9 mai 2020, ce jour qui aurait du être le mien

S’il y a bien une chronique que je suis plutôt amère de débuter, c’est bien celle-là.

Si tu as suivi un peu mes chroniques, tu te rappelleras sûrement que le 9 mai 2020 aurait dû être notre grand jour avec Groominet. Seulement voilà, la situation actuelle étant ce qu’elle est, nous avons dû reporter notre wedding day ! Je ne vais pas revenir ici sur le report de notre mariage mais nous voulions quand même marquer le coup car cette date nous l’avions choisi, malgré tous les avantages qu’on a pu trouver au report de celle-ci. Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un pincement au cœur en imaginant ce qu’aurait été notre journée ! Voici donc un article sur la célébration de notre non-mariage.

Quand l’annonce du report de notre mariage est tombée, il nous restait un peu plus d’une quarantaine de jour avant de célébrer notre union. Ce compte était repassé à plus de 240 jours alors. Soulagement et pincement au cœur… Depuis je t’avoue que je n’y avais pas beaucoup pensé… jusqu’à maintenant ! Compte à rebours d’un acte manqué…

Crédit photo (creative commons) : photo-nic-co

Mercredi 6 mai 2020

J-3 : météo idéale / pas un nuage / 26°C

Alors que je suis une formation de cinq jours sur Facebook pour la déco du mariage, je dois réaliser un moodboard (entends par la un tableau d’inspiration) sur notre déco de mariage. Exercice facile pour nous. Puis face aux commentaires des collègues de formation devant l’aspect technique de la réalisation, je prends conscience de la date du jour.

Aujourd’hui j’aurais dû aller me faire masser, aller faire mes ongles et refaire une jolie couleur de cheveux, bref une journée détente avant le tumulte des jours à venir… Aïe, le voilà : le premier pincement au cœur d’une longue série. Je sens que les jours à venir vont être plus compliqués que prévu finalement.

Crédit photo (creative commons) : Freepik

Jeudi 7 mai 2020

J-2 : grand soleil / un nuage petit nuage ose ternir le ciel / 25°C

Aujourd’hui c’est le coup d’envoi de ce weekend qui aurait dû être épique. Récupérer les clés de notre domaine et attaquer la déco des plafonds : gros chantier entre les tentures à tendre et les 200 mètres de guirlandes à accrocher. Nous devions aussi réceptionner la vaisselle et verrerie de notre traiteur.

Nous gardons un œil sur la météo mais au lieu de souhaiter un grand beau temps, nous espérons de façon mesquine avec Groominet que le temps sera dégueulasse. Petite bassesse de base pour avoir moins de remord que s’il y avait un grand et beau soleil avec 26°C, bref le genre de temps idéal qu’on espère tous pour notre mariage. Au dernier check, samedi annoncera le début des 3 jours d’orage, petite lueur de jubilation dans un océan de sentiments confus…

Nous prenons aussi conscience que si notre mariage avait eu lieu, ma belle-sœur (qui est aussi ma demoiselle d’honneur) actuellement enceinte de 8 mois, aurait non seulement loupé notre mariage (elle nous avait prévenu et bien sûr un bébé est 1000 fois prioritaire par rapport à un mariage) car elle vit avec mon frère à 800 km de là, mais en plus elle aurait été privée de mon frère pour son anniversaire (le même jour que notre mariage). Je pense à elle et je suis contente que notre mariage soit décalé décidément…

Vendredi 8 mai 2020

J-1 : beau temps, pas un nuage et 25°C

Le coup de feu avant la grande fête… C’est ce à quoi aurait dû ressembler cette journée. Le programme établit à la base était un joyeux bazar entre déco avec notre golden team, accueil de ma famille qui vient de Bretagne, retrouvailles. Nous devions installer toute la déco des tables, des différents corners de la salle (espace livre d’or, table d’exposition du gâteau, coin photobooth, sas d’accueil de la salle de réception), installer des barnums pour le traiteur et le photobooth, mettre en place la cérémonie laïque et de l’espace cocktail, stocker les animations, aller chercher la remorque frigo et la remplir…

Je me rends d’ailleurs compte que même avec de l’aide, le programme de la journée était très ambitieux, quelque part cette introspection dans mon organisation fantôme me permet de remettre en ordre mon planning afin d’éviter de péter un câble le jour J. Tiens serait-ce une pointe de remerciement envers le destin qui m’a permis d’éviter une catastrophe (et le fait de probablement me mettre à dos la moitié de mon entourage ce jour-là) que je ressens ? Damne, bonne ou mauvaise fortune, mon cœur balance encore…

J’en profite pour me lancer dans la réalisation d’un mini wedding-cake revisité (oui je n’ai ni le talent ni les ingrédients de notre cake designeuse) pour demain. Je prépare la génoise à la vanille et le frosting ananas / passion (couche entre chaque partie de génoise). Je mets le tout au frigo pour faire le montage demain. Au passage, j’ai repeint ma cuisine au frosting en le préparant, Groominet et moi compris (il me propose gentiment et de façon pas du tout intéressé de m’aider à me nettoyer).

Crédits photo : Photo personnelle

Notre « No wedding cake » fini !

La nuit va être longue (aucune allusion sexuelle) et j’aurais dû la passer sur le lieu de réception avec ma famille et Groominet chez ses parents pour essayer de respecter un minimum la tradition. J’hésite fortement à virer Groominet du lit comme hommage à cette occasion manquée…

Samedi 9 mai 2020

Jour J : belles éclaircies, quelques petits et 24°C

Nous y sommes… Drôle de sensation au réveil, j’ai envie de pleurer et le petit-déjeuner à un goût de cendre… Il est tôt, 7 heures (oui après presque 2 mois de confinement Loulou et Chouquette n’ont toujours pas compris que grasse matinée voulait dire rester au lit après le lever du soleil, on aurait du moins les élever entourés de poules… On regrette). Les minis monstres comme d’hab sont au taquet, ils n’ont aucune idée du drame intérieur que je vis aujourd’hui. J’aurais dû être en train de me préparer pour la cérémonie à la mairie, aïe, le morceau de tartine que je mâche à du mal à descendre, elle va être longue cette journée. Seule consolation : je suis la nouvelle maman d’un poussin orphelin nouveau-né (longue histoire)…

J’envoie un message à ma belle sœur pour lui souhaiter un joyeux anniversaire, je pense à ma grand-mère paternelle qui aurait fêté ce jour-là avec mon grand père s’il avait été encore parmi nous, ses 65 ans de mariage. Bref… J’envoie Groominet acheter les dernières courses qu’il nous manque (je rêve en secret qu’il me rapporte un bouquet de fleurs, triste illusion).

Je file sous la douche pour m’isoler 30 minutes, boucler mes cheveux et rattraper 2 mois de friche stylistique… Et repréparer ma peau pour le maquillage de ce soir.

J’occupe ma matinée en sortant et soignant nos animaux (nous en avons quelques-uns quand même), puis en m’attaquant au montage du wedding-cake. Ce n’est pas mal, je remets le tout au frais pour attendre le dressage final cet après-midi. Nous nous sommes dits avec Groominet qu’on fêtera notre « jour manqué » le soir, comme aurait dû se dérouler notre vrai jour. Bon va falloir s’occuper tout l’après-midi…

Il est 14 heures et les « festivités » sont prévues pour 18 heures, va falloir s’occuper… Je me suis déjà prévu le créneau 16-18 heures dans la salle de bain afin de travailler ma mise en beauté (ça me permettra de m’entraîner pour le jour J). Je finalise donc le dressage du wedding-cake. Je coupe les cheveux de Mister Loulou, Groominet passant la tête par la fenêtre à ce moment-là me demande s’il me reste du courage et de la patience pour m’attaquer à sa tignasse.

Crédits photo : Photo personnelle

Test de mon maquillage, pas une grande réussite lol !

À 15 heures, je tourne déjà en rond, j’attaque donc à mon maquillage. Entre Youtube et Pinterest je trouve l’inspiration : du brillant, du bleu, des faux cils, du contouring, … Mer** je n’ai plus de colle à faux-cils ! Je trouve que mon maquillage est trop prononcé… Bon je m’occupe de la coiffure : c’est bon ça passe !

C’est l’heure du goûter ! En accompagnement, je décide de tester le cocktail de ce soir : sangria blanche, limonade, jus de citron, et grenadine ! Ça passe plutôt bien et ça détend… On continue !

Crédits photo : Photo personnelle

Adaptation personnelle d’un cocktail appelé « l’orgasme » !

17 heures, il est temps de doucher les minis monstres. Le temps que tout le monde passe à la salle de bain, s’habille et se pomponne, il est déjà 18 heures. Ça sonne le début de nos festivités !

Au programme nous faisons une mini séance photo famille (pour une fois que nous sommes tous bien habillés, je ne vais pas laisser cette occasion). Groominet tente d’allumer le barbecue (mais le vent qui s’est levé mets à mal ses tentatives, ça se terminera par un K.O. en faveur du vent vers 19 heures). Nous calons les minis devant un dessin animé le temps de faire notre première danse (bien habillés pour une fois d’habitude, comme on s’entraîne sur la terrasse nous dansons en crocs, glamour quand tu nous tiens…). C’est la première fois que nous dansons avec autant d’émotions, ça me donne encore plus hâte de découvrir ce que ça donnera le grand jour !

Le reste de la soirée a été somme toute assez simple, apéritif, repas puis enfin notre « wedding-cake ». Ce n’est pas notre vrai gâteau (bon il n’est pas en plastique non plus lol) mais il est plutôt bon (et nous en avons pour 5 jours !).

Crédits photo : Photo personnelle

La robe que je porte est celle que j’ai prévu pour notre retour de noces

Dimanche 10 mai

J+1 : ciel gris, quelques gouttes et 17°C

Je me rends compte que je me suis transformée en experte météo. Voilà nous sommes le lendemain, aujourd’hui aurait dû être notre retour de noces. Et la fête devait continuer jusqu’à ce soir.

Le réveil ce matin est encore plus matinal (merci à mon poussin d’avoir pioupiouté ce matin avec autant de joie, sûre que c’est un coq lui !). Je fais enfin le deuil de mon grand jour. Je me dis que nous avons eu de la chance qu’il soit décalé car notre Mini Chouquette est tombée malade il y a presque 2 mois (nécessitant une hospitalisation) et même si elle n’est plus malade la rémission est lente et compliquée. Elle n’aurait pas voulu participer à une seule photo et n’aurait pas voulu quitter mes bras ou ceux de Groominet. Elle n’aurait même pas accepté de partir avec la nounou pour la soirée et pour la nuit.

Faire cet article m’aura permis beaucoup de choses :

  • Je me suis rendue compte que le planning pré-mariage était beaucoup trop mal réparti ce qui aurait causé des tensions à coup sur le jour. J’ai donc le temps de mieux gérer la préparation et d’organiser tout ça au mieux pour que les aides ces jours-là soient le plus autonomes possibles !
  • Je suis une freak-control et je sais que même le jour J, je serai au taquet niveau organisation. Maintenant j’ai envie de prendre le temps. Le temps de profiter de ma préparation avec ma team, le temps de profiter de mes invités qui auront fait tant de route pour venir, le temps de profiter de Groominet… Bref savourer cette journée et celles qui précèdent et qui suivent au maximum en lâchant du lest (promis je reviendrais lire ces lignes avant de mon grand jour en octobre).
  • J’avais laissé tomber quelques idées que j’avais pour le jour du mariage mais maintenant qu’un nouveau délai m’est offert je reviens sur mes fondamentaux et décide de me faire plaisir avant tout ! C’est notre journée (enfin nos journées) et le seul jour où je pourrais imposer mes envies autant y aller à fond !

Voilà le récit de cette épopée…

Dis-moi as-tu vécu la même chose ? Et si oui qu’en as-tu ressorti ? Kiss Kiss Dimezi.



6 commentaires sur “9 mai 2020, ce jour qui aurait du être le mien”

  • Un peu comme une thérapie ce weekend et ce récit écrit. Joli no-wedding cake et vous êtes super beaux habillés sur votre 31 pour la photo de famille. Allez bon courage pour les mois à venir, profite de tes préparatifs.

    • Oui ça m’a fait du bien de coucher ces mots sur papier et de pouvoir tourner la page ! ça a aussi mis vraiment en évidence les lacunes de notre première organisation et de pouvoir mieux gérer la vraie mise en place en octobre ! Même si pour le coup on ne sera plus dans la région.

  • Coucou, et oui comme toi ça aurait dû être notre mariage ce 9 mai… on a marqué le coup aussi. Apéro dînatoire bouteille de vin et boom avec notre fille de 5 ans. Comme toi j’ai « vécu » mon mariage… mélangé de tristesse et de fatalité. Ce n’est que partie remise c’est sur mais on s’était habitués à cette date!!! Bref voyons le positif, on a 6 mois pour faire un tri encore plus dingue ou parfait (au choix, ou pas d’ailleurs) 😘😘

    • Oui c’est sur puis nous allons être pas mal occupé jusqu’en août au moins et après ça va arriver très vite ! Et puis ça nous permettra de nous offrir un « deuxième mariage », notre mini mariage civil, de façon beaucoup plus fun et décontracté !

  • Que vous êtes beaux sur la photo!! Il faut essayer de voir le positif, une répétition grandeur nature de votre grand jour Il est beau ton gâteau, bravo

  • J’aime beaucoup ton état d’esprit à la fin de ton billet. Comme on dit  » faire contre mauvaise fortune, bon coeur »: on trouve souvent plusieurs aspects positifs à une situation qui n’est pas géniale. Cependant, je suis tout de même désolée pour toi que ce satané Covid ai été de la partie et vous ai fait louper votte jour J. Tres belle photo de famille 🙂

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