Enfant, j’ai grandi dans la violence. Comment accepter aujourd’hui d’aimer, de s’engager et de faire confiance ?

Quand Caroline m’a demandé si j’accepterais de publier un billet sur « comment retrouver confiance en quelqu’un quand on a vécu le pire », j’ai dit oui tout de suite. Un billet sérieux au milieu des sujets pratico-futiles habituels, je suis toujours partante. J’aime ce mélange, qui reflète bien les préparatifs de mariage (et la vie en général) où tout n’est pas toujours rose tous les jours.

Mais je ne me doutais pas du niveau de sérieux de celui-ci. A la lecture de son texte, un très beau texte pourtant plein d’espoir, j’ai pleuré à chaudes larmes. Et mis plusieurs heures à m’en remettre.

Alors je te préviens, le texte de Caroline est vraiment loin des fanions et des cupcakes. (Si tu es quelqu’un de très sensible, je te conseille même de ne pas le lire.)

Mais je suis très heureuse de le publier car c’est aussi ça l’amour et l’engagement.

Parce qu’aimer, c’est surmonter ensemble nos blessures du passé, quelles qu’elles soient. Aimer, c’est accepter de faire confiance au delà de ce qu’on aurait cru possible.

Aimer, c’est guérir ensemble.

Crédits photo : Valentina Vasi

Tu vas te marier ? Félicitations ! Comme moi, tu suis sûrement assidûment une demi-douzaine de blogs mariage, à la recherche d’idées en tous genres pour faire de ton joli jour un jour unique, au delà des espérances de tous.

Et peut être que, comme moi, tu as un budget limité et tu te dis que l’amour qu’il y a entre Chéri et moi, la force de votre engagement fera de ce jour un jour unique, de toutes façons.

Ici, notre « oui » aura comme un arrière-goût de triomphe. Ce sera à la fois un engagement sur l’avenir, la promesse de nous consacrer l’un à l’autre, mais aussi un point final à dix années de galères, qui auraient pu mille fois nous séparer.

Parce que, comment on fait pour avoir confiance en la vie quand on a vécu le pire ? Comment fait-on pour aimer quand on n’a connu que la violence ?

Je suis issue d’une famille… particulière. Une mère dépressive depuis bien avant ma naissance, qui m’a pourtant très fortement désirée et aimée mais qui était incapable d’accepter mes câlins ou d’écouter mes chagrins d’enfant. Un père tout droit sorti de l’enfer qui pensait qu’il avait le monde à ses pieds, à commencer par sa femme et son enfant. Un père qui aurait pu très bien tourner, dépasser son lourd secret de famille et avoir une belle vie, mais qui a préféré mettre un couvercle sur « tout ça » « tout ce qu’il avait vécu », et qui a explosé, comme une cocotte minute laissée trop longtemps sur le feu.

Un père qui a dérapé, un jour, quand j’avais huit ans et qui m’a violée.

Après m’avoir fait jurer que je ne le dirais à personne, après m’avoir expliqué qu’il faisait ça pour moi. Après m’avoir fait promettre que je lui faisais confiance et que je n’y voyais aucun mal. Après m’avoir expliqué que les gens sont coincés, pas biens, moralisateurs, qu’ils penseraient que c’est mal et que ma maman le quitterait, qu’on perdrait la maison, que je n’aurais plus de maison et que je serais obligée de choisir entre vivre avec mon papa et vivre avec ma maman. Après m’avoir répété que ma petite sœur non plus ne devait rien savoir, elle était trop petite, elle ne savait pas garder un secret et ma mère serait très en colère.

J’avais huit ans, c’était mon père, et je l’ai cru. J’ai grandi avec mon père qui me faisait ça toutes les semaines, tous les mercredis, pendant des années. J’ai grandi un peu de travers, un peu normalement, avec un énorme secret qui me pesait et personne à qui parler.

Les choses m’ont explosé à la figure au lycée. Quand j’ai eu mon premier petit ami. La proximité, on se tient la main, on s’amuse à tout se dire, on s’embrasse.

Les mois passent et on va un peu plus loin. Et puis on se pose la question de la fameuse « première fois ». Les copines en parlent, tout le monde y pense, ça se fait à la maison, dans le secret, pendant un weekend, après une fête. Je découvre un monde que je ne connaissais pas, celui des adolescents-bientôt-adultes, et tout m’explose à la figure. Je comprends d’un coup que ce que me fait mon père n’est pas normal, et que ça fait trop longtemps que ça dure.

Oui mais voilà, comment on en parle quand ça fait si longtemps, quand on a promis, quand on a un petit ami qui nous croit vierge, quand on a une mère dépressive et une maison pas encore finie de payer ? On ne parle pas. On met un mouchoir sur le tout en espérant que ça aille.

A l’époque, j’ai 17 ans. Ça fait 9 ans que mon père me fait ça toutes les semaines. Je quitte mon petit ami sous un prétexte débile, comme on fait à cet âge là.

Mais lui n’est pas d’accord, il m’aime. On se remet ensemble et je lui concocte un mensonge pour qu’il me pardonne. Au fond de moi, j’ai envie de mourir. Je ne veux pas lui mentir, je suis vraiment amoureuse de lui.

A 19 ans, non seulement je vis avec l’explosion en moi depuis deux ans, mais je n’en peux plus. Il y a un an, j’ai osé dire « non » à mon père et c’est fini. Mais Chéri rencontré au lycée se pose des questions, ça fait presque quatre ans que nous sommes ensembles et on n’avance pas sur la question de la « première fois ». Est-ce que j’ai un problème ? Je lui raconte, à demi-mots, un viol que j’aurais subi plus jeune. Il me soutient, et moi je veux tout lui dire. Mais ça fait 4 ans que je lui mens, je ne peux pas.

A 20 ans, lasse, je prends la fuite. Je trouve un travail dans un autre pays, je veux m’éloigner, de Chéri, de mon père, de ma famille, de mon secret. Lors d’un de mes retours, on fait finalement La Première Fois, Chéri et moi. Je repars, et c’est pire. Je ne peux plus garder tout ça pour moi.

Je te passe la déprime, la maladie. J’ai 21 ans, je rentre en France et je porte plainte contre mon père. Dans la foulée, je m’installe avec Chéri dans son studio et on prend un chat (important, le chat).

Mais comment on vit en couple quand on a 21 ans, un passé comme le mien, un procès qui arrive à grands pas et des convocations chez la juge d’instruction / à la police tout le temps ? Comment on fait confiance à la personne avec qui on partage notre vie ? Comment on fait, pour ne pas hurler la nuit quand on se réveille à côté d’un corps endormi ? Comment refuser des relations sexuelles jour après jour ? Comment faire pour ne pas culpabiliser après tant d’années de silence et de dualité ? Comment composer avec une liberté toute nouvelle quand on a connu l’enfermement toute sa vie ?

Pendant très longtemps, j’ai eu peur que Chéri se mette en colère à chaque fois que je disais gentiment que je n’étais pas d’accord avec lui. Il ne s’énervait pas et je ne comprenais pas pourquoi. Parfois j’ai encore ce genre de réaction. Quand il était en colère, j’avais peur des coups. Ils ne tombaient jamais. J’étais toujours surprise. Conditionnée.

Et de son côté, comment a-t-il pu supporter cette ombre-de-moi-même que j’ai fini par devenir ? La femme qui ne dormait pas, ne mangeait pas, ne vivait que dans l’attente du procès, était en conflit permanent avec sa famille, incapable de dormir sans cinq épaisseurs de vêtement, quand elle pouvait dormir, incapable de faire confiance, de recevoir un cadeau ou un geste d’amour, qui prenait des anxyolitiques pour dormir et avait des hallucinations la nuit, puis prenait des médicaments pour se booster dans la journée, qui se sauvait en voiture dès la moindre difficulté, qui menaçait de partir et de se suicider ?

A 22 ans, après plus d’un an de vie commune, je suis partie sans rien dire, sans laisser de trace. Il a remué ciel et terre pour me retrouver, pour me comprendre, pour me rassurer.

A 23 ans, mon père a été condamné à dix ans de prison ferme. J’ai si mal vécu le procès que je me suis retrouvée un peu amorphe, incapable de réagir. C’est Chéri qui a tout pris en charge, moi y compris, pendant des semaines, le temps que je me remette.

A 24 ans j’ai décidé d’entamer un suivi psychologique, j’ai commencé à aller mieux petit à petit. A être apaisée, mieux dans ma peau. A force de séances chez le psychologue et de patience de Chéri, on arrive même à retrouver (trouver ?) un début de vie sexuelle.

A 26 ans, nous sommes enfin stables. Je suis plutôt équilibrée, j’ai enfin un travail fixe, je dors la nuit et vis le jour sans médicaments, on peut même partir en voyage en Italie. Nous sommes enfin assez heureux pour envisager sérieusement de nous marier. Après notre voyage en Italie, Chéri me demande en mariage.

A quelques mois du mariage, à 27 ans, presque 20 ans après le début de tout ça, je peux enfin dire que j’envisage l’avenir avec confiance. Il m’aura fallu dix ans de déni, dix ans de crise, un homme avec une patience extraordinaire et des années de thérapie pour apprendre à faire confiance et être capable d’accepter l’idée que Chéri m’aime, qu’il ne va ni me quitter ni me faire du mal, et qu’on peut apprendre à vivre en harmonie malgré mon passé.

J’ai longtemps pensé qu’il y avait une certaine forme de fatalité là dedans. Si mes parents étaient défaillants, j’allais forcément l’être, alors à quoi bon ?

Deux ans de thérapie m’ont aidée à sortir de ce schéma là, de mettre à découvert tous ces schémas qui ont permis d’en arriver là, de désamorcer certaines bombes, et d’apprendre que, moi aussi, j’ai droit à une belle vie.

Ça n’aurait jamais été possible si, quand j’avais 17 ans, un certain beau garçon ne s’était pas accroché à moi. S’il ne m’avait jamais dit « je t’aime ».

J’ai hâte que les mois passent, j’ai hâte de pouvoir enfin parler de « mon mari » et de composer et recomposer notre famille, nos valeurs, notre mode de vie.

A l’infini.


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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40 commentaires sur “Enfant, j’ai grandi dans la violence. Comment accepter aujourd’hui d’aimer, de s’engager et de faire confiance ?”

  • Tellement émouvant que j’en ai les larmes aux yeux…une difficile épreuve que la vie vous a apporté dès votre plus jeune âge mais fort heureusement un Chéri prêt à tout pour vous, comme il a déjà pu vous le prouver depuis de nombreuses années…
    Je vous envoie toutes mes pensées positives et ma zénitude pour vos préparatifs et votre vie future…

  • Que dire…beaucoup d’émotions à la lecture de ton texte! Ca change effectivement des sujets abordes mais la vie c’est aussi ça et mettre des petits mouchoirs sur les sujets tabous ne fait pas avancer le problème!
    Tu es quelqu’un de très courageux, parce qu’il faut oser surmonter ça en soi même et en parler!
    Ton homme à l’air d’être quelqu’un de formidable et je vous souhaite beaucoup de bonheur!
    En tout cas, quand je lis des choses telles, je ne regrette pas mon métier. Si tout va bien je serai prochainement avocat pénaliste spécialisée en droit des mineurs et c’est bien pour défendre des gens comme toi et faire primer vos préjudices sur n’importe quelle circonstance atténuante!
    Je vous souhaite un beau mariage et une vie heureuse…Vous le méritez!

  • Wow wow wow … je suis sans voix … Caroline ton message est tellement fort, tellement touchant, et il y a tellement d’amour chez cet être formidable qu’est ton Chéri ! Je te souhaite, je VOUS souhaite beaucoup de bonheur, plein de belles choses, de chouettes préparatifs et un magnifique mariage !

  • Ton témoignage m’a fait pleuré.^Je te souhaites maintenant pleins de bonheur et une vie merveilleuse.
    J’ai vécu une agression plus jeune. Pas du tout dans tes proportions,loin de là. Et je ne me compare pas à toi loin de là parce que c’était une fois, par « un ami »… Mais déjà ma vie après ça à été bien compliqué, faire confiance n’est pas facile et je suis allé à l’extrème. J’ai eu énormément (beaucoup trop) d’histoires… Je voulais mettre le plus de distance entre ça et moi. FInalement je me suis senti encore plus eule et encore plus mal…
    QUand j’ai encontré mon mari. J’avais20 ans et il en avait 18… Quand au bout de deux jours on a commencé à sortir ensemble et à parler de choses un peu plus importantes, je lui ai tout déballé, tout d’un coup, sans crier gare… Le fait qu’il ne parte pas en courant m’a rassuré. Et m’a apaisé. Depuis que j’ai mes enfants, je n’ai plus besoin de somnifère pour dormir la nuit du 24 au 25 mars… Je suis désormais apaisée. Et heureuse.
    L’amour que l’on ressent de la part de l’autre est une extraordinaire thérapie.
    Il faut parler ne pas rester dans son coin. Sinon c*ça nous bouffe de l’intérieur.
    Bon courage pour la suite de tes préparatifs. C’est un jour merveilleux ou pour une fois on vit que pour notre bonheur. 😀

  • J’avoue que je suis à la fois très surprise et très impressionnée que votre couple ait pu tenir malgré tout ça, puisqu’il a démarré sur des bases qui étaient totalement biaisées (pas la vraie toi, pas une vraie sexualité, pas de paroles vraies pour expliquer tout ça). Ton fiancé a l’air d’être quelqu’un d’exceptionnel et aussi d’intuitif , ce que les hommes ne savent pas toujours écouter (car s’il est resté malgré tout ça, c’est qu’il devait bien se douter qu’il y avait une raison à ton attitude, quelque chose d’enfoui et de grave).
    Je suis désolée pour les années perdues avant le procès et la thérapie, mais il faut le temps pour ces déclics, et je suis heureuse pour toi que tu aies franchi ces étapes encore jeune et que tant de belles choses s’ouvrent devant toi. J’ai dans mon entourage proche quelqu’un qui ne l’a pas fait et essayer de rattraper plus tard, c’est encore plus compliqué.
    Je suis vraiment contente, sachant que je suis sensibilisée à la question, de lire un tel message positif, de voir qu’il est possible d’avoir une vie. Je te souhaite le meilleur!

  • Que d’émotions, dis donc ! Ton texte éveillent beaucoup de choses chez moi, même si mon histoire est « moins pire ». Je me reconnais tellement dans cette peur que l’autre se mette en colère, que la violence refasse surface.

    Mais, c’est beau de lire que tu as pu t’en sortir, même si j’imagine que ce n’est pas tous les jours facile.

    C’est difficile de lire un récit comme le tien, mais comme dit plus haut, c’est important d’oser en parler, parce que ce n’est pas en s’asseyant dessus qu’on fait avancer les choses.
    Alors, merci d’avoir oser en parler ! Ce n’est pas facile, mais c’est vraiment important, pour toi comme pour les autres…

    Je te souhaite beaucoup de bonheur avec ton chéri qui a l’air de t’aimer profondément… 🙂

  • Un texte terrible mais que je te remercie de tout coeur d’avoir proposé.
    Car oui la vie est une saloperie mais, heureusement, il y a aussi des gens près à épauler les autres, pas par mauvais pitié mais simplement par amour… Un amour parfois difficile à accepter au début quand on est tellement à vif qu’on pense que plus rien ne marchera jamais…

    Merci pour ce témoignage, merci pour ton courage, merci pour prouver que oui, il y a une vie après l’horreur…

    Et, surtout, mes plus sincères voeux de bonheur à tous les deux (trois ! oui c’est important le chat), n’oublie jamais : tu es quelqu’un d’admirable !!!

  • … et ben, que dire de plus que…
    BRAVO d’avoir survécu à ça
    BRAVO d’avoir osé en parler (et aller au bout du combat)
    BRAVO de t’en être relevée
    BRAVO de penser à demain
    BRAVO à Chéri pour tout ce qu’il a fait
    et BRAVO d’envisager la suite sous un angle plus serein.

    Félicitations, et tout le meilleur pour ton mariage (qui sera sans doute peu conventionnel, puisque je suppose que tu n’auras pas tes parents à tes côtés… comme mon mari à notre mariage!)

  • Merci pour ce témoignage plein d’espoir.
    Le soleil est au bout du chemin, on dirait que tu y es arrivée!
    Tous mes voeux de bonheur avec ton prince qui t’aime tellement. Quelle force se dégage de votre couple!

  • C’est le coeur serré et la gorge nouée que j’ai lu ton témoignage.
    Je suis heureuse que tu fasses confiance en la vie et en l’Amour malgré ces douloureuses épreuves car ça en vaut la peine et vous le méritez, toi et ton bienveillant futur mari.
    Je te souhaite un magnifique mariage et une belle petite famille à venir, cette petite famille que tu pourras choyer à volonté et qui t’inondera d’Amour.

  • Wahou, effectivement c’est une histoire dure à lire, mais qui pourtant fini ? commence? bien.
    Tu es un exemple de courage , et je crois que tu as trouvé ta perle rare avec ton futur mari, c’est réellement quelqu’un d’exceptionnel à te lire.
    Je te souhaite tout le bonheur du monde et un très beau mariage 😉

  • Houlala, ce temoignage me remut. Tu as eut du courage de tout dire, de porter plainte. Moi je n’ai jamais eut ce courage et je ne l’aurait jamais. Ce n’était pas de viols non plus,mais des attouchements, par papy,pendant les vacances…
    j’ai essayé une therapie, parceque sexuellement c’est bof bof, mais je ressortais dans un état lamentable, alors après 5 stances j’ai arrêté et j’ai mis mon mouchoir dessus et je me suis dit que le vieux, un jour il crèvera et je n’irai pas pleurer sur sa tombe
    Mais forcement, dans ma vie de mère, ça ressort parfois, je demande souvent à mon fils si quelqu’un lui touche le kiki, et je lui dit que personne n’a le droit de le toucher. Avec ma fille, m’a méfiance va être encore pire
    J’admire ton mari qui t’a soutenu et qui ne t’a pas lâché, les hommes comme cela sont rares, difficile pour eux de comprendre ce que l’on ressent
    Je te souhaite beaucoup de bonheur et une pleine reconstruction

  • Les larmes coule, je reste sans voix… ton texte me touche énormément…
    Je te félicité pour ton courage et pour ton future mariage. Quand on a connu le pire il ne reste forcément que le meilleur, alors profite du meilleure, de chéri et de ta vie. J’espère que l’on pourra avoir des nouvelles de ton mariage prochainement 😉

  • Ton témoignage est bouleversant. Ça m’horrifie.
    Ça m’horrifie d’autant plus que j’ai aussi été victime de ce type de personnage qui s’en prennent à des enfants. Et je suis terrorisée à l’idée qu’il puisse arriver la même chose à mes filles. Je ne compare pas à ce que tu as vécu, je ne sais pas si j’aurai eu ton courage pour sortir d’une situation pareille. Moi j’avais 4 ans quand un « ami » de la famille a commencé ses attouchements tout en me mettant des photos pornos sous les yeux. 4 ans ! Et même s’il n’ y a jamais eu viol a proprement parler, ça a détruit beaucoup de choses en moi. Les faits se sont étalé sur 4 années et ensuite ce monsieur a disparu. Ce n’est comme toi qu’au moment des premières relations « sérieuses » que tout cela est remonté à la surface. Avec les dégâts que ça suppose. Je n’ai jamais été douée pour parler, raconter, me confier. Même les personnes les plus proches de moi n’en savent rien. Il a fallu que j’attende de rencontrer mon mari, pour mettre des mots là-dessus. 27 ans plus tard, lui seul a su me faire parler (de ça et de bien d’autres choses d’ailleurs). De tout son amour il m’a aidé à évacuer tout ça. J’y ai gagné une vie sexuelle beaucoup plus équilibrée et surtout la conviction qu’il faut savoir parler, exprimer ce qu’on ressent même si c’est difficile et même si ça fait mal. A en parler aujourd’hui « virtuellement » , j’en ai les larmes aux yeux mais ça me soulage quand même.
    Tu as énormément de courage d’avoir stoppé tout ça, d’avoir mené un combat judiciaire jusqu’au bout. Et ton futur mari est quelqu’un d’exceptionnel. Je vous souhaite une longue et heureuse vie à deux.

  • Eh bien, voilà un sujet bien loin des fanions et des pompons effectivement…

    Merci à toi Caroline d’avoir eu le courage d’en parler. Ces terribles années, dont ressort finalement un message d’espoir.
    Bravo pour avoir surmonté tout ça… Bravo à ton Chéri d’avoir toujours été là pour toi, de t’avoir aimé, inconditionnellement, dès le tout début. Cette main secourable est bien souvent la condition pour sortir de l’enfer…

    Je te souhaite tout le bonheur du monde, et une vie enfin apaisée. Soyez heureux !

  • Malgré les avertissements de Anne, j’ai lu ton témoignage et je ne le regrette pas.
    Ton histoire m’indigne, je ne comprends pas comment on peut en arriver là, à faire autant souffrir un enfant, alors que les choses les plus importantes dont un enfant a besoin pour bien grandir, c’est d’être aimé par les adultes qui l’entourent et de pouvoir leur faire véritablement confiance. Ton père a abusé de la confiance que tu avais envers lui, c’est impardonnable.
    J’admire la force dont tu as fait preuve pour réussir à te construire tant bien que mal malgré cela et le courage que tu as de partager cela avec nous.
    Et j’admire également ton chéri de t’avoir ainsi soutenue pendant toutes ces années, avec une patience à la hauteur de son amour pour toi.
    Votre mariage sera un joli pied de nez à tout ce calvaire, une conclusion positive à ce terrible épisode de ta vie et le joli prélude d’une toute nouvelle histoire, celle d’un couple renforcé par les liens du combat.
    Après ces nombreuses années « lourdes » en galères, je vous souhaite pour compenser un mariage aussi doux et « léger » qu’un flocon de neige 😉

  • Quel courage Caroline! Et merci de partager cela avec nous car ce sont des situations horrifiantes, finalement trop fréquentes et toujours tabou.
    Comme tu l’explique si bien, le silence ne fait qu’empirer les choses mais quand on est enfant, on fait confiance à sa famille.
    Les témoignages comme le tien sont bouleversants mais à mon avis extrêmement utiles aux victimes et aux non-victimes. Il faut que tout le monde se mobilise contre ses actes qui pourrissent la vie de tant de personnes!
    Après toutes ces années difficiles, je te souhaites bien sûr que tu sois très heureuse avec ton mari et que vous construisiez ensemble une belle famille!

  • Quel Courage !
    tout comme Mademoiselle Fresh, j’ai bien lu les avertissements et je ne regrette pas d’avoir lu ce témoignage aussi poignant !
    je suis tellement admirative devant tant de courage et de persévérance !
    quel courage !
    Ton enfance et adolescence ont du être un tel calvaire, qu’il m’est impossible de m’imaginer les souffrances que tu as pu subir.
    bravo, vraiment bravo… d’avoir réussir à passer outre tout cela et chapeau à ton futur mari, on peut dire que tu as trouvé l’homme parfait !
    Votre mariage doit être la récompense ultime, je vous félicite, et je vous souhaite tout le bonheur du monde pour votre nouvelle vie !
    il est amplement mérité !

  • Je suis émue par tout d’espoir. émue de voir que tu es super bien accompagnée, émue parce que tu as osé prendre la parole sur un sujet encore grandement tabou!
    Je te souhaite d’être heureuse avec cet homme qui t’aime si fort. Je te souhaite de construire cette vie que tu attends sur de bonnes bases. Continue tu as toute mon admiration et mon soutien

  • Ton récit est terrifiant et en même temps plein d’espoir. Je te souhaite un très beau mariage et de très nombreuses années de bonheur.

    Mais le plus terrifiant ce sont tous les commentaires avec des « moi aussi » dedans…
    Il faut vraiment qu’il est quelque chose de fait dans ce pays, il ne faut pas mettre un mouchoir dessus et surtout arrêter d’accepter qu’on dise que c’est la faute de la victime.

  • Ton témoignage me prend aux tripes. Je suis partagée entre l’admiration et la stupéfaction.

    Et ça me rappelle une petite fille qui a elle aussi eu des « problèmes » avec son père, qui s’enfermait dans sa chambre, la salle de bains quand il venait (rarement mais trop souvent) la chercher pour son droit de visite, qui en faisait des cauchemars pendant des mois après, qui refusait d’être seule avec lui et qui ne supportait pas le moindre contact physique de sa part tant ça lui provoquait du dégoût.
    Cette petite fille aussi qui du haut de ses 4 ans, jusqu’à ses 11 ans se mettait entre son tout nouveau beau père qui menaçait régulièrement d’un couteau de boucher sa mère qu’elle essayait de protéger et qu’elle accueillait dans son lit afin de la rassurer et de mettre une faible barrière entre sa mère et cet homme violent. Cette petite fille qui souffrait de maltraitances psychologiques quotidiennes de sa part, de méchancetés, de jalousies, de rabaissements permanents.

    Cette petite fille a grandi, a trimballé ses casseroles pendant des années, avec toutes les répercussions que ça a pu avoir sur tous les aspects de sa vie, même les plus intimes. Elle se met toujours devant ceux qu’elle aime quand elle les sent menacés physiquement ou affectivement. Elle est abandonnique et a fait des années de thérapie pour apprendre que dire non à une amie ou des gens qu’elle aime ne va pas la priver à tout jamais de leur affection. Que quand on est en désaccord avec elle ne veut pas dire qu’on va forcément la rejeter ou la quitter sur le champ. Qu’on peut aimer sans être « aimable ».
    Elle a fait des enfants abandonniques par peur pathologique de les perdre à tout moment.mais elle se force à inverser le cours des choses. Mais toujours en elle reste gravé à jamais cet instinct de « gardienne de meute » prête à tout pour faire écran et protéger ceux qu’elle aime de tout ce qu’elle détecte comme une attaque potentielle. Oui, « gardienne de meute » comme le dit si gentiment et parfois de façon moqueuse son mari.
    Mon mari.

  • Quel courage tu as d’arriver à poser des mots sur toutes ces étapes de ta vie… J’ose à peine imaginer ce par quoi tu es passée.
    J’en ai la boule au ventre rien que de te lire !

    Je vous souhaite une longue et heureuse vie, à toi et ton amoureux 🙂

  • Je suis attristée en lisant ce récit qui est poignant. Tu reviens de loin après toutes les horreurs que tu as vécue durant ton enfance et adolescence mais la roue tourne et heureusement que tu as trouvé un homme qui est là pour t’aimer et qui t’a aidée à tourner la page. Je vous souhaite de vivre très heureux et d’avoir un superbe mariage.

  • Je voudrais moi aussi saluer ton courage, d’avoir subi et surmonté toutes ces épreuves d’une horreur sans nom… tu forces le respect. Bravo aussi d’être venue nous raconter ton histoire.
    Et je salue aussi ton homme, c’est tout simplement quelqu’un d’exceptionnel, quel bonheur qu’il ait croisé ta route ! Je vous souhaite de tout mon coeur de ne vivre désormais que le meilleur.

  • je pense que tout à déjà été dit par les commentaires précédents, mais je ne peux m’empêcher de souligner ton courage.
    Surpasser ses démons intérieurs est ce qu’il y a de plus difficile.
    Je vous souhaite, tout plein de bonheur à venir.

  • La lecture des commentaires est vraiment horrifiante. C’est lourd d’être une femme et d’essayer de vivre sans parano quand on sait ce qui attend au coin de la rue/de la famille même pour certaines…

  • Bravo à Mme Dentelle pour avoir diffusé cet article !
    C’est très intéressant de parler de ces sujets et d’inciter les gens à en parler, ce sujet reste encore trop taboo alors que cela concerne beaucoup de gens que l’on ne le pense…
    Bravo à Caroline pour avoir su aussi bien raconté son histoire. C’est très émouvant.
    On ne peut te souhaiter que le meilleur à venir pour toi et ta famille que tu es en train de fonder.
    Bravo à toi pour ton courage, ta volonté de t’en sortir, et bravo à ton mari incroyable !
    Longue vie à vous deux, pleine de bonheur et de joie !

    • C’est vrai que ça concerne beaucoup de personnes. La famille de mon mari est touchée également, sa mère, sa soeur, mes amies aussi. En fait, la plupart de mes copines ont eu ça, à différents âges.
      Et c’est très difficile de rendre tout ça « public ». Porté plainte est une étape lourde. Je ne l’ai pas fait. Je ne le regrette pas forcément. De toute façon je ne voulais pas que les gens le sache. Certaines personnes portent un regard différent après. Je ne voulais pas de ça. Et aucunes des personnes que je connais n’a porté plainte non plus. On se soutient toutes et voilà. La vie continue. (J’ai fait un très gros travail sur moi pour avoir ce discours.Il y a quelques années en arrière je ne l’avait pas. Pour moi, la « la vie continue » n’était pas possible).
      Quand je voit mes enfants, j’ai peur, tout les jours. L’autre jour mon fils a passé la visite médicale à l’école. J’ai insisté pour y assiter. Je suis la seule maman à l’avoir demandé. Quand l’infirmière m’a demandé pourquoi, je lui ai répondu qu’il était hors de question que mon fils se déshabille devant quelqu’un que je ne connaissais pas. Ca l’a interpelé. Je passe pour une mère envahissante. Mais tant pis. Je préfère ça plutôt qu’il arrive quelque chose à mes enfants.

  • On est loin des fanions et confettis effectivement. Mais… le mariage ce n’est pas que le décorum. C’est aussi et avant tout deux êtres humains avec leurs blessures qui décident de tracer leur route ensemble.

    Ton histoire et surtout le message d’espoir que tu arrive à exprimer sont très touchant. Je trouve que tu as de la chance d’avoir ton Chéri avec toi qui a su t’épauler tout au long de ton chemin. Et lui aussi il a de la chance que tu sois parvenue à lui faire confiance petit à petit. Et s’il s’est accroché c’est à coup sûr car en tant que personne tu vaux 10.000 fois tout ces efforts!

    Bonne route à vous deux!

  • Caroline,
    Je te remercie et je te félicite pour ce courage que tu sors de je ne sais où. Pour avoir vécu l’enfer mais avoir tout de même relevé la tête et pour avoir écrit ce texte et le partager avec nous toutes.
    Je félicite aussi le courage de ton chéri pour qui ça a dû être tout aussi dur de vivre avec ce passé. J’en connais d’autres qui se seraient déjà barré en courant, parce que c’est une charge lourde à assumer.
    Mais comme tu l’as dit, un amour se construit à deux. Tu sais que tu peux compter sur lui, tu as trouvé ta moitié et c’est l’essentiel.
    Je vous souhaite pleins de bonheur à touts les 2 et un très beau mariage <3

  • Je suis vraiment émue par cette article, car j’ai également des relations très difficiles avec ma famille, tellement difficile qu’aujourd’hui je n’en ai plus aucune depuis plus d’un an!! Mes parents ne m’ont jamais fait de mal physiquement mais tout a été psychologique et pendant des années ils m’ont cassée, me faisant croire que ma vie ne valait pas grand chose en dehors de cette famille! Mais j’ai rencontré mon futur mari, et après des années sans lui parler des différents problèmes que je pouvais avoir, un jour j »en ai discuté, je lui ai tout avoué et il a été d’une compréhension exceptionnelle!!!! Il m’a toujours soutenue, défendue et lorsque les liens se sont coupés définitivement, il m’a soutenue, à résister aux attaques, à su faire face à ma dépression avec une telle force, aujourd’hui je vais mieux, je me reconstruit, j’essaie chaque jour de m’accepter davantage et son Amour m’y aide!!! 😉
    alors ce témoignage me touche, et je terminerai par dire Bravo pour cette force et cette envie de s’en sortir et de vivre!!
    Je te souhaite tout le bonheur du monde!!

  • Bravo pour ton témoignage ! Tu as vraiment eu du courage d’affronter tout ça et c’est vraiment avec une très grande sincérité que je te dis que tu mérite vraiment la personne que tu as trouvé et qui partage ta vie. Il est très courageux et humble cet homme là, c’est admirable.
    Je vous souhaite une très longue vie, pleine de bonheurs et du meilleur que le monde peut offrir.

    Niko

  • Un témoignage plus que émouvant les larmes coulent seule à toute ton histoire mais au finale je me dit que tu es vrement forte pour pouvoir t exprimer sur ton histoire personnelle et je voulais te dire que tu vie avec une personne unique qui t aime parce que tu es son âme soeur il sais que tu es son âme soeur malgré les obstacles que vous avez pu surmonter tu sera bientot sa femme et je vous souhaitent tout le bonheur du monde.

  • Mon Dieu mais qu elle courage tu as et qu elle mari merveilleux tu as eu la chance de rencontrée ton histoire ma bouleversée c est une belle leçon de vie que tu nous donne et une belle revanche sur la vie
    Je vous souhaite une vie remplie de bonheur et d amour car vraiment tu le mérite merci pour ton recit qui nous remet les pied sur terre et qui nous montre l essentiel

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