Dans la série “Challenges d’un petit mariage” : Mademoiselle Fantail et le restaurant fantôme

Souvent après avoir découvert l’histoire de la demande, tu t’attends à lire certaines étapes incontournables de l’organisation d’un mariage, à commencer par la recherche d’un lieu idyllique ! Tant il est vrai que quels que soient le thème et l’ambiance du jour J, rassembler un nombre souvent important d’invités pour teufer (mot à rendre urgemment aux années 2000) ne s’improvise pas.

Une fois cette étape validée, elle est suivie de près par le choix du traiteur et du DJ. Car qui dit guinche (mot à rendre urgemment aux années 50), dit bonnes nourriture et musique.

Or, Monsieur Kowhai et moi nous différencions quelque peu de ce schéma, puisque nous allons organiser, tels des petits chevreuils épris de liberté, « un mariage hors des sentiers battus ».

Travailler avec des prestataires peu expérimentés

Crédits photo (creative commons) : adege

“C’est notre mariage, et nous sommes liiiiiiiibres!”

Pourquoi notre mariage est-il atypique ?

Deux mariages, petit comité, pas de soirée dansante… Il y a peu de place pour le traditionnel combo salle/traiteur/DJ là-dedans ! Mon amoureux et moi allons donc opérer avec un déroulement un peu inhabituel, et un nombre bien plus réduit de prestataires :

  • En France, notre cérémonie civile aura lieu de bon matin et sera suivie d’un déjeuner. Nous avons donc réservé dans un (excellent) restaurant… Et c’est tout.
  • En Nouvelle-Zélande, nous nous marierons religieusement dans l’après-midi avant de faire un barbecue dans le jardin de mes beaux-parents, avec vue sur le soleil couchant se reflétant dans une jolie rivière. (Soupir de contentement.) Pas de prestataires, donc, à part pour louer un frigo et des chaises.
Travailler avec des prestataires peu expérimentés

Crédits photo (creative commons) : reginaspics

Mes beaux-parents ne sont pas des hobbits – sinon, c’est assez représentatif ! 

Nous sommes des chevreuils heureux ! Mais…

À première vue, ce fonctionnement nous correspond absolument, et nous sommes heureux à faire péter la jauge de paillettes ! Moins d’intermédiaires, c’est :

  • Moins d’efforts d’organisation et de coordination
  • Une offre personnalisée qui nous ressemble
  • Peut-être même un coup moins dur pour notre portefeuille vu que le nombre de chèques à signer se trouve drastiquement réduit…

Mais bien sûr, si tout s’était déroulé comme prévu, je n’aurais rien à raconter !

Rien ne vaut le récit d’une belle galère, alors, du haut de ma grande montagne de la Sagesse (que, va savoir pourquoi, j’imagine comme les aiguilles d’Étretat), je me permets de te mettre tout de même en garde si tu organises un “petit” événement. Il faudra accorder d’autant plus de soin au choix de tes prestataires, car ceux-ci auront moins d’expérience que, par exemple, un traiteur qui fait cinquante mariages par an.

Dans notre cas, travailler avec un restaurant plutôt qu’une salle pour notre mariage civil nous a exposés à une grande incompréhension avec l’établissement que nous avions initialement retenu, avant que les difficultés rencontrées ne nous fassent changer de prestataire. Et, je tiens à le dire, je suis entièrement à blâmer pour cette erreur de jugement, et non cette adresse dont la cuisine et le service sont excellents, et qui n’avait simplement pas les codes pour me comprendre.

Par le choix même de faire appel à  eux, j’ai condamné cette relation avant même qu’elle ne commence car mes interlocuteurs, persuadés de préparer un simple “déjeuner de groupe” comme d’autres, n’avaient pas l’expérience pour comprendre mes délires de future bride aux attentes méthamphétaminées.

La suite l’a d’ailleurs prouvé : après cet accident de parcours, nous nous sommes tournés vers le superbe restaurant d’un hôtel dont la gérante avait déjà organisé des mariages, et la compréhension est passée immédiatement. Je te reparlerai de cette trouvaille dans une autre chronique car pour l’instant, nous sommes ravis !

Mais avant ça, nous avons donc fait l’expérience… du restaurant fantôme. (Musique lugubre.) (Plan rapproché sur le visage convulsé d’horreur, voile épars et cheveux en bataille.)

Mademoiselle Fantail et le restaurant fantôme

Pour le déjeuner de notre mariage civil, nous cherchions une ambiance assez conviviale mais une cuisine irréprochable, et cet établissement testé et approuvé en amont par ma maman, puis visité de nouveau par moi lors d’un séjour-marathon en France, répondait à tous nos critères. Le courant est bien passé avec la gérante, qui n’avait organisé qu’un mariage auparavant, mais assurait apprécier notre projet.

Monsieur Kowhai m’avait donné les pleins pouvoirs dans le choix de la nourriture, décision cautionnée par ma Super-témoin, un brin tatillonne sur les arts de la table, car je cite : “Il confond pâté et foie gras, alors il vaut mieux que la mariée soit la tête pensante pour ce poste !” … Certes, il y a des inconvénients à épouser un Néo-Zélandais.

Investie, donc, du pouvoir de décision suprême, j’ai résolu de faire confiance à ce restaurant et repris l’avion vers Auckland sur une promesse de devis rapide, sûre d’avoir déniché la perle rare. Une bonne chose de faite, me disais-je !

Ah, l’ironie dramatique.

Travailler avec des prestataires peu expérimentés

Crédits photo (creative commons) : amelizabethquinn

Ci-dessus, allégorie de l’étendue de ma naïveté. (Sanglot.)

Très vite, j’ai eu beaucoup de mal à obtenir la moindre information. Cette dame gérait à plein temps un restaurant souvent complet et n’envisageait pas que je puisse réellement avoir besoin rapidement de son devis, car un “déjeuner de groupe”, ça ne s’organise pas autant à l’avance.

Pendant six mois, bouillant de ne pas pouvoir informer mes invités des modalités pratiques de notre jour J, je l’ai poursuivie avec la régularité d’un coucou suisse – et ai reçu quelques réponses par-ci par-là, ces dernières un peu étonnées de la nature pressante de mes requêtes.

Bref, j’étais nettement et proprement ghostée ! (Mot de cette décennie, mais à rendre urgemment aux jeunes…)

Bien sûr, je n’ai pas passé six mois dans un état de zen absolu. (Le bel euphémisme !)

Dans le désorde, j’ai donc :

  1. Pété les plombs au téléphone avec ma pauvre maman, aussi désemparée que moi, qui se démenait sur place pour faire avancer les choses.
  2. Caressé l’idée d’envoyer tout le monde au diable et d’aller manger une crêpe sur la plage avec mes invités – la version bretonne de « je n’en peux plus de ce mariage, je m’enfuis à Las Vegas » !
  3. Essayé d’imaginer pourquoi je ne recevais aucune réponse : “Mais siii, elle fait attention à son exposition aux ondes wifi et décide de se déconnecter des réseaux pile quand j’appuie sur envoyer.” ou encore « C’est le mois des moules-frites et je suis sûre que dans une croyance locale, ça porte malheur d’ouvrir un email pendant cette période… »

Finalement, profitant d’une nouvelle visite de ma part en France et après un rendez-vous en demi-teinte, ma Super-Maman et moi avons résolu de chercher fortune ailleurs. Je pense que mon a-priori était devenu de toute manière trop négatif pour revenir dessus par une simple conversation, mais ce qui nous a achevées, ce fut l’email « récapitulatif » qui a suivi ce rendez-vous, toujours vague et sans devis.

Retour sur ce choc de culture professionnelle

Si je te raconte cette histoire, c’est parce que cette “rupture” m’a donné à me remettre en question, pour n’avoir pas su identifier le problème que poseraient les différences de culture professionnelle entre les pros qui font beaucoup de mariages et les autres. Car bien entendu, j’ai été très en colère pendant un certain temps vis-à-vis de cette ex-prestataire, alors qu’en examinant la situation avec recul, j’aurais dû réaliser que la communication ne passait pas, non par malice, mais par inexpérience des deux côtés.

Travailler avec des prestataires peu expérimentés

Crédits photo (creative commons) : Sonorax (modifié)

Ci-dessus, allégorie expliquant à quel point ton prestataire qui ne baigne pas dans l’univers du mariage est déconcerté par certaines de tes demandes, et à quel point il est donc vain de te mettre en colère. (Et puis un chaton, c’est choupinou.)

Je ne t’incite pas nécessairement à ne faire appel qu’à des professionnels du mariage rodés, car j’ai également fait sur mon chemin de belles rencontres, que j’aurais manquées si j’avais opéré un tri en fonction du nombre d’années au compteur.

Mais quel que soit le prestataire considéré, cette histoire m’a persuadée qu’il faut “le sentir”, “avoir le feeling”… et ce d’autant plus lorsque tu te tournes vers quelqu’un qui n’a pas l’habitude des mariages. Cette personne ne pourra pas se baser sur des expériences passées pour traiter avec toi et devra donc se montrer doublement à l’écoute pour te satisfaire, ou alors tu devras expliquer les choses plus longtemps – ce qu’il vaut mieux faire pour quelqu’un avec qui le courant passe bien.

Alors, pour ton mariage de petit chevreuil gambadant librement dans les fourrés, si tu te sens à l’aise avec un professionnel attentif, tu es sur la bonne voie. Si, comme moi, tu n’as pas le mojo… cours à toutes pattes vers des clairières mieux ensoleillées.

Et toi, organises-tu un mariage « atypique » ? Quelles galères as-tu rencontrées avec tes prestataires ? Raconte-les-moi en commentaire !


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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12 commentaires sur “Dans la série “Challenges d’un petit mariage” : Mademoiselle Fantail et le restaurant fantôme”

  • Ahah, que tu m’as fais rire Mlle Fantail ! Tes chroniques sont toujours pleines d’humour, bravo !
    Et tu as raison, le fait de ne pas être dans le monde du mariage peut malheureusement compliquer les choses pour certains prestataires…. J’ai hâte que tu nous racontes comment tu as trouvé votre restaurant du coup 😀
    Et bravo de faire ce mariage “a contre-courant” !!

    • Merci Madame Impatiente ! Oui, comme souvent la communication est bien plus facile avec des prestataires qui comprennent tout de suite ce qu’est un mariage. C’est un univers assez codifié finalement, donc même en diminuant la taille de l’événement, les attentes restent les mêmes 😉

  • J’adore ta façon d’écrire Mlle Fantail, encore une fois tu m’as bien fait rire !!! 😀

    Pas vraiment un mariage atypique au sens premier du terme nous concernant, mais un petit comité qui nous oblige à revoir certains “codes” du mariage dit classique… Pour le moment, nous n’avons que 2 prestataires bookés et à moins de craquer sur un vidéaste professionnel, nous n’en aurons pas davantage d’ici deux ans 🙂
    La salle que nous avons réservée propose normalement un gîte et des chambres d’hôtes en location, les propriétaires ne sont pas spécialisés mariage mais ils restent à l’écoute de nos envies et de nos souhaits, et c’est plus qu’appréciable… On voit qu’il veulent bien faire et nous satisfaire au maximum, ce qui permet une confiance réciproque je pense 🙂

    Mais je suis d’accord avec toi : il faut rester vigilant avec des prestataires débutant dans le monde du mariage car ils n’ont pas encore tous les automatismes d’un presta plus expérimenté, qui saura sans doute prendre les devants et anticiper certains couacs avant même que les futurs mariés ne lui en parlent.

    • Tu as l’air d’avoir trouvé la perle rare Nala, un prestataire encore “jeune” dans le monde du mariage qui apporte son regard frais mais reste néanmoins à l’écoute ! Bravo ! 😉

    • Oh merci Madame Framboise !
      C’est vrai qu’il y a souvent de bonnes histoires derrière de bonnes galères… Ca permet de relativiser sur le moment 😉

  • Tu m’as fait mourir de rire de bon matin, merci !! Sans parler du “Il confond pâté et foie gras, alors il vaut mieux que la mariée soit la tête pensante pour ce poste ! ” ahahah !! (Victoire, mon Irlandais comprend maintenant trèèès bien la différence et tâche de l’inculquer à sa famille. Discussion du weekend dernier , entre Mr Claddagh et ma belle-soeur: “Well you don’t like scallops, so you’ll have foie gras as a starter. – What’s foie gras? It’s just pâté no? [Melle Claddagh s’agrippe à sa chaise pour ne rien dire]- No, much much nicer – Mmmmh [ belle-soeur non convaincue ] – Yeah I’m telling you, it’s much nicer, and the best I’ve ever had”. (Oui, je l’avoue, dans ma tête, notre traiteur était choisi juste après avoir goûté leur foie gras en entrée. Y a des coups de foudre dans la vie)

    • Ah, enfin un peu de bonne volonté du monde Anglo-Saxon envers le foie-gras ! Le nombre de fois où j’ai dû mordre ma langue devant ma belle-famille qui tentait de comprendre la différence entre les deux… Tu féliciteras ton fiancé de ma part 😉
      Je note aussi que décidément nos mariages ont des points communs… Moi aussi, j’ai des scallops et du foie-gras en entrée héhé 😉

      • Ooh vraiment ?? C’est rigolo ça !
        Je ne vois qu’une solution : leur ramener une boite de foie gras de France, un pâté, et faire une dégustation comparative 😀

        • Je me demande ce que la douane en penserait… Ils sont un peu tâtillons en Nouvelle-Zélande avec plein de choses. La biodiversité de leur île n’est pas un sujet de plaisanterie !
          A suivre donc… C’est un sujet d’importance, il faut donc prendre des mesures d’importance ! 😛

  • Décidemment , j’adore la manière dont tu écrit tes articles! Et oui, toujours cette histoire de feeling qui revient, mais c’est tellement important au final, de se sentir bien avec ses prestataires!

    • Merci Madame Red pour ces jolis mots ! *rougit*
      Oui, l’importance d’un bon relationel est vraiment à ne pas sous-estimer. On n’est pas obligé d’être super-copain avec son prestataire, mais en revanche, il faut qu’on se sente mis en confiance par sa manière de bosser et d’interagir. Sinon, c’est la porte ouverte aux incompréhensions et aux frustrations…

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