29 juin 2016

    Tu as pleinement raison de relativiser Mlle Afro. Tout ne sera pas parfait mais cette imperfection rend le moment encore plus Whaouw !!!
    Que tu sois seule à préparer un mariage n’est pas un problème je trouve. Tu es très organisée et ton futur mari est là pour t’aider. C’est tout ce qui compte.

    Merci pour ton petit clin d’oeil 😉 J’ai eu cette chance d’être bien entourée par mes amis, et je m’en rends compte. Cela permet de passer outre la présence d’une famille complète et heureuse à notre mariage. L’important c’est que ceux qui nous aiment seront là, peu importe le nombre qu’ils seront.

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    Mademoiselle Myrtille
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    29 juin 2016

    Bravo pour la philosophie du verre à moitié plein. C’est aussi comme ça que je vois les choses.
    Et il estr vrai que si nos mondes s’arrêtent quasiment de tourner (ou ne tournent plus qu’autours du mariage) pendant les préparatifs, nos proches (ou moins proches) continuent de vivre leur vie et ne mettrons pas les conflits au placard pour nos jolis sourirs de jeunes mariées émues.
    En tout cas c’est une chronique émounante. Je m’y reconnais un peu car j’ai porté, surtout au début, une grande partie de nos préparatifs toute seule. A peine monsieur, juste présent pour les grandes décisions.
    Mais petit à petit, en s’approchant de la date fatidique les gens commencent à s’y interesser et je reçois ça et là des propositions de coup de mains que j’accepte avec plaisir.

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    mlle mélanie
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    29 juin 2016

    c’est parfois difficile de tout géré tout seule mais plus notre date approche et Mr m’aide dans nos préparatif j’ai un homme en or

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    30 juin 2016

    Comme je te comprends. « Malheureusement », pour nous, on ne l’a compris un peu tard qu’un mariage c’est avant tout pour nous.

    Les relations entre les familles nous ont bouffé pas mal d’énergie et de moral au final et si c’était à refaire, nous aurions surement « divisé » le mariage entre les familles et amis.

    Du coup on a prévu de ce refaire une cérémonie et une journée « mariage » à un prochain anniversaire et cette fois, que les potes seront invités :p

    Bref, j’admire ton esprit et ta manière de voir les choses, tu es un bel exemple pour moi.

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    Mademoiselle Peach
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    1 juillet 2016

    Tu es une femme forte et avec beaucoup de philosophie Mlle Afro ! Tu as bien raison, la vie est courte, et même si ce n’est pas toujours facile, il faut arriver à n’en tir der que le meilleur. Le jour J, l’amour que ton homme te porte crèvera les yeux et ça, vraiment, c’est le plus important !

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    Madame Ambrym
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    1 juillet 2016

    Pour d’autres raisons que les tiennes j’ai tout organisé toute seule avec Chéri et j’en suis ravie, ça a été de beaux moments de complicité. Pas facile, ces difficultés familiales, ça demande un bon recul que tu sembles t’être bien forgé. Bravo.

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    Emilie
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    1 juillet 2016

    Moi aussi j’ai geré les préparatifs seule mais par choix, comme ça j’étais seule à décider, mon mari avait tendance à être toujours en desaccord avec mes idées, bien sur, mes copines me proposaient de l’aide que j’acceptais de temps en temps.
    J’ai moi aussi eu le sentiment que ma famille etait indifférente, mes parents en plein divorce, ma mère aigrie de la vie, qui du coup trouve que le mariage ne signifie rien, qui a passé + de temps à jalouser mon père qu’à être heureuse pour sa fille… Moi par contre je suis trop sensible et j’ai eu du mal au début, mais j’ai choisi de me concentrer sur le positif !

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