Comment on a enterré ma vie de jeune fille malgré toutes mes réticences !

Je dois te faire une confession : je ne suis pas une marrante. Du tout. Limite un peu psychorigide sur certains sujets.

Et l’enterrement de vie de jeune fille… comment dire. Il y a plein de trucs qui ne collent pas avec mon caractère.

Déjà le « jeune fille ». Oui souvent les EVJF sont des événements « entre filles », qui excluent de fait les garçons. Comme si, pour une raison mystérieuse, les filles étaient plus compétentes pour fêter mes fiançailles ? Comme si certaines choses étaient réservées aux filles ? La lecture genrée du monde, c’est vraiment aux antipodes de mes convictions.

Accessoirement, au moins la moitié de mes plus chers amis sont des garçons. Je n’imagine pas une seconde fêter quoi que ce soit sans eux.

Ensuite le contenu. Je crois que j’ai été sacrément refroidie ces dernières années par tout ce que j’ai pu lire, entendre ou voir de mes propres yeux des EVJF. Dans l’ensemble cette simple expression « enterrement de vie de jeune fille » me serre l’estomac comme la promesse d’une infâme atteinte à la dignité humaine.

Ah je t’avais dit que je n’étais pas marrante hein.

D’un autre côté, j’avais bien envie de marquer le coup avec mes amis, fidèles depuis tant d’années, complices d’adolescence et de vie étudiante, camarades de nos combats les plus intimes, témoins de mes voyages, encourageants pour mes départs, accueillants pour mes retours.

Et puis, comme tu l’as peut-être lu dans mon dernier billet, M. Frette et moi sommes un jeune couple. Au sens de « récent ». Et quelle meilleure occasion que celle-ci pour mélanger nos amis, l’espace de quelques heures ?

Aussi nous avons demandé à nos amis de prévoir, non pas un EVG et un EVJF mais bien un Enterrement de Vie de Célibataires, ensemble.

Pour être ensemble.

Comment on a enterré ma vie de jeune fille malgré toutes mes réticences !

Crédits photo (creative commons) : Cléo Morgause

Un enterrement de vie de célibataires ensemble

Et nous voilà, M. Frette et moi, fraîchement débarqués à Rennes dans l’appartement de mon témoin J, prêts à se faire enterrer nos vies d’avant le temps d’un weekend, nos amis pour fossoyeurs.

Ce que nous avons fait pendant ces deux jours ? Les événements ont eu au final peu d’importance mais je sais ta curiosité alors sache que nous avons :

  • Joué aux détectives au marché des Lices (le plus grand marché de Rennes), M. Frette et moi ayant pour mission d’identifier chacun une personne, la retrouver et nous faire photographier avec elle ;
  • Couru dans ce même marché pour réunir de quoi nourrir toute notre bande à midi, pique-nique un rien branché et très gouteux pour accompagner quelques bières dans un bar où nous avons nos habitudes ;
  • Interprété dans un karaoké-douche, retransmis sur la place d’un village lors d’une fête populaire, portant masques et tubas, un titre cochon emblématique du rock français des années 80 ;
  • Participé à une folle course poursuite en kayak sur un lac ;
  • Mangé/bu/ri, beaucoup (aucune mention inutile à rayer).

À l’heure où j’écris cette chronique il faut le dire, je suis déjà mariée, la tête pleine de souvenirs et de soleil, et pourtant, je garde vifs non pas les détails de ce weekend de juin, mais les sentiments qu’il m’a inspirés, en premier lieu tout ce qu’il a eu d’émouvant pour moi.

Car j’ai été émue simplement d’être dans la ville de ma jeunesse, que j’ai tant arpentée, nuit et jour, cité de mes excès, excès qui sont si loin que cette ville semble parfois n’avoir jamais existé. Y être avec mon homme d’aujourd’hui, quel anachronisme délicieux, retour à une réalité onirique, à la douceur d’une boucle qui se boucle.

Car j’ai été émue de voir mes amis, forteresse mutuellement protectrice pour la meute fragile et invincible que nous sommes, s’ouvrir pour accueillir en son sein de nouveaux membres.

Il faut imaginer la beauté de cette entité composée d’individus qui, à force d’idéaux communs, ne font qu’un. Une entité qui a acquis un mode de fonctionnement instinctif, intime et sauvage, qui lui est propre, faire la place, ouvrir délicatement les mains pour y laisser mon amoureux s’y épanouir, faire la place pour lui et étendre à lui la douceur de sa protection.

Au moment où j’écris ces mots, je suis toujours bouleversée par cette idée, car il n’est rien de plus magique que de voir ceux qu’on aime s’aimer entre eux.

Car j’ai été émue de voir, sous mes yeux, se reformer le premier groupe de musique de M. Frette, avec deux de ses plus proches amis, S. et F. , et toi qui me lis, vingt années d’amitié fidèle remise en musique avec toute la vérité d’une première fois, innocente et tremblante, mais une deuxième première fois, complice et assurée, voilà une expérience que je te souhaite, c’est le privilège d’assister au retour dans un passé que l’on avait manqué.

Comme s’ils ramenaient devant moi ce temps que, par la force des choses, je n’avais pas pu vivre, pour que je le goûte de ma propre âme et de mon propre regard.

Je ne sais pas trop si on peut tomber amoureux d’un souvenir, d’un passé, d’un temps non vécu par soi. Mais ce que ces hommes ont fait ce soir-là m’a fait vivre un sentiment inédit, ils ont déposé à mes pieds comme un présent un bout de leur histoire pour que je l’aime, et ce bout d’histoire je l’ai aimé éperdument.

S., que j’ai le bonheur d’avoir pour batteur chaque semaine à mes côtés, improvise des percussions d’une douceur incroyable sur le dos d’une chaise, jouant avec chaque pièce de bois comme autant de caresses ; F. a qui j’ai confié ma guitare classique pour ses première cordes, par un des charmes dont il a le secret, a convaincu ma veille carcasse d’être prise pour basse ; M. Frette qui propose son immense grâce à sa guitare et voilà, la magie de la musique opère, les voix envoutantes en harmonies délicates font flotter deux superbes reprises acoustiques de Pink Floyd et U2 dans la pénombre de ce petit bar rennais.

Car j’ai été émue de constater que ce cercle de « ceux que j’aime », que je croyais clos, fini depuis des années, pouvait voir ses frontières voler en éclat à la faveur d’une tendresse offerte ou d’une sincérité posée simplement sur la table.

Je garde ces souvenirs précieusement, comme des petits trésors d’été pour poser sur ma joue les jours de grisaille parisienne.

Où en étais-je avec tout ça ? Ah oui, notre enterrement de vie de célibataires.

Que dire de plus si ce n’est que je suis toujours stupéfaite de la fidélité de mes amis, et de la constance avec laquelle ils sont toujours présents dans les moments importants.

Force est de constater qu’à chaque fois que l’instant était décisif, j’ai toujours pu sentir la chaleur de leur amitié à mes côtés alors quoi, quel est ce prodige qui fait que malgré les années, les distances, les chemins de vie, j’ai toujours pu compter sur leur présence dans les moments importants ?

Comme souvent, la vérité n’est pas tant dans la réponse que dans la formulation de la question, et je puis dire aujourd’hui avoir compris que c’est tout simplement l’inverse. Car, en vérité, c’est précisément leur présence à eux, mes amis, qui rend ces moments si importants.

Et toi, as-tu eu un enterrement de vie de célibataires également en commun, ou chacun de votre côté ? Comment vos groupes d’amis se sont-ils entendus ? Raconte-moi tout…


Crédits photo : Petit Mariage entre Amis

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5 commentaires sur “Comment on a enterré ma vie de jeune fille malgré toutes mes réticences !”

  • Très chouette votre enterrement de vie de célibataire !!! Cela correspond exactement à ce que je souhaiterais…une journée (ou encore mieux un weekend comme vous) entourrés de nos amis et de nos proches “filles et garçons tous ensemble” !!! Vous étiez combien de participants ??

  • Très joli texte! L’EVJG/F est une bien belle formule, mais je te rejoins: pour moi, c’est avant tout de se retrouver entre amis, pour fêter dignement une nouvelle étape !
    Et j’ai bien l’impression que tes amis l’ont bien fêté avec toi, avec vous, cette nouvelle étape ! ^^

  • Très joli descriptif de cette journée !
    Je trouve toujours dommage quand je lis des futur(e)s marié(e)s qui ne veulent pas faire cette étape. Parce qu’on peut toujours trouver quelque chose qui convient aux futurs époux (sauf si on est vraiment réfractaire à tout moment de plaisir 😉 )Tu as eu cette journée, et comme tu dis c’était bien de marquer le coup avec ses amis !

  • Je suis jalouse !!!!!
    J’avais dit à ma témoin que je ne voulais pas de EVJF avec déguisements et plans d’un goût douteux, mais que passer du temps avec des amis pourrait bien sûr être super. Mais… rien ne s’est fait. Mais il est vrai qu’en dehors de l’été, je suis toujours débordée et que je ne vois pas comment j’aurais pu consacrer une journée à cela dans la période précédant le mariage !
    Super pour vous en tout cas !

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