Est-ce que la préparation au mariage peut être chouette ?

Pendant plusieurs mois, j’ai sondé mon entourage, j’ai erré sur les blog et écumé les magazines de mariage afin d’avoir un avis sur cette fameuse préparation au mariage, étape obligatoire si tu te maries à l’église ou du moins à l’église catholique. Maintenant que j’ai moi aussi vécu cette “épreuve”, je tenais à apporter mon témoignage.

Est-ce que la préparation au mariage peut être chouette ?

Crédits photo (creative commons) : John Hope

Notre mariage, nos religions et nous

Nous sommes tous les deux croyants mais peu pratiquants. Lui, orthodoxe de la branche grecque et, moi, catholique de la branche dite “moderne” (ce qui ne veut pas dire grand chose puisque je connais des modernes très traditionnels et des tradis très modernes).

Pour ma part, j’ai été baptisée et j’ai reçu une éducation religieuse qui m’a permise de recevoir les sacrements. À 16 ans, en classe de seconde, j’allais encore à l’aumônerie (le cathé pour les ados). Puis, je suis passée par une longue période pendant laquelle je rejetais la religion. Je suis encore en cours de réconciliation et, pourtant, me marier à l’église était une évidence et, dans celle de mon enfance, un rêve. J’ai toujours espéré que si j’épousais un homme qui ne partageait pas mes convictions qu’il accepterait tout de même de se marier à l’église.

Mon beau Ténébreux est orthodoxe. Il s’agit d’un héritage de sa grand-mère grecque et très croyante. Mais en réalité, ses parents sont catholiques et pratiquants. Mon Chéri n’a jamais eu d’éducation religieuse. Il a juste reçu le baptême orthodoxe à l’âge de 5 ans. Et même si il s’intéresse beaucoup à Dieu, jusqu’à là, il l’était beaucoup moins par la religion.

Il a quelques années, mon beau Ténébreux a assisté au mariage de sa mère et son beau-père (il a perdu son papa lorsqu’il était jeune). Une jolie cérémonie catholique traditionnelle, en latin et tout le tintouin.

Le prêtre qui les a marié est devenu un ami de la famille avec qui mon Chéri prenait plaisir à discuter de temps à autre. Petit à petit, l’idée que si il se mariait un jour, il aimerait l’être par ce prêtre, a fait son chemin dans son esprit.

Exit donc le mariage orthodoxe, ce sera un  mariage catholique. En revanche, chez les tradis… J’ai accepté car c’est bien la seule chose dans ce mariage pour lequel mon fiancé avait une réelle “envie”. Ce geste, c’était certainement la première concession de ma part dans l’organisation de nos noces. Mais est-ce que la vie à deux, ce n’est pas aussi faire des compromis sur les sujets qui tiennent vraiment à cœur à l’autre ?

Les tradis, mes a priori et moi

Il faut dire que me faisais tout un foin des prêtres traditionnels. Je pensais que celui qui nous marierait nous ferait la morale au sujet du sexe et du fait de vivre ensemble avant le mariage, à propos de notre façon de pratiquer ou plutôt de ne pas pratiquer la religion en allant pas à la messe régulièrement et enfin de notre mariage “mixte”. Je parle bien en terme de “religions différentes” car j’ose espérer qu’en 2015, que pour le reste, c’est au moins un sujet sur lequel plus personne ne débat.

Pour tenter de me rassurer, Monsieur Ténébreux m’a proposé d’assister, un dimanche matin, à une messe traditionnelle dans la paroisse du prêtre qui nous marierait. C’était également l’occasion de nous présenter car je n’avais jamais vu Monsieur l’abbé.

Bien que pas traumatisante, cette expérience était loin de me convaincre. Comme je m’y attendais, je n’ai absolument rien compris à la messe en latin. En plus, la chapelle étant remplie d’habitués, l’abbé ne prenait pas toujours la peine d’indiquer à quelle page du missel se référer pour suivre. Au secours, le jour de mon mariage je ne vais rien comprendre !!! Et mes pauvres invités ? Déjà que beaucoup sont “réfractaires” à la religion, si en plus, ils doivent réviser leur latin avant la cérémonie…

Le premier rendez-vous : une très bonne surprise

Nous avons rencontré Monsieur l’abbé quelques semaines plus tard à son bureau pour parler de notre mariage. À mon grand étonnement, nous avons abordé que des détails logistiques.

  • La messe ne pouvait pas avoir lieu dans la petite chapelle à laquelle l’abbé appartient compte tenu de sa capacité d’accueil et de notre nombre d’invités. Il a donc proposé d’officier dans l’église de mon enfance en Seine-et-Marne ou dans l’église parisienne de mon choix. Oui celle de MON choix car il avait compris que si nous étions là, c’était du fait de mon mari. Il avait, semblait-il, à cœur de me faire plaisir.
  • Il a patiemment écouté mes réticences à propos du latin et des chants traditionnels qui ne me rappelait pas mon enfance. Qu’à cela ne tienne, il nous ferait, et je cite “un petit mixte sympa car vous m’êtes bien sympathique”.
  • Il a pris note que Monsieur Ténébreux était orthodoxe et qu’il faudrait faire une demande de “disparité de culte” mais, pour lui, ce n’était qu’un détail.

Nous avons passé pas moins de 45 minutes à remplir des formalités administratives. Ce n’est qu’à la fin que nous avons abordé le déroulement de la préparation au mariage. LA chose qui nous empêchait de dormir depuis plusieurs semaines. Vois-tu, nous sommes tous les deux très pudiques sur nos sentiments lorsque nous sommes en public, alors notre pire cauchemar était indéniablement d’avoir à participer à un weekend de “retraite”, ou aux réunions avec d’autres couples sur le point de se marier. En bref, toute préparation en groupe.

Et cela tombait bien, avec l’abbé, il n’en était pas question !

Nous aurions 3 rendez-vous avec lui pour discuter de notre vision du mariage, de notre avenir ensemble et de notre rapport à la religion en tant que couple et futurs parents. Ces rendez-vous auraient lieu au restaurant, au bar du coin ou chez nous, histoire de dédramatiser la chose. Notre abbé voyait plus cette préparation comme une belle occasion de discuter de la foi de façon conviviale que comme une épreuve pour le couple.

Il y aurait aussi une confession. Je comprends rapidement que nous serons “lavés de tous nos pêchés”, dont celui d’avoir consommé avant notre union. Je m’attendais carrément à ce que Monsieur l’abbé nous demande de tenir une période d’abstinence de plusieurs semaines. Son seul mot d’ordre à ce sujet fut qu’une fois confessés, nous devions nous tenir jusqu’au mariage et que, dans ce cas, il était d’accord pour que cela est lieu la semaine précédent le mariage.

Après tout ça, nous sortions de ce rendez-vous SOU-LA-GÉS !

La préparation au mariage : des moments d’échanges conviviaux et instructifs

Finalement, deux des rendez-vous ont eu lieu chez nous, autour d’un bon dîner. C’était une expérience curieuse de recevoir un homme d’église comme un ami.

Nous nous sommes donc à deux reprises affairés derrière les fourneaux. Une fois Monsieur Ténébreux, une fois moi. Même que moi qui suis connue et reconnue comme étant la reine des surgelés, j’avais vraiment préparé le repas.

Comme avec nos proches, nous dénichions en vue de ce repas la meilleure des bouteilles de vin. Je lui ai même fait mon désormais célèbre “planteur” au parfum de vanille.

La seule différence avec nos amis ? C’est qu’avant de dévier sur le dernier tweet d’Obama, la morale de tel film ou la complexité des paramètres de confidentialité de Facebook, la discussion commençait toujours par un débat presque philosophique à propos de la religion. Une fois, nous avons même parlé de mon film préféré et j’ai fini par lui prêter le DVD pour que l’on en parle la fois prochaine. Bon, à ce jour il ne me l’a toujours pas rendu mais je n’ose pas accuser un homme de Dieu de vol…

Le talent de notre prêtre : partir d’un extrait de la bible mais ancrer cet exemple dans la vie moderne, dans notre quotidien, et finir par nous amener à réfléchir à ce que nous désirions pour notre couple, notre famille et notre vie.

Je me souviens qu’à la fin de chaque séance, je lui ai dit : “Mince, on a parlé toute la soirée d’autre chose, on devrait reprendre rendez-vous pour faire une vraie séance cette fois-ci…”. Et lui me répondait : “Il me semble au contraire que ce soir vous avez développé de nombreuses pistes de réflexion. Moi, je ne me marierais jamais, alors il est normal que je ne passe pas la soirée à vous faire un monologue sur ce que je sais car en terme de relation de couple, je ne sais rien. La seule chose que je peux, c’est vous guider pour faire vivre votre foi au sein de votre couple et de votre famille”.

Oui, ce prêtre tradi était définitivement moderne ! Bon, il a quand même un gros défaut et pas des moindres : il est TRÈS tête en l’air et jusqu’aux derniers jours précédents le mariage, ce “détail” me donnera des sueurs froides.

Pour te donner un exemple, en trois rendez-vous de préparation, j’ai dû lui redonner 3 fois la date de notre mariage. À chaque fois, nous l’avons vu la renoter dans son agenda, à la date du 18 octobre qui était encore vierge. Vraiment bizarre cette information écrite au stylo qui s’efface entre deux rendez-vous…

Tu vois, la préparation a pour nous été une bonne expérience, et pourtant j’avais tellement angoissé à ce sujet. J’avais même prévu de suivre la préparation au mariage civil proposée par ma mairie, mais n’ayant pas que parlé de religion avec notre prêtre, j’ai trouvé que ce n’était finalement pas utile.

[Si tu habites les 7e ou 15e arrondissements de Paris, sache que sont proposés des séances de préparation au mariage civil. Un rendez-vous en couple avec un conseiller conjugal dans le 7e et une session en groupe dans le 15e. Bien sûr, c’est gratuit. 🙂 ]

Je ne retiens définitivement que du positif de ma préparation au mariage car, sans que je m’en aperçoive, elle m’a permis de me poser les bonnes questions quant à notre engagement. Il s’est avéré que même si je ne le prenais pas à la légère, je ne n’avais pas tout à fait conscience de ce que ça impliquait en terme de vie de couple, de femme et de future mère.

Et toi, as-tu eu une bonne expérience de préparation au mariage ? Est-ce qu’elle s’est faite de façon peu conventionnelle ? Est-ce qu’elle t’a été utile ? Raconte-moi…


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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3 commentaires sur “Est-ce que la préparation au mariage peut être chouette ?”

  • Nous aussi pudique sur nos sentiments, c’est partager une journée en groupe où tu vois la diversité des histoires de couples qui m’a le plus intéressé dans notre préparation au mariage. Des gens que tu ne reverras jamais après, mais qui peuvent t’apporter des choses. Si tu ne veux rien dire de personnel, tu n’es pas obligé. Surtout, qu’on ne parle pas que sentiments, mais vie de couple en général.
    Ah la confession… heureusement, on ne nous a pas demandé de le faire. Mais j’ai demandé à mon futur de m’accompagner à la célébration communautaire du pardon avant Pâques, donc quelques mois avant le mariage, étape important pour moi.

  • Au final il n’est plus question de mariage religieux chez nous ( les convictions de Monsieur étant presque nulles, mon athéisme a “gagné”) … Mais a l’heure où nous évoquions encore d’éventuelles concessions de ma part … J’avais envisagé de n’accepter qu’une possibilité de messe : à 2700m d’altitude, au coeur des montagnes, dans une chapelle d’alpage … Le hic : la dite chapelle est en Italie et je ne suis pas même baptisée et l’union religieuse en Italie exige la confirmation … Le prêtre du village était pourtant prêt à me faire la préparation au baptême lors de randonnées en montagne ! Il restait malgré tout du boulot et puis finalement l’idée de nous unir sans nos grands parents ( car trop haute altitude) nous a fait nous raviser ! Sans parler du bébé surprise qui pointes le bout de son nez au printemps !!!!

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