Me marier, moi ? Jamais !

Dans ma chronique de présentation, j’évoquais le fait que rien ne me destinait à me marier, même après avoir rencontré M. Licorne, car j’étais persuadée que le mariage ce n’était pas pour moi. Pour cette deuxième chronique, j’ai donc décidé de t’expliquer comment je suis passée de « Moi, jamais de la vie je ne me marierai ! » à « J’écris des chroniques sur Mademoiselle Dentelle ! ».

Il faut pour ça remonter à lorsque j’étais enfant. Je vais être claire d’emblée : je ne m’étais jamais, au grand jamais, rêvée en princesse épousant son prince charmant. Pour tout te dire, j’étais plutôt du genre garçon manqué, et mes héroïnes Disney préférées étaient Pocahontas et Mulan plutôt que Cendrillon et Belle. Je me souviens d’ailleurs que, du haut de mes huit ou neuf ans, la scène de « la dame marieuse » au début du film Mulan m’avait particulièrement marquée : « Quoi, il faut savoir faire tout ça pour se marier ? ». Et je trouvais que Mulan avait vraiment raison de se suivre sa propre voie et de faire des choses beaucoup plus chouettes que de se marier, comme sauver la Chine par exemple.

Me marier, moi ? Jamais !

Crédits photo : Matheustorrezan

En grandissant, je n’ai pas vraiment perdu mon côté garçon manqué, et je n’avais toujours pas de rêve de mariage. Alors oui, comme toute jeune fille, je rêvais un jour de rencontrer le garçon-beau-charmant-intelligent-drôle-et-fort avec qui j’allais passer le restant de mes jours, qui sera le père de mes enfants, etc. mais le mariage n’apparaissait pas dans ce tableau idyllique. J’ai été beaucoup influencée je pense par le modèle de mes parents, ensemble depuis bientôt 35 ans, qui ont eu deux enfants, ont construit leur vie ensemble, sont toujours très complices, mais qui ne se sont jamais mariés. En face de ça, j’ai eu autour de moi pendant mon enfance et mon adolescence plusieurs couples mariés qui divorçaient, le plus souvent dans le sang et les larmes, avec au milieu de toutes ces histoires d’adultes, des enfants qui souffraient.

J’en avais alors déduit que le mariage n’était pas le talisman synonyme d’amour éternel et de bonheur sans nuage qu’on nous avait vendu dans les contes pour enfants.

Mais un beau jour…

Même après avoir rencontré M. Licorne à 18 ans, et avoir décrété que ce serait LUI l’homme de ma vie et pas un autre, je ne me suis pas mise à penser au mariage. Je voyais toujours ça comme une institution un peu désuète, mêlant traditions et religion, deux choses dans lesquelles je ne me retrouvais pas du tout. Il faut dire que j’ai assisté à très peu de mariages dans ma vie (en réalité : un seul), et même si j’avais trouvé génial celui de ma grande cousine, plein d’amour et d’émotions, je m’étais dit que ce genre de cérémonie n’était vraiment pas pour moi. Pourtant, je ne suis pas quelqu’un qui a peur de l’engagement, je suis plutôt du style « À la vie, à la mort » en amour comme en amitié. Et je ne doutais pas un instant de notre amour avec M. Licorne. Mais je ne voyais pas ce que le mariage allait changer à notre bonheur. J’étais donc loin, très loin, d’attendre avec impatience le moment où M. Licorne allait faire sa demande.

Et c’est donc M. Licorne qui un jour, un peu hésitant, a évoqué en premier le mariage. Ma réaction ne s’est pas faite attendre longtemps : le mariage, très peu pour moi, ça sert à rien et ça coûte cher. Autant te dire qu’il était alors assez déconfit. J’ai vu que j’avais touché un point sensible et au bout de quelques mois et deux ou trois discussions sur le sujet, j’avais fini par lui dire : « Je ne veux pas me marier, mais je suis d’accord sur le fait que tu es beaucoup plus que mon copain, donc si tu veux on peut se pacser. Peut-être que le mariage suivra, mais rien n’est certain. » Nous faisons donc, tous joyeux, les démarches début 2014 pour nous pacser en mai de la même année. C’était sans compter la détermination de M. Licorne, qui m’a fait sa demande officielle en mariage en avril 2014, me prenant complètement de court. C’était l’un des moments les plus heureux de ma vie, un moment plein d’émotion et de délicatesse, et sur le coup j’ai tout de suite dit « OUI » en pleurant à chaudes larmes (cet instant trop pipou et hors du temps sera d’ailleurs l’objet de ma prochaine chronique !).

Ainsi naquit Mademoiselle Licorne

Sauf qu’une fois ma bague de fiançailles au doigt, mon sourire béat estompé et l’effervescence du moment retombée, j’ai posé quelques conditions : avant de passer le cap, il faudra attendre que je me sente prête pour cet engagement important, et que nous ayons tous les deux des situations professionnelles stables. Nous avions alors 23 ans, nous étions tous les deux encore étudiants et à peine installés dans la même ville, je savais donc que ça allait prendre du temps.

Me marier, moi ? Jamais !

Crédits photo : Photo personnelle

Ok, je te l’accorde, 24 heures après la demande j’étais encore sur mon nuage !

Je me souviens parfaitement de ces premiers jours en tant que jeune fiancée, où j’étais entourée d’un groupe de filles littéralement hystériques dès que j’expliquais que M. Licorne m’avait demandée en mariage. Pour tout dire, je ne comprenais pas trop toute cette excitation, et j’étais un peu sonnée. Je ne réalisais pas trop ce qu’il m’arrivait, moi qui avais juré de ne jamais me marier ! À tel point que lorsque j’ai annoncé à Maman Licorne et à ma grand-mère cette grande nouvelle, elles ne m’ont pas cru au début ! Il suffisait en fait que l’idée fasse son chemin, et ça m’a pris deux ans. Oui, tu as bien lu, j’ai mis DEUX ANS après la demande de M. Licorne pour me sentir prête et commencer à regarder un blog de mariage ou un site de robes de mariée !

Et c’est à ce moment précis que j’ai eu la révélation : l’institution du mariage avait bien évolué ces dernières années, et je n’étais pas du tout obligée de faire « comme le veut la tradition » ou « pour faire plaisir aux parents » si je n’en avais pas envie. Il n’y avait aucune loi en réalité qui stipulait que pour se marier il faut avoir une robe princesse, une cravate lavallière et aller à l’église. Ce fut pour moi une libération, et je compris alors ce qui était beau dans le mariage : déclarer au monde (ou du moins aux gens qui te sont chers) combien ton Amoureux est génial et combien tu l’aimes. C’était aussi une façon de dire officiellement que tu veux construire quelque chose avec lui et que vous voulez avancer ensemble dans la vie, quoi qu’il advienne. La façon de le communiquer et de le manifester est ensuite propre à chaque couple, et une multitude de possibilités s’offrait à nous pour organiser ce beau jour à notre image.

Ce fut à ce moment-là que je basculais dans la « weddosphère » corps et âme, m’extasiant devant les robes bohèmes en dentelle, les rituels de cérémonie laïque, les food-trucks et les photobooths : la future Madame Licorne était née !

As-tu toi aussi radicalement changé d’avis sur le mariage ? As-tu eu besoin de temps pour avoir « le déclic » ? Qu’est-ce qui t’a décidé ? Dis-moi tout dans les commentaires !


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

Pssst ! Tu as vu la nouveauté de Petit Mariage entre Amis ? Ce sont les « Petits Tattoos » ! Nous sommes totalement conquises chez Mademoiselle Dentelle : c’est une chouette idée à retenir pour une animation originale le jour J ! Regarde vite par ici !



17 commentaires sur “Me marier, moi ? Jamais !”

  • Oh j’aurais pu écrire cet article quasi mot pour mot .
    la différence c’est que nous nous sommes fiancés après 17 ans d’amour et 2 kids.
    Et effectivement il n’est plus juste « mon copain » (et depuis longtemps déjà).
    Comme toi un aperçu de la weddingsphere il y a 2 ans m’a ouvert de nouvelles horizons . J’y ai découvert des mariages dans lesquels j’arrivais enfin à me projeter: personnalisés, peu traditionnels, fun et conviviaux.

    Félicitations pour ton futur mariage, j’ai hâte de suivre tes préparatifs surtout que nous nous marions également dans un petit village de charente mais en juillet 2017. le thème : nature et peinture!

    • On a eu le même parcours et la même vision des choses à ce que je vois (même si nous nous n’avons pas encore passé le cap des enfants 🙂 Ca fait plaisir de retrouver des lectrices qui partagent la même vision, et qui se marient en Charente qui plus est !

  • J’aime bien le le cheminement différent qu’on a, chacune, pour parvenir au mariage, et l’image qu’on se fait de cette institution. C’est vrai qu’aujourd’hui, on peut tout imaginer, on n’est pas obligés de suivre les plus pures traditions et je trouve ça génial, ça donne des tonnes de mariages différents et surtout uniques 🙂 ta bague de fiançailles est trop jolie, j’ai hâte que tu nous parles de ton thème aussi 🙂

    • C’est super intéressant effectivement de croiser les témoignages des différentes chroniqueuses ou lectrices et de voir les différents chemins qui ont pu nous mener au mariage ! Ce champ des possibles qui s’offrent à nous pour organiser notre journée, je trouve ça génial (mais ça me panique un peu quand même parfois, moi qui suis une éternelle indécise)

  • Tu avais décidément une très mauvaise image du mariage 🙂 Mon mari et moi l’avons toujours imaginé comme un super weekend à la campagne avec tous ceux qu’on aime, pote, amis, familles. Ce que l’on a fait puisque les festivités ont démarré le vendredi soir et ne se sont terminées que le dimanche après-midi. En plus, on a toujours été d’accord sur le fait que nous le financerions nous-mêmes, du coup, aucune pression de personne. La nécessité est venue finalement d’un petit point très anodin et très administratif : comment on nomme l’homme avec qui l’on vit depuis 12 ans ? Compagnon ? Conjoint ? Au bout d’un moment, se pose aussi la question de la fiscalité, de l’achat de la maison, des enfants (quoi maman ? Pourquoi t’as pas le même nom ?). Cela nous paraissait à cause de tout cela évident. Je l’ai vécu comme une manière de dire face au monde, à la société civile, à nos amis, à nos familles et même à l’Homme que c’était LUI, sans aucun doute.
    Bienvenue dans le monde de Mlle Dentelle et du mariage 🙂 J’espère que t’auras un tel shoot d’amour, d’amitié et de bienveillance ce jour-là que tu mettras cette fois plusieurs mois à redescendre de ton p’tit nuage 😉

    • J’avoue que jusqu’à récemment, mon image du mariage n’était pas très reluisante mais j’ai révisé ma copie heureusement 😉 En fait, j’avais un gros blanc dans ma case « mariage » jusqu’à récemment, je n’avais jamais vraiment imaginé à quoi pouvait ressembler cette journée mais on le construit petit à petit avec M. Licorne.
      On s’est bien sûr aussi posé la question de la façon de désigner l’autre (conjoint ? Compagnon ? bof) et de son statut. Mais maintenant je suis enfin prête à sauter le cap, et j’imagine notre journée un peu comme la tienne, un grand week-end avec nos familles et nos amis à la campagne, et surtout un immense shoot d’amour (et de licornes pailletées bien sûr)

    • Tout comme toi et Madame Dentelle elle-même, l’idée du mariage n’est pas forcément présente dans la tête de toutes les petites filles, au contraire de la croyance populaire. C’est bien de lire des articles contenant des avis à contre-courant de temps en temps 🙂

      • Effectivement, je me suis aperçue au moment de publier cette chronique (qui était celle que j’avais envoyée pour candidater) que Madame Dentelle elle même en avait écrit un très similaire, mais dont je n’avais pas connaissance au moment où j’ai écrit la mienne 😉 Je n’ai pas spécialement cherché à écrire quelque chose à contre courant, mais c’est vrai que pour moi le mariage ça n’était pas du tout gagné !

  • Et oui, on a toutes nos histoires et nos conceptions des choses. J’adore que tu te sois appropriée l’idée du mariage par rapport à votre histoire, et pas « parce que je me suis toujours dit que je me marierais ».

      • Ca me fait plaisir que vous trouviez mon témoignage sincère car j’y ai mis tout mon coeur, et je ne voulais surtout pas passer pour la fille anti-mariage ou quoi que ce soit. C’est juste que l’idée a mis pas mal de temps à mûrir, mais j’y suis arrivée finalement et je suis très heureuse de me marier !

  • C’est marrant que tu dises que « l’institution du mariage a bien changé ces dernières années ». J’ai plutôt l’impression qu’en devenant moins systématique (disons à partir des années 80), le mariage s’est chargé de multitudes de représentations symboliques, de « passages obligés »… Maintenant qu’il est socialement admis de vivre en concubinage, le mariage est avant tout la noce. Je compare avec les mariages de nos grand parents qui bien souvent se faisaient en très grande simplicité. Les food truck par exemple n’est qu’une tendance qui en a remplacé d’autres. Pareil pour les robes « bohèmes » par rapport aux grosses robes à froufrous. La simplicité des mariages actuels n’est qu’une apparence si on regarde bien.

    • C’est vrai qu’à l’époque de nos grands-parents ou de nos grands-parents, le mariage se faisait souvent en petit comité et s’organisait en quelques mois voire quelques semaines à peine. Peut être que le concubinage a « resacralisée » (rendu encore plus importante car plus rare) l’institution du mariage… Et oui, je suis tout à fait d’accord avec toi pour dire que les mariages actuels sont simples en apparence mais très recherchés et très travaillés en réalité (un peu comme un maquillage nude par exemple : l’idée n’est pas de ne pas se maquiller, mais de se maquiller tellement subtilement qu’on dirait qu’il n’y a rien).
      Après je suis complètement conscience d’être un peu une « fashion addict » dans ma conception du mariage et aimer tout ce qui est un peu « hype » et branché (mais je le suis aussi dans ma vie de tous les jours, mes amis et collègues me taquinent beaucoup avec ça ^^)

  • Ho j’aime toujours autant ta bague.
    Et je trouve super comme cheminement de passer du stade pas de mariage à je suis super emballée par mon mariage.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *