La rencontre de l’autre côté du miroir : stylo, grenadine et jeune fille perdue

Tu te souviens ? Je t’avais promis de travailler Monsieur Plume pour qu’il nous raconte sa vision de notre rencontre. Je n’étais (de très loin) pas certaine d’y arriver, et pourtant, il l’a fait. Du coup, cette fois-ci, je lui laisse le clavier et promis, je n’ai presque rien touché (et je ne l’ai pas menacé pour écrire de si gentilles choses). Du coup, tout ce qui suit est de Monsieur Plume…

Un jour qui s’annonçait comme d’autres du même genre. Un examen, des résultats à atteindre, un potentiel travail à la clef. C’est dans cette optique que je me rends à l’examen de police le 8 mai 2016 sur le lieu improbable de Savatan. Construite dans une montagne, cette caserne domine les villages et villes alentour, et c’est à cet endroit que ma vie prend un tour pour le moins surprenant.

Mes parents, qui ont fortement insisté pour que je m’inscrive à ce concours, me déposent en voiture. La route qui monte du parking vers les bâtiments est longue et sinueuse. Dans mon errance, je croise une fille qui, de toute évidence, s’est trompée de chemin et revient sur ses pas. Ne sachant s’il s’agit d’une candidate ou d’une fille du personnel local, j’engage la discussion et lui demande si elle a une idée de la route à suivre.

Notre rencontre

Crédit photo (creative commons) : Free-Photos

Comme elle est autant perdue que moi, nous décidons de parcourir cet étrange endroit ensemble, discutant de choses triviales comme le font les personnes soumises au stress. Nous trouvons alors la place de rassemblement. Nous sommes rapidement entourés par d’autres personnes soumises au stress. Chacun pose ses questions, se présente, se met en garde mutuellement sur la difficulté des épreuves à venir, puis nous sommes appelés à monter dans une salle.

Je suis assis à côté de la fille perdue. Elle n’a pas jugé utile de prendre un stylo, je lui en offre un. Probablement mon geste le plus important et désintéressé. Puis deux groupes sont faits. Par le hasard alphabétique, nous sommes séparés. La journée se déroule sans que, je l’avoue, j’en garde un souvenir mémorable. Des exercices physiques, d’autres plus intellectuels, des candidats et candidates avides de démontrer leur capacité musculaire, je ne me sens pas à ma place. Ces facteurs aidants, j’oublie la fille perdue sans stylo, bien qu’elle se soit démarquée de mes camarades alphabétiques par une réflexion profonde sur la situation et par une grande gentillesse qui émane naturellement d’elle.

Les résultats sont donnés. Mon endurance de sportif fumeur du dimanche n’est pas suffisante et je rejoins sans grande peine les divers réprouvés du centre de formation policier. À nouveau, mes parents viennent me chercher. La descente vers le parking est plus aisée que la montée, j’y rejoins un groupe de gens qui attendent également leur taxi. Des gens qui, comme moi, n’ont pas atteint les objectifs pour une raison ou pour une autre. Les minutes passent et de plus en plus de monde descend le chemin, les élus ont également terminé. La fille moins perdue qui a maintenant un stylo se dirige droit sur mon groupe. C’est qu’il s’agit du sien, ceux avec qui elle a passé les examens. On parle puis elle décide de prendre nos numéros avec mon stylo, promettant de nous faire parvenir des informations sur la deuxième journée d’examen. C’est sans grande attente que je lui donne le mien, puis mes parents arrivent.

Quelques jours plus tard, c’est avec surprise que je reçois un message de sa part. Nous discutons d’abord des examens, puis d’autres sujets. J’habite à Lausanne, elle y fait souvent du bénévolat. Une rencontre est rapidement programmée. Sans forcément considérer ça comme un rencart, je me prépare avec soins.

Je la retrouve suintante d’une dure journée de travail au profit des plus démunis. Elle dégage cependant un certain charme. Nous descendons dans la brasserie la plus réputée de Lausanne pour se désaltérer. Qui dit brasserie dit bière de qualité, et ma surprise est de taille quand je l’entends commander un diabolo grenadine alors que je m’enfile un litre d’une bonne bière artisanale. La discussion s’articule autour des sujets à éviter pour un premier rendez-vous. La religion, l’armée obligatoire propre au système suisse, tout y passe. Pourtant, cette fille suintante sobre sait écouter, a son avis propre mais ne juge pas celui des autres. Comme j’ai bu sa part d’alcool, je ne me souviens plus exactement de toute cette discussion. J’en garde cependant un sentiment général agréable.

Notre premier rendez-vous

Crédits photo : Photo personnelle

Il se fait tard et elle doit prendre le dernier train. Le chemin qui me ramène chez moi passe par la gare, c’est sans grand effort que je peux être galant.

Nos mains se frottent régulièrement puis je décide de prendre la sienne complètement dans la mienne. Comme des petits écoliers, nous échangeons des regards confus et gênés. Je ne l’écoute plus. Je me rends compte à ce moment-là, et cela ne m’a pas quitté depuis, à quel point cette fille est intelligente, gentille, tournée vers les autres et, le plus important pour moi, capable de discuter de tout. Une voix dans ma tête me pousse à aller plus loin avec cette merveilleuse personne qui me convient parfaitement, dans ses qualités et surtout dans ses défauts.

Avant qu’elle ne monte dans son train, j’arrive à lui arracher un baiser. Cette courte rencontre sera suivie de beaucoup d’autres pas moins intenses, qui seront toutes des confirmations de ce sentiment initial : cette fille est parfaite pour moi.

Et toi, comment ton monsieur ou ta mademoiselle voit votre rencontre ? En avez-vous déjà parlé ? Et surtout : bière ou diabolo ?

Enchantée, moi c'est Mademoiselle Plume, future femme de Monsieur Plume ! Plume pour celle que j'aime manier (au sens malheureusement figuré, mais je préfère Mademoiselle Plume à Miss Clavier) Plume pour sa douceur, celle de notre histoire, que je me réjouis de te raconter (il sera question d’un examen, d’un guet-apens saveur grenadine et de notre vie en Suisse, le tout saupoudré de soutien, de partage et d’admiration réciproque…) Plume pour sa légèreté, celle qu’on souhaite à notre mariage (même si fondue au menu, ça fait cliché suisse et peu léger, mais il y aura aussi des oiseaux de papiers) Plume pour apprendre à voler avant notre décollage à deux, en août 2020 ! Et pour la suite de nos aventures (va-t-on vraiment réussir à se marier en 2020 ? Ou covid va-t-il retarder notre envol ?) tu nous retrouveras dès le 30 juin 2020 sur https://www.paillettesetchaussettes.fr !

Commentaires

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    Madame Chaton
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    30 avril 2020

    Ahahah tu m’as fait rire M. Plume, quel non romantisme « cette fille suintante sobre » heureusement que tu te rattrapes avec une jolie déclaration à la fin !! En tout cas c’est chouette de voir de l’autre côté du miroir, merci d’avoir pris la plume pour nous faire vivre ton côté de l’histoire. et bravo pour ton titre digne d’un titre de roman !

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    Mlle couture
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    30 avril 2020

    Oh mais quelle magnifique histoire vue de l’autre angle! Un axe différent pour une même histoire, emplie d’amour de part et d’autre 🥰🥰🥰

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    Madame Pomme de Pin
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    30 avril 2020

    C’est beau quand les Messieurs Dentelle prennent la plume. Ça devrait arriver plus souvent. Moi je n’ai pas réussi à convaincre M. Rider de passer de l’autre côté du blog.

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