Extérieur du Temple de Lutry

M-12 (septembre), quels lieux et officiants pour notre mariage ?

Après un délai assez long, je reviens vers toi avec trois articles que j’ai eu beaucoup de mal à écrire, car ils sont emprunts de ressentis assez forts, et je ne voulais pas donner l’impression de condamner ceux et celles qui ne partagent pas mon avis ni mes goûts.

Je t’ai déjà parlé des lieux envisagés pour notre souper de mariage, mais j’avoue avoir été un peu vite en besogne à ce sujet, pour ne pas te présenter un récit trop à rallonge. Aujourd’hui, je te parle de notre choix de cérémonies, et de l’impact de ce choix sur les lieux et le planning de notre mariage.

Pour rappel, Monsieur Pragmatique et moi nous marions en Suisse. Nous sommes deux vaudois exilés dans le canton de Zurich, à un peu plus de deux heures de train de Lausanne (la capitale du canton de Vaud). Mais nous tenions à nous marier dans notre canton d’origine, près de nos familles et amis, et tout particulièrement en Lavaux, région vinicole entre lac et montagnes classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’étendant de la ville de Lutry à celle de Vevey au bord du lac Léman.

Carte de Suisse avec repères pour Melle Rationnelle

Crédits photo : Photo personnelle

Une petite carte de mise en situation (n’hésite pas à zoomer !) pour t’aider avec tous ces noms de villes et de cantons un peu bizarres que je vais mentionner dans cet article et les suivants, ainsi que quelques villes-repères dont tu as peut-être déjà entendu parler. En violet, notre domicile et en orange la région de notre mariage.

Le clash de nos envies

Avant de consulter Monsieur Pragmatique, au tout tout début de mes considérations mariage, j’avais indiqué sur ma note « idées vrac mariage » Google Keep que le top du top, ça serait un lieu « tout-en-un », où l’on pourrait faire une cérémonie civile dite « longue », entièrement personnalisée, avec interventions de nos proches, et possiblement en extérieur, et enchaîner directement sur le reste des festivités.

Choisir le lieu et l'officiant de notre mariage

Crédits photo (creative commons) : Shardayyy Photography

Seulement voilà, mon chéri ne voulait absolument pas d’un même lieu pour soirée et vin d’honneur, hanté par le spectre de la tâche d’annoncer à certains convives que la fête continuait sans eux et même potentiellement de devoir chasser les invités qui s’incrusteraient à la dernière minute (comme pour Madame Flocon), malgré les super astuces de Fabiola (en vidéo ici et ) et ceux de Madame Pétille. Il est clair qu’il est plus diplomatique de terminer pour tout le monde les festivités dans un endroit, avant de retrouver dans le lieu suivant uniquement les privilégiés qui avaient été informés de l’adresse où se déroulerait la suite.

Pour ma part, j’étais convaincue du civisme de nos proches et amis et que simplement changer de pièce le moment venu ne constituerait en rien un problème. Et j’étais charmée par l’idée de ne pas avoir à prendre la voiture de la journée (pas de temps perdu en déplacement et en récupération des égarés, pas d’inquiétude face à la consommation d’alcool de nos convives), et de pouvoir enchaîner cérémonie, apéritif et banquet dans un domaine de rêve, comme de nombreuses chroniqueuses Dentelle françaises. Pour moi, l’idéal aurait aussi été de pouvoir dormir sur place avec nos proches et de bruncher sur le domaine le dimanche matin.

Ceci dit, il s’est avéré bien plus difficile que je ne l’imaginais de trouver un domaine pouvant satisfaire à la fois tous nos critères pour le souper et tous ceux pour le vin d’honneur. Comme je te l’ai déjà dit, nous avons même eu du mal à dénicher un lieu remplissant seulement l’une de ces deux listes d’exigences. Mais ça ne m’empêchait pas de rêver, et de continuer à fouiller le web et me torturer mentalement en me demandant si je n’avais peut-être pas raté la perle rare.

Au final, c’est notre choix de type de célébration (ainsi qu’une certaine résignation devant l’offre suisse plus limitée qu’en France voisine) qui a enterré pour de bon mon envie d’un lieu tout en un.

Choisir le lieu et l'officiant de notre mariage

Crédits photo (creative commons) : Anurag1112

De toute façon, l’essentiel n’est-il pas d’épouser sa moitié ? Un fait qu’on a tendance à oublier devant les photos de la weddosphère !

Quel est donc ce choix, me demandes-tu ? Trêve de parenthèses contextuelles, il s’agissait de choisir entre une célébration civile courte (standard) ou longue (personnalisée) et de décider si nous voulions ou non renforcer notre engagement (principalement dans le cas du choix d’un mariage civil court) au travers d’une cérémonie supplémentaire, religieuse ou laïque. Rien de très original jusque-là.

Après de nombreuses discussions pesant le pour et le contre de chaque option (je reviendrai sur le sujet dans le prochain article), nous avons choisi d’avoir une union civile courte le vendredi en fin d’après-midi, et une bénédiction protestante le samedi en début d’après-midi. Cette décision a été motivée à la fois par des questions de logistiques (car il n’est pas possible de se marier à n’importe quelle heure), par mon envie de n’avoir qu’un seul « événement mariage » (donc pas de civil ayant lieu plusieurs mois plus tôt), et par le profond désir de Monsieur Pragmatique de se marier au Temple.

Qui, où, et quand ?

Une fois cela décidé, il nous fallait choisir le lieu, et l’officiant de notre bénédiction.

L’officiant était pour mon chéri une pure évidence, et c’est l’un des éléments qui m’a fait pencher en faveur d’une célébration religieuse plutôt que d’une cérémonie laïque : il s’agirait du pasteur du village où habitent ses parents, qui s’avérait également (tout à fait par hasard) être celui qui avait officié de nombreuses années plus tôt pour la partie protestante de leur mariage œcuménique. Un historique familial comme ça, ça ne se refuse pas !

Si j’étais initialement tendue à l’idée de faire une préparation religieuse de mariage, mes craintes se sont envolées à notre premier rendez-vous, et je te garantis n’avoir à aucun moment regretté le choix de cet officiant !

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Petit aparté : j’ai vraisemblablement transmis à mes sœurs, à travers mes descriptions de ce Pasteur, l’image d’un sage spirituel, bienveillant mais pas trop solennel, qui mène à se poser les bonnes questions et à trouver seuls le bon chemin, car elles ont rapidement décidé, en grandes fans du Roi Lion, de le surnommer Rafiki, et je reprendrai donc ce nom de scène ici.

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S’est ensuite posée la question du lieu de la bénédiction. Nous avons bien sûr considéré le Temple auquel était rattaché Monsieur Rafiki, mais il ne pouvait de loin pas accueillir tous nos invités, et n’était pas non plus très aisé d’accès, sans compter que son parking avait un nombre très insuffisant de places.

Ayant déjà des vues sur la Maison Pulliérane, j’avais bien évidemment aussi repéré le Temple de Pully, juste à côté de l’Esplanade dont je t’ai parlé. Ce Temple était moderne avec des vitraux colorés, et je m’imaginais bien y dire « oui ». Ceci dit, il se trouvait que l’un des mariages auxquels nous venions d’assister y avait été célébré. Il s’agissait aussi de l’un des mariages qui nous avait le plus inspirés en terme d’idées et d’organisation, et il n’était pas concevable pour nous de copier également le lieu de la cérémonie !

Nous nous sommes alors tournés vers le Temple de Lutry. Ce n’était pas le Temple d’attache de Monsieur Rafiki, mais il faisait partie de sa paroisse. Il était situé à Lutry (donc officiellement en Lavaux ! petite consolation personnelle sur le fait de ne pas pouvoir faire notre soirée en Lavaux), et il pouvait accueillir sans peine tous nos convives. Après une visite, durant laquelle j’ai décidé de passer outre son ciel rouge et jaune, alors que notre décoration serait bleue avec des touches de violet, et après quelques appels, la réservation était faite pour le 2 septembre à 14 heures, la date pré-réservée pour notre soirée à la Maison Pulliérane.

Choisir le lieu et l'officiant de notre mariage

Crédits photo : Photo personnelle

Intérieur du Temple de Lutry

Crédits photo : Photo personnelle

Le Temple de Lutry où a été célébré notre mariage

Alors que nous croyions en avoir fini avec les premières recherches de lieux et pouvoir nous concentrer sur les autres prestataires et l’organisation du vin d’honneur, Monsieur Rafiki nous a appelé pour nous informer avoir tout juste reçu une invitation pour un important séminaire le 2 septembre 2017 et qu’il ne serait donc pas en mesure de nous marier ce jour-là. Heureusement pour nous, la Maison Pulliérane, le Temple de Lutry et le Pasteur étaient tous disponibles le samedi 26 août, et nous avons rapidement changé les pré-réservations. Nous avons également établi que nous fêterions dans ce cas l’anniversaire de l’une de mes sœurs, née le 25 août, dans la semaine précédant le mariage plutôt qu’en plein rush pré-mariage de dernière minute, un excellent moyen de se plonger un peu en avance dans un esprit festif !

Et le civil ?

Une fois tout ceci clarifié, il restait encore à choisir le lieu et la date de notre union civile.

Fort heureusement pour nous, il n’y a aucune restriction en Suisse sur la commune de la célébration d’un mariage : il nous suffisait d’ouvrir dès que possible le dossier de préparation au mariage dans notre commune de résidence, en Suisse alémanique, puis d’attendre la délivrance de notre autorisation de mariage (valable trois mois), et nous étions ensuite libre de choisir l’office d’état civil de notre choix pour le mariage en lui-même. Nous avons donc dès le début de nos préparatifs pu décréter que notre mariage civil aurait lieu dans les environs de Lausanne, sauf retournement de situation imprévisible.

Ayant finalement opté pour une cérémonie civile courte, j’ai fait la liste des communes et lieux où notre union pourrait avoir lieu. Première déception: le samedi, pas de mariage civil court possible avant 14 heures. Deuxième déception : le vendredi, le dernier créneau possible était à 16 heures, ce qui aurait forcé nos invités à poser au moins un après-midi de congé pour enchaîner nos deux cérémonies de mariage.

Le civil devant impérativement avoir lieu avant la célébration religieuse, deux choix se présentaient alors à nous : soit nous avancions le civil à la veille, soit nous repoussions le religieux de deux heures le samedi. Désireux de ne pas écourter notre apéritif ou notre soirée en sortant du Temple en fin d’après-midi, nous avons décidé de nous unir sur deux jours, et de faire une liste séparée d’invités pour notre engagement légal. Ce choix pragmatique nous éloignait de plus en plus de mon envie d’un mariage sans interruption, cristallisée par mes rêves d’un lieu tout-en-un…

Après une première estimation à la louche, nous nous sommes retrouvés avec une liste d’une trentaine de convives pour le vendredi. Ça a éliminé d’emblée plusieurs hôtels de ville dont la salle des mariages était trop petite pour accueillir autant de personnes.

Parmi les quelques salles qui restaient en lice, l’une a particulièrement attiré mon regard. Il s’agissait de celle de la Maison Jaune, à Bourg-en-Lavaux. Je n’ai malheureusement pas de photo de l’extérieur, mais c’est un très beau petit manoir tout jaune !

Choisir le lieu et l'officiant de notre mariage

Crédits photo : Photo personnelle

L’intérieur de la Maison Jaune, in situ le jour de notre mariage civil ! (Comme tu peux le voir, il faisait très ensoleillé dehors !)

Cette jolie salle peut accueillir jusqu’à 50 personnes et elle nous était disponible pour la modique somme de 100 francs suisses (les frais venant du fait qu’il ne s’agit pas de la salle des mariages officielle de la commune). J’étais tombée sous le charme des combles mansardés, qui sauraient ajouter un peu de magie même à la cérémonie la plus aride et courte qui soit, et de l’idée que nos deux célébrations de mariage se déroulent officiellement en Lavaux.

Mais ce n’était pas tout : plus je regardais les photos, plus cette salle me semblait familière. Un jour de visite chez mes parents à Annecy, j’en ai profité pour vérifier mon intuition : c’était bien là que mon parrain s’était marié une décennie plus tôt ! Après consultation de Monsieur Pragmatique qui trouvait aussi la salle plutôt jolie, et après ajout d’une ligne au budget, nous avons établi que c’est là que nous signerions le registre des mariages. Ne restait plus qu’à en informer les administrations adéquates.

Le hic principal dans la logistique administrative décrite plus haut (c’est-à-dire le fait d’ouvrir le dossier chez nous puis de le transférer à J-90) était que les habitants de Bourg-en-Lavaux auraient eu la possibilité, eux, de terminer leurs démarches avant même que nous ayons pu faire suivre notre dossier à l’office d’état civil de cette commune. Ils étaient donc susceptibles de nous « voler » notre date et notre créneau horaire, mais aussi de tous se décider pour la salle standard de la commune, et donc de pousser l’officier d’état civil à ne pas considérer de mariage à la Maison Jaune ce jour-là, pour raisons pratiques.

Ce timing administratif serré m’a donné quelques palpitations, et j’ai appelé très tôt les administrations des deux cantons pour vérifier qu’il ne devait pas y avoir de problème majeur à condition que nous ne traînions pas. J’ai donc immédiatement agendé toutes les dates clefs pour que nous soyons certains de compléter chaque étape au plus tôt.

Comme il était possible d’ouvrir un dossier de mariage dans le canton du Zurich dix mois avant l’union (contre un délai plus court dans le canton de Vaud, car chaque canton est libre de décider de sa propre organisation et donc des délais pour ouvrir un dossier de mariage), nous avons rapidement pris rendez-vous avec l’office d’état civil local pour les formalités obligatoires et annoncer notre désir de nous unir à Bourg-en-Lavaux.

Ensuite, à M-6, dès qu’il est devenu possible à tout vaudois désirant s’unir à la même date que la nôtre de faire de même chez eux, j’ai rappelé l’office d’état civil de notre choix pour pré-réserver les date et salle désirées et un créneau horaire pour notre mariage, même s’il était encore trop tôt pour leur faire suivre officiellement notre dossier de mariage.

À trois mois du jour J, nous avons ensuite eu un autre rendez-vous dans notre commune pour recevoir notre autorisation de mariage – la preuve que toutes les vérifications nécessaires avaient été faites -, et nous avons aussitôt fait suivre le dossier à l’autre commune pour confirmer l’adresse, la date et l’heure que nous avions entre temps indiqués sur notre faire-part.

Ce n’est que quelques jours plus tard que nous avons enfin reçu le coup de fil de confirmation qui a mis fin à mes angoisses nocturnes pour de bon (dans lesquelles j’imaginais de devoir imprimer un addendum au faire-part envoyé à la trentaine de personnes conviées à notre mariage civil). Dès ce moment-là, j’ai pu savourer l’idée de notre mariage dans cette charmante Maison Jaune.

La logistique administrative de ton mariage t’a-t-elle donné à toi aussi des sueurs froides ? Aurais-tu opté pour une union civile longue et personnalisée si cela t’avait été possible ? Connaissais-tu l’officiant de votre mariage avant d’entamer les préparatifs ? Avais-tu les mêmes envies de cérémonie que ta moitié ? Dis-moi tout !

Coucou ! Moi c'est Mademoiselle Rationnelle, développeuse logiciel, 27 ans le jour J, franco-suissesse. Lui, c'est Monsieur Pragmatique, conseiller fiscal, 28 ans le jour J, 100% suisse pur jus. Et nous avons organisé à distance notre mariage pour fin août 2017 dans la région de nos racines et de notre rencontre : en Lavaux (au bord du lac Léman, en Suisse). Pour chaque décision et chaque prestataire, nous voulions être convaincus (la voix de la raison) et idéalement aussi persuadés (la voix du coeur) de notre choix. Nos compromis ont donc été longuement discutés et évalués pour trouver le meilleur équilibre possible, et cela a bien entendu donné lieu à des critères parfois inhabituels ou compliqués mais toujours entièrement assumés. Et notre investissement a payé, car nous avons eu un mariage de rêve et totalement à notre image ! Les maîtres-mots directeurs de ce bel événement ? Élégance classique et modernité technophile. Un compromis des plus simples, n'est-ce pas ?

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