Mon élégant mariage technophile : état à J-100 ? – Partie 2

La dernière fois, je te parlais de ce que vous avons fait avant J-100, et je te laissais déduire l’état de ma liste de choses restant à faire à cette date fatidique. Aujourd’hui, je te raconte ce qu’il s’est passé autour de cette date, et je te présente la période charnière qui nous a fait entrer dans « la dernière ligne droite ».

De l’art de nous faire paniquer

Soudainement, sans que nous demandions rien à personne, nos amis ont commencé à nous demander : « Alors c’est bientôt LA date, non ? Vous en êtes où, je suppose que tout roule ? Au fait, je n’ai pas reçu l’invitation, c’est normal ? ».

Même mes collègues (tous masculins et a priori à des années-lumières de s’intéresser aux détails de l’organisation de mon mariage) ont soudain développé un intérêt tout particulier pour ce sujet, pour varier un peu des ennuyeux débats sur la météo. Je les comprends, ils ont dû se dire que c’était le moment de mentionner que oui oui, ils se souviennent que je me mariais quelques mois plus tard et qu’ils se réjouissaient pour moi… Sauf que je n’en pouvais plus de ce type de question !

La « finalisation » du faire-part nous semblait tellement sans fin, que nous avons envisagé de reporter de deux semaines de délai de réponse… Nous passions toutes nos soirées entre le formulaire de réponse sur site (pour moi) et le faire-part (pour mon chéri) sans en voir le bout. Les jours passaient et nos adorables invitations nous sortaient par les yeux.

Les préparatifs du mariage à partir de J-100

Crédits photo : Photo personnelle

Notre atelier faire-parts, de la découpe au pliage, à la mise sous pli avec nos timbres personnalisés et nos étiquettes d’adresses

Et pour nous combler (de fatigue), de nouveaux soucis se sont ajoutés en compensation du soulagement d’avoir avancé sur les fronts fleuriste, coiffeuse et musique.

Entre aide et ingérence

Que ce soit nos prestataires ou nos familles, on nous le disait et le redisait : pour notre mariage, nous faisions les choses de façon (trop) compliquées. De leur point de vue, rien de ce que nous imaginions ou demandions ne semblait un choix simple et qui coulait de source. Pourtant, il s’agissait simplement des conséquences naturelles d’une différence de priorisation entre les éléments qui comptaient à nos yeux, et ceux que notre entourage considéraient comme évidents voire essentiels.

Forcément, ce décalage faisait que nous avions en permanence besoin de définir nos attentes et notre vision, et que ceux qui pensaient nous aider en résolvant sans nous consulter certains de nos problèmes ont plutôt eu tendance à nous apporter des solutions inadaptées qui se sont soldées en prises de tête de notre côté.

L’une de ces préoccupations étaient que, du fait de la distance entre le lieu du vin d’honneur et celui du banquet, nos invités n’aient pas à se soucier des options limitées de parking ni à compter leur nombre de verres à l’apéritif. Monsieur Pragmatique a alors tout simplement décrété que nos invités étaient des gens raisonnables et donc qu’il n’y avait aucun problème à résoudre. J’étais également de l’avis que nos convives seraient déjà au fait du trajet nécessaire entre les deux lieux et qu’ils seraient suffisamment responsables pour s’être posée la question du moyen de transport avant le jour J et avoir profité du forum de notre site pour trouver des arrangement de covoiturage, même si j’aurais aimé dans l’idéal pouvoir leur offrir une alternative au fait de devoir retoucher leur voiture après le premier verre.

Entendant cela, nos deux mères se sont liguées pour nous forcer la main et presque nous faire réserver un service de navettes-bus, malgré le fait que nous étions fermement opposés à tout transport qui fasse trop rétro, trop urbain ou qui manque simplement d’élégance, car ce n’était pas le style que nous voulions pour notre mariage.

Peu de temps après, ma maman m’a informée à J-83 qu’elle s’était arrangée avec mon parrain pour qu’il offre des boissons fraîches et des glaces à la sortie de l’église, ainsi que le buffet de l’apéritif, afin de nous faire faire des économies. Ça aurait pu être une excellente proposition, si tout notre planning n’avait pas déjà été établi de façon plus ou moins serrée, et si la problématique du buffet apéritif n’avait pas déjà été résolue plus de six mois plus tôt.

Nous voulions impérativement éviter que les invités s’attardent sur le parvis de l’église pour ne pas perdre de temps, et enchaîner directement sur le lieu de l’apéritif dont le buffet (majoritairement salé) était déjà goûté, choisi, commandé… et offert par mes beaux-parents !

L'Artisan Glacier

Crédit photo : Emma Godfrey

Spoiler alert : les glaces de L’Artisan Glacier ont rencontré un franc succès à notre mariage ! On nous en parle encore !

Même si j’adore les glaces de mon parrain et qu’il s’agissait en soi d’une fantastique idée, je me serais bien passée de ces changements de plan à M-3. Et je me trouvais soudain à devoir gérer également la potentielle déception de mon parrain qui se réjouissait de pouvoir enfin nous aider et participer un peu à l’organisation du mariage.

Par ailleurs, voyant que mes sœurs avaient du mal à trouver des tenues qui rentraient à la fois dans leurs nombreux critères et mes quelques exigences, ma maman a décidé d’engager une couturière pour leurs tenues. Et du coup je m’inquiétais que mes sœurs forment un clan distinct au sein de mes demoiselles d’honneur (car ma témoin et ma quatrième demoiselle d’honneur auraient des tenues prêt-à-porter, elles).

Bref, j’avais peur de perdre le contrôle de notre mariage, de céder face à ces idées qui menaçaient de dénaturer notre joli jour, et de me retrouver au final avec des éléments imposés qui nous déplaisaient, alors que Monsieur Pragmatique et moi avions tout fait depuis plusieurs mois pour concevoir un mariage à notre image.

Le poids du regard maternel

Pour finir, j’ai visité pour la première fois le lieu du vin d’honneur en juin, accompagnée de ma maman et de mes beaux-parents. Et j’ai découvert à cette occasion que la zone de cocktail et le jardin étaient envahis d’essaims de moucherons. Comme si ça ne suffisait pas, j’ai vu de la déception dans le regard de ma maman quand elle a remarqué le petit carré d’herbes, de fleurs et de broussailles au milieu du jardin et appris que la partie la plus jolie du parc était en fait publique, car elle imaginait que je me marierais dans un endroit aux airs plus raffinés et sans risque qu’un passant inconnu s’invite à notre réception. Et j’avoue avoir craint sa réaction quand elle découvrirait que le banquet aurait lieu dans une « bête salle de fête sans cachet ».

Les préparatifs du mariage à partir de J-100

Crédits photo : Photo personnelle

À gauche, la partie privatisée du parc, telle que nous l’avons visitée en juin

Les compromis que nous avons fait lors de la sélection des lieux ne sont pas ceux qu’elle aurait envisagés face aux mêmes problèmes. Mais je ne suis pas ma maman, et je ne me marie pas avec moi-même, et donc j’assume ces compromis sans souci.

Ce qui n’empêche pas une part de moi de rester triste que ma maman puisse être déçue par mon mariage, ou qu’elle considère ad vitam eternam que nous avons favorisé à tort des « détails » au détriments des éléments-clés qui définiront l’atmosphère de notre mariage.

Après que ma maman m’a accompagnée chez ma couturière lors de l’essayage de la toile de ma robe, j’ai également remarqué qu’à chaque mention de cet événement, elle ne tarissait pas d’éloge sur les talents de la couturière, mais ne disait absolument rien au sujet de ma robe. Il est possible qu’elle avait encore du mal à se projeter dans mon idée… ou qu’elle désapprouvait mon choix tout en se gardant, par amour, de dire quoique ce soit de blessant à ce sujet…

Ou bien avais-je tellement peur de la décevoir profondément, que je projetais toutes mes angoisses sur ce que j’imaginais lire dans ses yeux ?

Finalement, que nous restait-t-il à faire à J-100 ?

Bref, entre M-3 et M-2, mon esprit s’est tout sauf allégé. Nos accessoires étaient toujours à définir, je n’avais toujours pas trouvé de chaussures et notre voyage de noces était encore assez flou. Quant au miel, à la décoration et aux alliances, c’était assez précis dans nos esprits, mais nous n’avions encore rien fait de concret. Et comme si tout cela ne suffisait pas, je croisais les doigts pour ne pas avoir trop de tracasseries au consulat français, car leur site ne semblait pas mentionner pas les cas binationaux, comme moi, et que la personne que j’avais eu au téléphone m’avait tout simplement renvoyée sur le site avant de raccrocher. Mais je préférais encore faire l’autruche et me dire qu’on avait le temps et qu’il fallait se concentrer sur les faire-part pour le moment. « Au moins, me disais-je, je ne fais pas encore de cauchemariages, pourvu que ça dure ! »

 Et toi, quelles sont, ou ont été, tes contrariétés et angoisses à l’approche du mariage ? T’es-tu senti soutenu par ta famille et tes amis, ou vos choix ont-ils créé trop de confusion pour qu’ils puissent partager ta vision et t’épauler ?



1 commentaire sur “Mon élégant mariage technophile : état à J-100 ? – Partie 2”

  • Ouh la la oui je comprends un peu ton état d’esprit. Je trouve personnellement vos familles un peu trop impliquées dans l’organisation du jour-J et du coup tu sens que leurs décisions influent sur l’image que vous voulez donner à votre mariage. Nous avons volontairement garder plusieurs secrets sur l’organisation exacte de notre mariage. Ne voulant pas que les gens s’impliquent, ceci dans le but de garder le contrôle total sur notre mariage. Certains étaient contents de ne pas trop en savoir alors que la belle-mère par exemple voulait absolument des détails. Une date, un lieu de réception, une heure de cérémonie pas besoin d’en savoir plus, laisse toi guider et profite du jour-J enfin !! On n’a pas craqué et nos invités ont adoré les diverses surprises du weekend.
    Bon j’avoue les glaces artisanales sur le parvis de l’église, ça me tente.

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